Æterni Patris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La Foi et la Raison, fresque allégorique de Ludwig Seitz surmontée d'une citation d’Æterni Patris : « la splendeur des vérités divines, en pénétrant l'âme, vient en aide à l'intelligence elle-même », Vatican

Æterni Patris est une encyclique du pape Léon XIII sur la ‘Philosophie chrétienne’. Datée du 4 août 1879 elle a pour but de promouvoir l’étude de la philosophie de saint Thomas d'Aquin et la prescrit pour la formation sacerdotale dans les séminaires. Elle est à l'origine d’un renouveau que l’on appelle le ‘néo-thomisme’.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au contraire de son prédécesseur le bienheureux Pie IX qui se contentait de condamner avec force les erreurs et les philosophies modernes, l’attitude de Léon XIII est pro-active, il propose des remèdes[1] Le renouveau de l’étude de Saint-Thomas en est un.

Comme évêque de Pérouse il avait fondé dans son diocèse, en 1859, une Académie de Saint-Thomas d’Aquin. L’encyclique poursuit le même but en y engageant toute l’Église catholique romaine. Il s'agit de renouveler la pensée catholique par un retour à la philosophie de Thomas d'Aquin, pour faire face aux « maux de la société » et aux « fausses opinions » de la société contemporaine.

Contenu[modifier | modifier le code]

Selon Æterni Patris, « la famille et la société civile (...) jouiraient d'une paix plus parfaite et d'une sécurité plus grande si, dans les académies et les écoles, on donnait une doctrine plus saine et plus conforme à l'enseignement de l'Église, une doctrine telle qu'on la trouve dans les œuvres de Thomas d'Aquin. », ce « rempart et gloire de la foi catholique ».

Avec un retour au thomisme Léon XIII cherche à établir un vocabulaire commun et des principes de base grâce auxquels les catholiques, et en particulier les prêtres puissent faire face aux problèmes du jour.

Suite à cette encyclique, Léon XIII crée le 15 octobre 1879 l'Académie de Saint-Thomas d'Aquin à l'Angelicum et ordonne la publication de l'édition critique dite « léonine » des œuvres complètes du 'Docteur angelicus'.

Néo-thomisme[modifier | modifier le code]

Peu d’encycliques eurent une influence plus grande sur le cours de la pensée catholique que Aeterni patris. Le mouvement thomiste, d’abord conservateur et restaurateur des valeurs du passé encouragea de nombreuses études sur les philosophies et théologies qui caractérisaient le Moyen Âge, non plus vu péjorativement comme ‘moyenâgeux’, mais bien comme une période de foi chrétienne solide et de créativité intellectuelle.

Ces recherches apportèrent un renouveau plus riche et moderne qu’espéré. Le néo-thomisme dépassa largement le cadre de Saint Thomas d’Aquin et, soutenus par d’autres disciplines modernes, produisit des penseurs et intellectuels de grande qualité et parfaitement à l’aise dans le monde des philosophes du XXe siècle, tels Réginald Garrigou-Lagrange, Etienne Gilson, Jacques Maritain, Joseph Maréchal, Martin Grabmann et d’autres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De même, douze ans plus tard, au contraire des condamnations du socialisme par Pie IX, il propose des remèdes aux problèmes sociaux, dans Rerum Novarum de 1891.

Liens externes[modifier | modifier le code]