Betterave fourragère

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La betterave fourragère est un type de betterave cultivé pour sa racine utilisée pour l'alimentation des animaux.

Botanique[modifier | modifier le code]

Nom scientifique : Beta vulgaris L. Famille des Chénopodiacées (selon la classification classique) ou famille des Amaranthacées (selon la classification phylogénétique).

Description[modifier | modifier le code]

La betterave cultivée est une plante bisannuelle :

  • première année, phase végétative : développement des feuilles et constitution de la racine charnue, accumulation de réserves en sucre, c'est aussi la phase de culture ;
  • deuxième année : montaison et floraison, production de graines.

Variétés cultivées[modifier | modifier le code]

variétés de betterave fourragère
multigermes effeuillées au premier plan

Il existe de nombreuses variétés de betteraves fourragères de formes et de couleurs différentes.

Leurs couleurs sont blanc, rose, rouge, jaune ou orange.

Elles peuvent être rondes, coniques, ovales, longues, corsetées.

Les variétés peuvent être plus ou moins enterrées.

Les semences de la plupart des variétés utilisées aujourd’hui sont monogermes mais les variétés cultivées auparavant étaient multigermes, telles que la Géante rouge, la Jaune d’Eckendorf…

Les principaux critères de choix sont le rendement, la teneur en matière sèche des racines, l'importance de la partie enterrée et, plus récemment, les résistances à des maladies telles que la rhizomanie et le rhizoctone brun.

Économie[modifier | modifier le code]

La culture s'est progressivement développée en Europe du Nord et a occupé près d'un million d'hectares en France dans les années 1950. Elle a ensuite fortement régressé au profit du maïs ensilage.

C'est pourtant une culture particulièrement productive à l'hectare, ayant une bonne régularité de production et d'une valeur alimentaire très élevée.

Culture de la betterave fourragère[modifier | modifier le code]

Le semis s'effectue à partir de la mi-mars, après les gelées d'hiver[1]. Elle a besoin de six mois chauds et ensoleillés pour achever la formation de la racine ; elle aime les terres riches, profondes, bien fumées.

Jusque dans les années 1970, il était nécessaire de procéder au « démariage », c'est-à-dire à l'élimination des plants excédentaires. Les graines sont des glomérules multigermes. À partir de 1968, grâce à la sélection, les semences monogermes (une seule graine par glomérule) peuvent être semées directement en place, graine par graine, grâce à des semoirs spécifiques.

Ennemis de la betterave[modifier | modifier le code]

Ses principaux ennemis sont les pucerons vecteurs de la jaunisse, la mouche de la betterave (ou pégomyie), les taupins et des maladies comme la rhizomanie, la cercosporiose, l'oïdium, la ramulariose et le pied noir.

Désherbage de la betterave[modifier | modifier le code]

Le désherbage de la betterave est une pratique qu'il faut absolument réussir car la culture est très fragile du point de vue de la concurrence avec les adventices à tous les niveaux. Il faut pour cela lutter par des méthodes agronomiques (rotations, binages…) ou chimiquement (la méthode la plus utilisée et la plus efficace).

Le désherbage chimique des betteraves repose sur des programmes associant plusieurs matières actives, permettant d'élargir le spectre d'efficacité et de réduire la phytotoxicité pour la culture. Dans ce souci d'efficacité et de diminution du coût du désherbage, des techniques avec doses réduites de produits sont développées depuis de nombreuses années.

Un désherbage de prélevée est utile, notamment dans les situations à risque, contre certains types d'adventices, les dicotylédones comme l'amarante, l'ammi élevé, l'aethusa, la matricaire… Le désherbage de post levée vise les dicotylédones et les monocotylédones.

Récolte[modifier | modifier le code]

Vache laitière consommant des betteraves fourragères

Les racines sont récoltées entières à maturité pour être stockées. La récolte de la betterave fourragère est entièrement mécanisable, à l'aide de machines plus ou moins combinées : effeuilleuse - arracheuse - chargeuse. Dans les sols portants, il est également possible de les faire pâturer sur place.

Stockage et distribution[modifier | modifier le code]

Les betteraves fourragères devant être distribuées tout au long de l'hiver, il est important de les conserver en bon état. Le stockage se fait en fabriquant un simple tas, en permettant à l'air de circuler. La distribution aux animaux est également entièrement mécanisable à l'aide de différents types de machines telles que des godets désileurs ou des dessileuses distributrices. Certaines sont équipées de système de nettoyage et de hachage et sont pourvues de système pour évacuer les cailloux.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les racines sont distribuées pendant l'hiver aux animaux d'élevage : bovins, ovins, caprins…mais aussi les chevaux, les porcins, les lapins…et pratiquement tous les animaux omnivores ou herbivores. Les feuilles peuvent servir pour l'alimentation du bétail ou sont restitués au sol.

Sa forte productivité et la possibilité de stockage simple en font également une plante performante pour produire du biogaz par la méthanisation.

Valeur alimentaire[modifier | modifier le code]

La betterave fourragère a une valeur énergétique très élevée[2] et est très appréciée des animaux. C'est un excellent complément pour des rations à base d'herbe ou de foin. Elle doit être distribuée en quantités limitées, environ 3 kg de matière sèche par jour pour une vache laitière.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le site de la betterave fourragère
  2. Chesnay V. (1994) : "Utilisation de la betterave fourragère pour l’alimentation des vaches laitières", Bulletin des GTV, - 94 -1- B- 473 37-47

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]