Désiré-Magloire Bourneville

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Désiré-Magloire Bourneville

Désiré-Magloire Bourneville, né le à Garencières (Eure), mort le à Paris, est un neurologue français qui a participé activement au débat sur la laïcisation des hôpitaux français[1].

Il était neurologue à l'hôpital de Bicêtre, animateur du journal le Progrès médical, élu député de Paris en 1873.

Il multiplie les déclarations à l'encontre des religieuses employées comme infirmières :

« L'État qui est laïc a le devoir de se priver du concours d'auxiliaires qui, par leurs vœux, se placent en opposition directe avec les lois de la nature et les intérêts de la société[2]. »

Le docteur Désiré-Magloire Bourneville va provoquer une évolution remarquable dans la connaissance de ce qu’on appelle les idiots. Il va institutionnaliser l’action médico-pédagogique et participer activement au vote de la loi proposée par Alfred Binet instituant en 1909 les classes de perfectionnement annexées aux écoles primaires où l’institutrice aura également suivi des études d’infirmière. Sa conviction est que tous les enfants handicapés doivent recevoir une éducation. Il est également à l'origine de réformes de l'hygiène hospitalière, veillant par exemple personnellement à la compatibilité des tenues du personnel avec les pratiques aseptiques. L'aboutissement de son combat pour la reconnaissance des enfants handicapés se trouve sans doute dans le vote en 1909, d'une loi pour un système scolaire adapté aux enfants handicapés, connecté avec le réseau éducatif classique[3].

Il est conseiller municipal de Paris et député de la Seine de 1883 à 1889, inscrit au groupe de la Gauche radicale.

Ses cendres ont été déposées dans la case 5 540 du columbarium du cimetière du Père-Lachaise.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Création de classes spéciales pour les enfants arriérés (Lettre aux membres de la 3e commission du Conseil Général de la Seine), Col. Bibliothèque d'Éducation Spéciale, No  Hors série, Alcan, Paris, 1897, Édité à l'Hôpital Bicêtre, Imprimerie des enfants.
  • Recherches cliniques et thérapeutiques sur l'épilepsie, l'hystérie et l'idiotie (Compte-rendu du service des enfants idiots, épileptiques et arriérés de Bicêtre pendant l'année 1902), Alcan, Paris, 1902.
  • Recueil de mémoires, notes et observations sur l'idiotie (1772-1840), Col. Bibliothèque d'Éducation Spéciale, No 1, Alcan, Paris, 1891.
  • Assistance, traitement et éducation des enfants idiots et dégénérés, Rapport fait au Congrès national d'assistance publique, Session de Lyon, juin 1894, Col. Bibliothèque d'Éducation Spéciale, No 4, Alcan, Paris, 1895.
  • Jean-Martin Charcot, Désiré-Magloire Bourneville, Leçons sur les maladies du système nerveux faites à la Salpêtrière, Delahaye, Paris, 1872.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Désiré Magloire Bourneville, Socrate était-il fou ?, Journal de Médecine Mentale, T. IV, Masson & Fils, Paris, 1864.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans son article « Expulser Dieu : la laïcisation des écoles, des hôpitaux et des prétoires », Jacqueline Lalouette écrivait en 1991 que le rôle primordial du Dr Bourneville dans de nombreux domaines médicaux et sociaux commençait seulement à être étudié. On trouvera cependant des renseignements intéressants dans Devenir infirmière en France: une histoire atlantique, 1854-1938 d'Évelyne Diebolt et Nicole Fouché, pp. 101 et suiv. Editions Publibook, 2011.
  2. Son attitude anticléricale est détaillée dans Les ordres religieux dans les hôpitaux de Paris, de Jean-Paul Martineaud, Éditions L'Harmattan, 2002, p. 271 et suiv.
  3. Jacques Hochmann: Histoire de l'autisme, Ed. O. Jacob, 2009, ISBN 2738121535

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)