Ghlin

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Ghlin
Blason de Ghlin
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Mons
Commune Mons
Code postal 7011
Zone téléphonique 065
Démographie
Gentilé Ghlinois(e)
Population 8 620 hab. (30/12/2004)
Densité 402 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 28′ N 3° 54′ E / 50.467, 3.9 ()50° 28′ Nord 3° 54′ Est / 50.467, 3.9 ()  
Superficie 2 146 ha = 21,46 km2
Localisation

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Ghlin est une section de la ville belge de Mons, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant qu'elle ne fusionne le 1er janvier 1972 avec Mons[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Geslin (± 1175 ; 1185), Gellin (1179-80 ; 1180 ; ±1191 ; 1220), Gelin (1189 ?), Gerlin (1220), Gellyn (1220) [2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Deux hypothèses existent quant à l'origine du nom du village :

  • les Celtes auraient donné son nom au village : Ghlin semble dériver du terme celtique Glyn ou Gwlin qui s’est maintenu en Écosse et en Irlande, et qui désigne une hauteur ou une vallée boisée ;
  • le nom de Ghlin vient de Gelin et de Gallinum et signifierait « village où on élève des poules », gallina, ae signifiant « poule » en latin.[réf. nécessaire]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Les armes de Ghlin se blasonnent : Écartelé, aux I et IV d'argent à trois doloires de gueules ; aux II et III d'argent à trois fasces de gueules (Arrêté royal du 18 mars 1914).

Elles dérivent des armes de la famille de Croÿ et de Renty[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ghlin, situé au nord-ouest de la commune de Mons, est limitrophe d'Erbisœul, Nimy, Mons (section de commune), Jemappes et Baudour[4]. C'est la plus étendue des dix-neuf sections de commune qui constituent désormais la ville de Mons.

Bordée de bois au nord, la localité sert de transition entre le Borinage proprement dit, de tradition industrielle, et le pays agricole de Lens. Elle fait partie de la région naturelle appelée Campine hennuyère.

Le canal Nimy-Blaton-Péronnes traverse la localité.

Histoire[modifier | modifier le code]

La localité est d’origine fort ancienne. Le site semble avoir été occupé dès avant l’occupation romaine : sur son territoire, furent découverts des armes et des instruments de silex, une pierre celtique, des objets de l’âge du bronze et des vestiges de l'époque franque (nécropole à mobilier mérovingienne)[5],[6].

En 974, l’empereur Otton Ier dit le Grand (912-973) donna à l’abbaye de Crespin cinq manses de terre situées dans ce village. La seigneurie de Ghlin, après avoir appartenu à des seigneurs de la famille de Condé, resta, à partir de 1385, dans la famille d'Enghien, branche des seigneurs d’Havré, châtelains de Mons. Vers le centre du village, se trouvait la seigneurie de Milfort : elle était tenue en fief lige de Sa Majesté et consistait en droits seigneuriaux. Lors de la suppression de la féodalité, cette seigneurie était possédée par Pierre-Félix Maure, comte de Vinchant de Milfort, seigneur de la Haye, etc.

Le château de la Motte était situé dans la circonscription du fief. Ce château, ses dépendances, ses jardins, quelques parties de prés, de pâtures et d’aulnaies et un bon nombre de parties de terre situées en dehors de cette circonscription, mais toujours sur le territoire de Ghlin, formaient un fief distinct portant le nom de fief de la Motte. Robert, avoué d’Arras, sire de Béthune et de Termonde et Isabeau de Condé, seigneur de Morialmé et de Ghlin, firent donation à la commune de Ghlin de tous les waressais (terrains vagues) et pâturages sur lesquels s’exerçait un droit d’usage, moyennant la reconnaissance d’un chapon à payer au seigneur et une rente de 11 livres aux pauvres.

À noter enfin : en 1566 des prêches protestantes eurent lieu à Ghlin.

Avant la fusion des communes de 1972, la richesse de la commune provenait de son charbonnage (exploité de 1875 à 1921) et de l’exploitation de ses ressources forestières. Aujourd’hui, la commune abrite un important zoning industriel qu’il partage avec Baudour (Saint-Ghislain) et Tertre (Saint-Ghislain).

Liste des maires, mayeurs et bourgmestres de 1811 à 1971[modifier | modifier le code]

  • 1811-1815 : Charles Dubois (maire)
  • 1815-1825 : M. Demarbaix (mayeur)
  • 1825-1826 : M. Gigault (mayeur)
  • 1826-1830 : Florent Honnorez
  • 1830-1836 : Simeon Marlier
  • 1837-1848 : Gaspard Fontaine
  • 1849-1860 : François Piron
  • 1861-1867 : Louis Huet
  • 1867-1879 : chevalier, puis comte Adolphe de Bousies
  • 1880-1886 : Charles Piron
  • 1887-1896 : Modeste Delaunois
  • 1896-1900 : Pierre-Joseph Leclercq
  • 1901-1916 : baron Alfred Bonaert
  • 1916-1921 : Fernand Piron
  • 1921-1939 : Ch. Bourgeois
  • 1939-1940 : E. Blanchart
  • 1940-1946 : M. Jonckeer
  • 1946-1947 : E. Blanchart
  • 1947-1953 : Fd. Martinage
  • 1953-1959 : Émile Limauge
  • 1959-1965 : C. Ernest Dufour
  • 1965-1966 : F. Cousin
  • 1966-1971 : M. Wattiez

Monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin et le monument aux morts.

L'église paroissiale, consacrée à saint Martin, est un bâtiment néogothique en forme de croix, en pierres et en briques, construit de 1877 à 1878 à partir des plans de l'architecte C. Muller. La première pierre fut posée par le gouverneur de la province, Joseph de Riquet de Caraman. L'édifice actuel succède à une autre église datant du XVIIIe siècle[7].

Le tympan du portail, en pierre tendre, représente un agneau crucifère et vexillifère. Il a peut-être été réalisé à partir des plans de Jean-Baptiste de Béthune[8].

Les fonts baptismaux en pierre calcaire et de style gothique datent du XVe ou du XVIe siècle[9]. La croix triomphale en chêne, dans le chœur, remonte à la charnière des XVe et XVIe siècles[10]. Quant au confessionnal, de la première moitié du XVIIe siècle, il provient de l'ancien couvent des dominicains de Mons[11].

Plusieurs autres pièces du mobilier de l'église, dont l'autel majeur, ont été réalisées par les ateliers de l'école Saint-Luc[12].

Chapelle Notre-Dame du Moulineau[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame de Moulineau (XVIe siècle).

Au XVe siècle, un ermite, installé à l'orée du bois de Ghlin, apporta une effigie de la Vierge, initiant ainsi un culte.

La chapelle, édifiée au XVIe siècle[13], a pris le nom de Moulineau (ou Mouligneau) car elle se trouvait à proximité d'un ruisseau où se trouvait un moulin (Mouligneau = Moulin à Eau). C'est un bâtiment de style gothique en pierre et briques chaulées.

La chapelle abrite un bas-relief en albâtre représentant la mise au tombeau du Christ. À l'origine polychrome, la sculpture, datant du milieu du XVe siècle, provient de Nottingham[14].

L'édifice et le site environnant ont été classés le 17 mars 1977.

Le Bois Brûlé.

Culture et folklore[modifier | modifier le code]

Les Ghlinois sont surnommés en patois local les coupeux d’artoilles (« coupeurs d’orteils »). Ce surnom leur viendrait de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle et trouverait son origine dans une violente dispute entre deux voisins du village dont les jardins se trouvaient côte à côte. À un moment de la discussion, l’un des deux protagonistes aurait levé sa pelle et l’aurait violemment plantée en terre. Ce faisant, il aurait coupé le bout de la botte et le gros orteil de son vis-à-vis.

La principale manifestation religieuse est la procession de Notre-Dame du Mouligneau qui se déroule chaque année le jour de la fête de l'Assomption (15 août).

Sports[modifier | modifier le code]

Les jacinthes sauvages du bois de Ghlin en avril

Ghlin accueille l’Hippodrome de Wallonie ainsi qu'une compétition annuelle de moto-cross sur le site du Bois Brûlé.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Outre les écoles primaires libres et communales, le village abrite également une école d’enseignement spécial, le Centre provincial d'enseignement spécial à Mons (CPESM), dépendant de la province de Hainaut, ainsi qu'une école supérieure de logopédie dépendant de la HEPH Condorcet et également une école d'enseignement professionnel (coiffure, puériculture) .

L'Œuvre Fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants[modifier | modifier le code]

L'ASBL Les Amis des Aveugles et Malvoyants trouve son origine dans la fondation en 1884 par Léonard Simonon, un aveugle d'origine namuroise, d'une petite école privée pour enfants aveugles. L'école deviendra provinciale en 1921 sous l'impulsion du député permanent Paul Pastur.

L'association poursuit quant à elle ses activités en accueillant des personnes mal ou non-voyantes et en formant des chiens guides d'aveugles.

Personnalités liées à Ghlin[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Ghlin.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L.–A.–J. Petit, « Notice sur le village de Ghlin » dans Annales du cercle archéologique de Mons, Tome IX, Mons, 1869
  • Jacques Breuer, « Une découverte d'antiquités mérovingiennes en 1630, à Ghlin (Hainaut) » dans Bulletin des Musées Royaux d'Art et d'Histoire, n° 3, Bruxelles, 1938 (pp. 67-70)
  • Germaine Faider-Feytmans, « Le dépôt monétaire de Ghlin » dans L'Antiquité Classique, 24, 1955 (pp. 412-425)
  • Willy Lassance, « Le cimetière mérovingien de Ghlin-lez-Mons » dans Archeologia belgica, 28, 1956 (ISSN 0772-7488)
  • Maurice A. Arnould, « La « Fontaine aux vipères » à Ghlin : son origine et sa disparition » dans Annales du cercle archéologique de Mons, Tome 63, Mons, 1957-1958
  • Raymond Chambon, « Retour sur notre passé industriel : l'industrie verrière à Ghlin-lez-Mons » dans Revue du Conseil Économique Wallon, XLV, Liège, 1960
  • Jean Houdart, Les Mémoires de Ghlin, de 974 à nos jours, Ghlin, 1968

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Histoire
  • Théodore Bernier, Dictionnaire géographique, historique, archéologique, biographique & bibliographique du Hainaut, Hector Manceaux, Mons, 1879 (OCLC 38618585) (rééd. Éditions Culture et Civilisation, Bruxelles, 1982 – (OCLC 11030450))

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté royal du 18 février 1971 portant fusion des communes de Mons, Cuesmes, Ghlin, Hyon, Nimy et Obourg.
  2. (nl) Maurits Gysseling, Toponymisch Woordenboek van België, Nederland, Luxemburg, Noord-Frankrijk en West-Duitsland (vóór 1226), t. I, Tongres, Belgisch Interuniversitair Centrum voor Neerlandistiek,‎ 1960 (lire en ligne), p. 403.
  3. www.ngw.nl
  4. Dans le sens horlogique en partant du nord.
  5. Willy Lassance, « Le cimetière mérovingien de Ghlin-lez-Mons » dans Archaeologia belgica, 28, 1956 (ISSN 0772-7488) (OCLC 64721781).
  6. Jacques Breuer, « Une découverte d'antiquités mérovingiennes en 1630, à Ghlin (Hainaut) » dans Bulletin des Musées Royaux d'Art et d'Histoire, n° 3, Bruxelles, 1938.
  7. Voir description sur le site de l'Institut royal du Patrimoine artistique.
  8. Voir description de l'IRPA.
  9. Voir description de l'IRPA.
  10. Voir description de l'IRPA.
  11. Voir description de l'IRPA.
  12. Voir description de l'IRPA.
  13. Voir description de l'IRPA.
  14. Voir description de l'IRPA.