Business angel

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Un business angel – littéralement "ange des affaires", appelé aussi "investisseur providentiel" – est un particulier qui investit dans une entreprise innovante à potentiel et qui, en plus de son investissement, accompagne et met à disposition de l’entrepreneur, ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels et une partie de son temps. Le business angel est un véritable associé-entrepreneur dont l'accompagnement est à forte valeur ajoutée, le business angel pouvant apporter sa compétence, son énergie et son expertise.

Il ne faut pas confondre l'activité des Business Angels avec les autres démarches de financement des entreprises en création, et en particulier avec le crowdfunding.

« Un particulier » : chaque business angel a un profil spécifique, mais un grand nombre d’investisseurs se rassemblent autour de trois profils principaux :

  • l’ancien chef d’entreprise ou le cadre supérieur qui a accumulé un certain patrimoine et qui est en mesure d’investir entre 5 000 et 200 000 euros par an,
  • l’entrepreneur qui a précédemment créé son entreprise, qui l’a revendue quelques années plus tard et qui peut investir des montants entre 50 000 et 500 000 euros. Ce type de business angels, quoiqu'en plus petit nombre, se développe,
  • le membre d’un « family office » (regroupement d’investisseurs membres d’une même famille).

« Investissement » : l’investissement du Business Angel dans une société innovante comporte généralement un risque élevé : ce risque peut être compensé par un gain potentiel en capital.

« Innovante à potentiel » : Le terme « innovant » s’entend dans le sens de « ce qui est nouveau par rapport à l’existant ». Il ne s’agit donc pas uniquement de l’innovation technologique (OSEO ANVAR, DRIRE, Ministère de la Recherche). D’ailleurs, les créations d’entreprises dans le domaine de l’innovation technologique ne représentent que 5 % du total des créations. La majorité des business angels investissent dans des domaines innovants sans innovation technologique. Cependant Oséo indique que l'innovation (technologique ou non) doit apporter un avantage concurrentiel ; les contraintes liées à la Recherche-Développement sont liées aux directives européennes car l'aide d'État doit se focaliser sur les investissements immatériels les plus risqués et donc les moins susceptibles d'être financés par le secteur privé. En outre, la détention d'un portefeuille de brevets est un vecteur de protection (barrière à l'entrée) et de valorisation recherché par les capitaux-risqueurs eux-mêmes. Aujourd'hui, la convergence innovante de technologies existantes est parfaitement acceptée comme innovation pour l'obtention d'aides publiques, dont celles d'Oséo.

Activités et motivations des Business Angels[modifier | modifier le code]

Les business angels sont peu nombreux en France (4 à 5 000 membres adhérents des réseaux de France Angels). Ils se regroupent dans des réseaux associatifs (d'intérêt général) ou des Société d'Investissement de Business Angels (SIBA). Ils investissent dans des secteurs d’activité, en cohérence avec leur expérience professionnelle. Leur intervention s'effectue à un stade précoce de création ou en début d’activité, à « l'amorçage », période la plus risquée de l'investissement. Les business angels se regroupent à plusieurs pour investir afin d'apporter les fonds suffisants requis par l'Entrepreneur (entre 100 et 700 K€), prennent une part minoritaire du capital de l'entreprise, devenant associés de l'entrepreneur. Ils vont réaliser un véritable accompagnement de l'entrepreneur permettant à l'entreprise de passer cette période initiale. Les secteurs dans lesquels ils investissent en priorité sont :

  • Informatique et télécommunication
  • Service
  • Industrie
  • Santé

Les principales motivations des business angels sont :

  • la participation à une aventure entrepreneuriale
  • l’apport d’expérience et de soutien
  • l'opportunité de permettre l’émergence d'entreprises innovantes, possibles leaders de demain
  • la recherche de possibles plus values en capital
  • le risque étant particulièrement élevé, la perte possible (probable à fréquente) de capital a été prise en compte par le législateur avec la loi TEPA, permettant de bénéficier d'un avantage fiscal à l'entrée avec un plafond relativement bas sur l'Impôt sur le Revenu et un peu plus élevé sur l'ISF.

Le principal avantage fiscal possible - défiscalisation de la plus-value à la sortie - n'est encore pris en compte en France qu'à la marge, et impose à l'investisseur de réaliser son investissement à travers un outil d'investissement limité en montant, le PEA (Plan d'Epargne en Actions), contrairement à plusieurs autres pays qui soutiennent l'innovation et l'entrepreneuriat.

Historique[modifier | modifier le code]

Les business angels ont toujours existé mais ils ont commencé à émerger en grand nombre aux États-Unis à partir de 1958. Des mesures fiscales regroupées dans le Small Business Investment Act et notamment la création de la Subchapter S corporation ont contribué à cette multiplication. Dans les attendus des motifs, le législateur américain prend note de l’ « equity gap », le trou de financement lorsqu’une société cherche à passer d’un capital inférieur à 100 000 $, somme que l’on peut réunir avec les copains, les cousins et les cinglés (CCC) et le capital-risque dont les interventions débutent rarement au-dessous de 2 millions de $ par manque de rentabilité. C’est ce trou que cherche à combler le SBIAct avec succès. Une étude commanditée par le Department of Commerce en 1986-88 (« The informal supply of capital » Applied Economic Group. Robert J.Gaston et Sharon Bell) et couvrant par sondage 240 000 firmes, près de 35 000 investisseurs, est probablement l’étude quantitative la plus solide statistiquement sur les Angels. Elle fait apparaître que dès 1988, il y avait 500 000 angels aux États-Unis, déversant environ 60 milliards de $ annuellement sur les créations et démarrages d’entreprise, environ 10 fois plus que le capital-risque de l’époque ou que les montants investis par la SBA.

Les Business Angels en France[modifier | modifier le code]

La France compte en 2013 environ 4 500 business angels rassemblés dans 84 réseaux géographiques, sectoriels/thématiques (Santé, Cleantech, Mode, Agro-alimentaire…) ou regroupant des communautés afinnitaires (femmes, anciens de grandes écoles...) .

En 2009, France Angels, la fédération nationale des réseaux de business angels, a interrogé ses réseaux membres et a récolté les chiffres suivants[1] :

  • Nombre de business angels (au 31/12/2009) : 4 000
  • Nombre de dossiers reçus (sur 12 mois) : 8 000
  • Nombre de dossiers présentés (sur 12 mois) : 1 320
  • Nombre de dossiers financés (sur 12 mois) : 380
  • Montant investi (sur 12 mois) : 125 millions d’euros (50 % BA, 50 % co investisseurs)

Indépendamment de ces Business Angels, mobilisés autour de l'entrepreneuriat et de l'innovation, la loi TEPA a incité de nombreux particuliers à investir dans des PME afin de bénéficier d'avantages fiscaux à l'entrée. Ces particuliers se préoccupent rarement du devenir de l'entreprise. Ils sont, le plus souvent, simplement préoccupés de retrouver leur mise au bout de 5 à 10 ans. De nombreuses holdings ISF se sont développées afin d'accueillir ces particuliers.

En France, comme dans de nombreux pays, la plupart des réseaux de business angels utilisent la plateforme coopérative informatique Gust pour gérer leurs dossiers[2].

Les réseaux de Business Angels[modifier | modifier le code]

Un réseau de business angels est une association, ou une société, organisation juridiquement formalisée permettant la mise en relation d'investisseurs potentiels et d'entrepreneurs avec un objectif général de faire réaliser des investissements par des business angels et d’être le point d’attraction des entrepreneurs régionaux en recherche de financement.

Avantages du réseau[modifier | modifier le code]

  • Accès facile et élargi à des dossiers plus intéressants et originaux, un réseau étant un point d’attraction régional des entrepreneurs recherchant des financements,
  • Partage des compétences et expertises avec d’autres business angels,
  • Instruction, analyse et étude des dossiers à plusieurs business angels permettant ainsi de réaliser des « due diligences » approfondies sur les projets proposés par les entrepreneurs,
  • Investissement dans un même projet avec d’autres business angels, ce qui permet soit de considérer des projets plus importants, soit de pouvoir investir dans un plus grand nombre de projets et ainsi, de réduire les risques individuels.

Différentes formes d'organisations existantes en France[modifier | modifier le code]

  • Réseaux associatifs : structures vouées à la mise en relation entrepreneurs/investisseurs. Généralement, la structure prévoit l’organisation régulière de réunions de présentation de projets sélectionnés à un parterre d’investisseurs potentiels. Les droits d’accès au dispositif, pour les entrepreneurs et les investisseurs, sont peu coûteux ; il peut y avoir un prélèvement modique sur les capitaux levés.
  • Réseaux dits « SIBA » (société d'investissement de business angels) : certains business angels (spécialement en nombre restreint, de 10 à 50) souhaitent rester « entre eux » recherchant une visibilité régionale forte. Ils acceptent alors de mettre leur argent dans un « pot commun » qui prend le plus souvent la forme juridique « SAS/statut de SCR ». Cette structure oblige à des règles strictes de fonctionnement (conseil d'administration, président…) et de décision d’investissement (comité d’investissement). Ces SIBA constituent un niveau d'organisation d'investissement plus élaboré que le réseau.
  • Organisation mixte : Association + SIBA. De plus en plus de réseaux ayant expérimenté séparément la structure associative ou la structure SIBA arrivent à la conclusion qu’une double structure associative et société de capital risque (les business angels étant membres ou non des deux structures) présente beaucoup d’avantages. La structure associative permet une « acculturation » des nouveaux business angels moins expérimentés, des actions de communication variées visant le recrutement de nouveaux membres et le contact systématique avec des entrepreneurs à la recherche de financement. La structure SIBA oblige à la rigueur de décisions collectives organisées et elle permet de rassembler efficacement un nombre plus important de business angels, tant actifs que passifs. Exemple : Angels Santé et la SIBA Angels Santé Création.

En 2013, France Angels compte 84 réseaux de business angels membres. Outre la forme juridique (association loi 1901, Société) qui peut les différencier, il existe 3 typologies de réseaux qui sont toutes liées à la stratégie d'investissement adoptée :

Réseaux géographiques[modifier | modifier le code]

Ces réseaux implantés sur un territoire (ville, département, région...) investissent dans tous les secteurs d'activités. Ils contribuent ainsi à la dynamique économique de leur territoire. Ce sont les plus nombreux à ce jour.

Exemples de réseaux : Capitole angels, le réseau des business angels en Midi-Pyrénées, Provence Business Angels, le réseau de la région PACA, Sud angels, celui du Languedoc Roussillon...

Réseaux affinitaires : femmes, réseaux d'anciens de grandes écoles[modifier | modifier le code]

Ces réseaux fédèrent des femmes ou des anciens étudiants issus de la même École qui au fil du temps sont devenus Business Angels. Ils n'ont pas de secteur d'investissement de prédilection, mais sont plus sensibles aux projets qui font appel à leur formation supérieure et à leurs expertises et compétences.

Exemples de réseaux : Femmes Business Angels, XMP Business Angels (le réseau des anciens de Ponts-et-Chaussés, école des Mines et Polytechnique), Arts et Métiers Business Angels (le réseau des gadzarts), Dauphine Business Angels, ENSAE Business Angels, etc.

Réseaux nationaux sectoriels / thématiques[modifier | modifier le code]

Ces réseaux qui sont en plein développement regroupent des business angels ayant des expertises et des compétences, ou un intérêt fort dans un secteur d'activité. Ces particuliers se regroupent et forment un réseau de business angels experts dans un domaine d'activité sectoriel (Santé, Cleantech, réseau dédié au développement durable, au logiciel…).

Exemple de réseaux : Angels Santé, dans les Sciences de la Vie, les Technologies médicales, les NTIC appliquées à la santé comme la télémédecine, CleanTech Business Angels, Alidev Angels spécialisé dans l'agroalimentaire, IT Angels dans les NTIC, Forinvest Business-Angels dans la filière forêt-bois française, Mode Business Angels dans le domaine de la mode.

Autres formes[modifier | modifier le code]

On note également l’apparition de business angels professionnels, limitant leur investissement en capital à moins de 30 000 euros. Ces nouveaux entrants (Fondelia, Embryo Capital'…) fonctionnent en complément de prêts bancaires, investissent pour 5 ans et semblent s’adresser principalement aux commerces de proximité et artisans.

Les business angels opérant hors réseaux de façon indépendante même s’ils se réunissent généralement à quelques-uns sur un projet représentent des montants investis parfois supérieurs à ceux réunis par les réseaux, que ce soit en France ou à l’étranger[3]. Ainsi l’association britannique British Business Angels Association annonce pour 2005 17 réseaux ayant investi dans 184 entreprises 28 915 065 £[4] alors que simultanément les statistiques de l’Inland Revenue montrent que le seul programme EIS a généré 585 millions de £ d’investissements d’individus répartis sur un peu plus de 1000 entreprises dont 36 % par des investisseurs de plus de 100 000 £[5]. Aux États-Unis, il y avait déjà près de 500 000 Angels actifs en 1988 alors que les réseaux étaient encore inexistants.

France Angels[modifier | modifier le code]

France Angels (fédération française des réseaux de business angels) fédère des réseaux de Business Angels regroupant des investisseurs personnes physiques et des sociétés d'investissement de Business Angels (SIBA) ayant un Code de Déontologie, et une Charte de bonne pratique commune.

La fédération regroupe et anime l'ensemble de la communauté française de Business Angels qui investissent principalement en seed ou en amorçage puis suivent les tours suivants. Elle bénéficie du soutien de nombreuses structures dont l’association française Éficea (Échanges, financements, information pour la création d’entreprises et d’activités).

Le nombre de business angels adhérant à des réseaux de France Angels croît de plus de 15 % par an. Ils sont près de 4 500 en 2013 dont 1 400 en Île-de-France.


Article détaillé : France Angels.

Mesures fiscales[modifier | modifier le code]

Afin de soutenir et renforcer l’activité des business angels, le gouvernement a mis en place des incitations fiscales sur des montants limités, régulièrement modifiés par les Lois de Finances.

  • Avantage Madelin

Il existe un dispositif appelé « avantage Madelin » : pour toute souscription au capital d’une PME, il est prévu un crédit d’impôt à hauteur de 18 % des sommes investies (maximum de 20 K€ pour un célibataire et de 40 K€ pour un couple, réduction plafonnée à 10 K€ la 1re année), à condition de conserver les titres pendant 5 ans.

  • Loi TEPA (Loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat)

Pendant l’été 2007, une mesure appelée : « Réduction d’ISF en faveur des investissements dans le capital des PME et des dons effectués au profit d’organismes d’intérêt général » a été votée. Elle a été modifiée en 2010 ce qui la prive d'une bonne part de son attractivité de nos jours.

Cette mesure met en place un avantage fiscal permettant aux redevables de l’ISF de réduire leur impôt en souscrivant au capital de PME, ou en effectuant des dons au profit d’organismes d’intérêt général (fondations reconnues d’utilité publique par exemple).

Les redevables de l’ISF peuvent imputer, sur le montant d’ISF mis à leur charge, non plus 75 % comme en 2007 mais désormais 50 % des versements (souscription ou augmentation de capital), dans la limite annuelle de 50 000 €, effectués dans les PME répondant à la définition communautaire.

Cet avantage fiscal est soumis à des limites par entreprise bénéficiaire, portées à 1,5 million par an en avril 2008 mais c’est l’entreprise bénéficiaire qui doit rembourser en cas de dépassement, pas l’assujetti ISF.

Finance participative[modifier | modifier le code]

Le financement participatif ou crowdfunding consiste à fédérer un grand nombre d'investisseurs autour d'un projet, d'une cause ou d'une entreprise.

La législation américaine a accéléré le développement de cette industrie en votant le Jobs Act (en) qui facilite le recours à de nombreux investisseurs pour les jeunes entreprises américaines.

Aujourd'hui, des plateformes de financement participatif spécialisées dans l'investissement dans les TPE et PME permettent au plus grand nombre de devenir investisseur dans des PME en investissant dans les premières phases de développement, sans réaliser d'accompagnement comme le font les Business Angels.

En France les plateformes SmartAngels, Anaxago, WiSEED... proposent ce type d'investissement. En août 2012, WiSEED a connu sa première sortie de participation avec plus value, avec la jeune pousse Antabio, spécialisée dans la découverte de nouveaux antibiotiques[6].

En Angleterre, la plateforme Crowdcube a connu un grand succès avec près de 2,3M£[7] levées la première année.

Les démarches de financement participatif « equity based » en Europe sont parfois assimilées à celles des investisseurs. En effet, la législation limite le nombre d'investisseurs par projet (99 en France) ce qui ne permet pas encore aux entreprises de se faire financer par "la foule" (the crowd).

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Business Angels et réseaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raphaël Boukris et Nicolas Fritz (préf. Philippe Gluntz), Les business angels : Guide des bonnes pratiques à l'usage des investisseurs et des entrepreneurs, Paris, Pearson Education France, coll. « Village Mondial »,‎ 2011, 214 p. (ISBN 978-2-7440-6461-6).
  • Cyril Demaria et Marc Fournier (préf. Claude Bébéar), Profession business angel : Devenir un investisseur providentiel averti, Paris, Revue Banque édition, coll. « Les essentiels de la banque »,‎ septembre 2008, 127 p. (ISBN 978-2-86325-507-0).

Liens externes[modifier | modifier le code]