El Milia

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El Milia
La place des martyrs au centre d’El Milia
La place des martyrs au centre d’El Milia
Noms
Nom algérien الميلية
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Jijel
Daïra El Milia (chef-lieu)
Commune El Milia
Statut Ville
Président de l'APC Laouar Tayeb[1]
2012-2017
Code postal 18300
Code ONS 1809
Démographie
Population 83 931 hab. (2008[2])
Densité 362 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 45′ 00″ N 6° 16′ 00″ E / 36.75, 6.26666736° 45′ 00″ Nord 6° 16′ 00″ Est / 36.75, 6.266667  
Superficie 232,07 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Jijel
Localisation de la commune dans la wilaya de Jijel

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El Milia

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El Milia
Liens
Site de la commune http://el-milia.over-blog.com/

El Milia (en arabe: الميلية) est une commune et une ville de la wilaya de Jijel, de culture arabo-berbère[3], dont les habitants parlent un arabe pré-hilalien[4], c'est-à-dire issu de la première vague d'arabisation survenue à partir du 7e siècle, ce parler propre à la région est l'un des dialectes arabes les plus fortement marqués par le substrat berbère.

Durant la guerre de libération El Milia faisait partie de la wilaya II correspondant au nord-constantinois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'El Milia est située au Nord-Est de l'Algérie dans la wilaya de Jijel en petite Kabylie, elle se trouve à mi-distance entre les villes de Jijel, Mila, Constantine et Skikda. La mer Méditerranée est à une vingtaine de kilomètres au nord.

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'El Milia se situe au nord-est de la wilaya de Jijel. Elle est de par sa superficie la plus grande ville de sa région.

Communes limitrophes d’El Milia
Kheïri Oued Adjoul Mer Méditerranée Oued Zhour
El Ancer El Milia Ain Kachra
El Ancer Ouled Yahia Khedrouche Settara

Relief[modifier | modifier le code]

La région d'El-Milia se caractérise par un relief montagneux très accidenté, les montagnes occupent 82 % de la superficie totale, elles culminent à 1 200 m. Caractérisé par un littoral vierge et des petites montagnes couvertes par des végétations assez denses et des sources d'eau.

On distingue principalement deux régions physiques :

  • les zones des plaines, situées aux vallées de Oued el Kébir, Oued Boussiaba et les petites plaines de Oued Z'hour.
  • les zones des montagnes, situées autour de la ville, caractérisées par une couverture végétale très abondante et un réseau hydrographique important.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la région d'El-Milia est celui de la Méditerranée caractérisé par un été chaud et un hiver doux et parfois agité, le climat est très humide. En été La température atteint les 40 °, en hiver parfois 0 °.

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

La commune d'El Milia est composée de cent une localités[5] , villages et hameaux :

  • Abbas, Achmoukhen, Adjenak, Adrah, Ahjilen, Ahma Den, Aïmoune, Aïn El Kebira, Akbet, Amria, Amriouane, Aouraren, Arfa, Asfoura, Asserdoune, Azaraz
  • Bellara, Bendraya, Beni Mahboub, Berguida,binlajbala, Boubazil, Boudinar, Boudious, Boukhedache, Boulaazib, Boulemraa, Boumoussa, Bounhar, Bourmila, Bouzghiba
  • Cherfa
  • Demnat Kouider, Dhar Labaâdèche, Dkhil
  • Ech Cherfa, Ed Dahraya, Ederdar, El Ancer, El Batma, El Khemis, El Khenak, El Kobaï, El Maasar, El Massif, El Melaâb, El Milia, El Ouali, El Sahridj, Er Ermila, Erriah
  • Ghaâbet, Ghenyou
  • Khenak El Kouhel
  • Labsasma, Laouaret, Laouina, Laouina El Kahla, Leblaghet, Lebzaane, Lekhlafa, Lekhtatef, Lemsella
  • Mazzer, Mersa
  • Ouasad, Ouled Abada, Ouled Adder, Ouled Ali, Ouled Annane, Ouled Arbi, Ouled Beni Taleb, Ouled Bensaâd, Ouled Boulemnaker, Ouled Bourid, Ouled Braham, Ouled Chouy, Ouled Djaballah, Ouled EL Abed, Ouled Salah, Ouled Salah, Ouled Yahia, Ouled Younès, Ouled Z'hor
  • Ras Louchen, Rekaïb Biras, Remila
  • Saadallah, Sidi Yahia
  • Tachba, Taghras, Takouar, Taled Chaker, Tamazir, Tanedfour, Tarsat, Tarzouz, Tasskif, Tigherbèche, Tighramènne, Tizghabène
  • Zarzour, Ziagha

Population[modifier | modifier le code]

Les habitants de la région d'El-Milia sont ce que l'on appelait des Kabyles hadra, c'est-à-dire des tribus à l'origine berbères qui se sont arabisées. L'origine ethnique de ces derniers est diverse et complexe bien que les premiers habitants de la région soient les Kutama, il y a eu à partir du 11ème siècle, suite au renversement de l'empire Fatimide, un repeuplement de la région qui s'est effectué par différentes tribus berbères (en particulier sanhadja) venues d'autres villes et régions d'Algérie en particulier des hauts plateaux, de Constantine mais aussi du Maroc pour s'installer à El Milia et ses alentours, ils se sont ensuite plus tard mélangés à des tribus arabes Hilaliennes, puis par la suite à des andalous expulsés par les chrétiens d'espagne et pour finir dans une moindre mesure à des turcs lors de l'empire ottoman.

Parmi les tribus qui se trouvent dans la ville d'El-Milia et dans sa région, sans considérer l’origine, on peut citer : les Ouled Aïdoun, Beni Fergane, Beni Belaïd, Beni meslim, Tileman, Beni Feteh, Beni Aïcha, Beni Khettab, Ouled Ali, Ouled Aouat, Ouled Boufaha, Mechat, El Achache, Beni Caïd, Ouled Mbareek, Beni Telilane, Beni Sbih.

Histoire[modifier | modifier le code]

Colonisation française (1839-1962)[modifier | modifier le code]

Foyer de nombreuses batailles face aux colons français, la région est l'un des piliers de la guerre d'indépendance et de la lutte contre l'armée colonial[6],[7],[8].

La ville a longtemps été un ensemble de petites mechtas dispersées jusqu'en 1860 où un petit village les reliant a été construit par la colonisation française, sous la direction du département de Constantine, dans le but de soumettre la tribu des Ouled Aïdoun.

Depuis l'installation dans la ville d'El-Milia, du borj en 1860 par les Français, qui permet de gérer les Ouled Aïdoun, ces derniers humiliés et ruinés face à la soumission des impôts et l'exploitation de leurs richesses, se décidèrent à la fin d'une réunion, d'attaquer dès le lendemain à l'aube le camp d'El-Milia et de prendre le contrôle de la tour militaire française. Cette révolte du 14 février 1871 marquera le début du soulèvement armé général dans la Kabylie orientale.

L'insurrection qui s'est déroulée en deux temps a duré à peu près 9 mois, pendants lesquels le camp des soldats de réserve fut détruit, et la tour militaire assiégée durant plus d’une semaine. Les forces d’occupation mobilisèrent alors quelque 10 000 soldats pour tenter de mater ce soulèvement ainsi que celui d'El Mokrani, les soldats Français ayant une supériorité au niveau de l'armement réussirent à prendre le dessus face à un ennemi dépourvu de tout. En représailles contre la population, l'occupant soumis celle-ci à des impôts supplémentaires, confisqua des terres et réprima des personnes en les faisant arrêter et déporter. La région d'El-Milia entra alors dans une période des plus sombres de son histoire.

Durant la guerre d'Algérie, les tribus de la région d'El Milia, qui faisait alors partie de la wilaya historique II du nord Constantinois, ont joué un grand rôle dans la lutte contre les colons, en particulier dans les attaques du 20 août 1955 qui resteront à jamais gravés dans les annales de la guerre d'indépendance[9].

L’assujettissement de la région n’était guère facile et on n’y parvenait qu’après des campagnes successives. Les plus importantes se sont déroulées en 1847, 1850, 1851, 1852, 1853, 1858, 1860, 1861 et 1865 et furent dirigées par des généraux.

C'est durant le 20 août 1955 et les jours qui ont suivi que les combats ont été les plus acharnés, faisant subir aux troupes coloniales françaises des pertes énormes. Ce qui poussa Zighoud Youcef à déclarer « Si nous avons perdu militairement et gagné politiquement dans le nord-est du Constantinois, c’est-à-dire à Skikda et sa périphérie, je peux vous dire que nous avons gagné militairement et politiquement dans le nord-ouest du Constantinois, et plus particulièrement à El Milia.»[10].

Références[modifier | modifier le code]