Caracole (militaire)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La caracole est une tactique de cavalerie apparue dans la deuxième moitié du XVIe siècle, utilisée par les reîtres allemands, et utilisée jusqu’au XVIIIe siècle.

Depuis la fin du XVe siècle, l'infanterie organisée en corps tactiques parfaitement disciplinés a repris la prépondérance des champs de bataille qu'elle avait perdu depuis la fin de l'Empire romain (bataille d'Andrinople). Fantassins suisses, puis lansquenets allemands et tercios espagnols se regroupent en carrés massifs, hérissés de longues piques, abritant des arbalétriers puis des arquebusiers, capable de briser la traditionnelle charge de cavalerie lourde. Loin de rester défensif, ce dispositif monte volontiers à l'assaut, que ce soit d'une autre infanterie, de positions retranchées ou même de cavalerie lourde comme lors de la bataille décisive de Morat (Murten). Pour faire face à cette situation, les reîtres inventent le corps tactique discipliné et organisé de cavalerie, l’usage de l’arme à feu permettant une nouvelle tactique de combat. La tactique de la caracole est mise au point pour tenir compte de ces contraintes et de ces possibilités. Il s'agit de refuser le contact direct et de créer un feu roulant mobile contre les carrés massifs d'infanterie en profitant de la rapidité d'exécution propre à la cavalerie  : les cuirassiers sont disposés sur plusieurs rangs ; le premier rang, arrivé à portée de tir, tourne à gauche et fait feu sur l’ennemi, puis se replie derrière en dernier rang pour recharger. Les rangs suivants font de même[1].

Polémique sur l'allure de la caracole.

Pendant trois siècles, il a été admis que la caracole était une charge (pas, puis trot, puis petit galop) en rang, une demi volte à la même allure à quelques mètres de l'infanterie adverse, suivie immédiatement d'un ou deux tirs, puis un retour en colonne au grand galop avec rechargement des pistolets lors de l'attente du nouveau tour de charge. On imagine aisément le niveau d'excellence technique et disciplinaire que réclament une telle méthode. En 2007, Frédéric Chauviré, affirme que la caracole s'effectuait au pas du fait de la difficulté à viser au galop, ce qui semble sujet à caution[réf. nécessaire]. En effet, de tous temps, les cavaliers ont réussi à allier vitesse et précision. Des cavaliers-archers parthes, mongols, arabes, japonais qui tiraient au grand galop, voire de dos, avec une précision remarquable, aux chevaliers médiévaux capables de viser un heaume au galop avec une lance de plusieurs mètres, jusqu'aux hussards et cosaques, capables de sabrer des fruits placés sur une file de poteaux, les cavaliers ont toujours résolu ce problème. Même de nos jours, pour la monte de travail, le cavalier, cow-boy, gardian camarguais, vaquero andalou ou gaucho sud-américain doit être capable de manier pique, trident ou lasso avec une précision parfaite à toutes les allures.

Par ailleurs, une charge au pas, non-sens pour un cavalier, aurait annihilé tous les avantages de rapidité cités plus haut[réf. nécessaire]. Quant au trot, il s'agit de l'allure la plus éprouvante et la moins propice à tout travail de précision. De plus, une précision parfaite n'étant pas requise, les tirs se produisant à moins de dix mètres et la cible étant un mur compact de fantassins entassés jusqu'à 25 rangs de suite, n'importe quel tir au jugé devenait efficace si tant est qu'il n'était pas dirigé vers le ciel[réf. nécessaire]... Si certains chefs militaires préféraient le trot rapide pour la charge directe eu égard à une suspicion de couardise envers leurs hommes et une volonté de contrôle sur l'engagement réel de ceux-ci, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agissait là d'une généralité[réf. nécessaire]. Et surtout nul part, il n'est fait mention de ceci en ce qui concerne la caracole[réf. nécessaire]. La bibliographie fournie par M. Chauviré lui même, montrant bien qu'on parle à ce moment là des charges de contact.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Chauviré, « Le problème de l’allure dans les charges de cavalerie du XVIe au XVIIIe siècle », Revue historique des armées, 249 | 2007, mis en ligne le 1er août 2008. Consulté le 16 août 2010.



L'Art de La Guerre, F. Ullrich, 1941