Domaine de la Baronnie (Douvres-la-Délivrande)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Logis de la Baronnie
Image illustrative de l'article Domaine de la Baronnie (Douvres-la-Délivrande)
Vue sur les deux bâtisses du domaine avant la restauration du Grand Logis
Période ou style Médiéval
Début construction XIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1995)[1]
Site web www.la-baronnie-douvres.com/accueil.html
Coordonnées 49° 17′ 25″ N 0° 23′ 14″ O / 49.29033889, -0.387249° 17′ 25″ Nord 0° 23′ 14″ Ouest / 49.29033889, -0.3872  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Bessin
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Commune Douvres-la-Délivrande

Géolocalisation sur la carte : Calvados

(Voir situation sur carte : Calvados)
Logis de la Baronnie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Logis de la Baronnie

Les Logis de la Baronnie de Douvres-la-Délivrande est une ancienne seigneurie de l'évêché de Bayeux. Les vestiges actuels comprennent un manoir dont la restauration s'est achevée en 2012, une grange, ainsi que les restes ténus d'une ancienne chapelle Saint-Symphorien. Les bâtiments constituent un rare exemple médiéval d'élément civil conservé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue sur les deux bâtisses du domaine en 2008, avant les travaux

Baronnie épiscopale avec exploitation agricole, le fief de Douvres prend le titre de baronnie en 1072. Au Moyen Âge, la ville de Douvres-La-Délivrande était l'un des bourgs les plus peuplés du duché de Normandie. La famille qui résidait dans les actuels Logis de la Baronnie étaient des proches de Guillaume le Conquérant qui ont su se distinguer par leur éducation et leur piété. Thomas de Douvres, 1er du nom devint archevêque d'York. Samson de Douvres, son frère fut promu chapelain de Guillaume le conquérant, trésorier de l'église de Bayeux puis évêque de Worcester. Leur sœur Isabelle de Douvres reste célèbre pour avoir été la maitresse de Robert de Kent, fils bâtard du roi Henri Ier d'Angleterre. Son fils Thomas de Douvres, 2eme du nom, fut clerc de la chapelle de Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre et fut sacré archevêque d'York comme son oncle avant lui. Son frère Richard de Douvres fut évêque de Bayeux entre 1105 et 1009.
La Baronnie est alors devenue bien de l'évêché de Bayeux et tous les évêques qui s'y succédèrent portèrent le titre de baron de Douvres, jusqu'à la Révolution. Beaudouin IV de Reviers, vicomte de Douvres, administrateur de la baronnie à partir de 1135 joua également un grand rôle dans la ville de Douvres. C'est pendant qu'il résidait à la baronnie que fut découverte la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Délivrande. C'est lui, qui avec l'accord de Richard II, évêque de Bayeux, fit construire la nouvelle chapelle de Notre-Dame de la Délivrande.
Les évêques de Bayeux se servirent longtemps de la baronnie comme résidence secondaire. On raconte[Qui ?] que plusieurs illustres personnages tels que l'archevêque de Rouen et le roi Louis XI lui-même, en pèlerinage à la Délivrande dormirent à la baronnie.
Confié à des métayers au cours du XVIIIe siècle, le domaine fut vendu comme bien national à la Révolution pour la somme de 50 400 livres.
En juin 1944, la baronnie abrita un dispensaire pour soigner les blessés de Douvres.
Depuis 1975, le domaine propriété de la commune de Douvres-la-Délivrande.

Une première tranche d'un coût d'1,6 M d'euros de travaux comprenant fouilles archéologiques, archéologie du bâti et étude architecturale du Grand Logis a été suivie par de gros travaux de rénovation extérieure et un aménagement intérieur, privilégiant l'état du logis au XIVe siècle. Depuis juin 2012, le grand logis est devenu un lieu de réceptions pour l'organisation d’événements privés.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le site des Logis de la Baronnie est classé monuments historiques depuis le 30 janvier 1995. La mesure de protection concerne l'ensemble du site, éléments bâtis (manoir, grange essentiellement) mais aussi l'enclos de quatre hectares avec ses murs.

Le domaine possédait une grande salle dite aula détruite vraisemblablement par un incendie peu de temps après sa construction. Les restes des fondations ainsi que des éléments du pavage en ont été retrouvés lors de fouilles effectuées mais recouvertes par la suite pour éviter à ces vestiges de se dégrader.

Dans son état actuel, les constructions sont datables des XIIIe - XVe siècles.

Le manoir ou Grand logis[modifier | modifier le code]

Le grand logis est daté des XIIIe et XIVe siècles. Grâce aux études d'Edward Imprey, nous savons que le grand logis a été construit selon le schéma habituel d'un domaine anglo-normand : un grand hall servant de pièce d'apparat, de réception, voire de salle de justice et un chamber block où les gens dormaient. Le grand logis, après la destruction de l'aula suite probablement à un incendie, a été agrandi. Il a subi de nombreux aménagements surtout au XVIIe siècle. Après rénovation, le bâtiment a repris son aspect originel du moins dans son aspect extérieur. Au printemps 2010 des peintures médiévales ont été découvertes, notamment un départ de frise et un décor de faux-appareil.
Actuellement[Quand ?], le grand logis comprend quatre salles avec au sous-sol la salle des arcades (ancien cellier) de 41 m2; au rez-de-chaussée, la salle des Ornements de 44 m2 décorée d'une fresque murale ; et au premier étage la grande salle des Barons de 99 m2 donnant sur la salle des Évêques de 44 m2.

La porterie[modifier | modifier le code]

La porterie datée des XIVe et XVe siècles a fait l'objet de travaux de réfection au cours du XIXe siècle.

La grange[modifier | modifier le code]

La grange comporte des éléments du XIIIe siècle. Elle abritait une sellerie, une forge et une remise pour les voitures. Ce bâtiment, incendié et partiellement détruit en 1944, a été transformé en terrasse.

Le jardin bleu[modifier | modifier le code]

À l'arrière de l'ancienne grange, se situe le jardin bleu. C'est là que se reposent Yvonne Paulmier, baronne de Marcay, décédée en 1950, et Agnès Aignan, dernière propriétaire de la baronnie, décédée en 1986. La dalle de marbre bleu foncé repose au centre d'allées pavées de schiste bleu du Cotentin. Elle était entourée par cinq cyprès bleus et l'on y déposait des fleurs bleues, ou jaunes, suivant les saisons. Ce petit cimetière contient trois piliers du XIIIe siècle provenant de la chapelle qui encadrent un banc moderne où est gravé un tercet du poète persan Omar Khayyam :
"Tu es le mur et la maison,
Tu es le temps et la saison,
Tu es le cœur du Jardin Bleu"

Les écuries[modifier | modifier le code]

Construites au début du XXe siècle par Émile Palyart, les écuries de la Baronnie jouxtaient la grange. La mairie de Douvres-La-Délivrande a prévu de les rénover en 2013 afin d'y aménager des chambres disponibles à la location lors de mariages, cocktails et autres réceptions privées.

La chapelle Saint-Symphorien[modifier | modifier le code]

Construite aux XIIIe siècle-XVe siècles, elle fut détruite au début du XIXe. Il n'en reste que quelques murs, des contreforts et des départs de colonne. Des éléments de décoration ont été retrouvés par les ouvriers lors des travaux de réhabilitation du Grand Logis de 2009-2010, en particulier des quadrilobes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Casset, Le manoir épiscopal de Douvres-la-Délivrande dans Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, tome LXV, 2008, p. 19-24.
  • Marie Casset, Les évêques aux champs. Châteaux et manoirs des évêques normands au Moyen Âge, Caen, 2007, p. 279-291.
  • Michel Le Tellier, "La Baronnie" dans Art de Basse-Normandie, no 26 -deuxième trimestre 2001, p. 7-11.