Auguste Bigand

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Tête de vieille femme
par Auguste Bigand

Auguste Bigand, né à Champlan le 3 juin 1803 et mort à Versailles en 1876, fils de Pierre-Louis Bigand et de Marie-Sophie d'Alban, est un peintre d'histoire, de compositions religieuses et de portraits. Élève de Louis Hersent, il expose pour la première fois au salon de 1834.

Il fut très lié à la ville d'Avignon, et fit de nombreux dons au musée Calvet de cette ville, dont une miniature des traits de sa mère réalisée par Jean-Jacques Karpff, dit Casimir, en 1871, ainsi qu'un buste en plâtre de lui-même réalisé par Dantan le jeune en 1831.

Biographie[modifier | modifier le code]

Auguste Bigand est né en 1803 dans l'ancien département de la Seine-et-Oise à Champlan (commune de l'actuelle Essonne, sise à 21 km de Versailles entre Massy et Longjumeau). Il entra à l'École des Beaux-Arts en 1822, fut élève de Pierre Guérin puis de Hersent. Notons qu'en 1827, sous la direction de Blondel, il a participé à l'exécution d'un grand plafond du Louvre. L'année suivante, désireux de se parfaire dans l'art, il se rendit en Italie comme de nombreux artistes avant lui. Dans la ville éternelle, il allait retrouver Pierre Guérin, qui était alors directeur de l'École de France à Rome. Une lettre de recommandation d'Hersent est assez flatteuse à son égard. À partir de 1834, il exposa aux Salons des tableaux religieux et des portraits. Très lié à Esprit Requien, célèbre botaniste avignonnais, il s'intégra à la vie locale de la cité des papes, fut admis au sein de la Société savante l'Athénée de Vaucluse et reçut de nombreuses commandes de portraits des célébrités provençales du conseil général de Vaucluse. Cependant, il résidait le plus souvent à Versailles au no 93 de l'avenue de Saint-Cloud. Élu conseiller municipal en 1843, réélu par la suite, il démissionna de ce mandat en 1855. Capitaine de la garde nationale, il fit preuve d'un certain courage sous les ordres de son confrère et ami Horace Vernet. D'autre part, il fut un des maîtres du peintre Charles Émile Lambinet. Ce nom nous est familier grâce au musée versaillais qui porte ce patronyme en souvenir d'un cousin de ce peintre (notons en aparté que cet artiste est cité par Eugène Labiche dans la pièce La Poudre aux yeux, où le père de la fiancée prétend qu'un tableau de Lambinet fut peint par sa fille).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Portrait d'Esprit Requien (1788 1851)

Signé et daté 1832; inscrit: Pro Amico suo faciebat Auguste Bigand avenione Musée Calvet Avignon

  • Ce Portrait d'Esprit Requien, sans condescendance pour l'aspect physique du modèle, est sans doute l'œuvre qui maintiendra Bigand dans la mémoire des érudits : il est toujours plaisant de connaître les traits d'une personnalité, et la renommée de Requien dans un autre domaine que l'art pictural rejaillit sur Bigand.

Célèbre naturaliste du XIXe siècle, Esprit Requien est le plus illustre scientifique avignonnais. Issu d'une vieille famille de la bourgeoisie, il se consacre à la botanique. Il réalise le premier relevé de l'étagement du Mont Ventoux, et le premier inventaire botanique de la Corse, il s'occupe très activement du Jardin Botanique d'Avignon et constitue un herbier qui légué à la ville d'Avignon demeure aujourd'hui une référence (il est considéré comme le cinquième de France). Comme sa table était excellente, ses dîners du dimanche avaient un succès mondain, y participaient, entre autres, les peintre Horace Vernet, Paul Delaroche, le compositeur Litz et Prosper Mérimée. La correspondance entretenue entre Requien et Mérimée, tous deux inspecteurs des Travaux historiques est restée célèbre, publiée dans la Revue de Paris, on y apprend que ses deux amis se révoltèrent contre le projet d'un ingénieur : il s'agissait de faire passer une voie de chemin de fer sur les remparts d'Avignon !

C'est sans doute grâce au peintre Horace Vernet dont la famille était installée à Avignon depuis fort longtemps que Bigand et Requien entrèrent en relation. Les collections d'histoire naturelle léguées par Requien à la ville d'Avignon constituent la plus grande part de l'actuel musée Requien qui, fort actif, sont une des nombreuses richesses culturelles de cette cité.

  • Michel-Ange Caravage dans son atelier

Huile sur toile signée et datée 1835 Musée Calvet Avignon.

  • Bigand se serait représenté sous les traits du célèbre peintre italien du XVIIe siècle Le Caravage. Cette comparaison flatteuse est typique de la peinture du XIXe siècle qui vénère le passé et aime à s'imaginer les grands créateurs dans la solitude de leur atelier, Bigand montre ici une légèreté dans l'iconographie qui peut faire sourire, en effet il montre Le Caravage un porte-crayon à la main. Or selon l'esthétique caravagesque le dessin est proscrit comme instrument de travail. Il faut d'un seul jet composer sans aide préalable. Néanmoins nous apprécions de découvrir ses traits dans le fatras d'un atelier d'artiste. Vêtu d'une sorte d'habit monastique les manches et les mollets nus un pied chaussé, l'autre non, Le Caravage nous dévisage de façon peu amène, fidèle à son caractère rude. Une tête de mort forme une compagnie bien sérieuse à cet artiste, tandis qu'un ange, près d'un rapière, tient une croix. Au sol une cruche de terre contient des pinceaux.
  • Les Derniers instants de Néron

Huile sur toile Salon de 1845 Collection particulière

« Eh quoi ! c'est là un tableau de M. Bigand ! Nous l'avons bien longtemps cherché. - M. Bigand le coloriste a fait un tableau tout brun- qui a l'air d'un conciliabule de gros sauvages. » Ce commentaire un peu caustique nous apprend que Baudelaire semble connaître Bigand puisque d'une part il aurait longtemps cherché son tableau et d'autre part qu'il le cite comme M. Bigand le coloriste., Baudelaire à l'air ainsi de regretter ce camaïeu de brun, alors qu'il paraît se souvenir qu'il utilise à bon escient la couleur. Il est exact que le tableau est bien brun, mais on appréciera la trouvaille des personnages au premier plan creusant la tombe à moitié dedans, ces figures forment ainsi repoussoir pour la scène principale ou le tyran apprécie le tranchant d'un poignard. La lumière provient d'une lampe placée juste derrière l'un des fossoyeurs, les détails : casques, tissus, coupe de fruits, sont bien rendus et les attitudes sont assez souples pour une composition à neuf figures, certaines un peu difficiles à discerner cependant.

Bigand, sans avoir révolutionné la peinture, est un habile praticien, dans les limites de ses talents. S'il a abordé le portrait mondain et le portrait historique, la nature morte et les sujets de genre ; il semble cependant avoir eu un certain succès auprès d'une clientèle ecclésiastique. En effet, nombre de ses sujets religieux exposés aux Salons y sont signalés comme vendus. Ceci prouve que plusieurs institutions religieuses, églises, chapelles ou couvents doivent encore s'orner de tableaux de Bigand. Où donc est le tableau du salon de 1844 : Saint Théodore et Saint Didyme ? Cette politique d'acquisition d'œuvres sacrées est à mettre en rapport avec l'attitude bienveillante des autorités civiles de l'époque où Bigand exposa de 1834 à 1868, en somme de la Monarchie de Juillet au Second Empire.

Envois aux Salons[modifier | modifier le code]

  • 1834, no 133, *Étude de vieillard.
  • 1837, (comme Gustave Bigand), no 125 Job sur son fumier, no 126 *Michel-Ange de Caravage, no 127, Portrait de M. Mathieu, maître de chapelle, no 128, Portrait d'homme.
  • 1838 (pas de prénom), no 100, Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, no 103, Portraits d'enfants.
  • 1839, no 175, Saint Germain, no 176, Saint Symphorien, no 177, David vainqueur de Goliath (musée d'Avignon), no 178, Tête de Silène, no 179, Tête de saint Paul, no 180, Tête de Lazare, no 181, Portrait de Mme la marquise de C..., no 183 Portrait de M. B....
  • 1840, no 100, Saint François de Sales, évêque et prince de Genève, no 101, *Judith. no 102, *Tête d'étude de vieillard, no 103, Portrait d'enfant.
  • 1841, no 152, Saint Paul l'hermite refuse la visite de saint Antoine le solitaire, no 153, Un capucin lisant, no 154, Trois tête d'étude.
  • 1842, no 142, *Mort de saint Jérôme, no 143 *Mort de saint Paul l'hermite, no 144, *Tête de vieillard, no 145, *Tête de jeune homme.
  • 1843, no 9 Saint Antoine, no 9 Faust, no 9 Un Aveugle (musée d'Avignon).
  • 1844, no 130, Saint Théodore et Saint Didyme.
  • 1845, no 140, Les derniers instants de Néron.
  • 1846, no 152, *La dernière nuit de Néron, no 153, Portrait de M. ***.
  • 1847, no 143, Saint Martin donnant la moitié de son manteau à un pauvre.
  • 1848, no 367, Études, no 368, Jeunes filles revenant de la ville, no 369, Trois tableaux de nature morte, no 370, Portrait.
  • 1851, n° La Charité (musée d'Avignon).
  • 1865, n° Saint Vincent diacre et martyr, n° Fuite de Néron.
  • 1866, no 165, Saint Antoine dans le désert, no 166, Bélisaire et son guide.
  • 1867, no 143, Saint Symphorien.
  • 1868, no 244, Le transi de Saint-Martial (la statue qui porte ce nom légendaire recouvrait le tombeau du cardinal Jean de La Grange, dans l'église des Bénédictins d'Avignon).

Œuvres conservées au musée Calvet à Avignon[modifier | modifier le code]

Le Caravage dans son atelier

(Toutes ces œuvres sont des huiles sur toile).

  • Jeune Romaine, 0,42 × 0,32, signée et datée 1829 en bas à droite. Legs Requien.
  • Michel-Ange Caravage dans son atelier, 0,65 × 0,55, signée et datée 1835. Legs Requien.
  • Faust et Méphistophélès, 1,19 × 0,90. Legs Requien
  • Faust et Méphistophélès, 113,5 × 1,46, signé à droite Bigand. Legs Requien.
  • Bélisaire demandant l’aumône, 1,17 × 0,99. Don de l’auteur en 1843
  • La Charité, 2,50 × 3,90, Salon de 1843.Don de l’auteur en 1851.
  • Judith venant de décapiter Holopherne, 0,26 × 0,95, Legs Requien.
  • Halte de Bohémiens, 1,84 × 2,94, signé et daté A. Bigand en bas au centre. Don de l’auteur en 1861.
  • Portrait de Louis de Perussis, 0,79 × 0,67. Don de l’auteur en 1837.
  • Boudin sous les traits de David vainqueur de Goliath, 0,91 × 0,74. Don de l’auteur en août 1839.
  • Jean de l’Hostel, évêque de Viviers, 0,73 × 0,59, signé et daté en bas à gauche A. Bigand. Legs Requien.
  • Castil Balze, 0,73 × 0,59, signé en bas à gauche A. Bigand. Legs Requien.
  • Le Cardinal Philippe de Cabassole, 1,34 × 1,00, signé et daté en bas à gauche Bigand 1839. Don du Conseil Général du Vaucluse, 1839.
  • Étienne Antoine de Boulogne, 1,33 × 1,01, signé et daté en bas à droite Bigand 1839. Don de M. de Boulogne, neveu du modèle en 1841.
  • Madame Requien, mère d’Esprit Requien, 0,65 × 0,54. Legs Requien.
  • Tête de Silène couronné de lierre, 0,65 × 0,54, signée Bigand. Legs Requien.
  • Autoportrait 0,74 × 0,63, signée en bas à droite A. Bigand.
  • Portrait d’Esprit Requien (1788-1851), ?? × ??, signée, datée et inscrit Pro Amico suofaciebat Auguste Bigand avenione 1832.
    • Les tableaux suivants proviennent du legs Raynolt en 1922,
  • La Charité de saint Laurent d’après Sérodine, 0,56 × 0,43.
  • Les Noces de Cana d’après Strozzi, 0,43 × 0,56.
  • Saint François d’Assise et la Vierge d’après Pierre Parrocel, 0,55 × 0,41.
  • Petit Chevrier et son troupeau (étude), 0,51 × 0,70.
  • Troupeau (étude), 0,51 × 0,70.
  • Berger buvant à une source et troupeau de brebis (étude), 0,51 × 0,70.
  • Berger à cheval conduisant son troupeau (étude), 0,51 × 0,70.
  • Crucifixion de saint Pierre, 0,56 × 0,43.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bellier et Auvray.
  • Philippe Nusbaumer, «Le Saint-Germain d'Auguste Bigand (1803-1875)», Les Annales du Chesnay, no 15, 2001, pages 61–70.
  • Le catalogue de l'exposition tenue à Martigues au musée Ziem: "Notre ami Bigand..." ne concerne pas Auguste Bigand mais Bigand-Kaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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