Hugues Cuénod

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Hugues Cuénod

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Le 22 février 2010, en compagnie du violoniste néerlandais Jeroen Van Der Wel

Naissance 26 juin 1902
Corseaux (Vaud)
Décès 6 décembre 2010 (à 108 ans)
Vevey (Vaud)
Activité principale Artiste lyrique
Ténor
Années d'activité 1928-1988

Hugues-Adhémar Cuénod (né le 26 juin 1902 à Corseaux (Vaud) - mort le 6 décembre 2010 à Vevey[1],[2]) est un ténor suisse.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence ses études musicales à l'institut Ribeaupierre de Lausanne et les poursuit aux conservatoires de Genève et Bâle, ainsi qu'à Vienne où il prend des cours de chant auprès de Mme Singer-Burian de 1925 à 1927. Elle lui fait modifier son registre vocal en le faisant passer de baryton léger à ténor.

Il fait ses débuts de concertiste vocal en 1928 à Paris dans Johnny Spielt auf (Johnny mène la danse) d'Ernst Krenek en première française, interprète le rôle principal du Pont d'or de Maxime Jacob, et des cantates de Johann Sebastian Bach sous la direction de Vincent d'Indy. En 1929, il participe à la création en Grande-Bretagne de Bitter Sweet de Noel Coward, qu'il reprend aux États-Unis. De 1930 à 1940, il aborde les grands rôles du répertoire avec une prédilection pour la musique du XXe siècle : il interprète, entre autres, Les Noces de Stravinski, Le paradis perdu d'Igor Markevitch, La danse des morts d'Arthur Honegger.

À partir des années 1940, il étend son répertoire vers la musique ancienne; il participe avec Nadia Boulanger à la redécouverte de Monteverdi. En 1943, il donne une prestation remarquée de l'évangéliste dans la Passion selon saint Matthieu de Bach sous la direction d'Ernest Ansermet, et enregistre des chansons du Moyen Âge de Gilles Binchois et Guillaume de Machaut. À cette époque, il enseigne aussi le chant au conservatoire de Genève. À Venise, en 1951, il fait partie, aux côtés d'Elisabeth Schwarzkopf, de la création de l'opéra de Stravinski The Rake's Progress sous la direction du compositeur. C'est ensuite Le Chevalier à la rose de Richard Strauss, et Wozzeck d'Alban Berg.

Il représente un exemple rare de longévité et d'éclectisme dans le chant, interprétant un de ses derniers rôles le 10 mars 1988 à 85 ans, en empereur de Chine dans Turandot de Puccini, au Metropolitan Opera de New York. Il fête son centenaire quand il reçoit, en 2002, le prix World of Song de la Fondation Lotte Lehmann.

Hugues Cuénod signe le 26 juin 2007, jour de son 105e anniversaire, un partenariat enregistré (contrat d'union civile équivalent suisse du PACS français) avec Alfred Augustin, son compagnon depuis 25 ans.

Hugues Cuénod meurt à l'âge de 108 ans, le 6 décembre 2010 à Vevey.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Spycket, Un Diable de musicien, Hugues Cuénod, éditions Payot, 1990.
  • Hugues Cuénod, D'une voix légère (entretiens), éditions Bibliothèque des Arts, 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Schmitt, « Portrait Hommage : Hugues Cuenod, ténor (Corseaux s/ Vevey, 26 juin 1902 – Vevey, 6 décembre 2010) », sur resmusica.com, Res Musica,‎ 16 décembre 2010 (consulté le 28 décembre 2010).
  2. Étienne Dumont, « Le chanteur Hugues Cuénod s’est éteint à 108 ans », sur www.tdg.ch, La Tribune de Genève,‎ 7 décembre 2010 (consulté le 28 décembre 2010).

Liens externes[modifier | modifier le code]