Jean-Frédéric Osterwald

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Jean-Frédéric Ostervald

Jean-Frédéric Ostervald24 novembre 1663- † 14 avril 1747), est un théologien et pasteur suisse. Sa traduction révisée de la Bible parue en 1744 a été la plus utilisée chez les protestants avec celle des pasteurs de Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Neuchâtel, fils du pasteur de la ville, Jean-Rodolphe Ostervald (1621-1682), il effectua ses études à Zurich (1677-1678) puis fit un "Grand Tour" en France, où il se rendit en particulier à l'Académie de Saumur (1678-1680), à La Rochelle (1680), à Orléans (1680) puis à Paris. A Saumur, il défendit sous la direction de Pierre de Villemandy ses Assertiones de principiis rerum naturalium (1679) ainsi que des Theses ex Dialectica, Pneumatologia, Physica et Ethica (1679) et devint "maître ès arts". Ostervald poursuivit ensuite ses études à Genève (1682-1683) avec le théologien Louis Tronchin (1629-1705) avec lequel il entretint une importante correspondance (1683-1705).

Consacré à son retour à Neuchâtel (1683), il fut nommé diacre (1686) puis pasteur de la ville (1699). Durant sa vie, il fut plusieurs fois doyen de la Classe des pasteurs de Neuchâtel et gagna rapidement une influence certaine sur le corps pastoral et l'Eglise de Neuchâtel.

Soucieux des bonnes mœurs et du développement de la piété, il publia en 1700 son Traité des sources de la corruption qui règne aujourd'hui parmi les chrétiens (Amsterdam, 1700), dans lequel il s'attaqua entre autres aux dogmes de l'orthodoxie calviniste qui lui semblaient favoriser le relâchement des mœurs. En 1702 parut son Catéchisme, qui fut pris pour cible par les théologiens de Berne en raison de sa supposée hétérodoxie. Ces deux œuvres, véritables succès de librairie, furent traduites en de maintes langues et rééditées jusqu'au XIXe siècle. À la suite du catéchisme, Ostervald entreprit la réforme du culte de l'Eglise de Neuchâtel dont le résultat fut la publication, en 1713, de la Liturgie ou maniere de celebrer le service divin dans la principauté de Neufchatel qui sera en service durant près de deux siècles. Membre de la Society for the Propagation of the Gospel et de la Society for Promoting Christian Knowledge, Ostervald voua un grand intérêt à la mission. C'est ainsi que ses œuvres furent diffusées dans le monde (en particulier son Catéchisme), traduites et utilisées dans les missions chrétiennes en Amérique, en Inde et en Insulinde.

En 1701, Ostervald entreprit de donner une formation de base aux candidats au pastorat, enseignement qui sera à l'origine de l'actuelle Faculté de théologie et constituera de fait une des racines de l'Université de Neuchâtel[1]. Outre l'enseignement de la théologie par Ostervald, les étudiants purent bientôt compter, à partir de 1732, sur un enseignement en philosophie dispensé par le réfugié huguenot Louis Bourguet (1678-1742). Les cours d'Ostervald furent pour la plupart publiés; ainsi son De l'exercice du ministère sacré (Amsterdam 1737), son Ethicae christianae Compendium quod olim in usus domesticos destinatum, discipulis auctor excribendum tradit (Londres, 1727; traduit en français: Morale chrétienne, La Neuveville, 1740) ainsi que son Compendium theologiae Christianae (Bâle, 1739). Ostervald contribua également substantiellement au développement de la Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel, fondée vers 1540 et qui conserve toujours une part importante de ses manuscrits.

Ostervald est surtout demeuré dans les mémoires par la Bible qu’il fit publier en 1744 qui n'est pas une traduction mais une révision de celle des pasteurs de Genève. La Bible d’Ostervald a été une référence et fut largement utilisée pendant 150 ans, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Un aspect important de la popularité de la Bible d’Ostervald fut qu'elle était accompagnée de commentaires ainsi que de réflexions morales et pieuses sur tous les chapitres de sa traduction. Ceux-ci étaient censés être lu durant le culte. Ils parurent indépendamment en 1720 pour la première fois sous le titre Arguments et Réflexions. En 1779 sortit une édition exceptionnelle de la Bible incluant des gravures illustrant les scènes bibliques, réalisées par un jeune artiste Suisse du Locle. On peut les consulter ici : Les gravures de la bible d’Ostervald de 1779. Le texte a été de nouveau révisé en 1996; cette version est disponible en ligne.

Jean-Frédéric Ostervald et deux autres théologiens, Jean-Alphonse Turretin et Samuel Werenfels formèrent ce qu'on appelle le triumvirat hélvétique[2].

De son mariage avec Salomé Chambrier, Ostervald eut quatre enfants, dont deux fils Jean-Rodolphe Ostervald (1687-1763), pasteur de l'Eglise française de Bâle et auteur d'ouvrages de piété, et Samuel Ostervald (1692-1769), homme politique neuchâtelois qui partagea son temps entre les fonctions publiques et l'étude de la jurisprudence. Il consacra ainsi plus de vingt ans à l'élaboration d'un recueil de textes de droit coutumier qui parut après sa mort sous le titre Les loix, us et coutumes de la souveraineté de Neuchâtel et Valangin en 1785[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Assertiones de principiis rerum naturalium quas, sub Dei auspiciis, assident Petro de Villemandy, Salmurii, Apud H. Desborde, 1679

Theses ex Dialectica, Pneumatologia, Physica et Ethica, Salmurii, s.n., 1679 ;

Traité des sources de la corruption qui regne aujourd'huy parmi le Chrestiens, Amsterdam, H. Desbordes, 1700 ;

Réflexions sur un écrit intitulé : Mémoire des Raisons qui ont porté le Synode des Eglises Wallones des Provinces-Unies des Pays-Bas […] à n’admettre point de nouvelle version des Psaumes dans leur Service public, [Londres], s.n., 1700 ;

Catéchisme ou instruction dans la Religion chrestienne, Genève, pour la Compagnie des Libraires 1702 ;

La dédicace de l’Eglise des Planchettes […] faite le 12 novembre 1702, Neuchâtel, s.n., 1703 ;

Traité contre l’Impureté, Amsterdam, Th. Lombrail, 1707 ;

La Liturgie ou la manière de celebrer le Service Divin ; Qui est établie dans les Eglises de la Principauté de Neufchatel & Vallangin, Bâle, J. Pistorius, 1713 ;

Arguments et Réflexions sur les livres et sur les chapitres de la Sainte Bible', Neuchâtel, J. D. Griesser, 1720 ;

Douze Sermons sur divers textes de l’Ecriture Sainte, Genève, Fabri et Barillot, 1722 ;

Ethicae christianae Compendium quod olim in usus domesticos destinatum, discipulis auctor excribendum tradit, Londini, G. Mears, 1727 ;

Abrégé de l’histoire sainte et du catéchisme, Genève, Bousquet et Cie, 1734 ;

De l’exercice du ministère sacré, Amsterdam, J. F. Bernard, 1737 ;

Compendium Theologiae Christianae, Bâle, J. Brandmuller, 1739 ;

La Sainte Bible […] par les pasteurs et professeurs de l’Eglise de Genève, avec les Arguments et Réflexions sur les chapitres de l’Ecriture Sainte et des Notes, par J.-F. Ostervald, Neuchâtel, A. Boyve et Cie, 1744 ;

Les Entretiens pieux, par feu M.. Ostervald, Bâle, D. Eckenstein, 1752 ;

Extrait de deux journaux écrits par feu M. J.-F. Osterwald… concernant les affaires des années 1699 et 1707, La Chaux-de-Fonds, F Heinzely, 1839 ;

François Clerc (éd.), La discipline des Églises de la souveraineté de Neuchâtel et Valangin (1712). Texte établi selon le MS. 23862 de la Bibliothèque des Pasteurs, Neuchâtel, Université de Neuchâtel, 1959.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.-D. Burger, « Les études de théologie en pays neuchâtelois », Musée Neuchâtelois, 1944, p. 3-14 et 41-54
  2. Troisième livre de lecture à l'usage des jeunes gens et des familles Tome 1. Par Jean-François-Daniel Andrié. 1866. Neuchatel. Chez Samuel Delachaux. p. 671.
  3. Dictionnaire historique de la Suisse: http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F15648.php

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Barthel, Jean-Frédéric Ostervald l'Européen 1663-1747, novateur neuchâtelois, Genève : Éditions Slatkine, 2001. 24 cm. 528 p. ISBN
  • Pierre-Olivier Léchot, "Ostervald (Osterwald), Jean[-]Frédéric (Johann Friedrich), 1663-1747", dans: Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon, t. XXIV, 2005, col. 1144-1150, consultable sur http://www.kirchenlexikon.de/o/ostervald_j_f.shtml
  • Pierre-Olivier Léchot, « Le clair-obscur des Lumières protestantes neuchâteloises. Jean-Frédéric Ostervald (1663-1747), théologien et moraliste », dans: Sa Majesté en Suisse – Neuchâtel et ses princes prussiens, éd. par E. Crettaz-Stürzel et C. Lafontant Valloton, Neuchâtel : Éditions Alphil-Presses Universitaires de Suisse, 2013, p. 278-285.
  • Une collection de 230 lettres autographes échangées entre L. Tronchin, professeur à l'Académie de Genève et Jean-Frédéric Ostervald, annotées par Pierre Barthel, et disponibles en ligne sur http://www.ostervald.ch/

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Liens externes[modifier | modifier le code]