Marie Spartali Stillman

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Marie Spartali Stillman en 1868.
Photographie par Julia Margaret Cameron.

Marie Euphrosyne Spartali, plus tard Stillman (10 mars 1844 – 6 mars 1927), est une peintre britannique d'ascendance grecque appartenant au préraphaélisme. Elle est probablement l'une des plus importantes artistes femmes de ce courant[réf. nécessaire]. Pendant une carrière de soixante ans, elle a produit plus de 100 œuvres, contribuant régulièrement aux expositions au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Marie Spartali était la plus jeune fille de Michael Spartali (1818-1914), un commerçant aisé, directeur de l'entreprise Spartali & Co (en) et consul général de Grèce à Londres de 1866 à 1882. Il s'était établi à Londres vers 1828, où il épousa Euphrosyne (connue en tant qu'Effie, née Varsami, 1842-1913), la fille d'un marchand grec de Gênes.

La famille vécut dans une belle maison avec un jardin immense avec vue sur la Tamise et Chelsea. Ils passaient la saison estivale dans leur propriété sur l'Île de Wight, où le père de Marie cultivait du raisin provenant de son pays d'origine. À Londres, la famille organisait souvent des fêtes extravagantes auxquelles étaient invités les jeunes écrivains et artistes de l'époque.

Vie adulte[modifier | modifier le code]

Spartali, peinte par Gabriel Rossetti

Marie Spartali et ses deux cousines, Maria Zambaco (en) et Aglaia Coronio (en), étaient nommées par leurs amis : les "Trois Grâces", en référence à la mythologie grecque. C'est dans la maison de l'homme d'affaires grec Alexander Constantine Ionides (en) à Tulse Hill (en), dans le sud de Londres, que Marie et sa sœur Christine (1846-1884) rencontrèrent pour la première fois Whistler et Swinburne. Elles étaient habillées de blanc avec des rubans bleus. Swinburne fut tellement touché qu'il dit de Spartali : « Elle est si belle que j'ai envie de m'asseoir et de pleurer ». Marie avait une taille imposante (1,90 m), plus tard, souvent habillée de noir, elle attira beaucoup l'attention tout au long de sa vie.

Spartali étudia sous la direction de Ford Madox Brown pendant plusieurs années, à partir de 1864, avec les trois enfants de celui-ci, Lucy, Catherine et Oliver. Rossetti, en apprenant que Marie allait étudier chez Madox Brown, lui écrivit pour demander de la préserver afin qu'il soit le premier à peindre son portrait. Elle posa pour lui en 1867. Le 14 août, il écrivit à Jane Morris, qu'elle était son modèle le plus intellectuel et que représenter sa figure avec précision était pour lui un défi réel lié au « charme subtil de la vie qu'on ne peut recréer ».

Au cours de sa vie, elle posa pour Brown, Edward Burne-Jones, Dante Gabriel Rossetti, Julia Margaret Cameron, et John Roddam Spencer Stanhope (en).






Mariage[modifier | modifier le code]

Le Jardin enchanté par Marie Spartali Stillman (1889)

En 1871, contre la volonté de ses parents, elle épousa le journaliste et peintre américain William James Stillman (en). Elle était sa deuxième femme (la première s'était suicidée deux ans auparavant). Le couple avait posé pour Rossetti dans ses célèbres peintures de Dante, même s'il n'est pas certain que ce soit ainsi qu'ils se soient rencontrés pour la première fois. Il avait d'abord travaillé pour le magazine d'art américain, The Crayon. Plus tard il devint correspondant à l'étranger pour le Times. C'est ainsi que le couple dut partager sa vie entre Londres et Florence de 1878 à 1883, et Rome de 1889 à 1896. Marie voyagea également aux États-Unis et fut la seule artiste préraphaélite du Royaume-Uni à travailler aux États-Unis.

Elle eut trois enfants et mourut en mars 1927. Son corps fut incinéré et enterré avec son mari au cimetière de Brookwood.

Son testament contient une lettre dans laquelle Marie écrivit : « Il est absurde d'écrire un testament lorsqu'on n'a ni possessions ni argent à laisser ». Son œuvre est évaluée à 690 millions de dollars, dont la majorité est détenue par sa fille Sonja Zuckerman.

Art[modifier | modifier le code]

Une rose du jardin d'Armide, par Marie Spartali Stillman (1894)

Ses sujets de peinture étaient typiques du préraphaélisme : figures féminines, scènes de Shakespeare, Pétrarque, Dante et Boccace, paysages italiens. Elle exposa souvent à la Dudley Gallery (en), puis à la Grosvenor Gallery (en), à la New Gallery (en), à la Royal Academy, ainsi qu'aux États-Unis, par exemple à Exposition universelle de 1876 à Philadelphie. Une exposition posthume de ses œuvres eut lieu aux États-Unis en 1982.

David Elliott liste plus de 170 œuvres dans son livre. Les suivantes sont les plus connues :

Madonna Pietra degli Scrovigni par Marie Spartali Stillman (1884)

Liens externes (en anglais)[modifier | modifier le code]