Beatrice Portinari

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Béatrice (homonymie).
Beata Beatrice par Marie Spartali Stillman.
Dante et Beatrice lors de leur seconde rencontre, Henry Holiday.
Dante et Béatrice au Paradis par Gustave Doré.

Par Beatrice Portinari, on désigne communément le personnage de nombreuses œuvres de Dante Alighieri, dont le poète est amoureux.

Néanmoins, jamais Dante ne donnera dans ses écrits d'indication quant à l'identité « civile » de ce personnage, qui est avant tout symbolique. En fait, on a voulu donner, dans une démarche d'exégèse romantique, un nom de famille à cette dame pour faire de cet Amour divin qui unit Dante et Béatrice l'égale des amours adolescentes et futiles voire virtuelles des modernes.

De fait, Boccace, qui, peu de temps après la mort de Dante, commentait la Divine Comédie à Florence, se vantait de s'être moqué de ses auditeurs en répandant l'idée que Béatrice avait une existence civile (c.à.d. tout simplement réelle). Ce problème est en vérité difficile à résoudre, et n'est pas très intéressant sur le fond, car il est certain que l'importance de Béatrice pour Dante se situe à un niveau purement symbolique, supra-humain, puisque le poète fut marié et eut plusieurs enfants avec Gemma, une femme dont il est maintenant établi qu'elle n'était pas Béatrice ; il serait donc fort malvenu de voir dans cet Amour, une passion adultère.

Celle qui correspond le mieux à cet idéal était une florentine de la famille des Portinari, Bice (1266-1290). Dante,qui se serait épris d'elle dès son enfance, lui consacra une place dans tous ses ouvrages.

La première rencontre[modifier | modifier le code]

C'est en 1274, à 9 ans, que Dante l'aurait rencontrée pour la première fois. De son vrai nom Bice di Folco Portinari, elle épousera Simon de Bardi et mourut en 1290, à l'âge de 26 ans.

On sait peu de chose de cet amour sublime, exalté, jusqu'au paroxysme, dans la Vita Nuova (la Vie Nouvelle) composé de 31 poèmes et 42 chapitres, entre 1292 et 1294. il y décrit sa première rencontre avec Béatrice, alors qu'elle n'avait que neuf ans, puis la deuxième, advenue neuf années plus tard (il expliquera plus tard le sens symbolique du chiffre neuf, le chiffre de Béatrice).

De son côté, Dante, à l'âge de 12 ans, fut marié par sa famille avec Gemma, fille de Messer Manetto Donati, avec laquelle il eut plusieurs enfants. Cependant, malgré cette union concrète, Dante ne cessa jamais de penser à Béatrice, son amour virtuel.

La seconde rencontre[modifier | modifier le code]

Leur seconde rencontre eut lieu, à l'âge de 18 ans, le 9e jour du mois. Le chiffre 9 est ici un chiffre symbolique d'une extrême importance, puisqu'il symbolisa la Perfection. Dante laisse alors éclater sa passion extrême pour Béatrice. « Un jour il advint que cette très noble dame était assise en un lieu où l'on entendait louer la Reine de gloire, pour moi j'étais à une place où je voyais ma Béatitude. »[1].

Curieusement Béatrice, lors de ses deux rencontres avec Dante (et il ne semble pas qu’il la revit avant sa mort), ne sembla lui accorder aucune espèce d’attention particulière. Elle que pourtant, le Poète nommait : « la très belle et honnête fille de l'empereur de l'Univers, que Pythagore nomma Philosophie. »[2].

Comme il s'en expliquera à plusieurs reprises, Gemma, son épouse, comme Virgile, son mentor, représentaient l'aspect concret, matériel et physique du Monde et Béatrice, sa muse, son côté transcendant, spirituel voire divin.

Les commentateurs se posent naturellement la question : « Que serait-il advenu si cet amour avait été consommé ? Dante aurait-il eu la force d’écrire son œuvre gigantesque ? » Visiblement la réponse est « Non » mais de fait, elle lui appartient.

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Source[modifier | modifier le code]

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Référence[modifier | modifier le code]

  1. in Vie Nouvelle, p. 31, Ed. Librairie générale française, 1996.
  2. in « Banquet », p. 249, chapitre XV, même collection.