Bœrsch

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Bœrsch
La tour arrière ou Aftertor (nord de la ville), année 1340.
La tour arrière ou Aftertor (nord de la ville),
année 1340.
Blason de Bœrsch
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Molsheim
Canton Rosheim
Intercommunalité CC du canton de Rosheim
Maire
Mandat
Philippe Meyer
2014-2020
Code postal 67530
Code commune 67052
Démographie
Gentilé Boerschois, Boerschoises
Population
municipale
2 428 hab. (2011)
Densité 104 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 28′ 40″ N 7° 26′ 30″ E / 48.477778, 7.44166748° 28′ 40″ Nord 7° 26′ 30″ Est / 48.477778, 7.441667  
Altitude Min. 211 m – Max. 787 m
Superficie 23,35 km2
Localisation

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Bœrsch

Bœrsch est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Le nom allemand-alsacien, qui n'est pas officiel, est Börsch. Ses habitants sont appelés les Bœrschois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Entrée du village de Boersch
La Tour-Haute (1340) au sud de la ville
La tour basse, ou tour des remparts, à l'entrée ouest de la ville
Ruelle avec ses maisons à colombages
La place centrale du village
Porche de l'ancien couvent bénédictin de Saint-Léonard (Boersch)

Bœrsch est située dans le vignoble alsacien, dans une dépression d'un affluent de la rive gauche de l'Ehn, à environ 3 km au sud-ouest de Rosheim, comprenant Klingenthal et le hameau de Saint-Léonard. Le village fait partie du canton de Rosheim et de l'arrondissement de Molsheim. Boersch est également situé à 30 km au sud-ouest de Strasbourg. Le village se trouve entre les villes de Rosheim et d'Obernai, non loin de Molsheim. Les villageois sont appelés les Boerschois.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

  • le Weidash
  • Canal de l'Ehn

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Birsa, 1109
  • Bersa, 1187
  • Boersch, 1793

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village est mentionné pour la première fois en 1109 lors de la fondation de l'abbaye de Saint-Léonard. Très tôt, les chanoines de la cathédrale de Strasbourg y possède une cour dimière. Vers 1340, l'évêque de Strasbourg, Berthold de Bucheck, accorde le statut de ville à la localité et érige les fortifications de la cité.En 1385, Boersch est prise de nuit par le comte Henri III de Saarwerden, pillée, détruite et l'église brûlée. Par la suite, Guillaume de Diest, évêque de Strasbourg(1394-1439, la gage plusieurs fois pour payer ses nombreuses dettes. En 1405 et 1406, il l’hypothèque à trois créanciers : au comte Philippe de Nassau - Saarwerden, à la Ville de Strasbourg et au Grand Chapitre. Finalement en 1423, l'évêque Guillaume, l'engage à la ville de Strasbourg, qui la garde jusqu'en 1464. En 1439 les époux Rumeler-Lawel et Anelin fondent à Boersch un hospice pour héberger les pèlerins et voyageurs « pauvres et honnêtes ». Au Moyen Âge la cité est ravagée et pillée à plusieurs reprises. La seigneurie passe définitivement en 1466 à l'évêché du Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg pour 1 000 florins, et ce jusqu'à la Révolution. Boersch connaît ensuite une période de prospérité, jusqu'à la guerre de Trente Ans(1618-1648). Boersch est pillée puis occupée par les troupes Suédoises de Ernst von Mansfeld en 1622. Sa population augmente ensuite régulièrement jusque vers 1830, puis régresse ensuite avec la fermeture de la manufacture d'armes blanches de Klingenthal et l'exode rural. La situation s'inverse vers 1960.

Klingenthal (vallée des lames)[modifier | modifier le code]

Klingenthal est un hameau faisant partie de Boersch. Il doit son nom à la grande manufacture royale d'armes blanches fondée en 1730. Louis XV fit venir à cette époque des ouvriers allemands de Solingen (Ruhr) près de Düsseldorf. Cette manufacture a été supprimée et remplacée ensuite par une fabrique d'armes blanches dites du commerce, ainsi que de faux et faucilles; ces dernières égalaient en qualité celles de Styrie et leur étaient même supérieures pour ce qui concerne la fabrication. La localité de Klingenthal se développe autour de cette industrie. Jusqu'en 1736, Henri d'Anthès dirige l'entreprise qui cesse de fonctionner en 1751 par manque de commande de l'État.Durant les guerres de la Révolution et de l'Empire, la manufacture renaît à nouveau, mais victime de la révolution industrielle, la manufacture ferme en 1836. Par la suite, les entrepreneurs Coulaux font des bâtiments une fabrique d'aiguiserie de baïonnettes pour le service de la manufacture de Mutzig, une raffinerie de cuivre avec martinet et une fabrique de garance. L'entreprise ferme définitivement en 1962. La maison de la manufacture est aujourd'hui un musée qui tente de perpétuer le souvenir de cette florissante industrie. Dans les montagnes, derrière le Klingenthal, on trouve cachées au milieu des sapins qui les entourent de toutes parts, les ruines du château de Kagenfels ou Kagenbourg.

Couvent bénédictin de Saint-Léonard[modifier | modifier le code]

En 1109, un couvent de Bénédictins est construit à Saint-Léonard, un hameau à 2 km de Bœrsch. D'après la légende, l'endroit était occupé par un ermite. La charte de fondation du couvent mentionne l'endroit sous le nom de Berse ou Bersa. À peine un siècle après sa fondation, le couvent périclite. Il est remplacé vers 1215 par une collégiale de chanoines en provenance du chapitre de la cathédrale de Strasbourg. Pendant la guerre des paysans, le 19 avril 1525, la collégiale est attaquée par des paysans venant d'Altorf et de Dorlisheim auxquels se joignent quelques habitants de Bœrsch, mais aussi d'Obernai, de Bernardswiller, et d'Ottrott. Pendant la guerre de Trente Ans, ce sont les troupes suédoises d'Ernst von Mansfeld qui se livrent par deux fois aux pillages et aux profanations du couvent, la première fois en 1622 et la seconde fois en 1632. Lors de la première expédition suédoise, des chanoines sont même brûlés vifs. La peste sévit pendant six mois dans la région en 1633, décimant une partie importante de la population. Au XVIIIe siècle, malgré les diverses spoliations, les chanoines possèdent encore de nombreux biens à Innenheim, Bischoffsheim, Blaesheim, Entzheim, Duppigheim, Kintzheim, Auenheim (près de Kehl). À la Révolution, la collégiale, les maisons capitulaires, ainsi que les biens qui en dépendaient furent vendus aux enchères. L'orgue Silbermann est transféré à Ottrott-le-Haut et occupe maintenant l'église de cette ville. L'église du couvent est démolie et les pierres réutilisées pour la reconstruction de l'église de Benfeld qui se trouvait en mauvais état. Le clocher en forme de bulbe est installé sur l'église d'Ergersheim. Avant la Première Guerre mondiale, Saint-Léonard devient un important centre culturel régional. Dans l'ancienne cour du chapitre se trouve un tableau de Charles Spindler, montrant la collégiale au XVIIIe siècle, d'après une estampe d'époque.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Bœrsch

Les armes de Bœrsch se blasonnent ainsi :
« D'azur aux deux perches adossées d'argent. »[1].
Blason modèle fr Armes parlantes.svg Armes parlantes (Barsch signifie « perche » en allemand).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1919 1940 Gustave Schmutz   Sénateur
 ???   Gérard Lehmann UMP  
2001 2008 Philippe Meyer UMP  
mars 2008 en cours Philippe Meyer[2] UMP Conseiller général
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 428 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 878 1 758 2 207 2 237 2 345 2 317 2 126 2 088 1 985
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 920 1 844 1 802 1 632 1 646 1 549 1 561 1 481 1 413
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 335 1 302 1 303 1 189 1 233 1 196 1 151 1 158 1 184
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 172 1 154 1 407 1 663 1 892 2 107 2 338 2 401 2 428
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Église de Bœrsch.
Chapelle Notre-Dame-des-Neiges-au-Chêne de Saint-Léonard (1862).
Intérieur de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges-au-Chêne.
Chapelle du cimetière (1862).
Intérieur de la chapelle du cimetière.
Hôtel de ville (XVIe siècle).
Le Ratstube, maison en pan de bois de 1626.

Église[modifier | modifier le code]

Flanquée d'une tour de chœur en partie romane (premier étage du XIIe siècle). L'étage inférieur du clocher est du XIVe siècle. À l'intérieur du clocher il y a des restes d'une belle fresque du XIVe siècle, représentant le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. L'intérieur de la tour correspond au chœur de l'ancienne église, détruite et brûlée en 1385. L'édifice actuel date du XVIIIe siècle. Derrière le maître-autel, on trouve un tableau peint par Heimlich en 1773 représentant saint Brice bénissant la cité, entouré de remparts, tels qu'on pouvait les voir au XVIIIe siècle. Les autels latéraux sont consacrés à la Vierge et à saint Sébastien.

Chapelle Notre-Dame des Neiges au Chêne de Saint-Léonard[modifier | modifier le code]

Cette chapelle fut restaurée en 1933, faisant suite à l'édifice construit en 1862 qui était délabré. Sur le même emplacement existait une ancienne chapelle datée de 1694 construite par le chanoine Willaume, et qui a sans doute été rasée au cours de la Révolution.

Chapelle du cimetière (1862)[modifier | modifier le code]

Mairie (XVIe siècle)[modifier | modifier le code]

Édifice typiquement de la Renaissance construit au XVIe siècle, en deux étapes. C'est d'abord la partie nord qui est achevée, puis séparée de la seconde partie par une tour qui abrite un escalier hélicoïdal en pierre. Le rez-de-chaussée comporte alors une halle ouverte pour le marché. Au début du XVIIe siècle, un oriel à deux étages est ajouté par l'architecte Jakob Zumsteg. Il est ensuite recouvert d'un toit un peu bizarre en forme de bulbe en 1872. Au XVIIIe siècle le bâtiment est la résidence du bailli. La tourelle porte la date de 1572 et l'oriel de 1615.

Ratstube (1626)[modifier | modifier le code]

Située 2, place de l'hôtel de ville, cette maison est bâtie en 1509. Détruite par les troupes de Ernst von Mansfeld en 1622, elle est reconstruite quatre ans plus tard par le Heimburger Médard Rein. Cette demeure sert d'abord de mairie puis de poêle pour la corporation des vignerons. Au XVIIIe siècle, elle abrite un restaurant.

Anciennes portes d'entrées de Boersch[modifier | modifier le code]

Quatre tours ou portes d'entrée munies d'un pont-levis contrôlaient l'accès de la ville. Les restes d'un chemin de ronde couvert d'une largeur de 90 centimètres environ sont encore visibles près de l'actuel cimetière. Trois tours subsistent encore aujourd'hui : la Tour-Haute, la Tour-Basse et la Tour-Arrière. La quatrième appelée « Pfaffentor » a été rasée en 1758 pour cause de vétusté et le mur d'enceinte a été rebouché à cet endroit.

Tour Haute[modifier | modifier le code]

La Tour-Haute, ou Obertor est située au sud de la ville. Elle a été amputée de sa partie supérieure en 1826,et n'a retrouvé son aspect original qu'à partir de 1907-1908. Elle a été décorée à la même époque d'une peinture de Dietrich représentant saint Médard, le patron de la paroisse.

Tour-arrière[modifier | modifier le code]

La Tour-Arrière ou Aftertor est située au nord de l'agglomération. Un puits se trouve à proximité près de l'escalier qui mène au chemin de ronde. Daté de 1564, il est peint par le célèbre illustrateur alsacien Hansi.

Tour-Basse ou des remparts[modifier | modifier le code]

Tour contrôlant l'entrée ouest de la ville munie d'un pont-levis et protégé par un rempart enserrant le village.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Le puits à six seaux sur la place de l'Hôtel de Ville.
  • Le puits dans la cour de l'ancienne Chartreuse de 1565.
  • Cour du chapitre (porte) 1611 à Saint-Léonard
  • Cloche de 1536
  • Mont des Oliviers de 1602.
  • Ancien presbytère du curé, transformé en "Maison de la Culture et de la Jeunesse" (MJC)
  • Maison du XVIe siècle en pan de bois, située 15 rue du Rempart
  • Maison de chanoine (XVIIe siècle) en pierre enduite à Saint-Léonard

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martine Ameur, Elisabeth Gressier, Simone Metz-Schillinger (et al.), Boersch, Klingenthal, Saint-Léonard : lieux d'histoire, ID l'éd., Strasbourg, 2002, 88 p. (ISBN 2-913302-65-3)
  • (de) Médard Barth et Paul Spindler, Das Weinstaedtchen Bœrsch im Mittelalter : eine geschichtliche Plauderei, Alsatia, Sélestat, 1959, XII-20l p.
  • Alphonse Grau, Chronique de la ville de Boersch (d'origine gauloise) et de ses annexes St-Léonard et Klingenthal, Société d'édition de la Basse-Alsace, Strasbourg, 1952, 210 p.
  • Florent Ostheimer, Inscriptions anciennes à Boersch, in Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie Dambach Barr Obernai, 2005, p. 33-67
  • Louis Schlaefli, « À propos de deux affaires de sorcellerie à Bœrsch (1617-1618) », in Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie de Dambach-la-Ville, Barr, Obernai, 1998, no 32, p. 51-54

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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