Hans Morgenthau

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Hans Joachim Morgenthau (17 février 1904 - 19 juillet 1980) fut un politologue et juriste américain d'origine allemande, théoricien majeur des relations internationales. Il est l'un des fondateurs de l'école réaliste des relations internationales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Cobourg en Allemagne dans une famille juive et a fait ses études dans les universités de Berlin, de Francfort et de Munich. Il a enseigné et pratiqué le droit à Francfort avant d'aller aux États-Unis en 1937 où il est devenu professeur à l'Université de Chicago, puis à la Nouvelle école de recherche sociale de New-York. Il est l'un des passagers qui a survécu au crash du vol Swissair 316 près de l'aéroport international Athens-Ellinikon, le 8 octobre 1979. Il est décédé en 1980, des suites d'une maladie.

thèses défendues[modifier | modifier le code]

Avec Edward Hallett Carr, il est l'un des principaux auteurs de l'école réaliste classique. Au début de la guerre froide il fut consultant au département d'Etat des Etats-Unis, où il est l'un des pères de la doctrine du "containment", mais sa carrière fut essentiellement celle d'un universitaire relativement critique à l'égard de l'action du gouvernement : il condamna ouvertement l'intervention américaine au Vietnam. Dans ses oeuvres, il a notamment mis l'accent sur la notion d'intérêt national : il considère que "le principal principe directeur du réalisme politique est le concept d'intérêt, défini en termes de puissance". Cette citation est extraite de son plus célèbre ouvrage, Politics Among Nations, publié en 1948[1]. Il définit également les déterminants matériels de la puissance : un vaste territoire, une population nombreuse, une économie forte (qui permet le cas échéant de financer une guerre), une technologie de pointe... Auxquels il a ajouté les déterminants immatériels, comme le sentiment national, la qualité du gouvernement et celle de la diplomatie.

Hans Morgenthau disait que "le but de la politique est la domination : notre ennemi, tout comme nous, utilise sa moralité pour resserrer l'ouverture de sa conscience et ignorer son appétit de pouvoir"[2]. Le réaliste ne nie pas la dimension morale de l'action politique, mais les principes moraux doivent être adaptés à la situation concrète (et non pas être appliqués dans leur formulation abstraite et universelle). Le réaliste doit également déterminer l'endroit ou l'intérêt national diverge de considérations morales et légales, pour privilégier le premier.

On range parfois Morgenthau sous l'étiquette "réaliste classique", pour bien le distinguer du néo-réalisme (ou réalisme structurel, qui lui est associé à d'autres auteurs comme Kenneth Walz[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Roche, Théories des relations internationales, éd. Montchrestien, 2004, p. 33
  2. (fr) Le principe de Lucifer (1997), Howard Bloom (trad. Aude Flouriot), éd. le Jardin des livres, 2001 (ISBN 2-914569-03-3), p. 245
  3. Hans Morgenthau and Kenneth Thompson, Politics Among Nations, 6th edition (New York: McGraw-Hill, 1985), p. 165.