Décemvir

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Politique sous la Rome antique
Image illustrative de l'article Décemvir

Un décemvir (en latin : decemvir ou decemviri au pluriel) est, dans la Rome antique, un membre d'un collège composé de dix personnes (décemvirat). Ces collèges peuvent avoir des rôles législatifs (decemviri legibus scribundis consulari imperio), juridiques (decemviri stlitibus iudicandis)[1], religieux (decemviri sacris faciundis) ou encore administratifs (decemviri agris dandis adsignandis).

Decemviri legibus scribundis consulari imperio[modifier | modifier le code]

Les Decemviri legibus scribundis sont des décemvirs qui disposent d'un pouvoir consulaire (consulari imperium). Il s'agit d'une magistrature extraordinaire créée durant le premier siècle de la République dans le cadre des luttes entre plébéiens et patriciens et qui remplace le collège des consuls[2]. Il y a eu deux collèges de décemvirs entre 451 et 449 av. J.-C. dont la mission a consisté à mettre par écrit les lois romaines. Une fois leur mission achevée, le deuxième collège de décemvirs à pouvoir consulaire a tenté de se maintenir illégalement au pouvoir et finalement la magistrature a été abolie, permettant le retour des consuls à la tête de l'État.

Decemviri stlitibus iudicandis[modifier | modifier le code]

Les decemviri stlitibus iudicandis forment un tribunal civil dont l'origine remonterait au règne du roi Servius Tullius. À cette époque, les decemviri rendent des jugements dans les « procès de liberté »[3], des affaires durant lesquelles est remis en cause le statut juridique d'un individu qui se réclame être libre face à un citoyen qui prétend être son maître[a 1],[1],[3], sous la présidence d'un préteur. Sous la République, ces decemviri deviennent des magistrats mineurs (magistratus minores) élus tous les ans par les comices tributes. Ils font partie du vigintisexvirat, un collège de magistrats (vigintisexviri, littéralement « vingt-six hommes ») divisé en six sous-collèges.

Selon Suétone et Dion Cassius, Auguste donne aux decemviri stlitibus iudicandis la présidence du tribunal des Centumvirs (centumviri)[a 2]. En 93[4] ou 94[5], Hadrien, comme la plupart des jeunes aristocrates appartenant à l'ordre sénatorial, entame son cursus sénatorial comme magistrat junior parmi les decemviri stlitibus iudicandis, une fonction jugée peu exigeante[4],[5].

Decemviri sacris faciundis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quindecemviri sacris faciundis.

Les decemviri sacris faciundis, ou decemviri sacrorum, forment un collège aux fonctions religieuses créé sous la pression des plébéiens qui souhaitent jouer un rôle équitable avec les patriciens dans l'administration de la religion romaine. Sur les dix membres du collège, cinq sont plébéiens et cinq sont patriciens[a 3]. Ils sont nommés pour la première fois en 367 av. J.-C.[a 4],[6] et remplacent des duumviri patriciens, héritant de leurs responsabilités comme la sauvegarde des livres Sibyllins, leur consultation et l'organisation de jeux dédiés à Apollon. Une fois intégrés dans ce collège, les décemvirs conservent leur fonction à vie. Vers la fin de la République, le nombre des membres passe à quinze, ces derniers formant alors un quindécemvirat (Quindecemviri sacris faciundis)[a 5]. Durant sa dictature, Jules César ajoute un seizième membre mais le collège revient au nombre de quinze membres après sa mort[a 6].

Decemviri agris dandis adsignandis[modifier | modifier le code]

Les decemviri agris dandis adsignandis forment un collège nommé quand c'est nécessaire afin de contrôler la distribution des terres de l'ager publicus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. a et b Mainar 2001, p. 75.
  2. Rougé 1991, p. 220.
  3. a et b Chastagnol 1993, p. 73.
  4. a et b Le Gall et Le Glay 1992, p. 439.
  5. a et b Opper 2008, p. 42.
  6. Le Glay 1991, p. 120.
  • Sources antiques :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean Rougé, Les institutions romaines : De la Rome royale à la Rome chrétienne, Armand Collin, coll. « Histoire ancienne »,‎ 1991, 251 p. (ISBN 2-200-32201-1)
  • (es) Rafael Bernard Mainar, Derecho romano : Curso de derecho privado romano, Universidad Catolica Andres,‎ 2001, 660 p.
  • (fr) Joël Le Gall et Marcel Le Glay, L'Empire romain : Le Haut-Empire de la bataille d'Actium (31 av. J.-C.) à l'assassinat de Sévère Alexandre (235 ap. J.-C.), Presses universitaires de France,‎ 1992, 673 p.
  • (en) Thorsten Opper, Hadrian : Empire and Conflict, Harvard University Press,‎ 2008, 256 p.
  • (fr) Marcel Le Glay, La Religion romaine, Paris, Armand Colin,‎ 1991 (ISBN 2-200-32202-X)
  • (fr) André Chastagnol, « Initiation à l'épigraphie latine (III) », Vita Latina, no 130-131,‎ 1993, p. 72-79 (lire en ligne)