Charles Cagniard de Latour

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Charles Cagniard de Latour, né le 31 mars 1777 à Paris et mort à Paris le 5 juillet 1859, est un ingénieur et physicien français. Il est passé à la postérité pour ses travaux d'acoustique quantitative, pour lesquels il mit au point la « sirène ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Polytechnicien[1] de l'an III (automne 1794 - été 1795) dans le corps des ingénieurs géographes, il devient auditeur[2] de seconde classe au Conseil d'État le 1er août 1810 et est affecté dans l'administration des poudres en 1811. Auditeur de première classe près le ministre et la section de l'Intérieur en 1812 et 1813, il devient aussi auditeur à la commission des Pétitions en 1813.

Il quitte assez rapidement ces activités de fonctionnaire pour se consacrer à ses recherches dans des domaines aussi divers que la mécanique, la chimie, la physique et l'acoustique.

Ses inventions et découvertes majeures sont :

  • la cagniardelle, en 1809, machine destinée à insuffler l'air sous un liquide dont le principe est fondé sur une vis d'Archimède faiblement inclinée, de façon à ce que l'extrémité inférieure soit complètement immergée et l'extrémité supérieure seulement partiellement ; la vis est actionnée dans le sens inverse de celui qui ferait monter l'eau ; à chaque tour, l'air entre par l'extrémité supérieure et descend, en refoulant l'eau, le long des spires vers l'extrémité inférieure où un tuyau le récupère.
  • un moulin portatif, à l'usage des armées, d'un poids minime de sept livres et qui permettait aux soldats de moudre du blé au beau milieu des champs ; l'armée napoléonienne s'en servit durant les Cent-Jours
  • des appareils d'éclairage au gaz pour l'hôpital Saint-Louis et pour l'usine royale
  • la sirène, en 1819, machine permettant de produire à volonté un son de fréquence calculable et réglable[3].
  • une nouvelle machine à feu
  • le canon-pompe
  • une machine à vapeur qui élève l'eau sans piston
  • la pompe à tige filiforme
  • le peson chronométrique
  • une machine pour étudier le vol des oiseaux
  • découverte, publiée en 1838[4], de la multiplication, par bourgeonnement, de la levure de bière et de son rôle dans la fermentation alcoolique ; il montra ainsi que le processus de fermentation est dû à des organismes vivants.
  • étude de la volatilisation en vase clos, à haute température suffisamment élevée (362 °C pour l'eau), dans un espace deux à trois fois plus grand que le volume du liquide, de l'alcool, de l'éther et de l'eau, expérience qui est encore aujourd'hui une des bases expérimentales de la théorie des gaz
  • étude de la propagation du son dans les liquides

Les appareils d'éclairage lui valurent, en 1819, d'être fait baron par Louis XVIII.

Membre de l'Académie des sciences, il succède le 17 mars 1851 à Gay-Lussac.

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Médaille d'argent décernée par le jury de l'exposition des produits de l'industrie de 1819 pour diverses machines hydrauliques de son invention telles que la vis d'Archimède pneumatique citée plus haut[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'École polytechnique fut créée le 15 fructidor an III (1er septembre 1795). Charles Cagniard fit donc partie des premiers élèves et de la première promotion.
  2. Un auditeur est un fonctionnaire recruté sur concours faisant partie du bas de la hiérarchie dans le personnel du Conseil d'État ou de la Cour des comptes.
  3. D'après Michel Brennet, Dictionnaire pratique et historique de la musique, Armand Colin,‎ 1926, 1 vol. in-octavo broché avec 140 figures plein-texte, 488 p. (lire en ligne), « Acoustique »
  4. Cagniard-Latour, « Mémoire sur la fermentation vineuse, présenté à l'Académie des sciences le 12 juin 1837 », Annales de chimie et de physique, 2e série, t. 68, 1838, p. 206-222, consultable sur Google Books. On lit déjà dans les Comptes rendus de l'Institut de 1836 que Cagniard de Latour considérait la levure de bière comme une substance vivante. (Cagniard de Latour, « Observations sur la fermentation du moût de bière », L'Institut, 23 novembre 1836, IV, p. 389-390; voir L. Pasteur, Mémoire sur la fermentation alcoolique, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, p. 83, consultable sur Gallica, et P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, p. 51.) En 1787, Adamo Fabbroni avait déjà attribué la fermentation à une substance « végéto-animale » ; voir citation dans L. Pasteur, Mémoire sur la fermentation alcoolique, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, p. 80, consultable sur Gallica.
  5. « Suite de la liste des médailles décernées par le Jury de l'Exposition de 1819 - Bulletin de la S.E.I.N. n° CLXXXIX, dix-neuvième année », Société d'encouragement pour l'industrie nationale, mars 1820.