Je m'en vais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Je m'en vais
Image illustrative de l'article Je m'en vais
Homme et Enfant, sculpture en serpentine d'art inuit

Auteur Jean Echenoz
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur éditions de Minuit
Date de parution
Nombre de pages 252
ISBN 2-7073-1686-5
Chronologie
Précédent Un an Jérôme Lindon Suivant

Je m'en vais est un roman de Jean Echenoz paru le aux éditions de Minuit. L'auteur a reçu le prix Goncourt pour ce roman la même année.

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman reçoit le prix Goncourt en avance, quelques heures avant l'annonce officielle, contrairement à l'usage, et l'auteur et l'éditeur sont invités au déjeuner de l'Académie Goncourt[1]. Il est également élu meilleur livre de l'année 1999 par Lire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Un style très particulier[modifier | modifier le code]

L'écriture de Jean Echenoz a un style qui, sans être incongru dans le paysage littéraire contemporain, reste très particulier. Je m'en vais comporte une intrigue, une histoire ; les caractéristiques habituelles d'un roman sont achevées. Cependant, l'intérêt de sa lecture réside au moins autant dans la « manière d'écrire » de Jean Echenoz que dans les péripéties ou le dénouement. C'est par son style que cet auteur atteint l'objectif d'un romancier : raconter, raconter par la voix d'un narrateur au ton familier, qui rapporte le discours des personnages sans jamais utiliser de guillemets. Ce style oralisant et familier permet au narrateur de s'imposer comme complice du lecteur. L'incipit du roman est un bon exemple de ce style particulier :

« Je m'en vais, dit Ferrer, je te quitte. Je te laisse tout mais je pars[2]. »

L'objectif de l'auteur est de surprendre le lecteur par une apparente désinvolture dans la forme et, par là, de le charmer « en affectant de le considérer explicitement comme quelqu'un à qui l'on s'adresse ». L'abondance de détails dans un roman paru en 1999, trente ans après Pour un Nouveau Roman, ajoute à cette complicité de fait : le lecteur ne doit-il pas déceler ici un pastiche ou, du moins, un hommage au Nouveau roman des années 1970 (dont beaucoup d'auteurs ont paru chez Minuit) ?

Deux niveaux de lecture[modifier | modifier le code]

Le narrateur rapporte très souvent, de cette manière pour ainsi dire sans façon, les paroles ou les pensées du personnage principal, Ferrer. Ce style oralisant permet alors aussi d'envisager toute l'histoire tantôt du point de vue du narrateur, tantôt du point de vue du héros. Cette alternance, de par l'absence de guillemets, oblige le lecteur à être attentif : qui parle à tel moment du roman ? est-ce le héros dont les pensées sont rapportées par le narrateur ? est-ce le narrateur qui fait une remarque piquante sur le héros ? est-ce indécidable ?

Jean Echenoz n'a pas de message à faire passer, pas d'histoire incroyable à raconter. Selon lui[3], « la mécanique et l'esthétique sont plus importants (sic) que le message ». Il a, depuis toujours, gardé « un attachement à une forme de roman qu'on pourrait appeler roman d'action. Ou, plutôt, roman à double action : l'action que l'on raconte et l'action que l'on instille dans la façon de raconter, dans le mouvement de chaque phrase… »

Ce roman se lit donc à plusieurs niveaux : le niveau de l'histoire brute, explicite, et le niveau implicite où le narrateur existe, donne un avis, fait preuve d'humour. Cet implicite du narrateur est toujours assez déchiffrable pour lui permettre (ou est-ce l'auteur ?) une autodérision qui ne peut qu'ajouter au plaisir du texte ; le narrateur est même quelquefois franchement explicite (marque d'énonciation) :

« Changeons un instant d'horizon, si vous le voulez bien, en compagnie de l'homme qui répond au nom de Baumgartner. […][2] »

— début du chapitre 13

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1979 à 2002 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 24 août 2013.
  2. a et b N.B.: les guillemets sont bien sûr ici des guillemets de citation, le roman Je m'en vais n'en comporte justement pas en cas de discours rapporté ni d'adresse au lecteur.
  3. Dans l'atelier de l'écrivain : entretien réalisé le , pour les éditions Bréal par G. Winter, P. Griton et E. Barthélémy publié dans l'ouvrage Français seconde, Bréal, 2000.
Précédé par Je m'en vais Suivi par
Confidence pour confidence de Paule Constant
Prix Goncourt
1999
Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl