Johannes Buxtorf

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Johannes Buxtorf (25 décembre 1564 - 11 septembre 1629) était un célèbre hébraïsant, appartenant à une famille d'orientalistes ; il fut professeur d'hébreu à l'université de Bâle pendant trente-neuf ans et on le connaissait sous le titre de « Maître des rabbins ». L'énorme volume qu'il a écrit, De Synagoga Judaica (1re éd. 1603), étudie de la façon la plus fouillée les coutumes et l'organisation sociale du judaïsme allemand au début de l'époque moderne.

Grammaticae chaldaicae et syriacae, Johannes Buxtorf, 1615

Il fut le père de Johannes Buxtorf le Jeune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Buxtorf naquit à Kamen en Westphalie. La forme originale de son nom était Bockstrop ou Boxtrop ; c'est pourquoi le blason de la famille portait à sa crête l'image d'une chèvre (en allemand Bock signifie bouc). Après la mort de son père, qui était pasteur à Kamen, Buxtorf alla étudier à Marbourg et à l'université de Herborn qui venait d'être fondée ; dans cette dernière Caspar Olevian (1536-1587) et Johannes Piscator (1546-1625) avaient été nommés professeurs de théologie. À une date ultérieure, Piscator reçut l'aide de Buxtorf pour préparer sa traduction latine de l'Ancien Testament, publiée à Herborn en 1602-1603. De Herborn, Buxtorf alla à Heidelberg, et de là à Bâle, attiré par la réputation de Johann Jakob Grynaeus et de J. G. Hospinian (1515-1575).

Après un court séjour à Bâle, il étudia successivement à Zurich auprès de Heinrich Bullinger (1504-1575) et à Genève auprès de Théodore de Bèze. À son retour à Bâle, Grynaeus, souhaita que les services d'un érudit si plein de promesse fussent assurés à l'Université et il lui procura une place de précepteur dans la famille de Leo Curio, fils de Coelius Secundus Curio, bien connu pour ce qu'il avait souffert en raison de sa foi réformée. Sur les instances de Grynaeus, Buxtorf fut chargé des cours d'hébreu à l'Université, et montra pendant les deux ans où il remplit ses fonctions une telle capacité qu'à la fin de cette période il fut nommé à l'unanimité pour le poste vacant. À partir de cette date (1591) jusqu'à sa mort en 1629, il resta à Bâle, et se consacra avec un zèle remarquable à l'étude de l'hébreu et de la littérature rabbinique. Il reçut chez lui de nombreux savants juifs, avec lesquels il pouvait discuter des difficultés qu'il rencontrait, et souvent il était consulté par les juifs eux-mêmes sur les questions relatives à leur loi cérémonielle. Il semble avoir bien mérité le titre qui lui fut conféré de « Maître des rabbins ». Sa préférence pour la la fréquentation de juifs lui causa à une occasion des ennuis avec les autorités de la ville, les lois contre les juifs étant très strictes. Malgré tout, dans l'ensemble, ses relations avec la ville de Bâle furent amicales. Il resta fermement attaché à l'Université qui la première avait reconnu ses mérites, et refusa successivement deux invitations de l'Université de Leyde et de l'Académie de Saumur. Il entretenait une très vaste correspondance avec les savants les plus distingués de son époque, la bibliothèque de l'université de Bâle contient une riche collection de lettres, qui sont précieuses pour une histoire littéraire de ce temps.

Ses principaux ouvrages sont :

  • Epitome grammaticae hebrœae
  • Thesaurus grammaticus linguae hebraeae
  • Grammaticae chaldaicae et syriacae en 1615
  • Lexicon hebraicum et chaldaicum
  • Lexicon thalmudicum et rabbinicum fiberias, ouvrage où il traite de la Massore.
  • Manuale hebraicum et chaldaicum

Buxtorf et son fils, qui le remplaça dans la chaire, eurent de vives discussions avec le savant Louis Cappel au sujet des points voyelles, dont ils attribuaient l'invention à Esdras, mais qui paraissent être d'une date moins ancienne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]