Henry Alexander Wickham

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Sir Henry Alexander Wickham (29 mai 1846 – 27 septembre 1928) est un explorateur anglais, resté célèbre pour avoir rapporté du Brésil des graines d'hévéa qui ont ensuite été implantées avec succès dans les colonies britanniques d'Asie, brisant ainsi le monopole brésilien.

Né en Angleterre à Hampstead, près de Londres, il perd son père à l’âge de quatre ans et débute à l’âge de 20 ans une série de voyages d’exploration en Amérique du Sud en commençant par le Nicaragua[1].

Son premier livre, Rough Notes of a Journey Through The Wilderness from Trinidad to Pará, Brazil, by way of the Great Cateracts of the Orinoco, Atabapo, and Rio Negro, a été publié par W.H.J. Carter, le père de son épouse Violet Carter, en 1872. Il enmena toute sa famille plus tard à Santarém, au Brésil, où sa mère et sa sœur Harriette, décédèrent en 1876.

Il a récolté 70 000 graines d'hévéa (soit l'équivalent d'une tonne)[2] à l'aide d'Indiens recrutés dans la jungle, les a fait transporter à dos d'homme puis les a emballées dans des feuilles de bananier séchées, elles-mêmes stockées dans des paniers en rotin, avant de berner les douanes brésiliennes de Belém qui ont inspecté le SS Amazonas, le cargo qui a accepté d'embarquer sa précieuse collection jusqu'à Liverpool[3]. Un train de nuit spécialement affrété par Joseph Dalton Hooker, directeur du jardin botanique de Londres, le Kew Gardens, a pris livraison de la cargaison, arrivée à Londres à 3 heures du matin. Les graines ont été immédiatement replantées dans les serres tropicales vidées de leurs collections en toute hâte par les ouvriers du jardin. Le directeur du jardin lui avait promis de lui payer 10 livres s’il réussissait à transporter des graines d’hévéa viables jusqu’en Angleterre. Seulement 4 % de ces graines germeront dans les jardins de Kew, les tentatives précédentes de botanistes britanniques ayant échoué par leur nombre insuffisant.

Au mois d'août suivant, les premiers hévéas ont pris la route de Ceylan[3]. D’autres sont partis dans les plantations des protectorats anglais en Malaisie. Onze jeunes plants arrivèrent au Jardin Botanique de Singapour en 1877, où Henry Nicholas Ridley, directeur du jardin botanique de Singapour, mit au point une méthode de croissance rapide afin d'assurer la reproduction des arbres. Le coup de Wickham, surnommé par les barons du caoutchouc brésilien «le bourreau de l'Amazonas», a entraîné une vaste concurrence mondiale. Dès 1910, la production de latex en provenance d'Asie concurrençait sérieusement la production du bassin de l'Amazone et entraînait le déclin de Manaus ainsi que de la Peruvian Amazon Company[4]. Aujourd'hui, plus de 90 % du caoutchouc naturel est produit en Asie. «La mondialisation végétale a très largement précédé la mondialisation économique», a écrit à ce sujet Andrée Corvol, historienne et chercheuse au CNRS, dans « les Arbres voyageurs », qui relate d’autres exploits du même type.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brazil and the Struggle for Rubber: A Study in Environmental History. Cambridge: Cambridge University Press. p.14. ISBN 0521334772
  2. Anne Varichon, Être caoutchouc, Le Seuil,‎ 14 septembre 2006, 190 p. (ISBN 978-2-02-084317-1), p. 28
  3. a et b http://www.jardinsdumaroc.com/Mondialisation-vegetale_a84.html
  4. Mario Vargas LLosa, El sueño del Celta, Madrid, Santillana Ediciones, 2010. (Kindle, Empl. 4530)