Fabio Brulart de Sillery

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Fabio Brulart de Sillery
Image illustrative de l'article Fabio Brulart de Sillery
Gravure de Gérard Edelinck, 1698, d’après Hyacinthe Rigaud
Biographie
Naissance 25 octobre 1655
Pressigny
Ordination sacerdotale 1682
Décès 20 novembre 1714
Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 23 mars 1692
Évêque de Soissons
1 novembre 1689 – 19 novembre 1714
Précédent Pierre-Daniel Huet Jean-Joseph Languet de Gergy Suivant
Évêque d’Avranches
10 juin 1689 – 31 octobre 1689
Précédent Gabriel-Philippe de Froulay Pierre-Daniel Huet Suivant
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Fabio Brulart de Sillery, né au château de Pressigny le 25 octobre 1655 et mort à Paris le 20 novembre 1714, est prélat français, évêque d’Avranches et de Soissons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-arrière-petit-fils de Henri de Montmorency, il était l’arrière-petit-fils de Nicolas Brulart, marquis de Sillery (1544-1624), chancelier de France et le petit-fils de Pierre Brulart, marquis de Puisieux (1583-1640)[1], secrétaire d’État et ambassadeur en Espagne et de Charlotte d’Estampes Valencay (sa seconde épouse depuis janvier 1615).

La terre de Sillery fut le foyer privilégié de la branche cadette des Brûlart de Sillery face aux Brûlart de La Borde.

Filleul du pape Alexandre VII à qui il doit son surnom italien, il fait des études de grec et d’hébreu et reçoit le titre de docteur à l’âge de 26 ans. Député à l’assemblée du clergé de 1685, il est évêque d’Avranches en 1689, et, par permutation avec Huet, puis de Soissons de 1692 à 1714.

Membre de l’Académie de Soissons, il est élu membre de l’Académie des inscriptions en 1701, puis de l’Académie française en 1705.

Saint-Simon, à l’occasion du décès de l’évêque, ne cacha pas ses sentiments à l’égard du prélat[2] :

« Brulart, évêque de Soissons, mourut à Paris point vieux, au milieu d’une ferme et constante santé. Il était frère de Puysieux, chevalier de l’ordre, […] et de Sillery, écuyer de feu M. le prince de Conti jusqu’à sa mort. Il fut longtemps évêque d’Avranches, où, pétri d’orgueil et d’ambition, il était outré de se voir, comme disait M. de Noyon, un évêque du second ordre, reculé de tous les moyens de se faire valoir. […] Brulart avait beaucoup d’esprit et du savoir, mais l’un et l’autre fort désagréables par un air de hauteur, de mépris des autres, de transcendance, de pédanterie, d’importance, de préférence de soi, de domination, répandu dans son parler et dans toute sa personne, jusque dans son ton et sa démarche, qui frappait et qui le rendait de ces hommes qui ont tellement le don de déplaire et d’aliéner, que dès qu’ils ouvrent la bouche on meurt d’envie de leur dire non. Il joignait à tout cela l’arrogance et ce rogue des La Rochefoucauld, dont était sa mère, et la fatuité des fils de ministres, quoique son père ne fût que le fils d’un ministre chassé. Il se piquait encore de beau monde, de belles-lettres, de beau langage. »

Fabio Brulart de Sillery n’a laissé que peu d’écrits : quelques poésies, des dissertations, une harangue à Jacques II d'Angleterre, un catéchisme, ainsi que des textes réunis avec ceux d’Antoine Arnauld et François Lamy par Dominique Bouhours en 1700 sous le titre Réflexions sur l’éloquence.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Son portrait a été peint par Hyacinthe Rigaud en 1698 contre 140 livres ; somme correspondant à un buste[3]. On ne connaît pas la localisation du tableau original mais le musée du château de Versailles en conserve une copie[4].

Le portrait de l’évêque a été gravé par Gérard Edelinck[5] en 1698 (ou 1699 selon Hulst)[6].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Qui chargé de négocier le mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche.
  2. Mémoires, 1714, t. XI, p. 14.
  3. J. Roman, Le livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, p. 62.
  4. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 63 ; L. 52. Versailles, musée national du château (en dépôt à l’Institut de France à Paris) – MV 2952, inv. 9574, LP 4028. Inscription : « Fab. De Sillery. 1705 ». Voir Constans, 1995, t. II, p. 1064, no 6001.
  5. Sans un ovale : « FABIO BRULART DE SILLERY EPISCOPUS SVESSIONSIS ». Sur le socle, de part et d’autre de l’ovale, respectivement à gauche et à droite : « Hyacinthe Rigaud pinxit - Edelinck sculp. C.P.R. » Sur l’état du département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, dans le cartouche du socle : « Offerebat humillimus Servus Hoannes Baptista Gosset / Canonicus Ecclesiae Suessionensis ».
  6. « État général des portraits et autres tableaux sortis du pinceau de l’illustre M. Rigaud, pendant les soixante-deux années qu’il a exercé son art à Paris », s. d. [ap. 1743], dans Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des Membres de l’Académie de Peinture et de Sculpture, Paris, t. II, 1854, p. 167 ; « Catalogue de l’œuvre gravé du sieur Hyacinthe Rigaud, rangé selon l’ordre des temps qu’ont été faits les tableaux d’après lesquels les estampes qui composent cet œuvre ont été gravées ; avec les noms du graveur de chacune, l’année qu’elle a été produite et les autres éclaircissements nécessaires », dans Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des Membres de l’Académie de Peinture et de Sculpture, Paris, t. II, 1854, p. 178.

Liens internes[modifier | modifier le code]

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