Grace Hopper

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Grace Hopper
Grace Murray Hopper
Grace Hopper en 1984.
Grace Hopper en 1984.

Surnom Amazing Grace
Naissance 9 décembre 1906
New York, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 1er janvier 1992 (à 85 ans)
Comté d'Arlington, Drapeau des États-Unis États-Unis
Allégeance Drapeau des États-Unis États-Unis
Arme United States Navy
Grade Rear admiral (lower half)
Distinctions Defense Distinguished Service Medal
Legion of Merit
Meritorious Service Medal
American Campaign Medal
World War II Victory Medal
National Defense Service Medal
Armed Forces Reserve Medal
Naval Reserve Medal

Grace Murray Hopper, née le 9 décembre 1906 à New York et morte le 1er janvier 1992 dans le comté d'Arlington, est une informaticienne américaine et Rear admiral (lower half) de la marine américaine. Elle est la conceptrice du premier compilateur en 1951 (A-0 System) et du langage COBOL en 1959.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Grace Brewster Murray est née le 9 décembre 1906 à New York. Elle étudie les mathématiques, la physique et l'économie au Vassar College, et en sort diplômée en 1928. En 1934, elle obtient un doctorat en mathématiques de l'université Yale[1],[2].

La jeune femme enseigne les mathématiques au Vassar College entre 1931 et 1944. Elle épouse en 1930 Vincent Hopper, un professeur de littérature. Le couple, qui n'a pas d'enfants, divorce en 1945[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1943, Grace Hopper s'engage dans la marine américaine. Promue au grade de lieutenant, elle est affectée l'année suivante au Bureau of Ordnance Computation Project de l'université Harvard. Elle travaille dans l'équipe de Howard Aiken sur l'ordinateur Harvard Mark I. Elle fait partie du premier groupe, comptant trois personnes, apprenant à le programmer[1].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle quitte le service actif de la marine, mais continue à travailler au développement des ordinateurs Harvard Mark II puis Harvard Mark III pour le compte du Computation Laboratory d'Harvard[1].

Une carnet d'annotations manuscrites avec un diptère mort fixé avec un adhésif
Journal conservé au Smithsonian Institution. Page qui a popularisé l'expression « bug informatique ».

De cette époque date l’anecdote d'une panne de Mark II, due à une mite (plus vraisemblablement, un papillon de nuit, de l'anglais moth) prise dans un relais. L’insecte, « bug » en anglais, fut enlevé avec soin et placé dans le journal de bord avec la mention « first actual case of bug being found » soit littéralement, « premier cas réel de découverte d'insecte ». Bien que les termes « bug » et « debugging » fussent déjà utilisés à cette époque, la plaisanterie a popularisé l’expression de « bug informatique »[1].

En 1949, Grace Hopper est employée par Eckert–Mauchly Computer Corporation (en) (EMCC) et rejoint l'équipe développant UNIVAC I à Philadelphie. En 1950, la compagnie est rachetée par Remington Rand. Hopper conçoit l'année suivante le premier compilateur pour UNIVAC I, nommé A-0 System[1].

À partir de 1957, elle travaille pour IBM, où elle défend l'idée qu'un programme devrait pouvoir être écrit dans un langage proche de l'anglais plutôt que d'être calqué sur le langage machine, comme l'assembleur. De cette idée naît le langage COBOL en 1959.

En 1966, conformément au règlement en vigueur, elle doit quitter la Navy après avoir atteint l'âge de 60 ans, mais est rappelée l'année suivante[3]. Au cours des années 1970, elle mène les travaux d'établissement de normes pour les ordinateurs, en particulier les premiers langages de programmation évolués : le Fortran et le COBOL.

Grace Hopper au clavier de l'UNIVAC, vers 1960.

Grace Hopper reste dans la Marine jusqu'en 1986, date à laquelle elle prend sa retraite avec le grade de Rear admiral (lower half). Elle est alors l'officier le plus âgé de la marine américaine[4].

Jusqu'à son décès en 1992, elle est employée comme consultante externe par Digital Equipment, pour des conférences sur les débuts de l'informatique[3]. Elle est enterrée avec les honneurs militaires au cimetière national d'Arlington[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1986, Grace Hopper est décorée de la Defense Distinguished Service Medal, plus haute distinction existante pour les non-combattants[3]. En 1991, elle reçoit la National Medal of Technology pour « ses contributions novatrices dans le développement de langages de programmation »[6].

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1973, Grace Hopper est nommée « membre émérite » (distinguished fellow) de la British Computer Society (en)[3]. Elle est inscrite au National Women's Hall of Fame en 1994[5]. Près d'une cinquantaine de doctorats honoraires lui ont été décernés[3]. En 1997, un destroyer de la classe Arleigh Burke, est baptisé USS Hopper (DDG-70)[1].

Une conférence technique internationale, organisée depuis 1994 par l'Institut Anita Borg pour les femmes et la technologie (en), est baptisée Grace Hopper Celebration of Women in Computing en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) Susan Ware (dir.), Stacy Braukman et al., Notable American Women: A Biographical Dictionary : Completing the Twentieth Century, vol. 5, Harvard University Press,‎ 2005, 768 p. (ISBN 9780674014886, présentation en ligne, lire en ligne), p. 309-311
  2. (en) Grace Murray Hopper sur le site du Mathematics Genealogy Project
  3. a, b, c, d et e (en) Judy Green et Jeanne LaDuke, Pioneering Women in American Mathematics : The Pre-1940 PhD's, Société mathématique américaine, coll. « History of mathematics » (no 34),‎ 2009, 349 p. (ISBN 9780821843765, lire en ligne), p. 205-206
  4. (en) John H. Cushman Jr., « Admiral Hopper's Farewell », The New York Times,‎ 14 août 1986
  5. a et b Jérôme Béglé, « Grace Hopper, la femme qui a fait parler les ordinateurs », Le Point,‎ 9 décembre 2013
  6. (en) John Markoff, « Rear Adm. Grace M. Hopper Dies; Innovator in Computers Was 85 », The New York Times,‎ 3 janvier 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]