Baignade biologique

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Exemple d'une piscine biologique.

Une baignade biologique est un type de bassin fonctionnant sur le principe du lagunage fondé sur la filtration de l’eau par les plantes aquatiques et divers organismes naturels. Selon l'AFNOR, ce type de bassins n'est pas considéré comme une piscine.

L'eau peut être une eau pluviale récupérée et/ou d'eau issue de pompage ou de rivière, ce qui selon les pays nécessite diverses autorisations ou précautions.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Selon sa taille, sa forme, son objectif premier et son principe de fonctionnement, la piscine biologique a de nombreuses dénominations :

  • piscine naturelle ;
  • bio-piscine
  • piscine écologique ;
  • bassin biologique, bassin écologique ;
  • bassin de baignade naturel
  • baignade naturelle ;
  • étang de baignade ;
  • piscine vivante ;

etc…

Par contre aucune de ces appellations n'est correcte, la norme AFNOR Terminologie piscines a retenu le terme de « baignade artificielle » pour éviter la confusion avec les piscines dont l'eau doit être désinfectée et désinfectante (ce qui détruirait les plantes utilisées dans la filtration de ce type de bassins). Ce terme a aussi été repris par l'AFFSET (englobé au sein de l'ANSES) dans ses différentes études sur le sujet.

Origines[modifier | modifier le code]

Le concept simple de la piscine naturelle est utilisé en Australie depuis de nombreuses années, on l'appelle toujours par son nom commun dam (petit étang creusé à l'origine pour abreuver les animaux des fermes).

Les mentalités évoluent depuis les années 1990 à cause du réchauffement climatique et la recherche a développé ce nouveau procédé de piscine naturelle vivante qui invite la nature à reprendre ses droits.

En Europe, l'Autriche, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, n'ont pas hésité à sauter les premiers dans la vague du développement durable et du jardin aquatique.

Principe[modifier | modifier le code]

Schéma démontrant le principe d'une piscine biologique.

Le milieu naturel, lorsqu'il n'est pas trop pollué, s'auto-épure constamment, grâce notamment à l'action naturelle des micro-organismes et de la flore qui y vivent.

Les baignades naturelles fonctionnent sur ce même principe. Elles sont composées de trois zones différentes :

  • Une zone centrale de baignade (bassin de natation représentant un tiers de la surface totale) ;
  • Une zone périphérique, moins profonde où des plantes aquatiques régénèrent l'eau qui peut aussi légèrement s'y réchauffer ;
  • Une zone d’oxygénation et désinfection (plantes oxygénantes ou chute ou lame d’eau, exposition de l'eau aux UV naturels).

Le développement d'un véritable écosystème « faune/flore » favorise la qualité et l'équilibre de l'eau grâce à la technique du lagunage. Le biotope est constitué essentiellement de plantes aquatiques macrophytes épuratrices (joncs, phragmites, iris...), mais aussi décoratives (papyrus, nénuphars, menthes, lotus...).

L’eau circule lentement entre les trois zones grâce à une petite pompe puis par gravité.
La zone végétalisée fonctionne sur le principe du marais filtrant et du lagunage naturel. Elle est appelée également « bassin de régénération ». Les plantes et leurs organismes symbiotes se chargent du nettoyage des polluants minéraux ou biologiques qui peuvent se trouver dans l’eau.

Le concept fait généralement appel à une approche écopaysagère nouvelle, le bassin ayant à prendre en compte l'environnement local (les plantes et organismes devant être adaptées à l'altitude, le pH naturel de l'eau, la température hivernale, l'ensoleillement, etc.)

Il est souvent possible de transformer une piscine classique en bassin naturel, comme à Marsac dans la Creuse[1]. Un espace supplémentaire est alors nécessaire pour le lagunage de l'eau.

Avantages[modifier | modifier le code]

La baignade biologique ne nécessite aucune substance chimique (pas de chlore en particulier), ce qui permet la coexistence d'organismes utiles tels que grenouilles, libellules et petits poissons comme le hotu ou le goujon (très sensible à la pollution) qui pourront vivre dans le volume d'eau, y consommer les algues vertes et les éventuelles larves de moustiques.

Une fois installée, la baignade naturelle a beaucoup d'avantages par rapport aux piscines conventionnelles. Son entretien, une fois par an pour un nettoyage en profondeur du bassin est moins fastidieux et représente peu ou pas de coût supplémentaires. La baignade biologique n'a rien à envier aux piscine chlorées ; permettant une meilleure intégration paysagère. De plus, les piscines classiques sont l'objet de taxe mais pas les « bassins biologiques »[2].

Il s'agit d'une vraie alternative biologique et durable à la piscine traditionnelle.

Si la surface est assez grande, que le bassin n'est qu'exceptionnellement fréquenté par des canards, cygnes ou oies, les ultraviolets solaires et le dioxygène natif produit par le phytoplancton et certaines plantes aquatiques immergées contribuent à désinfecter l'eau et le biofilm qui s'y forme en permanence. Certains conseillent le cas échéant (par exemple si l'eau paraît "sale" ou que le bassin est très fréquenté) de compléter la désinfection naturelle, avec un réacteur UV-C qui va désinfecter l'eau et la débarrasser des algues, virus et champignons mais d'autres considèrent que les UV solaires suffisent et que c'est l'équilibre biologique du biotope qui assure la propreté de l'eau. Les UV dégradent aussi les « bonnes » bactéries.

Les baignades naturelles ne sont généralement pas chauffées ou ne le sont que légèrement en utilisant le soleil.En effet , une simple élévation de la température de 2°C multiplie par quatre la présence des bactéries rendant vite le bassin de baignade impropre à son utilisation.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

L’évaporation de l’eau y est beaucoup plus importante. La surface additionnelle pour la régénération et l’oxygénation devant être du même ordre que la surface de baignade, la surface totale est doublée et l’évaporation est donc double. De plus, la cascade d’aération obligatoire est aussi cause d’évaporation. Enfin, contrairement aux piscines classiques, il est impossible de bâcher les bassins d’où une évaporation permanente. De ce fait, les baignades biologiques ont une consommation d’eau beaucoup plus importante d’autant plus qu’il est généralement recommandé de ne pas laisser le niveau de la piscine biologique baisser. Il est raisonnable de compter sur une surconsommation de 50 m3 d’eau par an (ce volume varie évidemment en fonction des paramètres propres à chaque piscine)[3].

Le principe de la baignade biologique impose une circulation continue de l’eau pour une bonne régénération ; une cascade est souvent présente sur le parcours de l'eau pour l'oxygénation de cette dernière. Il faut donc que la pompe électrique fonctionne en continu, contrairement aux piscines classiques où la pompe ne fonctionne que partiellement. Ceci provoque une consommation d’électricité beaucoup plus importante. Cette surconsommation peut être estimée à 5 000 kWh chaque année (8 000 heures à 0,6 kW).

Du fait de sa consommation plus importante d’eau et d’électricité, la piscine biologique ne doit pas être qualifiée d’écologique.

L’utilisation des crèmes solaires chimiques y est fortement déconseillée par tous les fournisseurs de piscines biologiques. Il faut donc ne pas en mettre et courir les risques d'attraper un coup de soleil et à terme risquer de développer un mélanome si l'on s'y baigne souvent. Ou imposer de prendre une douche avant chaque baignade, ce qui augmente encore la consommation d’eau. Les crèmes solaires minérales n'ont pas d'impact révélé sur le fonctionnement des baignades biologiques.

Pour éviter la prolifération des algues, il est préférable que la zone de végétation ne soit pas exposée en plein soleil mais dans une zone ombragée[4]. Il faut de plus limiter la chute des feuilles, dont l'accumulation amène l'eutrophisation du milieu. Il est donc important d'inclure ce critère lors du choix des plantes environnantes[5]. Dans certain cas, la pose de filets s’impose[6].

La température de l’eau ne doit pas dépasser les 24°C sous peine d’être envahie de bactéries[7].

La piscine municipale de Combloux est un test grandeur nature de ce type de baignade . Durant l’été 2009, les conditions climatiques ont conduit à une élévation de l’eau jusqu’à 26°C. Une colonie de staphylocoques dorés s’y est développée, entraînant l’obligation de la fermeture de la baignade [8],[9]. Pour pallier le problème d’élévation de température et pour anticiper ce genre de prolifération, le service technique est contraint de renouveler en partie l’eau des bassins de manière régulière.
Le volume total du bassin étant de 3 200 m3, un rapide calcul indique qu’il faut remplacer 640 m3 de l’eau à 26°C par de l’eau potable à 10°C pour ramener la température de l’eau de baignade à 24°C. Il n’est nulle part fait mention de la quantité d’eau polluée par les staphylocoques qu’il a fallu purger pour retourner à une situation saine.
Quant au coût d’entretien de la baignade de Combloux, les services techniques indiquent qu'il est plus important que pour une piscine traditionnelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Piscine naturelle de Marsac (Creuse) construite sur le site existant de la piscine publique.
  2. L'Internaute
  3. Calcul de l'évaporation des piscines. Sur www.thermexcel.com.
  4. Entretien et coût de la piscine naturelle. Sur information-piscine.com.
  5. Léopold Franck, Les baignades biologiques - Principes de fonctionnement et de construction. Ed. Groupe Media Franck sprl, 2006, p. 28-30. ISBN2-930450-02-9.
  6. Installation d’un filet pour protéger les bassins des feuilles. Sur piscines-ecologiques.net.
  7. Les inconvénients de ces piscines, température maximum. Sur maison-ecobio.com.
  8. Fermeture de la piscine de Combloux. Sur ouest-france.fr.
  9. Fermeture de la piscine de Combloux. Sur leprogres.fr.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]