Jean du Plessis de Grenédan

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Jean du Plessis de Grenédan est un officier de marine français, né à Rennes le 15 janvier 1892, décédé le 21 ou 22 décembre 1923 dans le ciel de Sicile, en tant que lieutenant de vaisseau, commandant du dirigeable Dixmude.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean, Joseph, Anne-Marie du Plessis est le deuxième fils d'un avocat au barreau de Rennes, le comte Jachim du Plessis de Grenédan. Son père participant à la création de la Faculté catholique d'Angers, Jean fait ses études secondaires, à partir de la classe de cinquième, au collège Saint-Maurille.

Le 5 octobre 1907, il entre au cours de Flotte[note 1] du collège Vaugirard à Paris pour préparer le concours d'entrée à l'École navale. À la suite de la disparition des classes préparatoires aux grandes écoles du collège Vaugirard, il effectue sa deuxième année de Flotte au lycée Saint-Louis[note 2] à partir d'octobre 1908. Il est reçu au concours quarante et unième sur cinquante-neuf en août 1909. Il intègre l'École navale et embarque sur le Borda[note 3], le 30 septembre 1909.

Il sort vingt et unième de l'École navale en juillet 1911.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1911-1912 il effectue une campagne aux Antilles et une campagne en Méditerranée puis en mer Baltique sur le Duguay-Trouin.

Pilote de ballon dirigeable breveté en 1917, il s'est rendu célèbre en commandant le Dixmude, l'un des deux zeppelins français, et surtout en établissant des records mondiaux à son bord. Sa disparition en mer Méditerranée, à bord du Dixmude, le 21 ou 22 décembre 1923, a donné lieu à une formidable polémique.

Le dirigeable LZ-114 (ex-L-72) a été construit en 1917. Il s'agit, à l'époque, du plus grand dirigeable au monde. Ses caractéristiques sont les suivantes : longueur 226 m, volume de 68 500 m3 d'hydrogène, diamètre 24 m, hauteur totale 28 m, poids total 85 tonnes, charge utile 55 tonnes, 7 moteurs Maybach à essence de 260 chevaux, 6 hélices propulsives, vitesse maximale de 80 km/h, vitesse de croisière maximale 60 km/h.

En 1920, en conséquence de l'armistice, le dirigeable est livré par les Allemands aux autorités françaises à Maubeuge. Jean du Plessis de Grenédan (lieutenant de vaisseau) le baptise Dixmude en souvenir des fusiliers-marins morts en défendant la ville belge de Dixmude. Le 10 août 1920, il est en état de marche. Il arrive le 11 août en 3 h sur Paris, survole la Concorde et les Champs-Élysées, et part vers le centre aéronautique de Cuers-Pierrefeu (près de Toulon).

Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1923, revenant de Tunisie, le dirigeable 21-12L-72 disparaît dans un orage avec 50 hommes à bord (équipage : 43, passagers : 7). Le 26 décembre, des pêcheurs de Sciacca (Sicile) remontent dans leur filet le corps de Jean du Plessis de Grenédan. On trouvera dans les poches du grand manteau qu'il portait : un chapelet, quelques médailles, un porte-monnaie, un sachet contenant une relique de sainte Marguerite-Marie du Sacré-Cœur, une image de Saint Christophe, quelques menus objets et, attachée à une chaîne en or, une montre en acier arrêtée à 2h 27.

Ce drame marqua la fin de l'usage à titre militaire de dirigeables.

Jean du Plessis eut droit à des obsèques nationales célébrées à Toulon le 5 janvier 1924. Décoré de l'Ordre national de la Légion d'Honneur, avec citation à l'Ordre du jour de l'Armée de mer : "Officier d'élite, technicien consommé, communiquant à tous son esprit de devoir, ses qualités d'audace réfléchie, son ardeur courageuse et son mépris du danger. Depuis trois ans, avait fait preuve à un haut degré des plus belles qualités militaires dans le commandement du dirigeable Dixmude, sur lequel il est mort glorieusement à son poste de devoir."

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Grands dirigeables dans la paix et dans la guerre (2 volumes) :
    • tome I : Leur passé, leur avenir, l'expérience du Dixmude
    • tome II : Leur technique ; P., Plon, 1925. (édition posthume procurée par son père).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Dixmude est-il perdu ?, La Libre Parole, n° 11359, 27 décembre 1923
  • Le Dixmude signalé en dérive vers le Hoggar, La Libre Parole, n° 11360, 28 décembre 1923
  • Le sort du Dixmude, le corps du Commandant du Plessis de Grenédan, La Libre Parole, n° 11361, 29 décembre 1923
  • La catastrophe du Dixmude, La Libre Parole, n° 11362, 30 décembre 1923
  • La perte du Dixmude, L'Illustration, 5 janvier 1924
  • Du Plessis de Grenédan (comte joachim), La vie héroïque de Jean du Plessis, Commandant du "Dixmude" 1892-1923, P., Plon, 1924 (rrédition, 1949), 364 pp, cartes.
  • Jacquet (bernard, La base aéronautique de Cuers-Pierre feu, du crash du Dixmude à nos jours ; Hyères les palmiers, éd. du Lau, 2007, 224 p.
  • L'épopée des Grands Dirigeables et du Dixmude, Michel Vaissier, Novembre 2011. Mens Sana éditions. Ouvrage retenu pour concourir au prix Guynemer 2013( lors du salon du Bourget 2013).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classe préparatoire à l'École Navale
  2. où il est externe. Il est en internat à l'école Massillon, tenue par des prêtres de l'Oratoire qui assurent en outre les répétitions et l'instruction religieuse
  3. Navire école qui abrita l'École Navale de 1840 à 1913.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]