Couleuvre verte et jaune

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Hierophis viridiflavus

Hierophis viridiflavus

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Couleuvre verte et jaune photographiée en Italie

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Colubridae
Sous-famille Colubrinae
Genre Hierophis

Nom binominal

Hierophis viridiflavus
(Lacépède, 1789)

Synonymes

  • Coluber viridiflavus Lacépède, 1789
  • Coluber atrovirens Shaw, 1802
  • Coluber viridiflavus var. carbonarius Bonaparte, 1833
  • Coluber gemonensis gyarosensis Mertens, 1968
  • Coluber viridiflavus kratzeri Kramer, 1971
  • Coluber viridiflavus antoniimanujeli Capolongo, 1984
  • Coluber gyarosensis Mertens, 1968

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

La couleuvre verte et jaune, Hierophis viridiflavus, est une espèce de serpents de la famille des Colubridae[1]. Elle est parfois nommée Cinglard.

Couleuvre verte et jaune, avec stries transversales noires sur fond jaune

Histoire de sa description[modifier | modifier le code]

La première description zoologique est celle que Lacépède a donné dans Histoire naturelle des quadrupèdes ovipares et des serpens[2], Volume 3, en 1789. Lacépède en donne une description précise : « Le dessus du corps, depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de la queue, est noir ou d'une couleur verdâtre très foncée, sur laquelle on voit s'étendre d'un bout à l'autre, un grand nombre de raies composées de petites taches jaunâtres de divers figures, les unes allongées, les autres en losanges... » . Il signale aussi : « Elle devient docile lorsqu'elle est prise; elle subit une sorte de domesticité; elle obéit au divers mouvements qu'on veut lui faire suivre. ...Elle se laisse entortiller autour des bras ou du cou, rouler en divers contours de spirale ».

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre[1] :

Description[modifier | modifier le code]

Hierophis viridiflavus mesure entre 100 et 160 cm, voire exceptionnellement jusqu'à 173 cm. Elle a des yeux assez proéminents et des pupilles rondes comme chez toutes les couleuvres[4]. Son dos possède un fond jaune verdâtre marqué de barres transversales noires ou vert foncé, assez larges, donnant un aspect d'ensemble plutôt noir. Les barres transversales s'estompent vers l'arrière du corps et sur la queue où elles sont remplacées par des stries longitudinales. Ce motif strié, caractéristique de l'espèce, s'observe lorsque l'animal fuit à l'abri. La face ventrale est jaunâtre ou grisâtre. Les juvéniles sont gris pâle ou olivâtres et sont ornés d'un motif plus prononcé sur la tête.

Cette espèce est diurne et ovipare. Active le jour, elle est très rapide et très agile.

Elle fréquente les terrains rocheux, secs et bien ensoleillés, exceptionnellement les milieux un peu plus humides comme les prairies et les bords de rivières. On peut la rencontrer près des habitations.

Elle grimpe facilement aux branches ou dans les buissons, pour chasser ou lorsqu'elle se sent menacée. Dans ce dernier cas, elle n'hésite pas à adopter un comportement agressif et cherche à mordre. Si on cherche à l'attraper, elle se gonfle, siffle et mord à plusieurs reprises. Bien que sa morsure ne soit pas venimeuse, elle est douloureuse.

Elle ne semble pas menacée en France et paraît même en expansion dans le Nord du pays. C'est une espèce protégée.

Juvénile (Gradignan, Gironde)

Alimentation[modifier | modifier le code]

Elle se nourrit principalement de lézards et d'une proportion variable de micromammifères. Elle chasse aussi les oisillons, d'autres serpents (des vipères d'Orsini ou des membres de son espèce) et des grenouilles. C'est un animal très rapide, chassant à vue. Elle avale ses proies vivantes et parfois les tue par constriction.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Elle hiverne d'octobre à avril, dans les fissures des rochers, les terriers de mammifères. Plusieurs individus peuvent hiverner ensemble.

Au sortir de l'hivernation, la couleuvre quitte son état de torpeur et mue. Les mâles cherchent des partenaires pour s'accoupler. Lorsqu'ils entrent en compétition pour une femelle, ils peuvent se battre entre eux, en se fouettant avec la queue. Fin juin ou en juillet, les femelles pondent de 4 à 15 œufs oblongs, d'environ 30-40 x 15-22 mm. L'éclosion a lieu au bout de 6 à 8 semaines. Les nouveau-nés font 20-25 cm de long.

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Reptarium Reptile Database (30 déc. 2011)[5] :

  • Hierophis viridiflavus carbonarius (Bonaparte, 1833)
  • Hierophis viridiflavus viridiflavus (Lacépède, 1789)

Protection[modifier | modifier le code]

En France, la Couleuvre verte et jaune est protégée par l'arrêté du 19 novembre 2007 : « Sont interdits, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, la destruction ou l'enlèvement des oeufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel ». Les sites de reproduction sont aussi protégés. Sont interdits la détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l'achat, l'utilisation, commerciale ou non.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette espèce, viridiflavus, vient du latin viridis, « vert » et flavus, « jaune », en référence à ses couleurs[6].

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Bonaparte, 1833 : Iconographia della Fauna Italica per le Quattro Classi degli Animali Vertebrati. Tomo II, Roma, Salviucci (texte intégral).
  • Lacepède, 1789 : Histoire Naturelle des Quadrupèdes Ovipares et de Serpens, vol. 2, Imprimerie du Roi, Hôtel de Thou, Paris, p. 1-671.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Reptarium Reptile Database, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Google books
  3. (fr) Fiche descriptive et carte de répartition de la couleuvre verte et jaune
  4. (fr) Nicholas Arnold et Denys Ovenden, Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe, Delachaux & Niestlé,‎ février 2010, 287 p. (ISBN 9782603016732)
  5. Reptarium Reptile Database, consulté le 30 déc. 2011
  6. Jean Lescure et Bernard Le Garff, L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles d'Europe, Belin, coll. « Éveil nature »,‎ 2006, 207 p. (ISBN 2-7011-4142-7)