Rosheim

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Rosheim
Hôtel de ville et puits
Hôtel de ville et puits
Blason de Rosheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Molsheim
Canton Rosheim
(chef-lieu)
Intercommunalité C.C. du canton de Rosheim
Maire
Mandat
Michel Herr
2014-2020
Code postal 67560
Code commune 67411
Démographie
Population
municipale
4 862 hab. (2011)
Densité 165 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 29′ 51″ N 7° 28′ 13″ E / 48.4975, 7.470348° 29′ 51″ Nord 7° 28′ 13″ Est / 48.4975, 7.4703  
Altitude Min. 164 m – Max. 842 m
Superficie 29,55 km2
Localisation

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Rosheim [rosajm] est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont les Rosheimois.

Chef-lieu de canton, centre viticole sur la route des Vins d'Alsace, la petite ville est riche d'un passé et d'un patrimoine exceptionnels qui lui ont valu le surnom de « cité romane », ou « ville à la rose » en référence à son emblème héraldique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

La commune se situe à une altitude de 191 m, et se trouve à 450 km de Paris ; à 25 km de Strasbourg ; à 7 km d'Obernai ; et à 7 km de Molsheim. Les communes limitrophes sont les suivantes :

Communes limitrophes de Rosheim[1]
Rosenwiller
Mollkirch
Dorlisheim
Grendelbruch Rosheim[1] Griesheim-près-Molsheim
Bœrsch Bischoffsheim

Topographie et relief[modifier | modifier le code]

L'agglomération de Rosheim occupe un large vallon orienté ouest/sud-ouest - est/nord-est faisant partie de l'ensemble géomorphologique des collines sous-vosgiennes. Limité au nord par les reliefs du Westerberg (vignoble, alt. 300 m), à l'ouest par le contrefort vosgien de l'Eichwald (forêt alt. 350 m), au sud par le Bischenberg (vergers, vignoble, forêt, alt. 361 m) qui est l'une des rares collines sous-vosgiennes à n'être pas reliée aux Vosges, ce vallon s'ouvre vers la plaine à l'est et se prolonge jusqu'à Innenheim. Le talweg est occupé par le Rosenmeer, ruisseau en partie canalisé augmenté du tiers des eaux de la Magel depuis le XVe siècle au moins, affluent de l'Ehn à Innenheim. Le versant nord du vallon, sur lequel l'établissement médiéval du centre-ville a provoqué plusieurs modifications topographiques importantes (remblaiements, terrassements), monte globalement en pente douce jusqu'au vignoble et se raidit légèrement au-delà. Le versant sud, flanc nord du Bischenberg, est quant à lui plus abrupt. La commune s'étend au-delà de l'Eichwald jusqu'à Grendelbruch, disposant ainsi d'une grande surface forestière. Le ban de la commune comprend ainsi les trois types de paysages alsaciens : la plaine, les collines sous-vosgiennes, la forêt vosgienne.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Le vallon de Rosheim communique naturellement avec la plaine d'Alsace à l'est, avec Bœrsch et le pied du mont Sainte-Odile au sud-ouest, avec Rosenwiller, Gresswiller et la vallée de la Bruche au nord-ouest. Aujourd'hui Rosheim est excentrée de 3 km par rapport à l'axe principal de communication du piémont des Vosges, matérialisé par la D 500, 2×2 voies, liaison Dorlisheim (A 352) - Niedernai (A 35). L'échangeur de Rosheim débouche sur un giratoire distribuant le trafic vers Rosheim (D 35 et voies d'accès à la zone d'activités du Rosenmeer), Bischoffsheim (par la D 422) et Griesheim-près-Molsheim (par la D 127). La route des vins (D 35 de l'échangeur de Rosheim à Orschwiller) qui traverse la ville de part en part reprend approximativement le tracé de la route protohistorique du piémont. Cette grande rue transversale se divise à l'issue ouest de la vieille ville avec la D 35 qui continue vers Boersch d'une part, et la D 604 vers la vallée de la Magel et Grendelbruch d'autre part. Rosheim est aussi le point de départ de la D 207 qui relie la commune à Bischoffsheim et se poursuit jusqu'à Nordhouse. Enfin, la D 435 aboutissant à Rosenwiller matérialise un tronçon de l'ancienne voie de communication avec la vallée de la Bruche, via Rosenwiller et Gresswiller ; si cette liaison n'est plus active aujourd'hui, elle le fut largement par le passé.

Transport en commun[modifier | modifier le code]

L'actuelle gare de Rosheim, à 2 km du centre-ville, constitue un arrêt sur la ligne régionale TER Alsace de Sélestat à Molsheim et à Strasbourg qui bénéficie depuis 2009 d'une desserte cadencée entre Obernai et Strasbourg, dans le cadre de la première phase du tram-train du Piémont des Vosges. Quelques relations sont assurées par voie routière, avec deux arrêts d'autocar SNCF : Gare, Maison de l'enfance. À noter que l'actuelle route D 207 emprunte le tracé sud de l'ancienne voie ferroviaire avant sa rectification entre Bischoffsheim et le site de la gare actuelle au début du XXe siècle. La gare se trouvait alors à l'emplacement de l'actuelle Maison de l'enfance, dont la place adjacente a été baptisée « Place de l'Ancienne Gare ».
La gare de Rosheim est aussi le point de départ de la ligne Rosheim à Saint-Nabor, aujourd'hui désaffectée. Si le trafic voyageur a cessé en 1954, la ligne fut en service jusqu'en 2002 dans le cadre de l'exploitation puis de la mise en sécurité des carrières de Saint-Nabor. Le centre-ville était desservi par l'ancienne gare de Rosheim-Ville, située à proximité de la tour-porte du Lion et démolie en 1976.

Voies cyclables et sentiers de randonnée[modifier | modifier le code]

Rosheim est située sur l'itinéraire cyclable balisé de la Véloroute du vignoble d'Alsace (EuroVelo 5), de Marlenheim à Thann et sur celui en provenance de Strasbourg via Geispolsheim - Blaesheim - Innenheim - Griesheim-près-Molsheim et Bischoffsheim.
La commune est par ailleurs traversée par le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle[2].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Aperçu général[modifier | modifier le code]

L'automobiliste traversant ou s'arrêtant peu de temps à Rosheim aura à première vue l'impression d'une ville-rue. La D 35 (avenues de la Gare et Leclerc, rue Charles-de-Gaulle, route de Grendelbruch) constitue en effet l'axe structurant majeur de la cité. Cependant l'observation et la découverte de la morphologie urbaine de Rosheim atténuent cette impression. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un ruisseau canalisé, indiqué simplement d'Bach ou vu comme une déviation du Rosenmeer, longeait à ciel ouvert presque l'intégralité de la rue principale dans sa traversée de la vieille ville ; il est aujourd'hui souterrain. Rosheim est constituée du centre historique intra muros dont l'urbanisation extérieure ne débuta vraiment qu'avec l'industrialisation dans la seconde moitié du XIXe siècle, de faubourgs du début du XXe siècle, de quartiers résidentiels (lotissements) et de quatre zones à vocation économique.

Centre historique[modifier | modifier le code]

Traversée en une grossière diagonale par la rue principale, la ville ancienne, bâtie légèrement à l'amont nord du talweg, est historiquement divisée en trois secteurs : un noyau central circulaire, fortifié et percé de deux portes toujours existantes (Zittgloeckel et porte de l'école), qualifié de Mittelstadt ; la ville basse à l'est de ce noyau, appelée Niderstadt ; la ville haute à l'ouest, Oberstadt, secteur le plus important en surfaces viaire et bâtie, qui était subdivisé au Moyen Âge en deux quartiers, l'un au nord, l'autre au sud de la rue principale. L'enceinte extérieure, englobant ces trois secteurs et épousant leurs limites, avait une forme grossièrement rectangulaire, percée de trois portes dont deux existent toujours (porte basse dite « de la Vierge » ou « de Strasbourg », porte du Lion vers le vignoble et Rosenwiller) ; il subsiste les côtés est et sud de ce rempart. La structuration du réseau viaire s'articule par rapport à la rue principale, aux anciennes propriétés colongères et aux limites imposées par les deux enceintes et leur ancien fossé.

Mittelstadt[modifier | modifier le code]
L'église romane dominant les ruines du Meyerhof.
Église, photographie de Henri Le Secq prise en 1851.

Le noyau central, qui marque les anciennes possessions de Hohenburg puis des Hohenstaufen et dont l'habitat était jadis bien plus dense, constituait dès le Moyen Âge le centre administratif de la ville. Il abrite :

  • l'église romane Saints-Pierre-et-Paul,
  • le Meyerhof, ancienne dépendance de Hohenbourg aujourd'hui en ruine,
  • l'hôtel de ville et l'ancienne prison,
  • le Puits à six seaux,
  • la Laube (anciennes boucheries et maison de justice, aujourd'hui Maison cantonale du tourisme),
  • les Halles,
  • l'école Hohenbourg (ancien bâtiment du prêteur royal, 1708),
  • l'ancienne grange dîmière (rue de la Dîme),
  • le Trésor public.

La place du 26 novembre était jadis occupée par plusieurs bâtiments ; son débouché, la rue Braun, sinue dans le noyau central pour en constituer la troisième et dernière issue et aboutir à la porte du Lion ; le reste du noyau central est composé d'impasses dont l'entrée était jadis souvent surmontée de porches dont il subsiste parfois la trace (rue de la Dîme, rue des Anges). Une anomalie topographique, véritable jardin suspendu, au fond des rues des Anges et des Boulangers laisse penser qu'une construction assez importante, peut-être fortifiée, a pu occuper l'angle nord-ouest du noyau central. De même, la « grotte de Lourdes » jouxtant le chevet de l'église romane s'appuie sur les vestiges d'une construction médiévale qui pourrait également avoir été fortifiée. La Mittelstadt est ceinte par les rues du Lion et de la Marne, correspondant au tour de l'ancien fossé (l'enceinte est toujours visible en plusieurs endroits, notamment dans la rue de la Marne).

Niederstadt[modifier | modifier le code]
Rosheim - Vue de la Niederstadt depuis la Porte de la Vierge.

Limitée à l'ouest par la rue de l'Abattoir, la Mittelstadt et la rue Braun, la ville inférieure n'a, outre la rue principale, qu'une seule rue qui la traverse de part en part, la rue des Bonnets, au nord de la rue principale (partie nord constituant l'essentiel de la surface de la Niederstadt). Plusieurs centres administratifs de propriétaires médiévaux y étaient situés ainsi qu'en témoigne par exemple l'emprise de l'école des Remparts. Des vestiges de riches maisons bourgeoises de la fin du Moyen Âge sont notamment visibles au fond de la rue (impasse) des Ciseaux ainsi qu'au coin de la rue du Coin. Au sud de la rue principale, quelques courtes impasses descendent jusqu'au rempart extérieur.

Oberstadt[modifier | modifier le code]
Rosheim - Vue de l'Oberstadt au niveau de la rue de l'École

C'est le développement d'un noyau urbain de plus en plus important autour de l'ancienne église Saint-Étienne, fief épiscopal jusqu'au XIIIe siècle qui a motivé l'extension parallélépipédique de l'ensemble de la cité au XIVe siècle. La morphologie du réseau viaire, dont la plupart des axes partent perpendiculairement à la rue principale pour aboutir à la limite de l'enceinte médiévale, témoigne de la réalisation d'un véritable projet urbanistique au cœur du Moyen Âge alsacien ; s'agit-il de l'initiative des Hohenstaufen, d'un plan impérial ou d'une réflexion strictement locale ? Les archives sont muettes à ce sujet. La rue des Tisserands, au chevet actuel de l'église, serait l'ultime vestige dans le réseau viaire moderne du bourg originel du « village Saint-Étienne ». On peut supposer que Rosheim érigea son enceinte intérieure dès l'attribution de ses statuts de ville, puis, passant de trente à cinquante ans plus tard au statut de ville impériale, entièrement sous contrôle des Hohenstaufen depuis la cession de ses biens par l'évêque de Strasbourg en échange des possessions impériales de Saverne, membre de la Décapole, elle planifia son urbanisation, (peut-être en fonction d'un plan préexistant) tout en réalisant l'enceinte extérieure. Quoiqu'en fusse l'origine, le réseau viaire de l’Oberstadt structure morphologiquement ce morceau de ville en véritables districts à l'intérieur desquels on trouve plusieurs maisons conservant plus ou moins la trace de chaînages d'angle à bossages, indiquant le rang social élevé du propriétaire médiéval. L'ensemble des côtés ouest et nord de l'enceinte ont été démolis pour combler le fossé ; l'avenue Clemenceau en suit le tracé, prolongée à l'est par l'avenue Foch (où le rempart extérieur et l'une de ses tours sont toujours visibles). La ville haute abrite

  • l'église Saint-Étienne,
  • la synagogue (l'ancien quartier juif se situait dans les rues Netter et des Déportés)[3],
  • la maison romane,
  • l'hôpital Saint-Jacques (autrefois situé derrière la maison romane),
  • le monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement
  • les écoles maternelles Eggestein et Sainte-Marthe,
  • la salle des fêtes.
Rosheim - Médiathèque Josselmann et Église Saint-Étienne

Le pourtour sud, autour du champ de foire, a eu une vocation industrielle durant le XXe siècle (Schlumberger/Théalec, Câbleries d'Alsace-Lorraine) et a fait l'objet d'une importante restructuration avec la réalisation, en 2007/2008, de

  • l'école élémentaire du Rosenmeer, qui remplace les anciennes écoles Hohenbourg et des Remparts,
  • la médiathèque Josselman.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

  • Bildhauerhof (vers Mollkirch) : hameau d'origine anabaptiste.
  • Bruderberg (vers Bischoffsheim) : lieu de pèlerinage avec chapelle.
  • Westerberg : colline au nord de Rosheim, vignoble.
  • Leimen (au nord ouest de la ville) : planté de vergers et de vignes.
  • Fischhutte (vallée de la Magel) : villégiature et pêche, sur la Magel.
  • Purpurkopf (vallée de la Magel) : mont de forme conique couronné d'un complexe cultuel et/ou militaire protohistorique.
  • Verloreneck (vallée de la Winterhalde) : abri du Club Vosgien et champ de mégalithes créé et aménagé en 1997.
  • Schwartzkopf : point culminant du ban de Rosheim (842 m).
  • Waltenhausen (vers Bœrsch) : site d'un village disparu.
  • Wisch (agglomération de Rosenwiller).

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville de Rosheim (en alsacien Rose [ro:sǝ]) est célébrée comme « la cité des roses », dont témoigne son blason depuis 1286[4].

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

En réalité, le nom de la localité est mentionné sous les formes Rodasheim en 778 ; Rodesheim en 1286 ; Rosheim en 1333 ; Rodesheim en 1359 ; Roßheim en 1444 ; Rodesheim en 1561 ; Rosenheim en 1566, 1579 ; Roszheim en 1623 ; Roßheim en 1626 ; Rosheim en 1648, 1752[5].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, « l’habitat de Hrodo »[6], d’un nom d’homme germanique Hrodo, suivi de l’appellatif germanique heim, signifiant « habitat, foyer, chez soi » et anciennement « patrie d’une tribu ».
Autre explication : « l’habitat de la route », le premier élément rod- pouvant reposer sur une racine paléo-européenne *rot-, *rod- relative à la notion de défrichement et par extension de route[7]. Rosheim est en effet situé dans un vallon traversé par l’axe protohistorique du piémont des Vosges au pied du Mont Sainte-Odile et à un débouché de la vallée de la Bruche[8].
Attraction paronymique de l’allemand Rose à la fin du Moyen Âge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si le site de Rosheim s'est prêté très tôt à une occupation humaine permanente, l'apparition et le développement de la culture de la vigne sur ce site ont joué un rôle crucial dans l'histoire de la « cité romane ». Ce fait explique en effet l'obstination des différentes maisons, laïques ou religieuses, à préserver ou étendre leurs possessions dans et autour de la localité, aboutissant ainsi à nouer sur douze siècles l'écheveau d'une histoire dont la richesse semble presque disproportionnée en regard de l'aspect paisible de la ville actuelle. Le vin de Rosheim fut apprécié très tôt, et servit même de moyen de défense pour les habitants du début du XIIIe siècle, au cours de ce qu'on appela la « guerre des caves ».

Origines[modifier | modifier le code]

Le site de Rosheim témoigne d'une occupation ininterrompue depuis 7000 ans ainsi qu'en attestent les nombreuses découvertes archéologiques réalisées autour de la ville actuelle. Le nombre important de sources, aujourd'hui taries, un sol fertile, des zones boisées, une position de choix sur la route du piémont des Vosges, ont constitué autant de facteurs propices à l'installation de l'homme sur ce site. La densité et l'abondance des découvertes permettent de considérer le site rosheimois comme un site majeur du Néolithique (5500 à 2500 av. J.-C.) en Europe. Si les fouilles, essentiellement faites à la périphérie de l'agglomération actuelle, n'ont jusqu'à présent pas pu éclairer l'occupation pré- et protohistorique du site urbain médiéval, elles ont néanmoins révélé la présence d'un village au pied du Bischenberg en direction de Bœrsch, d'un four et d'une activité artisanale à l'entrée du vallon de Rosenwiller, de vastes nécropoles vers la plaine attestant de l'existence à proximité d'une importante communauté humaine. Une statuette en terre cuite ainsi que de nombreux objets d'usage courant en os, corne ou poterie témoignent également de cette occupation du site au Néolithique et au Chalcolithique. Des vestiges de l'âge du bronze (1800 à 725 av. J.-C.), de l'âge du fer (725 à 50 av. J.-C.) et de l'époque gallo-romaine ont été mis au jour. Enfin, des vestiges mérovingiens permettent d'attester l'occupation du site à cette époque.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il faut préciser que la majeure partie des archives médiévales que conservait soigneusement la ville dans une salle en pierre voûtée, a disparu au cours des dommages causés par la guerre de Trente Ans ainsi qu'à la suite des troubles révolutionnaires (XVIIIe et XIXe siècles). Les vestiges archivistiques, qui proviennent de fait souvent d'autres fonds, sont néanmoins suffisamment significatifs pour permettre de rendre compte du développement et du fonctionnement de la cité au Moyen Âge. L'apparition de Rosheim dans l'Histoire date d'une charte de 778, sous le nom de Rodasheim, au cours d'une vente de biens réalisée par l'abbaye de Fulda. On ne retrouve ensuite la trace écrite de Rosheim qu'au XIe siècle, dans le cadre du Saint-Empire romain germanique.

Un site convoité[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, Rosheim comprend deux paroisses, et pratiquement deux bourgs groupés autour des églises Saint-Étienne pour ce qui deviendra la ville haute à l'ouest, Saint-Pierre pour la ville moyenne et basse à l'est. La ville est divisée entre des établissements religieux (Hesse, Haute-Seille, Hohenbourg), l'évêque de Strasbourg (église Saint-Étienne) et les familles nobles dont plusieurs ont alors mis en place de véritables centres économiques et administratifs. Le plus important des seigneurs au XIe siècle est le couvent de Hohenbourg (mont Sainte-Odile). Vers 1050, le pape alsacien Léon IX confirme les trois quarts de la dîme de Saint-Pierre et le droit de nommer un candidat à la curie à l'abbaye de Hesse en Lorraine. Plusieurs propriétaires usent même de faux pour confirmer ou assurer leurs domaines. Cette complexité foncière témoigne de l'importance accordée au site et à la ville de Rosheim durant tout le Moyen Âge.

De la bourgade au statut de ville : le rôle décisif des Hohenstaufen[modifier | modifier le code]

En 1132, la ville est détruite par un incendie et la ville basse et la ville haute sont reconstruites, vraisemblablement grâce à un apport financier accordé par les Hohenstaufen, futurs empereurs du Saint-Empire romain germanique, qui, en tant que protecteurs du couvent du Mont Sainte-Odile, favorisent l'essor et l'indépendance de plusieurs communautés villageoises, dont Obernai et Rosheim où l'emprise du couvent était importante. Cette politique permettra à Frédéric Barberousse et aux Hohenstaufen de mieux implanter leur puissance en Alsace. C'est à cette époque qu'est élevée l'église Saints-Pierre-et-Paul actuelle, construite entre 1145 et 1167. Les droits des Hohenstaufen à Rosheim excèdent néanmoins la jalousie de leurs ennemis dont l'évêque Conrad II de Hunebourg qui fait incendier la ville en 1197. La première moitié du XIIIe siècle voit néanmoins les Hohenstaufen s'assurer de la suzeraineté sur Rosheim. Frédéric II parvient à négocier avec l'évêque de Strasbourg la cession en fief de la seigneurie sur tous les hommes qui dépendaient de lui (en échange l'évêque obtient celle de Saverne). Mais de nombreux conflits persistent, notamment avec l'abbesse de Hohenbourg qui, peu à peu, perd du terrain face au parti secondé par l'empereur, ainsi qu'avec le duc Thiébaut de Lorraine, conflit qui culmina avec la guerre des caves en 1218 (une délégation militaire lorraine venue occuper la ville fut massacrée dans les caves où les habitants avaient invité les Lorrains à boire de leur vin) et, un peu plus tard, l'expédition punitive de l'empereur jusqu'au château ducal lorrain d'Amance où Thiébaut fut capturé. Rosheim accède au statut de ville en 1267 au plus tard, confirmé par le sceau de 1286 qui servira par la suite à authentifier les actes émis. Elle obtient aussi le droit d'ériger un rempart de pierre. Le pouvoir impérial allant s'affaiblissant, Rosheim jouit de plus en plus d'une certaine autonomie.

La ville libre d'Empire[modifier | modifier le code]

La rose des armes de la ville de Rosheim (1626)

Rosheim est citée en 1303 comme étant une ville libre impériale et, en 1354, elle forme, jusqu'en 1679 avec neuf autres villes une alliance d'entraide rendue nécessaire par l'affaiblissement du pouvoir impérial et par la difficulté pour les villes d'assumer seules la défense de leurs intérêts : ce fut la Ligue des dix villes libres impériales d'Alsace qu'on appela plus tard la Décapole. Rosheim, la plus petite de ces cités, avait alors le même statut que Mulhouse ou Colmar. En 1366, l'empereur donne à Rosheim le droit de se doter de statuts et de percevoir des amendes destinées en partie à l'édification de l'enceinte. Rosheim peut développer les infrastructures qui lui permettent de s'enrichir.

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de la ville était composé de :

  • quatre Bürgermeister (bourgmestres) qui se relayaient chaque semestre (chaque trimestre au XVIIIe siècle) à la tête de la ville. Ils assumaient cette fonction à vie. Celui qui était en fonction présidait le Conseil, détenait les clefs et le sceau, gérait les finances municipales, prenait les décisions nécessaires à l'administration de la communauté (montant des tailles en vin et en argent, maintien de la paix à l'intérieur de l'agglomération, mobilisation en cas de guerre) et assumait des fonctions de justice (les compagnons devaient lui être présentés, les étrangers de passage signalés). Matin et soir le sergent de ville (Ratsbott) venait à son domicile prendre les ordres. Par ailleurs il intervenait dans les affaires économiques en veillant à ce que les produits proposés aux habitants soient de bonne qualité. L'injurier était sévèrement puni, mais il devait agir au mieux des intérêts de la cité et de ses habitants, maintenir leurs privilèges et leurs libertés. Les décisions importantes étaient prises avec l'aide du Conseil après vote.
  • le Conseil (Rat) formé de vingt membres, renouvelé par moitié chaque année, où, à côté des quatre Bürgermeister et des bourgeois, la noblesse avait sa représentation particulière. L'élection des nouveaux conseillers était faite par les anciens auxquels s'ajoutaient les maîtres de corporation (Zunftmeister ; on ne connaît pas le nombre exact de corporations au Moyen Âge), au nombre de huit représentants, dont on ignore le processus de désignation. La cooptation était donc en vigueur à Rosheim comme dans les autres villes alsaciennes à la fin du Moyen Âge. À noter que Rosheim accueillit la corporation des ménétriers jusqu'en 1434, date à laquelle le seigneur de Ribeaupierre obtint le patronage de la corporation dont le siège passa à Ribeauvillé (où se tient depuis la traditionnelle fête des ménétriers).
  • l'Assemblée des bourgeois de la ville (la Menige, dite le Klöpff car elle se réunissait au son de la cloche) dont les membres devaient chaque année prêter serment ; à cette occasion les citoyens promettaient de payer les taxes qu'imposera le bien public et de s'efforcer de vivre en bonne entente mutuelle. Cette assemblée était surtout consultée lors de situations d'exceptionnelle gravité, et ne réunissait pas tous les habitants, ceux-ci étant distingués entre bourgeois (Burger) et manants (Sassen) (l'administration étant très regardante sur le droit de bourgeoisie). Selon les statuts, les non-bourgeois, ou « manants », sont tenus d'entretenir leur maison et d'accourir en cas d'émeute. Les compagnons doivent être présentés au bourgmestre régent et ne peuvent être envoyés à la garde à moins d'être bourgeois et salariés. Les étrangers sont vus avec beaucoup de méfiance.
Défense et fortifications[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle la structure urbaine s'organise en trois secteurs : Mittelstadt, ville du milieu où l'on trouve, outre Saint-Pierre, la Rathaus (maison du conseil) ; Oberstadt, ville supérieure comprenant Saint-Étienne à l'ouest ; Niederstadt, ville inférieure à l'est. L'érection d'une enceinte[9] était pour Rosheim d'une importance vitale tant pour sa sécurité que pour le maintien de son rang et de sa qualité. On ignore la chronologie exacte de la construction des murailles en pierre, il semble cependant que l'édification du rempart ceignant le noyau de la Mittelstadt ait précédé celle du rempart extérieur, englobant l'intégralité de l'agglomération. On peut supposer que la ville était définitivement fortifiée vers 1370 environ. La défense était assurée par les bourgeois eux-mêmes. Ils assuraient, sur les remparts et en ville, la garde, charge à laquelle ils ne pouvaient se dérober, le sergent de ville marquant d'une croix la porte de celui qu'il ne trouvait pas chez lui au moment de son tour de garde. L'entraînement au tir (arbalète puis arquebuse) était indispensable ; le terrain d'exercice (Schiessgraben) était situé à quelques pas des fortifications au nord de la ville. Rosheim n'a semble-t-il jamais requis l'emploi de soldats de métier pour sa défense.

Les « écorcheurs »[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre de Cent Ans, alors qu'une accalmie se fait en France après la guerre entre Armagnacs et Bourguignons, des troupes françaises issues du parti armagnac, conduites par le dauphin de France, le futur Louis XI, chargé (contre rémunération des États ainsi débarrassés) de mener hors du royaume les bandes de « routiers », c'est-à-dire les compagnies d'armes laissées sans soldes et vivant de rapines, traversent la plaine d'Alsace depuis le sud pour lutter contre des bandes dites de Schinder (« écorcheurs ») mais en se payant sur l'habitant et en commettant de nombreux forfaits, gagnant eux-mêmes le triste surnom des « écorcheurs ». Ils occupent la ville, la plus petite et la plus vulnérable des dix villes impériales d'Alsace qui ne leur avait pas opposé de résistance, pendant un an, de 1444 au printemps 1445, et en font le quartier général de leurs expéditions dans la région, ce qui vaudra à Rosheim une longue inimitié de la part de la ville de Strasbourg.

La Guerre des paysans et l'essor du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Les Rustauds de la révolte paysanne (Guerre des paysans) sont conduits entre autres par un ancien Schultheiss de la ville, Ittel Jörg, qui, en 1525, a échoué de peu dans sa tentative de s'emparer de la ville, grâce à l'entremise du rabbin Josselman. Le XVIe siècle est une période relativement prospère. Le système corporatif est bien développé. Les emblèmes des corporations de boulangers, tonneliers, agriculteurs, viticulteurs sont toujours représentés sur de nombreuses portes cochères et poteaux corniers.

La guerre de Trente Ans et l'annexion au royaume de France[modifier | modifier le code]

La guerre de Trente Ans (1618-1648), dans laquelle le Saint-Empire romain germanique se déchire et implose dans d'incessantes luttes à la fois confessionnelles et territoriales, a constitué la plus grande et la plus tragique épreuve qu'ait connue Rosheim, dont l'existence même fut un temps menacée. Cette période peut être considérée comme charnière dans l'histoire et l'évolution de la cité. Après cette guerre dont elle mettra des générations à se relever, Rosheim ne sera plus pour longtemps la fière cité indépendante de la fin du Moyen Âge.

Le sac de la ville par Mansfeld[modifier | modifier le code]

Ernest de Mansfeld

La défenestration de Prague en 1618 déclenche les hostilités entre les catholiques de la Sainte Ligue conduite par le duc Maximilien Ier de Bavière et les protestants de l'Union évangélique dirigée par l'électeur palatin Frédéric V. Celui-ci, qui avait accepté la couronne royale de Bohême des mains des révoltés, est vaincu le 28 novembre 1620 à la bataille de la Montagne Blanche par les armées catholiques de l'empereur Ferdinand II menées par le général de Tilly.

Les débris de l'armée insurrectionnelle se rassemblent derrière Ernest de Mansfeld et fuient vers le Palatinat, pourchassés par les troupes du général de Tilly, menaçant directement l'Alsace. Ernest de Mansfeld avait l'intention de se créer un domaine sur les possessions des Habsbourg en Alsace incluant les dix villes impériales. La menace est vite concrétisée : Lauterbourg, ville épiscopale, est prise le 28 novembre 1621, Haguenau, capitale politique de la Décapole, est rançonnée le 3 décembre, et occupée le 30. Le 15 janvier 1622, Ernest de Mansfeld exige le prêt de 100 000 florins par la ville de Rosheim pour lui éviter d'être brûlée, mais Rosheim, sur le conseil des interlocuteurs sollicités à Strasbourg, ne donne pas suite et Ernest de Mansfeld doit retourner dans le Palatinat. L'administration impériale profite de l'absence d'Ernest de Mansfeld pour installer une garnison dans la cité (deux compagnies de fantassins pendant dix semaines, une de cavaliers pendant quatre semaines) qui se retire peu avant le retour d'Ernest de Mansfeld fin juin, après la bataille de Höchst. Celui-ci revient en effet à Haguenau le 1er juillet 1622 accompagné de l'électeur palatin Frédéric V, du duc Christian de Brunswick et d'une troupe de 30 000 hommes affamés. Le 2 juillet, ils installent leur quartier général à Eckbolsheim et menacent directement Obernai devant laquelle ils se trouvent le 4. Obernai capitule le 7 juillet après trois jours et trois nuits de violents combats.

Si Obernai est la première cible des protestants, Rosheim est sollicitée simultanément, et malgré l'appel à l'aide à la ville de Strasbourg, elle ne peut que constater la présence sous ses murs à l'aube du 8 juillet 1622 d'Ernest de Mansfeld, de Frédéric V et de toute l'artillerie de leur armée. Alors que les différents partis semblaient aboutir à un accord, les soldats d'Ernest de Mansfeld firent irruption dans la ville sous prétexte d'escarmouches avec des bourgeois et en massacrèrent environ 150 sans compter les femmes et les enfants. La ville fut de surcroît bombardée par 84 boulets de gros calibre, intensité motivée par les injures qu'auraient proférées des habitants à l'encontre des chefs de l'armée protestante (le « vagabond » Frédéric, le « bâtard » Mansfeld). Enfin la troupe d'Ernest de Mansfeld se livra au pillage systématique de la cité et incendia une quarantaine de maisons. Rosheim sortit ruinée de cette journée. Profondément traumatisée, elle dut néanmoins héberger les années qui suivirent (1625, 1628) plusieurs corps militaires des Impériaux dont les séjours lui coutèrent très cher et l'endettèrent à un niveau exceptionnel alors même que la population, nobles, bourgeois et manants, sombraient dans la misère.

L'occupation suédoise[modifier | modifier le code]

En janvier 1631 le roi de Suède Gustave II Adolphe (parti protestant) obtient l'aide financière de la France au traité de Bärwald. Le 17 septembre 1631 il défait l'armée impériale de Tilly à la bataille de Breitenfeld, infligeant son premier grand revers au parti catholique. Pendant ce temps, Rosheim, outre le versement d'une contribution financière pour les frais de guerre à l'autorité impériale, doit accueillir pendant plus d'un mois (fin décembre 1631-février 1632) un millier de cavaliers francophones relevant du duc Charles de Lorraine qui sert l'Empereur. En juin 1632, Strasbourg paraphe son alliance avec la Suède pendant que l'Alsace est traversée par de grands mouvements de troupes. Face à l'insécurité Rosheim met en place avec Obernai et le bailli épiscopal de Bischoffsheim une police armée chargée de parer aux brigands de grand chemin et aux cavaliers débandés. Le 31 août, le général Gustave Horn et le rhingrave Othon-Louis, au service de la Suède, visitent Strasbourg en amis, puis ils mettent le cap les jours suivants sur Niedernai qui est pillée et occupée. Le 6 septembre 1632 Obernai est prise après une courte résistance, puis, le même jour, Rosheim se rend sans résistance, ne possédant plus de cantonnements impériaux, ne pouvant plus compter sur l'aide d'Obernai, et souffrant enfin de l'absence de la majeure partie de la population qui avait fui notamment en Lorraine. Rosheim, qui prête officiellement serment le 4 juillet 1633, est suédoise jusqu'en 1634 et l'intervention de la France dans la guerre. Elle est occupée par une garnison française sous autorité suédoise du 27 octobre 1632 jusqu'en mai 1633 dont le comportement ne fait que l'appauvrir davantage, si bien que la ville est sans ressource et la population réduite à l'état de mendicité. Une épidémie de peste fait des ravages de juin à décembre. En août et en novembre 1633, Rosheim se fait piller d'abord par mille cavaliers à la solde d'Othon-Louis, puis vider par les soldats du comte palatin Christian von Birckenfeld, et en décembre elle sert de point de ralliement aux recrues des régiments à cheval d'Othon-Louis auxquels elle doit fournir les quartiers. La situation de la ville atteint un seuil critique en juin 1634 lorsqu'elle n'est plus en mesure de payer les contributions suédoises. Mais le 6 septembre 1634 la Suède est totalement vaincue à la bataille de Nördlingen et le 9 octobre, un traité conclu à Strasbourg entre la France et le représentant suédois stipule que toutes les places occupées par les Suédois doivent passer à la France qui leur garantira les droits et privilèges ainsi que leur retour à l'Empire lorsque la guerre sera terminée...

La période noire[modifier | modifier le code]

En mai 1635, le représentant français provoque l'indignation de Strasbourg en remplaçant les sauvegardes suédoises à Rosheim par des françaises et en forçant le bourgmestre à prêter serment à la France. Le traité de Saint-Germain, en octobre 1635, qui engage Louis XIII à fournir au duc Bernard de Saxe-Weimar commandant les armées suédoises et protestantes d'Allemagne les moyens d'entretenir 18 000 hommes contre les Impériaux ainsi que les droits et possessions des Habsbourg en Alsace à titre personnel (dont le grand bailliage de Haguenau duquel dépendent les dix villes impériales), marque le début de la période la plus noire pour l'ensemble de la région qui redevient un champ de bataille. À Rosheim, les habitants vont jusqu'à laisser leurs terres incultes deux années de suite (1636-1638) espérant faire périr les garnisons françaises et suédoises qui transitaient et occupaient la cité. La ville est alors sur le point de péricliter.

Le traité de Westphalie[modifier | modifier le code]

La mort de Bernard de Saxe-Weimar le 18 juillet 1639 pousse son armée à se vendre au roi de France qui prend possession de l'Alsace en octobre. Un des régiments de Turenne est cantonné à Rosheim en 1644. La ville du fait de sa ruine n'est pas en mesure d'envoyer une délégation aux négociations de paix d'Osnabrück et de Münster, et accorde les pleins pouvoirs au Syndic de Colmar Jean Balthasar Schneider en 1646. Le 24 octobre 1648 est signé le traité de Westphalie qui met fin à la guerre, mais reste très ambigu sur la situation des dix villes impériales. En effet les articles 75 et 76 stipulent qu'elles sont cédées à la couronne de France par la maison de Habsbourg, mais l'article 89 garantit leur immédiateté d'Empire avec une clause spécifiant que « cependant cette déclaration d'immédiateté impériale ne doit pas porter préjudice aux droits souverains acquis par le roi [de France]. »

L'annexion à la France[modifier | modifier le code]

L'incertitude entretenue par les termes du traité de Westphalie pousse Rosheim à demander le 30 mai 1651 à l'empereur Ferdinand III le renouvellement des anciens privilèges violés durant la guerre. En 1652, la ville doit encore subir des troubles et constituer des milices contre les ravages que causent les troupes du duc de Lorraine dans la région. La même année, le Conseil envoie le bourgmestre comme député à la diète de Ratisbonne. En 1662, les dix villes impériales jurent fidélité au roi de France tout en comptant sur l'intervention de l'empereur pour faire respecter leur immédiateté d'Empire. En 1679, la signature du traité de Nimègue met fin à l'indépendance de Rosheim qui passe à la France en même temps que les autres villes de la Décapole. En 1693, on compte environ 1393 habitants.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rosheim

Les armes de Rosheim se blasonnent ainsi :
« D'argent à la rose de gueules boutonnée d'or et pointée de sinople. »[10].
Blason modèle fr Armes parlantes.svg Armes parlantes (On retrouve la rose dans le nom de la commune).

D'un rouge boutonnés d'or et aux sépales verts, la rose à cinq pétales de Rosheim ferait allusion à son nom qui représente une rose.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1949 1965 Paul Grau   Président du conseil général 1960-1966
1971 mars 1977 Georges Baruch    
mars 1977 mars 1980 Georges Baruch    
mars 1989 juin 1995 Alphonse Troestler UDF Conseiller général
juin 1995 mars 2001 Alphonse Troestler UDF Conseiller général
mars 2001 mars 2008 Jean-Paul Beller    
mars 2008 en cours Michel Herr[11]    
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Rosheim est jumelée avec :

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 862 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 135 3 355 3 643 3 646 3 772 3 795 3 502 3 832 3 971
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
3 931 3 910 3 948 3 724 3 569 3 602 3 481 3 264 3 128
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 128 3 169 3 062 2 666 2 679 2 753 2 744 2 715 2 726
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
3 004 3 291 3 499 3 766 4 016 4 548 4 708 4 721 4 862
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

  • Zone d'activités du Rosenmeer (entrée de ville ouest), créée à la fin des années 1990 et divisée par la route D 35 en deux zones : zone nord (Jardins Issler, Carromec, Opel, etc) et zone sud (Steelcase, Laser Alsace Production, Gueydon, etc.).
  • Zone d'activités du Rappenhoffen (en direction de Bischoffsheim). Elle comprend notamment l'entreprise VOB (fenêtres, isolation) et la Maison des artisans.
  • Zone d'activités du Neuland, ouverte dans les années 1990, comprenant le Centre de première intervention et les Ateliers municipaux, ainsi que des PME (informatique, emploi temporaire, pompes funèbres).
  • Viticulture. Rosheim est connu pour ses nombreux viticulteurs exploitant les coteaux alentour (Westerberg et Fleckstein).

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Vue du côté Sud.
Vue du côté nord
  • Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul[14],[15],[16](la dédicace à Paul date du XVIIe siècle) : construite entre 1145 et 1167, elle succède à un édifice détruit par un incendie en 1132 duquel a été conservée la base de la tour-chœur dans le plan de l'église actuelle (à la place de ce qui aurait dû être l'absidiole sud). La construction de celle-ci correspond à l'époque où les Hohenstaufen se sont activement impliqués dans les affaires de la ville. L'église Saints-Pierre-et-Paul de Rosheim est considérée comme l'une des plus belles églises romanes d'Alsace, la première où apparaît la sculpture en ronde-bosse. Elle est construite en grès jaune de Westhoffen suivant le plan typique des églises rhénanes de l'époque : la nef et ses deux bas côtés forment avec le transept une croix latine orientée est-ouest et dont la croisée est surmontée d'un clocher octogonal. Ce clocher, pour partie en grès rose, est postérieur au reste de l'église, il date du XIVe siècle. Il remplace un clocher, achevé en 1286 seulement, qui disparut en 1385 dans un incendie qui ravagea la ville. Le clocher actuel, à l'intérieur duquel on trouve les traces de la foudre qui le frappa en 1572, servit notamment, flanqué sur la face est d'une échauguette, de poste de guet jusqu'en 1760. Près du clocher sur le toit de la nef on distingue deux sculptures en ronde bosse : l'une au sud-ouest représente selon certains un mendiant, pour d'autres un seigneur tenant une sébile ; celle au nord-est représente un ermite portant un manteau agrafé sur l'épaule et qui se tient le bout de la barbe. De nombreux bas-relief ornent les murs de la nef et du chevet. À l'intérieur, les chapiteaux sont massifs et placés assez bas, ils représentent des motifs géométriques, des feuilles d'acanthes, le plus remarquable représente 21 visages humains, tous différents les uns des autres, aux pommettes saillantes et aux arcades sourcilières en V.
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  • Synagogue[18] construite en 1884, de style néoroman d'après les plans de l'architecte Brion. La dernière cérémonie s'y est déroulée en 1972.
  • Chapelle Notre-Dame-du-bon-Secours[19] (Mariahilf), mentionnée dès 1688, située à l'intersection de la route de Bœrsch et de Grendelbruch. elle est dotée d'un retable offert par l'artiste peintre rosheimois Louis Wagner (1918-1981).

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

La maison romane
Ses latrines
  • Maison romane[20], improprement dite « païenne », considérée comme la plus ancienne construction civile d'Alsace. Elle est située entre les numéros 21 et 23 de la rue du Général de Gaulle. Bâtie entièrement en pierres au milieu du XIIe siècle (1152), elle est contemporaine de l'implication des Hohenstaufen dans le développement de la ville. À l'origine entourée d'une cour et selon toute vraisemblance d'une palissade, dressée comme un petit donjon carré auquel on accédait par l'étage uniquement grâce à un escalier amovible (la porte au rez-de-chaussée a été percée beaucoup plus tard), elle devait certainement jouer un rôle dans le système défensif de Rosheim avant que le bourg n'acquiert le statut de ville et édifie son nouveau rempart urbain au XIVe siècle. Elle contrôlait en effet la marge ouest de la ville haute (paroisse Saint-Étienne). Elle possède des latrines extérieures. Elle a bénéficié d'une belle restauration en 2003/04 et servira prochainement de musée dans le cadre de la route romane d'Alsace.
  • Hôtel de ville[21], construit entre 1759 et 1762 par l'architecte Fresson à la demande du conseil municipal. La clef de la porte fenêtre du second étage porte la date de 1775. Un projet de réaménagement est présenté par l'architecte Antoine Ringeisen en 1841. En 1885, le bâtiment est doublé en longueur par le tribunal de bailliage. À côté du puits dit Sechseimeshrunnen[22].

Patrimoine militaire[modifier | modifier le code]

Rempart intérieur[modifier | modifier le code]

Il est daté du XIIIe siècle environ et enceint la Mittelstadt. Le tour du fossé correspond aux actuelles rues du Lion (au Nord) et de la Marne (au Sud). Le rempart, bien qu'inclus dans les constructions modernes ou partiellement détruit, reste visible en plusieurs endroits, en particulier dans la rue de la Marne.

  • Porte de l'Hôtel de ville ou Zittgloeckeltor.
  • Porte de l'École ou Hohenbourg.
  • Tour d'angle (au sud-est de l'ancienne école Hohenbourg[23] ; un linteau côté rue de la Marne porte la date de 1709, contemporaine de la construction des bâtiments du Greffe et du Prêteur Royal).
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Rempart extérieur[modifier | modifier le code]

Il est daté théoriquement de la deuxième moitié du XIVe siècle. L'enceinte était flanquée de huit tours circulaires ou semi-circulaires plus les trois portes carrées. Les tours n'ont pas toutes été édifiées en même temps. Les portes et les tours d'angles sont contemporaines de la muraille, les autres tours ont été ajoutées par la suite, aux XVe et XVIe siècles. Les sections ouest et nord du rempart ont disparu.

  • Porte de la Vierge, Basse, ou de Strasbourg.
  • Porte du Lion
  • Porte Haute, ou de Bœrsch, détruite au XIXe siècle, dont subsiste un chaînage d'angle.
  • Deux tours ruinées (avenue Foch, tour Thiébaut à l'angle sud-est).
  • Tour Sainte-Marthe, ou de la Dame Braun, du XVe ou XVIe siècle, plusieurs fois transformée depuis.
  • Tour d'angle intégrée au monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Vivre à Rosheim[modifier | modifier le code]

Il fait bon vivre à Rosheim. De très nombreuses associations sont présentes et actives toute au long de l'année. On citera par exemple les Foulées des quatre portes qui organisent la course du même nom tous les quatrièmes dimanches de septembre ; l'école de musique du canton de Rosheim qui compte près de 200 membres ; une école élémentaire toute neuve où sont notamment représentées l'APEPA, la FCPE et l'APARE.

De plus, la ville se trouve dans une zone où la TNT est bien reçue soit par l'émetteur de Nordheim (partie nord-ouest de la ville) soit par l'émetteur de Rosheim-Boersch-Steinberg (tout le centre de la ville). Les deux diffusent la TNT et les 19 chaines gratuites et les 6 nouvelles chaînes TV HD.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • En Alsace no 40 (mai 2006), « Rosheim cité romane et romantique »
  • Michel Paul Urban ; Lieux dits : dictionnaire étymologique et historique des noms de lieux en Alsace ; Strasbourg : Éd. du Rhin - La Nuée Bleue, 2003.
  • Rosheim : douze siècles d'histoire ; Strasbourg : Istra, 1978. Articles de : Georges Baruch, Francis Rapp, Christine Muller, Robert Will, Charles Haudot, Robert Stahl, Hans Zumstein, Alphonse Troestler, Roger Lehni, Bernard Vogler, Jean Haubenestel, Robert Weyl, Martine Weyl, Freddy Raphaël, Claude Jérôme, Marie-Anne Reibel, Raymond Matzen, Dominique Lerch et Freddy Sarg.
  • Rosheim au XVIIe siècle : tricentenaire de la confrérie « Maria Hilf » (1695-1995) ; Rosheim : Ville de Rosheim, 1995. Contributions de Jean-Paul Bailliard, Christine Muller, Maurice Specht, Robert Stahl et Alphonse Troestler.
  • Ministère de la culture et de la communication, inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France – Région Alsace. Direction de la publication : Roger Lehni conservateur régional de l’inventaire général. Rédaction : Gilbert Poinsot, conservateur de l’inventaire général, Olivia Lind, Michèle Schneider-Bardout, Alain Hauss, Brigitte Parent, conservateurs ou chercheurs de l’inventaire général.Photographies : Jean Erfurth, Claude Menninger, Bernard Couturier, photographes à l’inventaire général, et Gilbert Ebner, Jean-Claude Stamm, Mariusz Hermanowicz, Jean-Marc Breistroff, Jacques Hampé, Images du patrimoine, Canton de Rosheim (Bas-Rhin), Le Verger éditeur,‎ 20 octobre 1989, 76 p.
    Ouvrage réalisé à l’initiative de monsieur Alphonse Troestler, président du Sivom de Rosheim, Maire de la ville de Rosheim, Conseiller général
  • Charles-Laurent Salch, Nouveau Dictionnaire des Châteaux Forts d'Alsace, Ittlenheim, alsatia, Conception et réalisation Lettrimage,‎ 1991, 384 p. (ISBN 2-7032-0193-1)
    Dessins de relevés et d'illustration de Walther Herrmann, André Lerch, Christian Rémy, Photographies Dominique Martinez. Rosheim : pp. 269 à 271
  • Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée Bleue,‎ 1995, 663 p. (ISBN 2-7165-0250-1)
    Rosheim, pp. 356 à 362

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Communes limitrophes de Rosheim sur Géoportail.
  2. Les Chemins de Saint-Jacques en Alsace, en ligne : http://www.saint-jacques-alsace.org/carte_generale.htm
  3. La synagogue de Rosheim (de)
  4. Rosheim : douze siècles d'histoire ; Strasbourg : Istra, 1978, p. 41.
  5. Rapp, Francis et Muller, Christine, in Rosheim : douze siècles d'histoire ; Strasbourg : Istra, 1978, pp. 7-48.
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  7. Urban, M.-P., Lieux-dits : dictionnaire étymologique et historique des noms de lieux en Alsace, Strasbourg : Éd. du Rhin/La Nuée Bleue, 2003, p. 252.
  8. Féliu, Clément, Leuques et Médiomatriques à La Tène moyenne et finale : organisation sociale et territoriale de l'habitat dans deux cités du Nord-Est de la Gaule du IIIe au Ier siècle avant notre ère, thèse, Strasbourg : Université Marc Bloch, 2008, pp. 237 et suiv.
  9. « Remparts et quatre anciennes portes », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  11. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  14. Hans Haug, Robert Will - Alsace romane - pp. 211-228, 333 - Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°22) - La Pierre-qui-Vire - 1965
  15. Jean-Philippe Meyer - Rosheim, église des Saints-Pierre-et-Paul - pp.103-110, dans Congrès archéologique de France. 162e session. Strasbourg et Basse-Alsace. 2004 - Société Française d'Archéologie - Paris - 2006
  16. « Eglise Paroissiale Saint-Pierre, Saint-Paul », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Eglise catholique Saint-Etienne », base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. « Synagogue », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Chapelle », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. Gilbert Poinsot, Rosheim, cité médiévale, p. 111-116, dans : Congrès archéologique de France. 162e session. Strasbourg et Basse-Alsace. 2004, Société Française d'Archéologie, Paris, 2006.
  21. « Mairie, Tribunal », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Puits dit Sechseimeshrunnen », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. « Ecole Hohenbourg, tribunal », base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. « Notice no IA00075637 », base Mérimée, ministère français de la Culture Cimetière