Hénothéisme

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L'hénothéisme (grec ancien εἷς θεός [heis theos], « Un dieu ») ou kathénothéisme[1] (un dieu à la fois) est un concept développé par Max Müller dans ses travaux sur le védisme pour désigner une forme de croyance en une pluralité de dieux dans laquelle l'un d'entre eux joue un rôle prédominant par rapport aux autres et reçoit un culte préférentiel[2].

Pour Müller, l'hénothéisme est une « forme première »[3] du polythéisme. Dans ses travaux ultérieurs, il pense en discerner aussi l'expression dans les formes primitives des religions gréco-romaine et germaniques, entre autres[4].

Müller distinguait très nettement l'hénothéisme, où la vénération de plusieurs divinités reste admise, du monothéisme qui, à son sens, se caractérise par un refus de la pluralité. Ce serait donc déformer sa pensée que d'assimiler la monolâtrie à l'hénothéisme[5].

Histoire du mot et du concept[modifier | modifier le code]

Le mot « hénothéisme » est attesté antérieurement aux travaux de Müller : il est attesté chez Friedrich Schelling, qui forme ce néologisme dans sa Philosophie der Mythologie und der Offengarung[4].

Dans ses travaux des années 1870, Müller utilise de façon interchangeable ce terme et celui de « kathénothéisme », qu'il abandonne définitivement en 1882 en constatant que « le mot hénothéisme, plus court, est le plus généralement accepté »[6].

Chez plusieurs auteurs[évasif], le terme de kathénothéisme a une signification quelque peu différente[réf. souhaitée]. Selon Henri Clavier, il désignerait une sorte de « rotation » du culte entre « plusieurs grands dieux »[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Borgeaud, « Dieu(x) et divinités » dans Philippe Borgeaud (dir.) et Danièle Hervieu-Léger (dir.), Dictionnaire des faits religieux, Paris, Presses universitaires de France, avec le concours du Centre National du Livre,‎ 2010, p. 257-259
  • D. W. Holsten, « Henotheismus » dans (de) Die Religion in Geschichte und Gegenwart, vol. 3, Tübingen,‎ 1959
  • Julien Ries, « Hénothéisme » dans Paul Poupard (dir.), Dictionnaire des religions, vol. 1, PUF,‎ 2007 (ISBN 978-2-13-056434-8), p. 832
  • Michiko Yusa, « Henotheism » dans (en) Mircea Eliade (dir.), The Encyclopedia of Religion, vol. 6, Macmillan,‎ 1987 (ISBN 0-02-909480-1), p. 266-267
  • Henri Clavier, Les Variétés de la pensée biblique et le problème de son unité, vol. 43, Leyde, Brill, coll. « Novum Testamentum, Suppléments »,‎ 1976, xvi + 424 p. (ISBN 9-00404-465-5)

Pour l'histoire du mot et du concept, on consultera avec profit[4] l'article de Robert Mackintosh « Monolatry and henotheism » dans (en) James Hastings, Encyclopaedia or Religion and Ethics, vol. 8, Edinburgh,‎ 1915.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michiko Yusa spécifie que les termes sont utilisés « de façon interchangeable » (« interchangeably »)
  2. Michiko Yusa et Julien Ries
  3. L'expression est une citation de Julien Ries. Borgeaud écrit pour sa part « expression la plus primitive de la croyance »
  4. a, b et c Michiko Yusa
  5. Michiko Yusa. Sur l'importance de ne pas assimiler la monolâtrie à l'hénothéisme, Yusa renvoie à (de) Friedrich Heiler, Erscheinungsformen und Wesen der Religion, Stuttgart,‎ 1961, p. 323
  6. Michiko Yusa. La citation de Müller, fournie par Yusa, est extraite de l'édition en anglais India : What Can It Teach Us ? (1896), p. 146-147, qui reproduit plusieurs conférences données à Cambridge en 1882.
  7. In Les Variétés de la pensée biblique et le problème de son unité, p. 86, note 116.