Bataille de Pinkie Cleugh

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Bataille de Pinkie Cleugh
Informations générales
Date 10 septembre 1547
Lieu Rives de la rivière Esk, à proximité de Musselburgh (Écosse)
Issue Victoire anglaise décisive
Belligérants
Écosse Écosse Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Commandants
James Hamilton (2e comte d'Arran) Edward Seymour (1er duc de Somerset)
Forces en présence
Entre 23 000 et 36 000 hommes[note 1] 15 000 hommes
30 vaisseaux[1]
Pertes
Entre 5 000 et 10 000 morts
1 500 captifs
500 morts
Guerres anglo-écossaises
Batailles
Humbleton Hill - Piperdean - Sark - Flodden Field - Haddon Rig - Solway Moss - Ancrum Moor - Pinkie Cleugh
Coordonnées 55° 56′ N 3° 01′ O / 55.933, -3.02355° 56′ Nord 3° 01′ Ouest / 55.933, -3.023  

La bataille de Pinkie Cleugh se déroula le 10 septembre 1547 sur les rives de la rivière Esk, à proximité de Musselburgh, en Écosse, et fait partie de la guerre dite du rough wooing. Il s'agit de la dernière bataille entre les armées royales écossaise et anglaise, et de la première bataille « moderne » à se dérouler dans les Îles Britanniques, faisant preuve d'une coopération active entre les forces d'infanterie, d'artillerie, et de cavalerie. Ce fut une défaite catastrophique pour les Écossais en raison de l'utilisation par les Anglais de l'artillerie navale, pour la première fois dans une bataille terrestre en Grande-Bretagne. En Écosse, cet épisode est connu sous le nom de Black Saturday (« samedi noir »)[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

Avec la mort de Jacques V d'Écosse, le trône d'Écosse résidait entièrement en la jeune Marie Ire d'Écosse. Ceci constituait une occasion unique pour le roi Henri VIII d'Angleterre de réunir les royaumes d'Angleterre et d'Écosse en mariant Marie à son fils Édouard. Cependant, les approches diplomatiques échouèrent : en décembre 1543, le parlement écossais rejeta le traité de mariage dit de Greenwich, et renouvela son alliance avec la France[3]. Henri entame alors une politique guerrière pour pousser l'Écosse à accepter le mariage, qui est connue de nos jours sous le nom de « rough wooing »[4] et consiste en de brèves incursions au-delà de la frontière. Avec la mort d'Henri le 28 janvier 1547, son fils Édouard est trop jeune pour régner, et c'est donc Edward Seymour dit Somerset qui devint régent d'Angleterre. Le rough wooing reprend avec encore plus de violence sous la régence de Somerset et, au début de septembre 1547, il mène son armée en Écosse, bénéficiant d'un bon équipement et d'une flotte importante.

Campagne[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

Bataille[modifier | modifier le code]

Conséquences[modifier | modifier le code]

Désastre de la politique de Somerset ou continuité d'Henri ?[modifier | modifier le code]

Les premières études sur la conséquence de la bataille ne comprirent que peu la position du protecteur Somerset. L'historien Albert F. Pollard (16 décembre 1869 - 3 août 1948) montre ainsi que des études alors classiques ont pourtant une méconnaissance du sujet[5]. La première de ces études déclare que « Henri, au faîte de sa puissance, a refusé la remise en question de l'indépendance féodale de l'Écosse [et] le duc de Somerset s'est résout à distinguer son protectorat en ravivant […] les prétentions de l'Angleterre pour le contrôle de l'île entière ». La seconde conclu que « l'effet immédiat [de la victoire à Pinkie Cleugh] fut de détruire tous les travaux des années patientes mais fermes de diplomatie d'Henri et d'aboutir à ce que Marie soit envoyée en France, mariée au dauphin, et mise en place comme rivale catholique à Élisabeth ». Cependant, la diplomatie d'Henri pouvait difficilement vue comme patiente : il demanda de ses alliés en Écosse plus qu'ils ne pouvaient sans avoir les moyens de les soutenir et, lorsque sa politique connue un échec avec l'annulation du Traité de Greenwich, il lança les guerres du rough wooing. Ainsi, le protecteur Somerset ne raviva pas les prétentions anglaises et ne détruisit pas la diplomatie de son successeur : il se posa simplement dans la continuité, mettant plus l'accent sur le conflit religieux que sur le mariage. Par ailleurs, l'accession d'Élisabeth au trône était très improbable à ce moment, puisqu'elle succéda à trois personnes, et il est donc excessif de tenir Somerset pour responsable des conflits entre Marie et Élisabeth.

L'épître[modifier | modifier le code]

Après la victoire, le protecteur Somerset écrivit An epistle to Exhortacion to Unicie and Peace. Cet ouvrage de propagande visait à persuader les écossais des bienfaits du mariage entre Marie et Edward, et il circula en février 1548 dans les Lowlands[1]. La rédaction est faite pour ne pas choquer les sentiments des écossais : tandis que son prédécesseur désignait Jacques V d'Écosse comme « roi prétendu » et « usurpateur », il s'y réfère par « votre dernier roi » et « prince de grande excellence ». Il propose également de supprimer la mention d'Angleterre et d'Écosse pour nommer l'ensemble Grande-Bretagne, de ne pas changer les lois d'Écosse (« différents endroits ont besoin de différentes lois ») et il met en avant les avantages stratégique d'une union[5] :

« Nous ne comptons pas déshériter votre Reine, mais faire que ses héritiers soient aussi ceux d'Angleterre. Ces peurs inutiles et idées fantasques de conquérir votre nation et d'en changer les lois vous viennent de ceux qui préféreraient vous voir tous conquis, dépouillés et assassinés, afin qu'ils exercent leur désir de pouvoir. Si nous étions fait un par amitié nous serions plus aptes à nous défendre contre les nations ; la mer comme mur et Dieu pour défense devrait faire d'une monarchie si noble que nous ne serions pas honteux dans la paix ni effrayé dans la guerre ; pourquoi ne devriez-vous pas être désireux du même, et avoir autant de raisons de vous en réjouir que nous ? »

Conditions[modifier | modifier le code]

Contrairement à Henri VIII qui fit signer à certains des prisonniers de la bataille de Solway Moss de le reconnaître comme suzerain, Somerset fit signer à ceux de Pinkie Cleugh une promesse d'aide pour le mariage.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Susan Doran, historienne à Chris Church (Université d'Oxford), propose les chiffres de 23 000 écossais et 10 000 pertes, se situant dans la fourchette basse des troupes et dans la fourchette haute des pertes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Susan Doran - Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 9780712349161). Chapitre I : Early life in Scotland and France 1542-1558, pages 12-39.
  2. (en) Gervase Phillips - The Anglo-Scots Wars 1513-1550, Boydell Press, (ISBN 0851157467).
  3. (en) T. F. Henderson - Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969.
  4. (en) Marcus Merriman - The rough wooings: Mary Queen of Scots 1542-1551, Tuckwell Press, 2000, (ISBN 186232090X).
  5. a et b (en) Albert F. Pollard - The protector Somerset and Scotland, The english historical review, volume 13, numéro 51, pages 464-472, 1898.

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Révérend William Stephen - History of Inverkeithing & Rosyth, The Moray Press, Edinburgh. Publié en 1921, nouvelle édition en 1938.
  • (en) Philip Warner - Famous Scottish Battles, Leo Cooper, South Yorkshire, (ISBN 0850524873). Publié en 1975, nouvelle édition en 1996.