Inhibition latente

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L'inhibition latente décrit la capacité à filtrer les stimuli de l'attention, c'est-à-dire prêter moins attention à ce à quoi on est habitué. Le modèle a été développé par Lubow et Moore en 1959[1]. L'inhibition latente apparait chez toutes les espèces de mammifères qui ont été testées et dans de nombreux paradigmes d'apprentissage différents, ce qui laisse supposer certains avantages adaptatifs, tels que la protection de l'organisme d'associer des stimuli non pertinents avec des événements plus importants.

Explications[modifier | modifier le code]

L'inhibition latente est le processus cognitif permettant de traiter les stimuli sensoriels.

C'est un processus inconscient, sauf chez certaines personnes souffrant d'un "déficit d'inhibition latente". Un individu doté d'une inhibition latente moyenne est capable de "mettre de côté" des informations cognitives superflues, tels le tic-tac d'une horloge, une odeur ou encore certains détails visuels. À l'inverse, un déficit d'inhibition latente empêche l'individu de s'habituer à la plupart de ces informations cognitives et l'oblige à prêter attention à de plus nombreux détails, entraînant parfois des phénomènes de "saturation" d'informations.

C’est ce mécanisme d’inhibition latente qui fait que notre cerveau opère un tri dans toutes les informations sensorielles et qui nous rend conscients de ce qui est jugé utile et pertinent, en enlevant les bruits, images et sensations de fond. L’inhibition latente effectue une sorte de tri automatique afin que nous ne soyons pas submergés par toutes ces informations et que nous puissions nous concentrer sur l’essentiel.

En 2001, les équipes de recherches de Harvard et de Toronto, conduites par Shelley Carson et Daniel Higgins ont publié une étude liant le QI et la schizophrénie[2]. Selon cette étude, plus le QI est élevé, plus les capacités de triage sont efficaces gagnant ainsi en créativité. À l’inverse, un QI inférieur à la moyenne peut conduire à la schizophrénie une personne n’étant pas en mesure de le traiter.

Déficit d'inhibition latente[modifier | modifier le code]

Les personnes atteintes d'un bas niveau d'inhibition latente peuvent présenter les symptômes suivants : Syndrome général d'adaptation (stress), migraines ophtalmiques (scotome) suivie de céphalées très douloureuses, des crises d'hypotension, des phénomènes de confusion voire de schizophrénie.

Un faible niveau inhibition latente permet d'observer plus de détails, de petites choses qui peuvent échapper à des gens ayant un niveau moyen d'inhibition latente. Cela leur permet d'avoir un regard plus complet sur les choses, de gérer de nombreuses idées simultanément (on parle poétiquement d'imagination) et probablement de présenter une mémoire plus élevée.

Les personnes atteintes de déficit d'inhibition latente peuvent compenser la surcharge perceptive si leur QI est supérieur à la moyenne. Il y aurait un lien entre le quotient intellectuel (QI) et déficit d'inhibition latente. Un QI élevé permettrait de capter plus d'informations et donc diminue le niveau d’inhibition latente. En revanche, une personne possédant un QI inférieur à la moyenne ne sera pas apte à trier toutes ces informations.

Certaines drogues agissent sur l’inhibition latente et peuvent la mettre à un "bas niveau" et ainsi provoquer un raz de marée d’informations chez des personnes ne pouvant les traiter, ce qui peut les rendre malades voir mener à une forme de psychose.

Causes[modifier | modifier le code]

Un déficit d'inhibition latente peut survenir suite à un choc post-traumatique ou psychologique (tel un accident ou une forte dépression), cela peut aussi se produire "naturellement" (comme la perte de la vue, de l'ouïe...) et ce, à n'importe quel âge, mais aussi tout simplement être naturel (dès la naissance).

On dénombre 35, 8 %[3] de la population mondiale présentant des troubles d'inhibition latente (pathologique, psychiatrique, avérée...)

Personnages dotés d'inhibition latente[modifier | modifier le code]

  • Nikola Tesla (serbe cyrillique : Никола Тесла), né le 10 juillet 1856 à Smiljan, Empire d'Autriche (aujourd’hui en Croatie), et mort le 7 janvier 1943 à New York, États-Unis, d’origine serbe émigré aux États-Unis, est un inventeur et ingénieur, dans le domaine de l’électricité. Il est souvent considéré comme l’un des plus grands scientifiques dans l’histoire de la technologie, pour avoir déposé plus de 700 brevets (qui sont pour la plupart attribués à Thomas Edison)1,2 traitant de nouvelles méthodes pour aborder la « conversion de l’énergie ». Tesla est donc reconnu comme l’un des ingénieurs les plus créatifs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Pour sa part, il préférait plutôt se définir comme un découvreur.[réf. nécessaire]
  • Michael Scofield, héros de la série Prison Break, jouit plus qu'il ne souffre d'un déficit d'inhibition latente. Combiné à son QI élevé, cela fait de lui un génie créatif.
  • Spectre, personnage de la série Noob.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robert E. Lubow et A. U. Moore, « Latent Inhibition : The Effect of Nonreinforced Pre-Exposure to the Conditional Stimulus », Journal of Comparative and Physiological Psychology, vol. 52, no 4,‎ août 1959, p. 415-419 (ISSN 0021-9940).
  2. Articles en ligne en anglais [1] ou en français [2]
  3. manque de référence