Chien guide d'aveugle

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Un aveugle guidé par son chien à Brasilia, Brésil.

Un chien guide d'aveugle est un chien utilisé par un déficient visuel pour faciliter sa vie quotidienne, et notamment ses déplacements. Ces chiens sont formés dans des écoles spécialisées, et remis à leur futur maître gratuitement.

Historique[modifier | modifier le code]

Un voyageur et son chien guide d'aveugle à leur descente d'avion à Montréal, en 1941.

L'homme a toujours compris que le chien pouvait lui être d'une aide précieuse quotidiennement, mais ne l'a utilisé que tardivement comme animal d'aide aux personnes handicapées. Le premier centre de formation de chiens guides d'aveugle a vu le jour en Allemagne en 1915 pour faciliter la vie des invalides de guerre[1].

M. Paul Corteville a, pour la première fois en France, l'idée d'éduquer un chien pour soulager un ami en 1951, et la première école de chiens guides d'aveugles (celle de Roubaix aujourd'hui située à Roncq) n'a vu le jour qu'en 1958 : l'éducation de chiens guides d'aveugles est donc relativement récente en France[2].

Créée en 1972, reconnue d'utilité publique en 1981, la Fédération française des associations de chiens guides d'aveugles (FFAC) regroupe :

  • 10 écoles de chiens guides d'aveugles (à statuts associatifs)
  • un centre d'étude, de sélection et d'élevage pour les chiens guides d'aveugles et autres handicapés
  • l'Association nationale des maitres de chiens guides d'aveugles

En Belgique, on peut citer le centre de formation de l'association Les Amis des aveugles et malvoyants à Ghlin, qui existe depuis 1941.

La formation[modifier | modifier le code]

Naissance du chiot[modifier | modifier le code]

Les écoles font attention à sélectionner des chiens de bon pedigree pour servir de parents aux chiots, qui naissent dans les nurseries des écoles mêmes ou dans des centres d'élevage. Ces chiots sont gardés pendant deux mois dans la nurserie, temps durant lequel ils restent près de leur mère tout en étant « manipulés » par des humains, afin de les habituer aux contacts avec l'homme.

De même, il n'est pas rare de leur faire écouter des enregistrements de bruits de la vie courante (bruits de voitures, crissements, claquements, sifflements, etc.) afin d'empêcher toute phobie future, surtout celle de l'homme. Le chiot doit être à l'aise dans n'importe quelle situation. C'est ce que l'on appelle la sociabilisation.

La famille d'accueil[modifier | modifier le code]

Passés ces deux mois, le chiot est placé en famille d'accueil. En effet, sa formation à l'école ne débute pas tout de suite, mais dans cette famille, la sociabilisation du chiot continue et il reçoit une bonne éducation (incluant obéissance, savoir-vivre, et apprentissage d'un certain vocabulaire « assis », « debout », « couché »...). Il doit être habitué à sa vie future, c’est pourquoi il est indispensable que la famille d’accueil soit très mobile, aime jouer avec son chien, le sollicite souvent etc. En effet, ces quelques mois sont d’une importance capitale concernant le développement psychologique du chien. Pendant toute cette période en famille d’accueil, un suivi régulier est effectué par les éducateurs de l’école afin de vérifier le bon développement du chien, et corriger des erreurs éventuelles. À partir de 6 mois, le jeune chien va régulièrement à l'école pour des stages progressifs. À un an, le chien retourne à l'école pour être éduqué et la séparation est souvent difficile pour la famille d'accueil.

Le rôle de la famille d'accueil est primordial. Le caractère du chiot est encore très malléable lorsqu'il arrive en famille. C'est une importante mission de sensibilisation, qui va conditionner les aptitudes du futur chien guide. Par cette action bénévole, les familles contribuent concrètement à l'action des écoles, pour offrir des chiens guides de qualité, au caractère souple, social et équilibré.

Pour devenir famille d'accueil, il faut surtout résider dans un proche rayon autour de l'école et qu'un membre de la famille soit assez disponible.

L’éducation[modifier | modifier le code]

À l'école, l’éducation spécifique du chien commence : obéissance, évitement des obstacles, cheminement sur les trottoirs ou les routes de campagne, les passages piétons, présentation des portes, des escaliers, utilisation des transports en commun.

Ce travail spécifique dure environ six mois pendant lesquels il est confié à un éducateur unique, celui-ci éduquant en simultané trois à quatre chiens. L’éducation comprend trois étapes successives basées sur le renforcement positif :

  • sensibilisation à l'obstacle
  • apprentissage renforcé à l'obstacle
  • responsabilité et prise d'initiative

Le parcours d’obstacles est la partie la plus impressionnante de l’éducation du chien, puisque l’éducateur va non seulement lui apprendre à éviter certains obstacles, mais aussi à avoir un comportement particulier en présence d’autres. Concernant l’évitement, le chien doit non seulement passer à côté d’objets de la vie courante (bornes, poteaux) mais ne pas oublier qu’il est accompagné d’un maître qui doit, lui aussi, franchir l’obstacle. Ainsi, le chien doit éviter des obstacles en hauteur qui pourtant ne le dérangent pas, tels que des branches d’arbres. Quant aux comportements spécifiques à adopter, le chien doit par exemple se coucher devant un grand danger (tel qu’un trou profond) ou savoir chercher des passages piétons et les indiquer à son maître.

À l'école, le futur chien guide doit apprendre à obéir à son maître et à maîtriser ses envies : ainsi, on pourra lui apprendre le sens des mots « droite » et « gauche » ainsi que « au pied », mais aussi à ne pas s’arrêter devant un morceau de viande ou à rapporter un objet tombé à terre.

Détente et repos complètent bien sûr la journée du chien guide à l'école.

Au terme de ces six mois, le chien doit passer un test pour pouvoir être remis gratuitement à un aveugle.

L'équipe aveugle - chien guide[modifier | modifier le code]

La personne aveugle à qui l’on remet le chien doit avoir un train de vie compatible avec celui d’un chien pour pouvoir se voir remettre un tel animal. En effet, elle doit être relativement dynamique afin que le chien puisse sortir très régulièrement, que son environnement familial et professionnel le lui permette et qu’elle soit suffisamment indépendante pour qu’en cas d’indisponibilité de son chien, elle soit capable de se déplacer seule.

La motivation principale est bien souvent la recherche d'une aide permettant d'accéder à l'autonomie. Le chien guide procure sécurité et confort de déplacement, tout en devenant un compagnon et un vecteur de communication appréciable.

Une fois son éducation terminée, le chien guide est remis à la personne aveugle ou mal-voyante. L'éducateur accompagne la nouvelle équipe formée, équipe « maître et chien guide », au cours d'un stage de remise. Ce stage se déroule une semaine à l'école et une au domicile du nouveau maître de chien guide pour permettre au chien guide de s'adapter à son nouveau maître, à son quotidien et à ses parcours, et au maître de s'habituer à ce nouveau compagnon de vie et de route.

En moyenne, la « vie active » du chien guide dure entre huit et dix ans. Le contact avec l'école est maintenu par un suivi régulier et des journées de perfectionnement, surtout les deux premières années.

À l'heure de la retraite, le chien guide reste généralement chez son maître. Après un renouvellement, si l'utilisateur ne peut plus assumer la présence des deux chiens, le « retraité » est accueilli par l'entourage ou par une famille volontaire.

Races[modifier | modifier le code]

En France, le labrador retriever, le golden retriever, le flat-coated retriever et le berger allemand sont les races les plus répandues. Sont parfois également utilisés le berger de Beauce, l'hovawart et le berger blanc suisse ,

Au Canada, principalement trois races sont favorisées pour les chiens guides, le labrador retriever, le labernois et le bouvier bernois.

En Suisse, le labrador retriever est principalement utilisé avec le caniche royal, mais il y a eu aussi des border collie, grand Schnauzer, le laborder, goldenlab.

Législation[modifier | modifier le code]

  • En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé a publié en 2004 un document intitulé "Avis du CSH relatif à l’accessibilité des chiens d’assistance dans divers endroits" dans lequel on apprend que le Conseil considère que l’accès des chiens d’assistance dans les institutions de soins aigus est interdit sauf avis contraire motivé par le comité d’hygiène hospitalière de l’institution concernée (des exceptions existent donc dans certains hôpitaux du pays). Le comité d'hygiène ne pourra, en aucune façon, autoriser l’accès à des locaux ou parties de locaux consacrés aux soins intensifs et aux actes invasifs, aux blocs opératoires et salles de réveil, aux blocs d’accouchements, aux unités d’onco-hématologie, d’hémodialyse et de brûlés. Cette position a été confirmée en 2006 et 2014. En effet, depuis 2006, il est reconnu qu’aucune donnée récente et nouvelle (en infectiologie, épidémiologie, recherche, identification, etc.) ne permet de remettre en cause le contenu factuel repris dans ses avis. Les arguments scientifiques pour interdire l’accès aux animaux de compagnie ou d'assistance dans les institutions de soins aigus sont basés sur la notion de risques réels bien établis et bien décrits pour les maladies infectieuses transmises lors de contacts répétés entre animaux de compagnie et personnes en mauvaise condition de santé, en traitement voire immunodéprimées. Selon le Conseil, ces risques ne sont malheureusement pas contrebalancés par les bénéfices liés à l'accompagnement des personnes souffrant de handicap par leurs animaux d'assistance dans les institutions de soins. A charge donc des hôpitaux et services publics de mettre tout en place pour garantir l'accessibilité aux soins à ces personnes, en l'absence de leur animal d'assistance. En cas de dérogation à l’interdiction, il sera de la responsabilité de la direction de l’institution sur avis du comité d’hygiène hospitalière de prendre les mesures appropriées pour gérer correctement l’introduction de l’animal dans le milieu hospitalier, en particulier rédiger une procédure écrite réglementaire afin de minimiser le risque de transmission de maladies infectieuses de l’animal au patient. Ce règlement doit notamment préciser les zones accessibles pour les animaux et les modalités d’accès et de contacts autorisés[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.chiensguides.org/association.htm
  2. http://www.chien-guide.org/historique-de-l-association.php
  3. « Avis du CSH relatif à l’accessibilité des chiens d’assistance dans divers endroits », AVIS DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA SANTE N° 8069, Conseil Supérieur de la Santé,‎ octobre 2004 (consulté le 17 juillet 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]