Jan Puzyna de Kosielsko

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Jan Puzyna de Kosielsko
Image illustrative de l'article Jan Puzyna de Kosielsko
Biographie
Naissance
à Gwozdziec (aujourd'hui en Ukraine alors en Galicie orientale autrichienne)
Ordination sacerdotale
Décès
à Cracovie (Pologne alors empire austro-hongrois)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Léon XIII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Ss. Vitale, Valeria, Gervasio e Protasio
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Mieczysław Ledóchowski
Fonctions épiscopales Évêque auxiliaire de Lwów (Ukraine)
Évêque de Cracovie (Pologne)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le prince Jan Maurycy Paweł Puzyna de Kosielsko (né le à Gwoździec, en Galicie – décédé le à Cracovie) fut évêque auxiliaire catholique de Lwów (actuellement Lviv en Ukraine) de 1886 à 1895, et évêque de Cracovie de 1895 jusqu'à sa mort, en 1911. Devenu cardinal en 1901, il était connu pour ses vues conservatrices et son autoritarisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Galicie où il était né était une province qui faisait partie de l'empire austro-hongrois, peuplée principalement de Polonais et de Ruthènes, avec des minorités juive et allemande. Ordonné prêtre le 1er décembre 1878, il fut nommé évêque auxiliaire de Lwów et évêque titulaire de Memphis le 26 février 1886, et consacré évêque le 25 mars de la même année par Mgr Ledóchowski, assisté de l'archevêque de Prague Franziskus von Schönborn et de l'archevêque uniate de Lwów, Mgr Josyf Sembratowicz. Le 15 avril 1901, il fut élevé au cardinalat, avec le titre de cardinal-prêtre de Saint-Vital, Sainte-Valérie, Saint-Gervais et Saint-Protais par Léon XIII.

Pendant le conclave de 1903, il présenta l'exclusive de l'empereur d'Autriche François-Joseph contre l'élection du cardinal Rampolla, considéré comme favorable à la Russie et à l'Allemagne. Entre autres choses, Rampolla avait cherché à gagner les bonnes grâces de la Russie en supprimant la langue polonaise au profit du russe dans les sermons des églises catholiques de la partie soumise au tsar. François-Joseph non plus ne souhaitait pas l'élection de Rampolla ; il lui tenait rancune de s'être opposé à l'enterrement religieux de son fils Rodolphe[1] qui s'était suicidé. Le cardinal Rampolla par ailleurs soutenait ouvertement les forces politiques qui en Autriche étaient hostiles à l'empereur.

En route vers le conclave, Mgr Puzyna rencontra l'empereur à Vienne et lui proposa de faire jouer son droit de veto contre le cardinal Rampolla. L'empereur souscrivit à l'idée, et le cardinal Puzyna présenta le veto au troisième jour du conclave. Ce fut la dernière fois qu'un tel droit fut utilisé. Il n'était déjà pas reconnu par le droit canon et n'était à ce titre pas contraignant ; il n'en gardait pas moins un poids politique considérable, car les cardinaux craignaient de s'opposer à la volonté clairement manifestée d'un des souverains chrétiens. Le droit de veto fut aboli dès son élection par Pie X qui frappa d'excommunication toute personne qui oserait essayer de le réintroduire ou d'interférer en quelque manière dans l'élection du souverain pontife. Il décréta en outre que tous les cardinaux prêteraient serment au début du conclave, promettant de ne rien divulguer de ce qui s'y passerait[2].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université jagellonne de Cracovie en 1900[3].

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Enterré à la crypte des Capucins à Vienne.
  2. Voir Pie XII, diplomate et pasteur, de Philippe Chenaux, Éditions du CERF, 2003, p. 53 et suiv. On y cite les deux constitutions relatives au droit du conclave et publiées en 1904 : Commissum vobis (20 janvier) et Vacante Sede apostolica (25 décembre).
  3. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie