Grigori Semenov

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Grigori Mikhaïlovitch Semenov
Григорий Михайлович Семёнов
Image illustrative de l'article Grigori Semenov

Naissance 13 septembre 1890
Kouranja
Décès 30 août 1946 (à 55 ans)
Khabarosvsk
Grade Lieutenant-général
Années de service 1908 – 1921
Conflits Première Guerre mondiale, guerre civile russe
Distinctions Ordre de St-Georges IVe classe Ordre de Saint-Georges
Autres fonctions Ataman

Grigori Mikhaïlovitch Semenov ou Semionov (en russe : Григорий Михайлович Семёнов) est né le 13 septembre 1890 à Kouranja (Russie), d'un père russe cosaque et d'une mère bouriate. Il est mort exécuté par pendaison le 30 août 1946 à Khabarovsk.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le 20 décembre 1913 Semenov est affecté au 1er régiment de Nertchinsk et y sert en même temps que son alter ego le général baron Roman von Ungern-Sternberg.

Ataman cosaque d’Extrême-Orient durant la guerre civile russe.

La baron Wrangel, sous les ordres duquel Semenov sert d'abord, le décrira comme « le prototype de militaire d'une valeur inestimable en temps de guerre et impossible en temps de paix ».

Courageux au combat, il parvient à reprendre à l’ennemi, lors de la Première Guerre mondiale le drapeau de son régiment et reçoit en récompense l’ordre de Saint-Georges de 4e classe. Fin 1916 Semenov est transféré sur sa demande du front occidental au front du Caucase.

Révolution et guerre civile russe[modifier | modifier le code]

Il retourne dans son régiment de Nertchinsk en mai 1917, sur le front roumain. En juin 1917, il est chargé par le gouvernement provisoire de Kerensky de former un régiment de mongols et de bouriates en Transbaïkalie.

Ramassis de soldats de fortune, son « Détachement spécial mandchou » (Omo Osobii Manchzhurskii otryad), se fait surtout connaître par les atrocités commises le long du transsibérien oriental et de la ligne des Chemins de fer de Chine orientale, entre son fief de Tchita et la ville mandchoue de Harbin.

En théorie au service des Armées blanches durant la guerre civile russe, Semenov sert surtout ses intérêts personnels et ceux de l'expansionnisme japonais en Asie du nord, sans le patronage duquel il n'aurait ni duré si longtemps ni laissé une empreinte si significative dans l'histoire de la guerre civile russe.

Il ne reconnaît jamais vraiment l'autorité du commandant suprême des blancs l’amiral Koltchak, et contribue significativement à la défaite des blancs face aux rouges, en interférant en permanence sur la continuité et la sécurité du transsibérien, privant le front blanc du Caucase de l'approvisionnement militaire que lui envoient les alliés depuis le port de Vladivostok.

Semenov se définit essentiellement comme un seigneur de la guerre cosaque à la tête d'un système de crime organisé, aux positions politiques opportunistes. Il fait de Harbin, sorte enclave russe en Chine du nord et quartier général du Chemin de fer de Chine orientale, la gomorrhe de l'eurasie et de Tchita, autre ville qu'il tient, le saint des saints des cliques les plus réactionnaires du continent.

Il proclame le 4 mai 1918 à Harbin le gouvernement autonome de Transbaïkalie, qui ne répond qu'à lui-même.

Partageant avec Ungern-Sternberg un goût du lamaïsme et de la Mongolie, il tente en vain avec ce dernier, en août 1919, une expédition en vue de la création d'un empire pan mongol contre les chinois.

La débandade des Armées blanches et l'arrestation en janvier 1920 du leader des blancs l'amiral Koltchak firent de facto de Semenov le dernier espoir des blancs, au grand dam des alliés. En novembre 1920, les unités de l'Armée rouge expulsèrent l'armée de Semenov de la région du lac Baïkal. Retiré dans la région du Primorie il tenta de continuer la lutte, mais fut finalement forcé de s'exiler en septembre 1921.

Semenov vécut alors en Corée, au Japon et dans la Chine du Nord. En Février 1922 il quitte l'Asie en espérant gagner la France via l’Amérique du nord. Le 6 avril 22, au terme d'une traversée déshonorante du continent où sa réputation de criminel l'a précédé, il parvient jusqu'à New York d'où il doit repartir vers l'ouest. Dès lors une escouade d'assassins rouges ne le lâchera plus. Mais paradoxalement Semenov sera l'un des leaders blancs à échapper le plus longtemps à la vengeance des rouges. Le 18 juin 1922 il s'embarque à Vancouver pour Yokohama puis s'établit à Dairen, une enclave japonaise en Chine du nord. De là il assure le service de renseignements pour ses patrons japonais, dans le cadre de la mise en place par ces derniers de l'état fantoche du Mandchoukouo.

En avril 1946, il est capturé par l'armée soviétique en Mandchourie, condamné à mort et exécuté par pendaison le 30 août 1946.