Les Quatre Barbus

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Les Quatre Barbus était un groupe vocal français de quatre chanteurs portant la barbe (éventuellement fausse), fondé en 1938, qui connut son plus grand succès dans les cabarets parisiens des années 1950 puis, par le disque, dans les années 1960. Le groupe a fait ses adieux en 1969[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1938[2], Jacques Trisch, étudiant en lettres et trois élèves des Beaux-Arts rencontrés dans un camp de vacances forment un groupe vocal avec pour ambition d'animer fêtes de la jeunesse et camps de vacances dans un esprit très « Front populaire ». Le groupe s'appelle « Quatuor vocal des Compagnons de Route ». Au printemps 1939, ils sont engagés par Agnès Capri dans son cabaret (Chez Agnès Capri, 5, rue Molière) et enregistrent un disque. Le groupe est partiellement dispersé par la Seconde Guerre mondiale ; il demeure Jacques Trisch (basse) et Marcel Quinton (baryton). En 1942 se joint à eux Pierre Jamet (ténor), ancien Éclaireur de France, fondateur de la chorale des Auberges de Jeunesse et proche de Jacques Prévert. Il manque au groupe une quatrième voix, celle de contre-ténor ; l'emploi sera tenu brièvement par Raymond Leibowitch (professeur de stomatologie), André Schlesser, Jean-Marie Périsson (chef d'orchestre à l'Opéra de Paris), Michel Hamel (ténor professionnel) ; enfin, en 1949, Georges Thibaut (Maître de Chapelle de Saint-Germain-des-Prés) rejoint le groupe et y demeurera jusqu'aux adieux de 1969.

Dès la Libération, le groupe avait monté un spectacle musical, « Le Gueux au Paradis » qui avait obtenu un bon succès. Louis Jouvet les applaudit : « Avec les Compagnons de Route, la chanson française retrouve son accent d'origine… » ; Darius Milhaud reconnaît leur talent : « Un voyage à travers le folklore avec les Compagnons de Route nous permet d'apprécier les qualités musicales de ce jeune groupement plein d'entrain et de vie. » À partir de 1947 se succèdent les saisons dans les meilleurs cabarets et les tournées internationales. Ils enregistrent chez Polydor puis Philips ; pour ses premiers enregistrements d'après-guerre, le groupe a pris pour nom « Les Quatre Barbus de la radio », mais il le simplifie rapidement pour s'appeler simplement, à partir de 1949, « Les Quatre Barbus ».

C'est à cette époque que se fixe leur style scénique : une tenue simple avec un blouson sur un maillot de marin, un chapeau (de style varié selon les spectacles et les années) et surtout une barbe (parfois vraie mais souvent fausse). La mise en scène est des plus simples, l'accent étant surtout porté sur l'interprétation musicale. Leur style les rapproche des Frères Jacques.

Au cours des vingt ans qui suivront, ils enregistreront une trentaine d'albums et autant de 45 tours. Leur répertoire est d'un grand éclectisme : chansons pour enfants, chansons populaires, chansons dans la veine des cabarets des années 1950 (Jean Villard, Brassens, Boris Vian, Pierre Dac et Francis Blanche), chansons paillardes (très édulcorées dans les versions enregistrées) et même un album de chansons anarchistes en 1969.

Composition[modifier | modifier le code]

Répertoire[modifier | modifier le code]

Les Quatre Barbus doivent à leurs origines dans la mouvance « Boy scouts » et « Éclaireurs » un répertoire abondant de chansons traditionnelles françaises, de chants de marins, d'airs estudiantins plus ou moins paillards ; ils enregistrent aussi un album de chansons anarchistes ainsi qu'un nombre important de chansons enfantines.

À leur succès dans les cabarets parisiens, on doit également un large choix d'enregistrements dans le style de la « chanson rive gauche ».

Par delà les années, leur renommée reste attachée aux enregistrements parodiques d'airs classiques fameux sur lesquels Pierre Dac et Francis Blanche ont plaqué des paroles saugrenues. On rappellera entre autres :

Discographie[modifier | modifier le code]

La discographie des Quatre barbus est très vaste, et enregistrée par plusieurs maisons de disques. En dehors du double CD de compilation paru en 1997 chez Rym Musique et de l'album Chansons anarchistes, rien n'a été réédité en CD.

  • Abécédaire musical (avec Lucienne Vernay) (Philips, 25 cm)[3]
  • À La Mouffe (enregistrement public, 2 × 25 cm) ;
  • Chansons à Boire (25 cm) ;
  • Chansons de Marche, Chansons d'Étape (avec la Chorale Fédérale du Scoutisme Français) (25 cm Philips P 76155 R) ;
  • Rondes et chansons de France (avec Lucienne Vernay) (3 × 25 cm Philips 76.111 R, 76 112 R et E1R 0048) & super 45T chez Philips n° E1E 09.100 en 1958 (face A1 : Frère Jacques - A2 : Maman les petits bateaux - A3 : Jean de la lune - A4 : À la volette) (face B1 : Le roi Dagobert - B2 : Légende de Saint-Nicolas - B3 : Belle rose - B4 : À la claire fontaine) ;
  • Chansons Anarchistes (30 cm S.E.R.P. HF 20), 1969, notice  ;
  • Chants de galères, bagnes et prisons (30 cm Barclay 80.276 S) ;
  • Chansons gaillardes (Philips, 25 cm) ;
  • La pince à linge (1997, double CD compilation ; Rym Musique, diffusion PolyGram ; EAN13 3259119178521).

On trouvera également quelques chansons paillardes dans le double CD L'Art paillard chez Rym Music paru en 1997.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livret de présentation du double album CD : Les Quatre Barbus, « La pince à linge » ; Rym Musique, 1997, Distribution PolyGram ; EAN13 3259119178521.
  2. Les informations ci-après sont, pour l'essentiel, issues du texte de Jean Weber publié dans le livret de la compilation « in memoriam » sur CD parue en 1997 (voir discographie).
  3. « L’abécédaire musical sur Youtube » (consulté le 3 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]