Jean-Baptiste André Godin

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Statue (en Picardie) de Godin devant le Familistère de Guise

Jean-Baptiste André Godin, né à Esquéhéries le et mort à Guise le , est un industriel et philanthrope français, inspiré par le socialisme utopique et acteur du mouvement associationniste, créateur de la société des poêles en fonte Godin (les cheminées Godin) et du Familistère de Guise, dans le jardin duquel il est enterré[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'artisan serrurier, Jean-Baptiste Godin est formé très jeune au travail des métaux et entame son tour de France à 17 ans. De retour à Esquéhéries, sa ville natale, en 1837, il ouvre un petit atelier de fabrication de poêles en fonte de fer pour lesquels il dépose un brevet en 1840. En 1842, il découvre les théories de Charles Fourier. En 1846, il transfère à Guise sa manufacture d'appareils domestiques. En 1854, il en crée une autre près de Bruxelles, le Familistère Godin. En 1855, il participe financièrement à l'expérience du phalanstère de La Réunion de Victor Considerant, au Texas. Il y perd la moitié de sa fortune personnelle, mais en tire les leçons et décide de se consacrer seul à ses grands projets.

Sensible à l'idée de la redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il souhaite créer une alternative à la société industrielle en plein développement à son époque, et offrir aux ouvriers le confort dont seuls les bourgeois pouvaient alors bénéficier. À partir de 1859, il entreprend de créer un univers autour de son usine de Guise, le familistère, dont le mode de fonctionnement peut être considéré comme précurseur des coopératives de production d'aujourd'hui. Il favorise le logement en construisant le Palais social (logements modernes pour l'époque), des lavoirs et des magasins d'approvisionnements, l'éducation en construisant une école obligatoire et gratuite, les loisirs et l'instruction avec la construction d'un théâtre, d'une piscine et d'une bibliothèque. Tous les acteurs de l'entreprise avaient accès aux mêmes avantages quelle que soit leur situation dans l'entreprise. La construction du Familistère de Guise s'étend de 1859 à 1884. Au cours de cette période, l'activité de la manufacture se développe considérablement pour employer jusqu'à 1 500 personnes. Une expérience similaire sera également développée autour de son usine belge, à Laeken.

Jean-Baptiste André Godin fut également député de l'Aisne de 1871 à 1876. Il se montra un fervent adepte de la doctrine spirite et des thèses sociales qu'elle défendait[2]. En 1882, il est fait chevalier de la légion d'honneur. En 1886, deux ans avant sa mort, il épouse sa collaboratrice Marie Moret, fille de son cousin Jacques Moret qui l'a accompagné dans son compagnonnage : elle a 46 ans.

La société qu'il a fondée existe encore aujourd'hui. Cependant, l'association coopérative qui la détenait a été dissoute en 1968. Son activité a alors été rachetée par la société Le Creuset et fait maintenant partie du groupe Cheminées Philippe. De même, le familistère a cessé de fonctionner en tant que tel à la même époque, mais ses bâtiments sont toujours utilisés à des fins d'habitation et ont été classés au patrimoine en 1991. Il est dorénavant utilisé comme musée, de même que toutes les installations de vie sociale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Solutions sociales (1871)
  • les Socialistes et les Droits du travail (1874)
  • Mutualité sociale et association du capital et du travail (1880)
  • Le gouvernement : ce qu'il a été, ce qu'il doit être et le vrai socialisme en action (1883)

Filmographie - Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Bernard Baissat, Jean-Baptiste André Godin, l’homme qui réalisa son utopie[3], vidéo, 58 min., TV cable, 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Un Aventurier Nommé Godin Page officielle du téléfilm diffusé en 1985 sur la vie de J.-B.-A. Godin.
  • Nathalie Brémand, Les socialismes et l'enfance : expérimentation et utopie (1830-1870), Rennes : PUR, 2008.
  • Jean-François Draperi, Godin, Inventeur de l'économie sociale. Mutualiser, coopérer, s'associer, Valence : REPAS, 2008. Edition REPAS
  • Michel Lallement, Le travail de l'utopie. Godin et le Familistère de Guise, Paris : Les Belles Lettres, 2009, 510 pages. [1]
  • (fr) "Le Familistère de Guise, une utopie réalisée" un film de Sophie Bensadoun (2013, 7 min)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 13.
  2. Regis Ladous (docteur ès lettres, professeur à l'Université de Lyon III), Le spiritisme, Cerf, coll. « Bref », Paris, 1989, page 53
  3. AlloCiné, lire en ligne