Gadzarts

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Quat'z'Arts ni Bal des Quat'z'Arts.
Logo traditionnel des Arts et Métiers au XXe siècle.

Le terme gadzarts, parfois orthographié « Gadz'Arts », désigne les élèves et anciens élèves ingénieurs d'Arts et Métiers ParisTech, qui était appelée « École nationale supérieure d'Arts et Métiers » ou « ENSAM ». Il s'agit d'une contraction de « Gars des Arts » : « Les Arts » ou « les Arts et Métiers » étant le diminutif habituellement donné à l'École.

Ce surnom remonte à un très lointain passé, courant XIXe siècle et s'inscrit dans un contexte culturel interne à la communauté Arts et Métiers. Ce contexte illustre la longue lutte des élèves contre une administration de l'école à l'époque peu coopérative. Il a abouti aujourd'hui à une vie étudiante et associative très développée. Cette vie se manifeste à l'extérieur par de nombreuses manifestations festives souvent prestigieuses, des activités sportives, culturelles et humanitaires, mais aussi professionnelles. Sur un autre plan, interne à la communauté, de très nombreuses traditions folkloriques rassemblent régulièrement élèves et anciens élèves de tous âges dans le cadre des écoles, au siège parisien de la Société des ingénieurs Arts et Métiers, ou encore à la ferme de Liancourt, la toute première école d'Arts et Métiers, fondée en 1780 par le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt.


Vie étudiante à Arts et Métiers ParisTech[modifier | modifier le code]

La vie étudiante aux Arts et Métiers comprend de très nombreux événements et manifestations, fruit de l’investissement et de la participation des élèves-ingénieurs de tous les centres. La vie étudiante comprend l'organisation des Grands Galas, des événements sportifs et des actions humanitaires, auxquels il faut ajouter les activités à but purement professionnel (junior entreprise, recherche de stages et d'emploi)[1].

Certaines associations et manifestations sont communes à tous les centres Arts et Métiers, d’autres sont spécifiques à chacun. La plupart de ces manifestations se déroulent dans les locaux des différents campus, avec la participation très fréquente d'anciens élèves. Voir à propos de l'école, de la société et des ingénieurs Arts et Métiers :


UEENSAM (Union des élèves d’Arts et Métiers ParisTech)[modifier | modifier le code]

L’Union des élèves Arts et Métiers ParisTech est la fédération de toutes les associations des campus Arts et Métiers. Elle compte 3 300 membres[S 1]. Siégeant à Paris[N 1], elle gère également les activités des élèves de 3e année sur le campus de Paris.

D’un point de vue professionnel, la commission Relations industrielles (RI) organise chaque année le Forum Arts et Métiers ParisTech, orienté vers la recherche d’emploi, de formation de 3e cycle ou de stages pour les élèves-ingénieurs. Pour sa 28e édition, cette manifestation a accueilli 5 000 étudiants et 154 exposants en 2008. Le dernier forum s'est déroulé les 23 et 24 mars 2013 au parc floral de Paris.

AMJE (Arts et Métiers Junior Études)[modifier | modifier le code]

L’AMJE[S 2] a été créée en 1999. Cette association propose des prestations variées en rapport avec les multiples domaines de compétence de l’école.

La CNJE lui décerne ensuite le label « Dynamisme » en 2004, puis l’année suivante, le très prisé « label ingénieur 2005 ». L'AMJE a réitéré la performance pour le « label ingénieur 2010 ».

Néanmoins, AMJE Angers et AMJE Bordeaux se sont faites rétrograder Junior-Initiative (procédure de secours des structures en grande difficulté) par la CNJE lors de la campagne d'audit 2012. AMJE Bordeaux redeviendra Junior-Entreprise suite à l'Assemblée Générale des Présidents du CNH 2013[2].

Ses 90 membres permanents travaillent en étroite collaboration avec les 3 000 adhérents des 8 AMJE (Lille, Aix, Bordeaux, Chalons, Angers, Cluny, Metz, Paris), réparties sur tout le territoire. Une fédération leur permet de répondre plus précisément aux exigences des entreprises clientes.

Action humanitaire[modifier | modifier le code]

Les gadzarts ont créé une association spécifique de l'union des élèves. Gasole[S 3] pour « Gadzarts solidaires » démontre que la fraternité ne s’applique pas seulement au sein de l’École et sort de ses frontières. Gasole conduit des actions sociales ou humanitaires internationales ou locales dans les huit centres Arts et Métiers ParisTech. De même, l'association En Quête du Monde, créée par des gadzarts, installe des pompes Valdès en Afrique.

Voici quelques actions menées : soutien aux associations caritatives nationales (Téléthon, Restos du coeur, par exemple à Metz[3],[4], Sol En Si…), aide de proximité avec le soutien scolaire, aide aux personnes handicapées.

Bals[modifier | modifier le code]

L’abbaye de Cluny pendant le Grand Gala

Les élèves de chaque campus proposent tous les ans au moins un Grand Bal, ou gala, qui est l'un des plus grands événements qu'ils organisent. Ces bals se déroulent le plus souvent dans l’enceinte même de l’école ou encore dans une salle louée pour l’occasion. Les élèves du centre prennent totalement en charge l’organisation, y compris la confection des décors, l'installation des bars et autres éléments de la soirée. Le succès du gala prouve ainsi la cohésion et les capacités d’organisation des promotions. Certains centres réutilisent une partie des décors d’une année sur l’autre, tandis que d’autres repartent chaque année sur des bases nouvelles, en illustrant un thème particulier.

Les bals marquent traditionnellement l’intégration d’une nouvelle promotion – souvent en décembre – et ils s'appellent alors Bal du bapt's , Bal des fignos ou de la Sainte Cécile, ou certaines dates particulières de l’année. Ce sont alors les manifestations publiques de fêtes traditionnelles de la communauté gadzarts (Bal de la 508 ou Bal des 100 jours par exemple). Plusieurs de ces galas ont une réputation nationale et font partie de plus grandes manifestations étudiantes du genre.

À Paris, le Grand Gala National des Arts & Métiers rassemble chaque année plusieurs milliers de personnes et fait partie des plus prestigieux galas français. Les précédentes éditions se sont déroulées à l’hôtel Intercontinental Paris Le Grand (2009-2008), l’opéra Garnier, à l’opéra Bastille, au Carrousel du Louvre, à la tour Eiffel, au château de Versailles

À Aix-en-Provence, les élèves organisent trois Galas par an dans l'école. Le bal du Bapt’s suit la cérémonie du baptême des nouveaux gadzarts en décembre ; ensuite, le bal de la 508, qui célébrait à l’origine la mi-parcours de la formation des élèves à l’école ; enfin, le bal des 100 Jours[5] (100 jours avant la remise des diplômes) accueille au mois de mai plus de 5 000 personnes.

À Angers, deux Galas sont organisés. La Nuit de la Sainte Cécile suit la cérémonie du baptême des nouveaux gadzarts en décembre, et le Gala de la Délivrance correspond à la fin de l’année scolaire de la deuxième année.

À Bordeaux, le Gala des Fignos[6] accueille chaque année quelque 3 000 personnes pour fêter la création de la nouvelle promotion de gadzarts.

À Châlons-en-Champagne, les élèves organisent deux galas chaque année. Le Grand Gala des Fignos[S 4], qui se tient le premier weekend de décembre. Il réunit chaque année quelque 3 000 personnes pour fêter le baptême de la nouvelle promotion de gadzarts (et plus de 5 000 en 2006 à l’occasion du bicentenaire du centre). Le second gala, la Nuit des Arts[S 5], se tient courant mai et rassemble près de 1 000 étudiants.

À Cluny, le Grand Gala de Cluny accueille chaque année au mois de mai dans le cadre prestigieux du centre quelque 4 000 personnes[1]. Ce qui le qualifie de troisième plus grand gala de France, derrière celui de l’École polytechnique (France) et le bal des 100 jours des Arts & Métiers d'Aix-en-Provence.

À Lille, la Nuit des Fignoss est le gala de baptême de la nouvelle promotion et réunit, en novembre, environ 3 000 personnes. Il se déroule dans l’école même.

À Metz, le Grand Gala de Prestige[S 6] rassemble chaque année quelques 2 000 invités, dont les élèves et anciens élèves de l’école, à l’occasion du baptême des élèves de première année.

Évènements sportifs de l'UAI (Union athlétique intergadzarts)[modifier | modifier le code]

L’année universitaire à Arts et Métiers ParisTech est marquée par la rencontre sportive intercentre nommée les UAI acronyme du nom de l’association de sport de l’école : l’Union athlétique intergadzarts. Cette rencontre sportive se déroule chaque année dans un des centres différent de Arts et Métiers ParisTech et est l’occasion d’une grande fête estudiantine agrémentée de performances sportives.

Chaque année, environ 1 000 étudiants des centres Arts et Métiers ParisTech de France se regroupent pour se disputer le challenge Bernade, qui récompense le centre ayant eu les meilleurs résultats. Cette manifestation sportive est organisée par l’Association d’Élèves du centre où se déroule la manifestation avec l’aide de la Société des ingénieurs Arts et Métiers et de l’Union des élèves, elle a pour but de perpétuer une tradition sportive à l’ENSAM et se déroule traditionnellement à l’occasion du pont de l’Ascension.

Historiquement l’UAI date de 1888 avec la création d’un regroupement de jeunes sportifs sur Paris dont certains gadzarts. Le premier club officiel est créé 4 ans plus tard : son premier nom est l’Union athlétique indépendante. Le terme « indépendante » est abandonné au profit de « 1erarrondissement » puis plus tard de « internationale ». Les gadzarts créent un nouveau club quelque temps plus tard, le « Gadz’art Club » et finalement, la fusion a lieu entre les deux associations en 1912[S 7].

En 1914, André Allègre, défenseur de football membre de l’UAI, est également sélectionné pour jouer un match sous le maillot de l’équipe de France contre l’équipe de Hongrie et la France va perdre 5 buts à 1.

La première rencontre inter-centre a lieu en 1952 avec les élèves de Paris opposés à des sélections des sportifs des autres centres. Finalement, en 1974, la première rencontre avec tous les élèves des centres a lieu à Cluny.

Évènements culturels[modifier | modifier le code]

Parmi les activités culturelles des élèves, on citera celles du campus de Cluny (Saône-et-Loire), qui abrite un musée[S 8].

Festival de BD des Arts et Métiers de Cluny[modifier | modifier le code]

Chaque année depuis 1999, le centre des Arts et Métiers de Cluny organise un festival de bande dessinée. Ce festival à généralement lieu au mois de mai et la grande galerie de l’abbaye de Cluny accueille la majorité des animations. Les élèves de l'école organisent bénévolement ce festival qui rassemble chaque année une vingtaine de dessinateurs. Le parrain ou la marraine du festival en dessine l'affiche, qui représente toujours sous une forme quelconque le « Zapointe », surnom donné au principal clocher subsistant de l'abbaye.

Grand Bastringue[modifier | modifier le code]

Le Grand Bastringue est un festival annuel de reggae à vocation humanitaire. Organisé par les élèves des Arts et Métiers du centre de Cluny depuis 2007, il rassemble chaque année de plus en plus de visiteurs. Les élèves reversent tous les fonds récoltés lors de la manifestation à une association caritative.

Traditions[modifier | modifier le code]

Haie d'honneur gadzarts

Les traditions très marquées d'Arts et Métiers ParisTech ou plus précisément des élèves de son cursus ingénieur Arts et Métiers, unique cursus de l'établissement jusqu'aux années 1980, remontent à un passé très lointain. Soumis à des conditions de vie plus que spartiates et à des règlements tatillons, matés par l'armée qui n'hésitait pas à tirer pour rétablir l'ordre en cas de révolte, les élèves ont développé au fil du temps un esprit de résistance pour assurer leur vie dans ce contexte[S 9]. Les premières traces attestées de ces brimades remontent aux obsèques du duc de La Rochefoucauld, en 1827.

Historiquement, le folklore étudiant Arts et Métiers a fortement influencé celui des Écoles Nationales Professionnelles (1880-1960). En effet, celles-ci ont longtemps fourni une importante source de recrutement de gadzarts. La communauté gadzarts revendique aujourd'hui ces traditions basées sur les valeurs d'entraide et de fraternité ainsi que sur la mémoire orale des nombreuses anecdotes et des nombreux chants liés à l'histoire de l'école créée par leur Duc[7],[8].

Uniforme[modifier | modifier le code]

Les gadzarts possèdent un uniforme (un « Zag » en Argad'z). Cet uniforme est la survivance du très lointain passé militaire de l'école qui, par ordonnance du roi Louis XVI, avait été établie comme « École d’application militaire en faveur de cent enfants de soldats invalides ». Le port de l'uniforme est resté obligatoire dans l'école devenue civile tant que le régime de l'internat a été appliqué, donc jusqu'en 1963. La photo de promo Angers 1910 montre quelques élèves portant l'uniforme de l'époque, alors porté en permanence.

Aujourd'hui facultatif, mais porté par la plupart des élèves dans les occasions traditionnelles, cet uniforme correspond aussi à l'esprit de solidarité et d'égalité entre tous les gadzarts : quelle que soit l'origine sociale de l'élève, il a droit à un habit identique à celui de son camarade d'origine plus fortunée. L'uniforme actuel est de couleur bleu marine et, très proche de l'uniforme des officiers de la Marine Française, il arbore le grade d'Enseigne de vaisseau de 2eclasse de la Royale[9].

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Hymne gadzarts[modifier | modifier le code]

Le principal chant des gadzarts est l'Hymne gadzarts, sur une musique originale composée au XIXe siècle et transcrite début XXe, et plus particulièrement son couplet à la Fraternité[10].

Blouse[modifier | modifier le code]

Les élèves portent dans les Écoles une blouse (une « Biaude » en Argad'z) traditionnellement grise en première et deuxième année, puis blanche en dernière année, qu'ils personnalisent individuellement. Les blouses de première année sont généralement assez sobres. Celles de deuxième et troisième années sont souvent le support de motifs et dessins colorés assez recherchés.

Parrainage[modifier | modifier le code]

Chaque élève est le parrain (dit « Ancien ») d'un élève de la promotion suivante. Cette suite de parrainages fait l'objet de relations durables qui perdurent dans le temps bien au-delà de la scolarité. Elle est appelée « famille ». D'autre part, chaque gadzarts a au moins deux parrains dans la promo qui est entrée au centre 25 ans plus tôt et celle-ci est également parrainée par la promo entrée 50 ans auparavant, et même celle entrée 75 ans plus tôt. Les trois promos se retrouvent lors d'une journée de parrainage avant le baptême de la nouvelle promotion.

Savoir-vivre[modifier | modifier le code]

Une règle de savoir-vivre veut que le tutoiement soit de rigueur entre tous les gadzarts.

Argot[modifier | modifier le code]

Les gadzarts utilisent un argot particulier, l'argad'z[1], mélange d'argot classique et de vocabulaire militaire ancien, tel que la « chimerie » qui désigne la salle où étaient enfermés les élèves récalcitrants à l'époque napoléonienne.

Article détaillé : Argad'z.

Les mots sont également souvent raccourcis et enrichis d'une finale en « s » ou « z », ou d'un préfixe en « Za ». Le vocabulaire gadzarts est très varié. Par exemple, « zadoigt » signifie gant, « babasse » signifie machine.

L'écriture se fait généralement en lettres gothiques (le « zagoth ») et à l'encre de Chine (la "zachine") pour les grandes occasions.

« Carnet de trad's »[modifier | modifier le code]

Chaque gadzarts possède son propre « carnet de trad's »[1] ou « carn's de trad's ». Traditionnellement noir à tranche rouge, ce carnet de 145 x 95 mm et 180 pages, manuscrit à l'encre de Chine, contient un dictionnaire d'argad'z, des chansons dont l'hymne gadzarts, et la description détaillée, et variable selon les campus, de plusieurs manifestations folkloriques qui ont souvent donné leur nom aux bals organisés par les élèves : « fignos », « 508 », « 100 jours ».

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« Clé d'ex »[modifier | modifier le code]

Clés d'ex exposées à la Société des ingénieurs Arts et Métiers.

À la fin de sa scolarité dans un campus, chaque promotion réalise sa « clé d'ex », œuvre collective originale qu'elle conserve tant qu'un de ses membres reste en vie. Ensuite, elle est déposée au musée national gadzarts de Liancourt[11]. Quelques exemplaires ornent le siège de la société des ingénieurs Arts et Métiers.

Fabrication d'objets artisanaux[modifier | modifier le code]

Les promotions d'un centre fabriquent souvent des objets artisanaux en petite série, ou unitaire, qui peuvent devenir un élément de décoration définitif du centre, ou être donnés ou vendus à diverses occasions. Les élèves utilisent à cette fin les moyens technologiques des centres (par exemple l'atelier de fonderie).

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Surnom[modifier | modifier le code]

Chaque gadzarts a un surnom[1], donné au cours de la première année d'école, et qu'il conserve toute sa vie. Ce surnom (surn's en argad'z, il devient la buque sous forme de signature) est fréquemment un jeu de mots, transcrit en argad'z, sur le patronyme de l'élève. Par exemple, l'élève Pathé peut très bien devenir le gadzarts Zenkroüte ou encore l'élève Malé devenir Xion. Un gadzarts se présente aux autres en précisant son surnom, son patronyme, sa famille gadzarts et sa promotion. Par exemple, « Xion dit Malé, 54 KIN 194 ».

Devise[modifier | modifier le code]

La devise des Gadzarts est Fraternité comme le montrent les paroles de l'hymne des Gadzarts dans le « couplet à la Fraternité » : Fraternité c'est là notre devise, c'est la devise de tous les vrais Gadzarts.

Promotions[modifier | modifier le code]

La scolarité dans un centre a longtemps duré trois ans. Les élèves de première année étaient les conscrits, ceux de deuxième année les pierrots, et ceux de troisième année les anciens[12]. Depuis que la scolarité dans un centre régional est passée à deux ans, la dénomination de pierrot a disparu.

Les promotions sont désignées par le nom du centre d'où vient la promotion et l'année d'intégration à l'école dont on retire le chiffre des centaines. Par exemple, les élèves ayant intégré l'école en 1997 à Cluny forment la promotion Cluny 197 ou Cl197 ; ceux de 2002 entrés à Châlons forment la promotion Ch202.

Centre Abréviation Période
Aix-en-Provence Ai ou KIN Depuis 1843
Angers An Depuis 1815
Bordeaux Bo Depuis 1963
Châlons-en-Champagne (ex Châlons-sur-Marne) Ch Depuis 1806
Cluny Cl Depuis 1891
Karlsruhe Ka De 1996 à 2008
Lille Li Depuis 1900
Metz Me Depuis 1996
Paris Pa De 1912 à 1948

Depuis 1949, il n'y a plus de promotions intégrant directement le centre de Paris. Certaines promotions se choisissent également un nom d'association différent de leur désignation habituelle. Enfin, tous centres confondus, certaines promotions sont également baptisées par la société des anciens élèves du nom d'un gadzarts célèbre. Par exemple, les promotions 1982 ont pour nom de baptême Louis Delage.

Période de transmission des valeurs[modifier | modifier le code]

Lors de leur arrivée à l’école, les élèves de première année vivent une période d’intégration nommée « PTV » (période de transmission des valeurs). Elle débute, avant même la rentrée, dans chaque grande ville, par la réception des élèves et de leurs parents par les gadzarts locaux, de toutes promotions.

Au-delà de la transmission d'une certaine mémoire orale, de chants, de l'argot, de l'histoire et des mythes de l'école, la PTV vise avant tout, selon les gadzarts, à créer du lien social, qui durera toute leur vie. Cette période, orchestrée par les élèves de deuxième année, vise à unifier chaque promotion autour de valeurs de solidarité, d'amitié et de convivialité qui se perpétuent dans leur communauté depuis plus de deux siècles. Les gadzarts revendiquent que ces traditions permettent aux élèves-ingénieurs de développer des valeurs humanistes, telles que la fraternité, la solidarité, l’entraide, le respect d’autrui, l’engagement au service du bien commun[13].

Au cours de cette PTV, les étudiants de 1re année auront encore l'occasion de rencontrer des anciens élèves dans leur milieu personnel et/ou professionnel. Après la cérémonie du baptême qui symbolise l'entrée du nouveau dans la communauté gadzarts, le dispositif de parrainage par la promotion entrée à l'école 25 ans plus tôt et de grand-parrainage par celle entrée 50 ans plus tôt renforce ce lien intergénérationnel très fort.

En résumé, cette période permet de créer une cohésion dans une promotion d'élèves venant d'horizons différents et n'est sans doute pas étrangère au succès de la société des ingénieurs Arts et Métiers.

Cependant, cette pratique est souvent perçue comme un bizutage psychologique et moral des élèves de deuxième année sur les élèves de première année, notamment en raison du secret qui l’entoure. Celui-ci n'est maintenu, selon les gadzarts, que pour préserver l'effet de surprise auprès des nouveaux arrivants. En 1997, Claude Allègre, ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, ordonne la fermeture des deux centres de Lille et de Cluny, en raison de plaintes à l’encontre des traditions dans ces centres[14]. Ces mesures se heurtent à l’opposition de la société des anciens et de l’association des élèves. Les 23 et 24 octobre les gadzarts manifestent devant l’hôtel Matignon. Cette même année, Ségolène Royal, ministre déléguée à l’enseignement scolaire, fait voter un texte de loi qui interdit les bizutages (texte intégré dans le Code pénal).

À partir de 2003, des exercices de communication et des changements ont été opérés au sujet de cette période, afin de changer l’image négative qu’elle peut colporter auprès du grand public. Un système de contrôle et d'évolution des modalités et des activités de la PTV a été mis en place, rassemblant l'administration de l'école, les anciens élèves et les étudiants. Il garantit le respect des lois et la liberté totale pour les élèves entrant de participer ou pas. Toutefois, les critiques et accusations de bizutage perdurent[N 2].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La musique des gadzarts vers 1910.

Sur les talents des ingénieurs[modifier | modifier le code]

Il existe toute une série de blagues récurrentes - et reprises par exemple par Auguste Detœuf - sur les capacités supposées de pontonniers d'élèves de certaines grandes écoles, dont les gadzarts. La plupart sont basées sur le modèle suivant :

« Un ingénieur des Mines, un polytechnicien et un gadzarts doivent construire un pont. L'ingénieur des Mines construit un pont : celui-ci s'écroule, il ne sait pas pourquoi ; le polytechnicien construit un pont : celui-ci s'écroule, mais il sait pourquoi ; le gadzarts construit un pont : celui-ci tient. Il ne sait pas pourquoi, mais il tient ! »

Cette blague remonterait à l'exploit de Félix Moreaux (Chalons 1843) qui, alors qu'il n'était qu'ingénieur débutant, réussit à imposer sa maquette du viaduc de Vézeronce, en compétition avec beaucoup plus expérimentés que lui. Elle a été par la suite confortée par le grand nombre de ponts et d'ouvrages d'art réalisés avec succès par des gadzarts.

Sur l'essaimage des traditions gadzarts[modifier | modifier le code]

Les traditions et le folklore gadzarts ont influencé de nombreux autres groupes d'étudiants, on peut en retrouver des traces dans les ENIs, les blouses de l'UTBM ou de l'ENIT. Mail surtout, ces traditions ont influencé celles des Écoles Nationales Professionnelles, établissements d'enseignement technique qui ont fourni de nombreux gadzarts entre 1880 et 1960.

Sur la confusion avec les Quat'z'arts[modifier | modifier le code]

Il existe une confusion courante entre les Quat'z'arts et les gadzarts, notamment due aux fêtes mémorables organisées par les deux corpus d'élèves. Les Quat'z'arts réunissent dans la Grande Masse des Beaux-Arts les élèves des Quatre arts, architecture, peinture, sculpture et gravure (plus généralement tous les élèves des Beaux-Arts). Leur principale manifestation était le Bal des Quat'z'Arts, dont le dernier connu a eu lieu en 1966[N 3]. C'est notamment les Quat'z'arts que chante Georges Brassens (deuxième chanson de l'album Les Copains d'abord) et non les gadzarts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Arts et Métiers ParisTech.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il y a une association dans chaque centre, par exemple à Châlons-en-Champagne
  2. « Malgré l'interdiction, le bizutage a toujours droit de cité chez les étudiants », sur France Info,‎ 3 septembre 2010 (consulté le 8 novembre 2011) : « Dans leurs mains, des tracts appelant à la vigilance à l'égard des pratiques de bizutage -appelé "usinage" ou "période de transmission des traditions" à l'ENSAM. Ces militants, ce sont des professeurs et des syndicalistes inquiets de la recrudescence du bizutage depuis un an au sein de l'école. »
  3. En 1967, ils ne trouvèrent pas de salle pour l'organiser et l'année d'après, les événements de mai-juin 1968 lui portèrent un rude coup, dont il ne s'est pas relevé.

Références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
  1. a, b, c, d et e Mathias Chaillot (photogr. Hugo Ribes), « Un an chez les gadzarts », Neon, no 17,‎ avril 2014, p. 64-66, Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  2. Compte-rendu de l'AGP du CNH 2013 disponible sur Kiwi, intranet des Junior-Entrepreneurs http://kiwi.junior-entreprises.com/login.php
  3. « COLLECTE ALIMENTAIRE, Les Gadzarts au service des Restos », Le Républicain lorrain,‎ 6 octobre 2011, Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  4. « UNIVERSITÉ, SOLIDARITÉ, Les Gadzarts aident les Restos du cœur », Le Républicain lorrain,‎ 23 octobre 2012 (lire en ligne), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  5. Serge Mercier, « Le bal des 100 jours de l'Ecole nationale supérieure des arts et métiers », La Provence,‎ 9 mai 2010 (lire en ligne), (consulté le 11 avril 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  6. Laurie Bosdecher, « Les Fignos bricolent à tout va », Sud-ouest,‎ 20 janvier 2012 (lire en ligne), (consulté le 11 avril 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  7. Histoire des écoles d'Arts et Métiers sur le site de 'Union des élèves
  8. L'École d'Arts et Métiers, deux siècles en Anjou par Jean-Louis Eytier 2004 ISBN 978-2-914787-00-0]
  9. Les blouses et Uniformes des élèves Gadzarts
  10. Voir la partition et les paroles de l'Hymne gadzarts.
  11. Laurent Mauron, « Découvrez le musée méconnu des Arts et Métiers », Le Parisien,‎ 23 juin 2006 (lire en ligne), (consulté le 11 avril 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  12. Antoine de Saporta, « Une école d’arts et métiers », Revue des deux mondes, Paris, vol. 113,‎ 1892, p. 557-585 (lire en ligne [Wikisource]), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  13. (fr) Conférence de presse de la SOCE
  14. (fr)fermeture provisoire des centres

Liens vers les sites Internet Arts et Métiers[modifier | modifier le code]

  1. « Arts et Métiers ParisTech, Union des élèves, Accueil » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  2. « am junior entreprise » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  3. « GaSole, gadzarts solidaires » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  4. « Grand gala des fignos » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  5. Site de la Nuit des Arts.
  6. « Grand gala des arts et métiers de Metz » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  7. Historique de l’UAI sur le Site de l'UAI.
  8. « Association historique clunysoise des arts et métiers » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  9. « Histoire des écoles d’arts et métiers, accueil » (consulté le 1er septembre 2014), Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Modèle de source Arts et Métiers ParisTech.

Livres[modifier | modifier le code]

  • Olivier Vercherand, Anne Téqui, Arts et Métiers, l'école de la technologie, Paris, Le Cherche midi,‎ 2011, 127 p. (ISBN 978-1-884964-23-7), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Jean-Louis Eytier, L'École d'Arts et Métiers, deux siècles en Anjou,‎ 2004 (ISBN 978-2-914787-00-0), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Charles R. Day (trad. Jean-Pierre Bardos), Les Écoles d'arts et métiers : l'enseignement technique en France XIXe-XXe siècles [« Education for the Industrial World. The Ecoles d’Arts et Métiers and the Rise of French Industrial Engineering, Cambridge (Mass.), Londres, MIT Press »], Belin,‎ 1991 (1re éd. 1897) (ISBN 978-2-7011-1253-4), Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Jacqueline Fontaine (préf. Nicole Mosconi), Ingénieure au féminin : L’École Arts et Métiers ParisTech, Paris, L’Harmattan,‎ 2014 (ISBN 978-2-343-02922-1, Google books (partiel) lire en ligne).
  • Jean Primault et al., Livre d’or : Bicentenaire gadzarts, Paris, Société des ingénieurs Arts et Métiers,‎ 1980 (1re éd. 1980), 855 p..

Périodiques[modifier | modifier le code]

Wikisources[modifier | modifier le code]