Henri Duret

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Henri Duret né le 7 juillet 1849 à Condé-sur-Noireau dans le Calvados et mort le 7 avril 1921 à Lille[1], est un chirurgien, neurologue et neuranatomiste français, qui par ses travaux a été un précurseur de la neurochirurgie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Duret est élève des frères maristes à Montluçon. Attiré par la profession médicale, il s'inscrit à l'École de médecine de Caen, puis à la Faculté de Paris en 1869. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il est aide-major dans une ambulance de l’Armée de la Loire et sa conduite est remarquée par le général Chanzy. Reprenant ses études, il est externe, puis interne (1871) des Hôpitaux de Paris et aide d'anatomie. En 1880, il est chef de clinique chirurgicale dans le service du professeur Aristide Verneuil.

En 1882, il est classé premier au concours de chirurgien des Hôpitaux de Paris, mais il échoue à deux reprises à l’agrégation en raison, semble-t-il, d’une cabale liée à ses convictions religieuses. Deux ans plus tard, conscient que la voie universitaire était barrée à Paris, son frère l’abbé Joseph Duret, chapelain de la communauté de l’hôtel-Dieu de Bayeux a l’idée de proposer sa candidature à une chaire de la jeune faculté catholique de médecine de Lille, fondée en 1875-1876. Agréée par le recteur Baunard et par le Conseil de faculté, la proposition est rejetée vivement par Alfred Duquesnay, archevêque de Cambrai et président du conseil supérieur de l’Université catholique, au motif que Duret a été l’élève de Charcot, qu’il a enseigné à l’École d’infirmières de Paris créée par Désiré-Magloire Bourneville et qu’il a collaboré au Progrès médical fondé par ces deux médecins notoirement anticléricaux. Il faut l’intervention personnelle du docteur Camille Feron-Vrau, véritable fondateur de la faculté catholique de médecine, pour convaincre l’archevêque de Cambrai.

Henri Duret est d’abord nommé dans la chaire de pathologie générale, puis dans la chaire de clinique chirurgicale à la mort de son titulaire. Il l'occupe de 1885 à 1911. Sa devise était : « science et religion ».

Doyen de la Faculté libre de médecine de Lille à trois reprises (1890, 1899 et 1905), il crée pour les étudiants la Société anatomo-clinique qu'il préside lui-même de 1885 à 1905. Il fonde aussi une école d'infirmiers pour les religieux camilliens qui tiennent un dispensaire à Lille, ainsi qu'une école d'anthropologie, qui organise chaque année un cycle de conférences pour les étudiants et le grand public. En 1905, il crée le dispensaire-école de la Croix-Rouge appelé à former plus de 500 « dames infirmières ». En 1900, il est élu correspondant de l'Académie de médecine dont il devient membre associé en 1907.

Au début de la Première Guerre mondiale, alors qu’il n’est plus mobilisable, et qu’il a quitté sa chaire de clinique chirurgicale depuis deux ans, Henri Duret reprend du service, en dirigeant deux hôpitaux auxiliaires dans les locaux des facultés catholiques et d’un collège voisin. Son dévouement et son courage face à l’occupant lui vaudront d’être admis en 1921 dans l'Ordre national de la Légion d'honneur.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Recherche anatomique sur la circulation des hémisphères cérébraux et de la moelle épinière, 1872
  • Sur les fonctions des hémisphères cérébraux, en collaboration avec le docteur Carville, 1874
  • Études expérimentales et cliniques sur les traumatismes cérébraux, Paris, Vve A. Delahaye, 1878 disponible sur Gallica
  • Leçons de clinique chirurgicale, Maloine, 1894 disponible sur Gallica
  • Sur la cure des exstrophies vésicales par la suture marginale, Troyes, 1898 disponible sur Gallica
  • Les Tumeurs de l'encéphale, manifestations et chirurgie, Paris, F. Alcan, 1905 disponible sur Gallica

Notes et références[modifier | modifier le code]