Espadrille
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Cet article est une ébauche concernant le département français des Pyrénées-Atlantiques et la mode et le vêtement.
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Une espadrille (déformation de l'occitan espardelha, variante de l'espagnol espartiña, du catalan espartenya, de spart) est une chaussure légère en toile avec une semelle en corde de chanvre tressée.
Ces sandales d'origine pyrénéenne sont très populaires sur les deux versants de la chaîne, de la Catalogne au Pays basque, où elles ont supplanté la traditionnelle abarka.
L'espadrille apparait en 1890. « Chaussure de paysan à l’origine, l’espadrille fut portée par les troupes légères de la couronne catalano-aragonaise, et, en 1964, imposée par décret royal à l’infanterie espagnole » [1].
Des personnes célèbres ont porté des espadrilles, mais cette chaussure légère et robuste fut le sujet de railleries dans un sketch des Nuls ("En espadrilles, on a l'air d'un con..."). Néanmoins, l'espadrille revient à la mode.
En Catalogne, où des descriptions et des illustrations montrent son existence depuis le Moyen Âge, l'espadrille se porte avec de longs lacets noués autour de la cheville. Elle reçoit des noms différents suivant la couleur employée et suivant la disposition du tissage, la plus courante étant espardenya. Dans les Pyrénées-Orientales, on l'appelle vigatana. Jusqu'au milieu du XXe siècle, elle servait à tous les moments de la vie, aussi bien pour travailler la terre, pour aller danser, pour marcher en montagne que pour jouer au rugby. Salvador Dalí apparait chaussé d'espadrilles catalanes sur de nombreuses photographies. Aujourd'hui encore elles font partie intégrante de l'uniforme de gala (utilisé pour les cérémonies protocolaires) de la police autonome de Catalogne, les Mossos d'Esquadra (elles sont alors de couleur bleue).
C'est vers 1860 que venant d'Espagne l'industrie de la sandale fut introduite à Saint Laurent de Cerdans. Ce fut un nommé Francisco Sans qui le premier fabriqua mécaniquement à Barcelone le tissu pour sandales. Il enseigna à son neveu Joseph Sans ses procédés pour développer cette industrie à Saint Laurent son village natal. L'invention par Joseph Sans d'une spécialité de tresse pour semelles à la main donna à la maison un essor inespéré (plus de 250 personnes travaillent alors dans cette fabrique). Parallèlement de nombreux ateliers de fabrication d'espadrilles vont se développer à Saint-Laurent. Au début du siècle la commune compte plus de 3000 habitants, dont une grande partie (plus de 1000 personnes) est employée dans la fabrication de toiles et espadrilles. Saint Laurent devient alors l'un des plus grands centres de production en France. Dans les années 50 commence une crise qui va s'échelonner sur une vingtaine d'années avec la reconversion dans un premier temps de l'espadrille en chaussure de fantaisie puis la réduction des nombres d'emploi et la fermeture petit à petit des ateliers. En 1976 il ne reste que 490 personnes qui travaillent dans l'industrie de l'espadrille (source : http://www.saintlaurent.info/Saint-Laurent-de-Cerdans-66260-Pyrenees-Orientales-Region-Languedoc-Roussillon_a34.html)
Une durée de vie de quelques mois à peine est la principale faiblesse de l'espadrille ; elle est devenue aujourd'hui inadaptée à la marche. Beaucoup, dans le sud-ouest, la considèrent comme la tong d'antan, qu'on rachète chaque année avec plaisir aux premiers rayons de soleil.
Mauléon-Licharre en Soule (Pyrénées-Atlantiques) en est la capitale au Pays basque.
De nos jours, une majeure partie des espadrilles vendues dans le commerce sont importées d'Inde et du Bangladesh qui sont les principaux producteurs de Jute.
[modifier] Références culturelles
- Gaston Lagaffe, le héros de bande dessinée, porte des espadrilles bleues très usées.
- La pièce de théâtre Le père Noël est une ordure propose un récit de l'invention mythologique de l'espadrille. On apprend en effet que le véritable inventeur de l'espadrille n'est autre que Félix, joué par Gérard Jugnot. Malheureusement pour lui, son invention lui aurait été volée par son meilleur ami. Ce récit, qui donne l'occasion d'un monologue où le pathos rivalise avec le ridicule, n'a malheureusement pas été repris dans le film du même nom.