Algoneurodystrophie

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Algoneurodystrophie
Classification et ressources externes
CIM-10 M89.0
CIM-9 733.7
DiseasesDB 12635
MeSH D012019
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L’algoneurodystrophie ou algodystrophie (syndrome régional douloureux complexe (SRDC) de type I ou de type II) est un syndrome douloureux caractérisé par un ensemble de symptômes touchant une extrémité après un traumatisme ou une intervention chirurgicale même minime. Ce syndrome pourrait être dû à des causes neurologiques, notamment une dysfonction des fibres de petit calibre des nerfs périphériques - qui protègent des stimulations douloureuses et thermiques et/ou de grand calibre qui détectent les stimulations tactiles.

Syndromes similaires[modifier | modifier le code]

C'est une maladie que l'on trouve sous plusieurs noms[1] :

  • syndrome de Sudeck-Leriche ou maladie de Sudeck (1866-1945) qui le premier l'a décrite ;
  • causalgie, décrite par Weir Mitchell en 1872 (traduction française en 1874) dans le cadre de certaines lésions nerveuses périphériques ;
  • syndrome épaule-main ;
  • ostéoporose douloureuse post-traumatique ;
  • dystrophie sympathique réflexe ;
  • syndrome loco-régional douloureux complexe (SRDC) ou en anglais : Complex regional pain syndrome, CRPS (Bruehl et al. 1999)

Des types I et II sont parfois distingués (type II s'il y a une lésion nerveuse manifeste, comme dans la causalgie)[1],[2].

Définition[modifier | modifier le code]

Personne avec algoneurodystrophie

Le syndrome algodystrophique est un diagnostic d'élimination. Les signes cliniques et les résultats des examens complémentaires ne sont pas spécifiques. Seul un faisceau d'arguments et l'élimination des diagnostics différentiels permet d'aboutir au diagnostic. Une scintigraphie est souvent la meilleure manière de déceler cette pathologie. L’évolution est spontanément favorable dans 90 % des cas, mais peut être prolongée (12 à 24 mois). Plus rarement (5 à 10 % des cas), l’évolution est plus lente avec persistance des douleurs pendant plusieurs années, associée à des troubles trophiques et des rétractions aponévrotiques. L’algodystrophie se rencontre à tout âge chez l’adulte avec une prédominance féminine (3 femmes pour 1 homme). Selon l'ergothérapeute Clément Meallet (1999)[réf. nécessaire], l'algodystrophie peut entrainer certaines formes de raideur articulaires. L’algodystrophie est possible chez l’enfant et l’adolescent mais reste exceptionnelle[réf. souhaitée].

Le syndrome algodystrophique est caractérisé par :

  1. douleur entraînant une impotence ;
  2. troubles trophiques avec des troubles vaso-moteurs (œdème, modification de température et d'aspect de la peau) ;
  3. déminéralisation épiphysaire retardée aux examens radiologiques ;
  4. une migration fréquente vers d'autres localisations ;
  5. une évolution lentement régressive, et le plus souvent sans séquelle ;
  6. peut revenir des années plus tard au même endroit ou ailleurs ;

Depuis 1999, le syndrome douloureux régional complexe (SDRC, Complex Regional Pain Syndrome, CRPS) est un syndrome douloureux très précisément défini[3]. Certaines algodystrophies sont des SDRC, d'autres pas [4].

Traitement[modifier | modifier le code]

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Il n'existe pas de traitement curatif de cette affection ; seule la calcitonine (qui est une hormone) semblait avoir démontré une certaine efficacité. Cependant, depuis avril 2005 celle-ci a perdu l'AMM en France dans cette indication et il n'existe plus de thérapeutique spécifique. L'algoneurodystrophie est souvent mal diagnostiquée, une scintigraphie osseuse donne la possibilité de diagnostiquer la maladie. Prise très tôt (souvent rare) la silice donne de bons résultats, éviter les blocs et autres thérapies douloureuses et souvent inutiles[réf. nécessaire].

Sans la calcitonine, les rhumatologues n'ont plus aucune autre molécule à prescrire. Ils continuent encore couramment à la donner puisqu'elle semble faire effet dans environ 1/3 des cas. Ils la prescrivent pour "prévention de la décalcification lors de l'immobilisation prolongée", une indication pour laquelle elle a encore une AMM, ce qui revient finalement au même puisque l'algodystrophie entraîne une immobilisation. La calcitonine doit être stoppée au bout de 15 jours en cas d'intolérance ou d'absence d'effet, car lorsqu'elle fonctionne, elle fait effet très rapidement. En cas d'échec de la calcitonine, il reste les bisphosphonates, qui n'ont eux non plus aucune AMM dans l'algodystrophie mais sont néanmoins fréquemment utilisés.

Le traitement symptomatique quant à lui peut comprendre :

Vitamine C[modifier | modifier le code]

Selon certaines études, la vitamine C prise quotidiennement à une dose minimale de 500 mg pourrait diminuer le risque d'apparition de l'algodystrophie dans les fractures du poignet. Dans une étude de Zollinger et al. le fait d'administrer de la vitamine C diminuerait son incidence d'environ 8 points (passant de 10,1 % dans le groupe contrôle à 2,4 % dans le groupe traité)[12]. Les effets indésirables de la vitamine C apparaissent à la dose de 1 gramme par jour. Il y aurait donc un effet bénéfique et une réelle innocuité de cette prophylaxie. Ce résultat reste quand même à prouver dans d'autres études.

Recherche[modifier | modifier le code]

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Les techniques d'investigation de l'algoneurodystrophie sont limitées. Les chercheurs américains du NINDS (National Institute of Neurological Disorders and Stroke) étudient la possibilité d'utiliser chez les patients atteints la microneurographie une technique permettant d'enregistrer et de mesurer directement l'activité neurale des fibres nerveuses par lesquelles se propagent les influx nociceptifs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Anne Barquin, « Progrès récents dans le diagnostic et le traitement du syndrome douloureux régional complexe [News in diagnostic and treatment of complex regional pain syndrome] », Rev. med. suisse, vol. 4, no 162,‎ 18 juin 2008, p. 1518-9 (ISSN 1660-9379, PMID 18649598, lire en ligne)
  2. (en) Critères diagnostiques d'un syndrome douloureux régional complexe de type I et de type II Table I, page 175.
  3. (en) Bruehl S, Harden, RN, Galer, BS. et al. « External validation of IASP criteria for Complex Regional Pain Snydrome and proposed research diagnistic criteria » Pain 1999;81(1-2):147-154. PMID 10353502
  4. Spicher C, Estebe JP, Létourneau E. et al. « Critères diagnostiques du syndrome douloureux régional complexe » Douleur analg 2014;27:62-64. DOI:10.1007/s11724-014-0368-x
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Roberto Perez, Paul Zollinger, Pieter Dijkstra, Ilona Thomassen-Hilgersom, Wouter Zuurmond, Kitty Rosenbrand, Jan Geertzen, « Evidence based guidelines for complex regional pain syndrome type 1 », BMC Neurology, vol. 10, no 1,‎ 31 mars 2010, p. 20 (ISSN 1471-2377, PMID 20356382, DOI 10.1186/1471-2377-10-20, lire en ligne)
  6. Deshayes P, Daragon A, Le Loët X, « L'algodystrophie du membre supérieur [Algodystrophy of the upper extremity] », Phlebologie, vol. 40, no 2,‎ 1987, p. 503-9. (PMID 2886999)
  7. (en) Breger Stanton DE, Lazaro R, Macdermid JC., « A systematic review of the effectiveness of contrast baths », J Hand Ther., vol. 22, no 1,‎ 2009, p. 57-69; quiz 70. (PMID 18945584, DOI 10.1016/j.jht.2008.08.001)
  8. (en) Shearer HM, Trim A. « An unusual presentation and outcome of complex regional pain syndrome: a case report » J Can Chiropr Assoc. 2006 Mar;50(1):20-6. PMID 17549166
  9. (en) Muir JM, Vernon H. « Complex regional pain syndrome and chiropractic » J Manipulative Physiol Ther. 2000 Sep;23(7):490-7. PMID 11004654
  10. Spicher C, Quintal I La méthode de rééducation sensitive de la douleur. Montpellier, Paris : Sauramps Médical, 2013.(ISBN 978 2 84023 861 4)
  11. Quintal I, Noël L, Gable C, Delaquaize F, Bret-Pasian S, Rossier Ph, Annoni JM, Maupas E, Spicher CJ. (2013) « Méthode de rééducation sensitive de la douleur » Encyclopédie Médico-Chirurgicale (EMC), Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation, 9(1), 1-16 Article 26-469-A-10 [1]
  12. (en) Zollinger PE, Tuinebreijer WE, Breederveld RS, Kreis RW « Can vitamin C prevent complex regional pain syndrome in patients with wrist fractures? A randomized, controlled, multicenter dose-response » J Bone Joint Surg Am. 2007;89(7):1424-31. PMID 17606778