Gébrane Tuéni

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Gébrane Salem (alias Tuéni), né le 15 septembre 1957, mort le 12 décembre 2005 (à 48 ans), est un homme politique libanais, président du conseil d'administration et rédacteur en chef du quotidien An Nahar.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élevé dans un milieu aisé et cultivé, sa mère Nadia Hamadé étant de confession musulmane (druze) et son père étant chrétien de rite orthodoxe, Gébrane Tuéni est la représentation du Liban, pays naviguant entre islam et christianisme.

Il défendait les droits de son pays et appelait son peuple à l'union nationale. En tant que député au parlement libanais, il se penchait souvent sur les questions portant sur l'environnement, disant qu'un visiteur au Liban, pays dont l'économie se base principalement sur le tourisme, veut voir des arbres et des fleurs et non pas un dépotoir.

Mécène, il organisait souvent des concours de poésie, de théâtre et de chant. Sa qualité de défendeur des droits lui permit de venir en aide aux plus démunis et aux handicapés, ainsi qu'à tous ceux qui ne jouissent pas d'un statut très apprécié au Liban. Dénonçant ouvertement l'occupation syrienne au Liban, il écrivit une lettre ouverte à Bachar el-Assad (alors que ce dernier s'occupait de la question libanaise sous l'égide de son père Hafez el-Assad) qui a reçu un écho très favorable parmi la population libanaise.

Gébrane Tuéni a été l’un des leaders de la Révolution du Cèdre qu’il a animée sur la place des Martyrs de Beyrouth, où sont situés les locaux du journal An Nahar.

Il est élu député grec orthodoxe de Beyrouth le 29 mai 2005, sur la liste du Martyr Rafic Hariri dirigée par Saad Hariri.

Gébrane Tuéni a été assassiné le 12 décembre 2005 lors d'un attentat à la voiture piégée à Beyrouth[1]. Un groupe inconnu jusque-là, « les Combattants de l'unité et de la liberté d'al-Sham » (al-Sham fait référence à la Grande-Syrie, qu'on pourrait traduire par 'Levant') a revendiqué ce crime. L'agence de presse Reuters a reçu un communiqué qui affirmait que le même sort attendait d'autres opposants à l'« arabité » du Liban.

L'assassinat a coïncidé avec la publication du second rapport d'étape de l'enquête des Nations unies sur l'implication de la Syrie dans l'assassinat de Rafik Hariri. En réponse, le premier ministre libanais Fouad Siniora a annoncé qu'il demanderait au Conseil de sécurité des Nations unies de démarrer une investigation sur sa mort et d'autres figures majeures anti-syriennes. La réplique de l'ambassadeur syrien à l'ONU, Fayçal Mokdad, aurait été : « Ce n’est pas à chaque fois qu’un chien est tué au Liban qu’il faut former une commission d’enquête internationale ». Néanmoins,l'ambassadeur a nié les propos qu'ils lui ont été attribués dans une lettre au père de Gébrane Tuéni.

Sa mère, décédée, est la femme de lettres Nadia Hamadé, classée parmi les plus grands poètes libanais, alors que son père, Ghassan Salem (alias Tuéni), journaliste, politicien est le directeur-propriétaire du journal arabophone An-Nahar ; il fut aussi, par le passé, ambassadeur du Liban en Grèce puis à l'ONU. Il a été élu d’office député de Beyrouth suite à l’assassinat de son fils.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Gebran était député et directeur du journal An Nahar - Un anti-syrien notoire est assassiné à Beyrouth »