Balaklava

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Balaklava
Балаклава
Blason de Balaklava Балаклава
Héraldique
Drapeau de Balaklava Балаклава
Drapeau
Balaklava
Balaklava
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie (de facto)
Drapeau de l'Ukraine Ukraine (de jure)
Municipalité Sébastopol
Démographie
Population 30 000 hab.
Géographie
Coordonnées 44° 30′ 00″ nord, 33° 36′ 00″ est
Altitude 10 m
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Crimée
Voir sur la carte administrative de Crimée
Balaklava
Балаклава

Balaclava ou Balaklava (en ukrainien : Балаклава, en russe : Балаклава, en tatar de Crimée : Balıqlava du turc balık signifiant poisson[1] et yuva signifiant nid[2]) est une ancienne ville de Crimée. Après avoir été le centre administrative du raïon de Balaklava créé en 1930, elle a aujourd'hui le statut de quartier de la ville de Sébastopol, à laquelle elle a été incorporée en 1957 par le gouvernement soviétique.

Histoire

Balaklava changea plusieurs fois de mains au cours de l'histoire. Un premier établissement fut créé à son emplacement actuel sous le nom de Symbolon (σύμβολον) signifiant jeté ensemble[3] par les anciens Grecs, Portus symbolorum pour les latins, pour qui c'était une importante ville commerciale. Au Moyen Âge, elle était contrôlée par l'Empire byzantin, puis par les Génois, qui s'en emparèrent en 1365. La ville était nommée Yamboli par les Byzantins tandis que les Génois l'appelaient Cembalo. Les Génois construisirent un grand empire commercial qui s'étendait à la fois sur la Méditerranée et la mer Noire. Ils achetaient des esclaves en Europe de l'Est et les transportaient par voie maritime en Égypte en passant par la Crimée; c'était un marché lucratif vivement contesté par les Vénitiens. On pense que c'est par un navire revenant à Gênes, depuis Balaklava (ou Kaffa, selon certaines chroniques) que la peste noire arriva en Europe au milieu du XIVe siècle. Les ruines d'une forteresse génoise, bâtie au sommet d'une falaise qui domine l'entrée de la crique de Balaklava sont devenues une attraction touristique populaire et le site d'un festival médiéval. La forteresse est aussi un sujet utilisé par Mickiewicz, dans l'avant-dernier poème de son cycle Sonnets de Crimée (1825).

Ruines de la forteresse gênoise.

En 1475, l'Empire ottoman en pleine expansion prit possession de Balaklava, la renommant Balıklava ("nid à poissons" en turc), nom qui a évolué au fil du temps jusqu'à sa forme actuelle. Au cours de la guerre russo-turque de 1768-1774, les troupes russes conquirent la Crimée en 1771. Treize ans plus tard, la Crimée fut définitivement annexée par l'Empire russe. Les Tatars de Crimée et la population turque furent ensuite remplacés par les Grecs de l'Archipel. En 1787, la ville reçut la visite de Catherine la Grande.

La ville est devenue célèbre en raison de la bataille de Balaklava qui s'y déroula le 25 octobre 1854, pendant la guerre de Crimée, et fut marquée par la charge suicidaire de la brigade légère. Cette charge de la cavalerie britannique, due à un malentendu, remonta une vallée fermement tenue sur trois côtés par les Russes ; environ 250 hommes furent tués ou blessés ainsi que plus de 400 chevaux. Elle eut pour effet de réduire des deux tiers l'une des plus belles unités de cavalerie légère du monde sans aucun objectif militaire. Le poète britannique Alfred Tennyson immortalisa cette bataille dans un poème. La balaclava, un vêtement tricoté serré qui couvrait toute la tête et le cou avec des trous pour les yeux et la bouche, tire son nom de cette bataille, dans laquelle les soldats furent les premiers à le porter.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Balaklava fut le point le plus méridional atteint par l'armée allemande en territoire soviétique. Comme l'ensemble de la Crimée, Balaklava, fut transférée en 1954 de la Russie à l'Ukraine. Elle fait partie de l'Ukraine indépendante depuis 1991. Plus de cinquante monuments sont dédiés à la mémoire des militaires des guerres passées, y compris la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Crimée et la guerre civile russe.

Vue panoramique de la baie de Balaklava

Voir aussi

  • Balaclava (synonyme de cagoule) en référence à son usage, pour se protéger du froid, dans la ville de Balaklava par les troupes britanniques durant la guerre de Crimée.

Notes et références

  1. (fr)/(tr) « Türkçe Fransızca Sözlük, entrée balık » (consulté le )
  2. (fr)/(tr)« Türkçe Fransızca Sözlük, entrée yuva » (consulté le )
  3. « Le Trésor de la Langue Française informatisé, entrée symbole » (consulté le ) : « du grec σύμβολον « signe de reconnaissance (objet coupé en deux, dont deux personnes conservaient chacune la moitié), jeton; signe d'une convention, signe de ralliement; emblème, symbole; convention », dér. de συμβάλλω trans. « jeter ensemble, mettre ensemble, réunir » intrans. « se rencontrer avec (quelqu'un) ». »

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