Gbogolo

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Gbogolo (ou Gbogholo ou encore Bogolo ou souvent Bogholo) est une localité du centre de la Côte d'Ivoire et appartenant au département de Séguéla, Région du Worodougou. La localité de Gbogolo est un chef-lieu de communes dans le canton Tiéma[1]. Le canton Tiéma comprend treize villages dans la sous-préfecture de Massala[2].

Une ancienne vue partielle du village
Une vue partielle actuelle du village
Plaque à l'entrée nord de la commuune de Gbogolo.
L'entrée nord.
L'entrée nord.
L'entrée sud du village de Gbogolo, route de Toukro et Gbiéla.
Une vue du quartier Dough-la


Histoire[modifier | modifier le code]

Il y a de cela longtemps[3], naquit Mory Kamani à Karawani, une localité située probablement en Guinée.

Un jour, en adepte de l'Islam, il tua le serpent sacré du puits du village. Ce geste provoqua la colère des animistes et l'amena à abandonner son village natal[4]. Mory Kamani dut s'exiler au Mali d'où il se rendit ensuite à Mankono en Côte d'Ivoire, puis à Massala dans le département de Seguela.

À la recherche d'un endroit propice à la pratique de sa religion, il partit dans le village de Tiémassoba. Après de multiples prières, Dieu lui aurait révélé que la terre propice à son installation définitive était celle du village de Gbogolo auprès du vieux Bobo Dosso, à proximité de celui de Tiémassoba[5].

Le vieux Bobo Dosso serait le premier fondateur du village de Gbogolo. Il avait pour coutume d'adorer la grande montagne appelée «Bobo-lè-goulè» qui signifie « montagne de Bobo » en langue gouro. Mory Kamani se rendit donc à Gbogolo auprès de Bobo Dosso pour lui demander l'hospitalité. Bobo offrit une place à l'étranger afin de l'aider à développer le village.

Mory Kamani, grand marabout, a ensuite pris le nom local de Karamoko Douahou Mory (en langue locale Kiamogh Djouahou Mory, qui veut dire « érudit musulman qui procure des bénédictions par ses prières »). Par déformation, ce nom est devenu Kiamogh Djouammueu ou Kiamoh Djombo. Il a abandonné son patronyme au profit de celui de Dosso en hommage à son hôte.

La cohabitation entre l'hôte et son étranger ne fut pas aisée. En effet, Bobo Dosso était un grand féticheur polythéiste, adorant la montagne et d'autres divinités, tandis que « Kiamogh Djouammueu » Dosso, grand marabout monothéiste, n'adorait que son Dieu unique Allah. Le fétichisme et l'islam n'allant pas de pair, Kiamogh Djouammueu entreprit des prières afin que son tuteur s'éloignât de lui avec ses démons.

Ces prières ayant été exaucées, Bobo prit un jour la décision d'aller créer un nouveau village auprès d'une termitière dans laquelle il prit soin de ranger ses affaires avant la construction de sa case. La termitière en langue locale malinké se dit toh, d'où le nom de son village Tonon qui signifie « à l'intérieur de la termitière ». Ce village se situe à environ deux kilomètres de Gbogolo. Avant d'aller s'établir à Tonon, Bobo recommanda à son étranger de bien prendre soin de la montagne qu'il adorait.

La distance qui séparait les deux hommes n'affecta pas du tout leur amitié. Ainsi, Bobo donna en mariage sa fille Makoumba Dosso à son étranger. Elle eut douze fils dont l'aîné s'appelait Dadou Dosso.

« Kiamogh Djouammueu » décida un jour d'effectuer le pèlerinage à la Mecque. Avant son départ, il confia sa femme et ses enfants à son hôte et beau-père Bobo Dosso. Après sept ans d'absence, El Hadj « Kiamogh Djouammueu » Dosso, entreprit son retour de la Mecque. À l'orée du village de Gbogolo, il s'assit en route, non loin de la montagne bobo-lé-goulè, dans un endroit appelé « Gnaangna » et envoya un messager pour annoncer la bonne nouvelle de son arrivée à la population. Celle-ci, très heureuse, se mit en tenue de guerrier, battant des tam-tams pour aller accueillir l'érudit venant de La Mecque.

À la vue de ce spectacle affligeant pour un musulman, El Hadj « Kiamogh Djouammueu » aurait demandé au Tout-Puissant sa disparition aux yeux des humains. Cette prière aurait été immédiatement exaucée et l'homme de Dieu disparut à jamais. À l'endroit où il s'était assis, l'on ne retrouva que son chasse-mouches et son chapelet qui sont précieusement conservés par le doyen d'âge du village de Gbogolo de nos jours.

Le nom du village Gbogolo provient de gbogh-lo qui signifie « dans les roseaux »[6], le village ayant été bâti près d'une roselière. Les anciens disaient bogh-lo, d'où l'ancien nom de Bogolo ou Bogholo attribué au village.

Éducation et santé[modifier | modifier le code]

Le village comporte une école primaire et dispose également d'un centre de santé et d'une infirmerie qui servent pour les villages environnants. Les premiers enseignements à l'école de Gbogolo ont été dispensés au cours de l'année scolaire 1968-1969. En raison de la crise sociopolitique du pays, les installations scolaires et sanitaires s'étaient grandement dégradées. Une restauration des locaux est en cours, avec l'aide d'ONG et d'ambassades étrangères.

Le centre de santé comprend une infirmerie et une maternité.

L’accès à l’eau potable constitue une contrainte majeure pour une grande partie de la population du canton Tiéma. Le manque d’accès à l’eau et à l’assainissement, lié au manque d’hygiène, est la première cause de mortalité en Afrique, et constitue un obstacle majeur au développement[7]. La corvée d'eau représente une fatigue quotidienne pour les femmes et les enfants, faite de longues attentes et parfois de conflits autour des points de ravitaillement en période sèche.

Pourtant le village de Gbogolo dispose d'au moins une pompe hydraulique, mais les villageois n'apprécient pas l'eau qui en est issue pour cause de goût, semble-t-il.

L'une des pompes du village


L’hygiène devient difficile en période de sécheresse

Comment se laver quand on a tout juste de l’eau pour boire en saison sèche? A cette période, les points d'eau tarissent. L’hygiène corporelle devient alors un luxe pour un grand nombre d'habitants. Un état de fait qui laisse le champ libre aux infections notamment cutanées et oculaires. Il importe alors d'envisager sérieusement la construction d'un château d'eau permettant d'obtenir de l'eau potable en quantité suffisante et en tout temps[8].


Langues[modifier | modifier le code]

La langue véhiculaire parlée et comprise par la majeure partie de la population du département de Seguela est le worodugukakan[9] qui est une composante du groupe Malinké. Le worodugukakan se subdivise en trois dialectes principaux, à savoir le koyaakan parlé essentiellement par les Koyaas ou Koyakas dans la sous-préfecture de Mankono, le seguelakakan dans le Département de Séguéla et le kaningakan utilisé dans le département de Kani. Ces trois langues mandingues sont semblables. Le Seguelakakan est appelé bakokakan par les ressortissants de Mankono[10]. Dans le canton Tiéma dont fait partie le village de Gbogolo, le parler est légèrement différent de celui de Séguéla.

Population[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de statistiques actuelles disponibles sur l'effectif de la population de Gbogolo. Cependant, l'on estime le nombre d'habitants du village à un millier. La population est essentiellement composée de malinkés (Dioulas). Mais on rencontre également un nombre réduit de gouros, de sénoufos et de ressortissants du Mali et du Burkina Faso. La majorité des habitants portent le patronyme Dosso ce qui atteste de leur descendance d'un même patriarche. Ce nom est également utilisé dans les autres villages du canton. En langue manding, Dosso signifie chasseur. Les habitants de Gbogolo sont des Gbogolokas. Ils sont également appelés Tiémakas car étant issus du cantion Tiéma.

La situation géographique du canton Tiéma, entre savane et forêt, en fait une terre privilégiée de rencontres pour plusieurs coutumes. L'un des traits les plus caractéristiques de l'ethnie malinké c'est l'existence de la notion de famille élargie. Le chef de famille c'est le père, ou plus généralement l'homme le plus âgé; à la mort du père, les responsabilités de chef de famille sont assumées par l'oncle aîné qui doit hériter des biens, de la descendance du défunt et souvent des veuves. Le patriarche regroupe autour de lui ses femmes et ses enfants, ses frères avec leurs femmes et leurs enfants. Les étrangers qui ont séjourné dans une famille pendant plusieurs années deviennent des membres à part entière de cette famille. Tous travaillent pour le compte du chef de famille. C'est lui qui répartit les tâches et chacun doit lui rendre compte de ses activités.

La société Malinké est stratifiée en castes : les Nobles, les Forgerons, les Coordonniers. Cette distinction se retrouve à Gbogolo où le pouvoir est exercé par les Nobles. Par le passé, les castes ne se mariaient pas entre elles ; et pendant longtemps des sociétés secrètes ont existé : les chasseurs, les masques.

L'excision et la circoncision font partie des rites pour les jeunes filles et les jeunes garçons.

Une famille à Gbogolo
Une maman s'occupant de son enfant
Deux femmes de Gbogolo dans leur tenue traditionnelle

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

La société du canton Tiéma a une composition étatique. Celle-ci est régie par la chefferie qui obéit à une forme de monarchie, mais une certaine démocratie a lieu dans les prises de décision. Chaque village du canton a, à sa tête, un chef appelé sotigui. Il est garant de la tradition et des coutumes. L'administration coloniale a institué un dougoutigui (chef de terre), porte-parole du village auprès des autorités. La fonction de chef est héréditaire et familiale. C'est-à-dire que le chef est toujours issu d'une seule lignée. Il est en même temps le sacrificateur du village, ou bien il choisit un membre de sa famille élargie. Le chef de village réunit les notables pour avoir des opinions sur des questions concernant le village. Après consultation, il tranche en dernier ressort, et sa décision est irrévocable. La notabilité est représentative de toutes les familles, des jeunes et quelques fois des femmes. Chaque couche sociale est donc représentée. Cette représentation est souvent fonction de la nécessité du moment.

Aux côtés des gardiens des us et coutumes, les hommes religieux figurent en bonne place.

Le village de Gbogolo se subdivise en trois quartiers :

1. Sa-non : quartier se situant dans la partie haute et au Sud du village (littéralement "En haut")

2. Dough-la : quartier situé en aval et au Nord de Sanon (littéralement "En bas")

3. Gbofia-lo et Séla-kuo forment un même quartier situé à l'Est du village (littéralement "dans les roches" et "sous le baobab".

De gauche à droite :le nouveau Chef du village ou Sotigui (Miè Sahngbia), et l'ancien Chef de Terre ou Dougoutigui.
L'ex-Chef du village, Namory DOSSO décédé en janvier 2011.

Autrefois, il existait des Chefs de canton appelés Djamiatigui. Le premier Chef de canton était orignaire du village de Tiémassoba répondant au nom de Faraba DOSSO. Ce dernier, pour convenance personnelle, avait préféré confier cette charge à un ressortissant de Gbogolo, du nom de Vanogodé DOSSO. Depuis lors, seuls des ressortissants du village de Gbogolo ont exercé cette fonction qui consistait notamment à représenter la population auprès de l'administration coloniale et à collecter l'impôt dans tout le canton Tiéma pour en reverser le produit au Commandant de Cercle de SEGUELA. Les autres Chefs de canton qui se sont succédé à la tête du canton Tiéma s'appelaient Vassotié DOSSO, Djombo DOSSO, Babadé DOSSO, Karamoko DOSSO et Djombo Mangah DOSSO. Apres la mort de ce dernier dans les années 1970, il a fallu attendre l'année 2014 pour voir l'élection d'un nouveau chef de Canton en la personne de Youssoufou FOFANA. Le principal défi auquel devra s'atteler le nouveau Chef concerne l'unité des fils et filles du Canton Tiéma, en entamant le dialogue avec les villages qui n'étaient pas favorables à son élection.

De gauche à droite,le nouveau Dougoutigui Megbama DOSSO et le nouveau chef de Canton, au centre, Youssoufou FOFANA

Climat[modifier | modifier le code]

Le canton Tiéma bénéficie d'un climat de type tropical soudanais, avec une saison humide (juin-octobre) et une saison sèche (novembre-mai) placée sous l'influence de l'harmattan (vent sec et chaud du Sahara). L'amplitude thermique y est marquée, les températures variant entre 10°C et 42°C.

Religion à Gbogolo[modifier | modifier le code]

L'Islam forme la religion dominante dans le canton Tiéma. Il a été introduit dans la région de Séguéla par des familles issues des Toucouleurs : les Bakayoko, les Fofana, les Keita, et les Binaté qui, à la suite d'une invasion, le plus souvent pacifique, sont venues de la boucle du fleuve Niger.

Dès leur jeune âge, les enfants sont initiés à la prière. Cependant, il n'existe pas d'école coranique à Gbogolo et pas de maître coranique à proprement parler. Beaucoup de pratiques animistes ont disparu au contact de l'Islam. Mais certains rites cohabitent avec la pratique islamique, notamment l'adoration de la montagne sacrée, l'offrande de volaille ou de bétail aux ancêtres. La fête de la pintade est une pratique répandue dans le worodougou.

L'ancienne mosquée du village.









La Tabaski ou la Fête du mouton (2009)[modifier | modifier le code]

Villages voisins de Gbogolo[modifier | modifier le code]

  • Tiémassoba et Barana au nord.
  • Tonon et Fimanan à l'est.
  • Gbiéla ou Gouelo et Toukro au sud.
  • Dienfé et Kavala vers l'ouest.


Sports[modifier | modifier le code]

Le sport à Gbogolo se limite au football pratiqué par la jeunesse. Une équipe de football est constituée et participe aux compétitions organisées le plus souvent pendant les grandes vacances scolaires (de juillet à septembre).


Aux temps anciens, les compétitions de lutte traditionnelle mettaient aux prises des combattants du même village ou d'autres villages environnants. Ce sport a complètement disparu de nos jours.

Culture[modifier | modifier le code]

L'activité culturelle est marquée principalement par l'organisation régulière de danses traditionnelles des femmes.

Le village comporte un orchestre traditionnel qui organise des bals tant à Gbogolo que dans les villages gouros de la région. Cet orchestre a connu des acteurs majeurs qui prennent aujourd'hui leur retraite, tels que les nommés MOUDJO et GOSTO dont la réputation a dépassé le canton Tiéma avec leur compère BLACKY. De nouveaux acteurs apparaissent aujourd'hui tel le surnommé SAM qui fait office d'accordéoniste du village avec le retrait progressif de GOSTO.



Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme à Gbogolo est constitué de curiosités. En effet, le village est entouré par deux immenses montagnes dont l'ascension constitue un plaisir pour les randonneurs et permet d'avoir une vue imprenable sur toute la région.

L'une des deux montagnes appelée Bobo-lé-Glé comporte un lieu d'adoration, à l'endroit où dit-on le patriarche Karamoko Djouambo aurait disparu miraculeusement à son retour de La Mecque (cf. supra). On raconte que cette montagne renfermerait un serpent boa protecteur du village. Le visiteur aura l'occasion de découvrir également la forêt sacrée du village où sont enterrés les chefs du village.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie du village de Gbogolo et du canton Tiéma est essentiellement caractérisée par l'exploitation agricole. Les principaux produits vivriers sont l'igname, le riz, la banane plantain, le maïs, et l'arachide. Les cultures de rente sont constituées du coton, de l'anacarde, du café et du cacao dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial. L'élevage est également pratiqué, à une échelle très réduite, essentiellement par des éleveurs peuls. Un projet d'implantation de marché est en cours. Dans le canton, seul le marché de Tiémassoba sert de lieu de rencontre entre vendeurs et acheteurs tous les mercredis[11].

Dans le cantion Tiéma, l'agriculture repose sur l'alternance de périodes de culture et de jachère avec présence ou non de cultures pérennes. Elle se caractérise par une faible mécanisation. La pratique de la culture irriguée est également embryonnaire. Les cultures de bas-fond, en particulier le maraîchage, sont à vulgariser. Cette caractérisation permet de préciser les domaines d'intervention prioritaires pour cette région dans le domaine du développement rural. L'anacardier constitue aujourd'hui un élément central du système de production de la population de Gbogolo. Mais d'ores et déjà les paysans doivent s'interroger sur la superficie que doivent occuper ces vergers. En effet, l'anacardier mobilise la terre pour une durée d'au moins trente ans. Le développement de cette culture se fait donc au détriment du système igname/cultures secondaires/jachère. L'alimentation des habitants de Gbogolo est essentiellement à base de riz, d'igname, de banane-plantain et de manioc qui sont abondamment produits au gré de la pluviométrie. Mais la famine est à craindre pendant les périodes de soudure. Ce fait relève bien souvent de la mauvaise gestion des produits agricoles. En effet, les récoltes une fois entrées, sont consommées sans modération et aussi pour des raisons économiques ou culturelles (funérailles, fêtes de réjouissance, etc.).

Politique[modifier | modifier le code]

Le village de Gbogolo n'échappe pas à l'activité politique de la Côte d'Ivoire. Depuis le retour du pays au multipartisme en 1990, les habitants ont adhéré aux différents partis de l'échiquier politique ivoirien. Cependant, les partis les mieux représentés sont le Rassemblement des Républicains (RDR), le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et le Front Populaire Ivoirien (FPI). Lors de la dernière élection présidentielle de 2010, le candidat du RDR a raflé le maximum de suffrages à l'instar des autres villages du département de Séguela.

Gbogolo dans la crise

Après les élections du 28 novembre 2010, le pays a été plongé dans une grave crise sociopolitique née du refus de l'ancien Président Laurent Gbagbo d'accepter sa défaite et de céder le pouvoir à Alassane Ouattara. Suite aux nombreuses exactions dont de nombreux militants du RDR et du PDCI (regroupés au sein du RHDP), beaucoup de ressortissants du Nord du pays qui étaient dans les villes du Sud (Abidjan notamment), se sont réfugiés dans leurs villages. C'est ainsi que l'effectif de la population de Gbogolo a considérablement augmenté au cours des mois de mars et avril 2011. Cette arrivée massive de migrants n'a pas manqué de créer des problèmes logistiques en termes de logement et de nourriture, malgré la solidarité et l'hospitalité des villageois.

Lorsque la nouvelle de la chute de Laurent Gbagbo a été annoncée le 11 avril 2001 par les médias, elle a entraîné une explosion de joie à travers plusieurs contrées du pays. Les habitants de Gbogolo ont particulièrement fêté cet événement par des manifestations de joie.

Et finalement ADO a été investi et installé dans ses nouvelles fonctions de Président de la République le samedi 21 mai 2011 en présence d'un parterre de personnalités à Yamoussoukro.


Diaspora[modifier | modifier le code]

De nombreux ressortissants de Gbogolo sont établis un peu partout à travers le monde. Le plus grand nombre d'entre eux se trouvent à Abidjan, la capitale de la Côte d'Ivoire. Ils y forment une communauté assez soudée dont les membres se portent assistance et aide à l'occasion des cérémonies funéraires, des baptêmes, etc. Dans cette ville est implanté le siège de l'Association pour le Développement de Gbogolo (ADG) dont le président a été durant de longues années Youssoufou FOFANA. Cependant, en raison de la situation sociopolique assez délétère dans le pays, les activités de cette association connaissent une certaine léthargie. À côté de l'ADG, existent également l'Association des Femmes de Gbogolo et surtout l'Association des Jeunes de Gbogolo (AJEG) créée en 1997.

L'on trouve également des ressortissants de Gbogolo en France (principalement à Paris), en Italie et au Sénégal. Ces communautés essaient de maintenir des liens étroits avec leur village d'origine. C'est ainsi que de nombreux ressortissants n'hésitent pas à retourner au village lors d'événements heureux comme la fête du Maouloud ou de la Tabaski, ou encre dans le cadre d'évènements tristes.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Visite de l'Ambassadeur du Japon le 22-10-2009[modifier | modifier le code]

Le jeudi 22 octobre 2009, l'Ambassadeur du Japon, Yoshifumi Okamura, a effectué une visite de travail dans le village de Gbogolo, en vue de faire un don à la maternité. Il était accompagné au cours de ce déplacement par le Préfet de Séguéla, le sous-Prefet et le Maire de Massala, ainsi que les Autorités administratives et politiques de la région du Worodougou. Le diplomate japonais a eu droit à une visite guidée du centre de santé pendant près d'une heure. Visite qu'il a du moins qualifiée d'instructive, du moment où il a pu avoir la quintessence de ce qui s'y déroule comme activités pour la santé des populations. La forte délégation a été accueillie avec tous les honneurs dans la pure tradition malinké, avec des sons de grelots, de tam-tam et autres trompettes.

Nos chers disparus[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Décret n° 2005-314 du 6 octobre 2005 portant création de cinq cent vingt (520) communes.
  2. (fr) Les 13 villages du canton Tiéma sont Gbogolo, Tiémassoba, Djobala, Gbiana, Barana, Dienfé, Kawala, Toukro, Gbiéla, Karamorosso, Tonon, Fimanan et Siéba.
  3. (fr) Cette version de l'histoire de Gbogolo s'inspire largement du mémorandum de El Hadj Dosso Djombo, natif du village de Tonon : Origine des villages de Gbogolo et Tonon, publié en 1985. Cependant, les polémiques soulevées dans ce document ne sont pas abordées ici dans notre article.
  4. (fr) L'allégorie du serpent qu'on tue est populaire dans de nombreux récits. Ainsi dans un texte recueilli par Ariane Deluz en 1958 à Dantago, dans le département de Séguela, il est rapporté qu'une femme riche vivant au Mandé et dont le mari s'appelait Mori Kamani, a vu une épouse de son fils mordue par un serpent qui était dans un puits. La mise à mort de ce serpent sacré a entraîné une grande famine qui a occasionné la dispersion de tous les habitants.
  5. (fr) Mory Kamani était probablement l'un des nombreux pèlerins qui ont islamisé le nord de la Côte d'Ivoire et qui ont donné à cette région sa physionomie actuelle
  6. (fr) On appelle roseau diverses plantes des sols humides d'assez grande taille, à tige creuse et rigide, plus ou moins ligneuse. Un lieu planté de roseaux est une roselière, biotope très riche en particulier pour la faune aviaire.
  7. (fr) Chaque jour, on impute au manque d'eau potable le décès de 4 900 enfants en Afrique. Chaque année 1,8 million d’enfants meurent des suites d’une pathologie liée à la consommation d’une eau insalubre..
  8. (fr) Les maladies liées à l’eau sont nombreuses dans certaines régions africaines : diarrhées, choléra, typhoïde, hépatites A, vers intestinaux, draconculose. Les enfants et les personnes âgées sont les personnes les plus exposées aux risques sanitaires. Les parasites intestinaux peuvent également provoquer, à des degrés divers, des anémies, de la malnutrition ou des problèmes de croissance.
  9. (fr) Selon l'Enquête sociolinguistique en langues manding publiée dans la collection SIL International, en 2007 par Douglas Boone, Mike Boling, Lamine Silué et MaryAnne Augustin, le worodougoukakan est parlé dans les Sous-Préfectures de Sifié, Séguéla, Massala, Dualla, Worofla, Kani et Djibrosso. Il y a de petites nuances d’accent. Si un Worodougouka parle aux gens de Touba, de Tiéningboué ou d’Odienné, ils se comprennent. Si leurs enfants vont à Touba, à Djibrosso, à Mankono ou à Tiéningboué, ils comprennent tout de suite ces parlers. Ce qui n’est pas le cas à Odienné.
  10. (fr)M.J.DERIVE souligne dans Étude dialectologique de l'aire manding de Côte-d'Ivoire, Volume 1 que "Le worodugukakan est parlé dans la région appelée Worodougou qui signifie pays de la cola, à cause de l'importance des services commerciaux dans cette région [pendant la période précoloniale et coloniale] : les marchands du sahel venaient échanger leurs blocs de sel contre les précieuses colas produites dans les zones forestières du sud. Cependant, si on appelle Worodougou, l'ensemble des départements de Séguela, Mankono et Kani, l'aire du worodugukakan ne s'étend que sur les sous-préfectures de Séguela, Dualla, Massala, Sifié et Worofla [dans le département de Séguela]. À l'intérieur de ce vaste ensemble, on peut encore distinguer plusieurs variétés régionales comme le seguelakakan parlé dans les sous-préfectures de Séguela, Massala, et Sifié, le watarakan et le nigbikakan dont les aires d'extension se situent respectivement l'une au nord de la sous-préfecture de Worofla et l'autre au sud de cette même sous-préfecture". Mais, en fait, comme le dit Y. Keita (1976), "à la limite, on pourrait même dire qu'il existe autant de variétés du worodugukakan qu'il y a de villages". [A contrario], le parler du worodugukakan s'oppose très nettement aux parlers de Kani ou de Mankono.
  11. (fr) Pierre KIPRE dans Commerce et Commerçants en Afrique de l'Ouest évoque l'existence des villages-marchés de Diorolé et Tiémassoba dans les années 1900.

Liens externes[modifier | modifier le code]