Vol 8250 Aires

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Vol 8250 Aires
L'avion impliqué dans l'incident, photographié ici à l'aéroport international de Bogota, cinq mois avant l'accident
L'avion impliqué dans l'incident, photographié ici à l'aéroport international de Bogota, cinq mois avant l'accident
Caractéristiques de l'accident
Date16 Août 2010
CausesAtterrissage de nuit dans des conditions météorologiques difficiles, erreurs de pilotage et perte de repères
SiteAéroport international Gustavo Rojas Pinilla, San Andrés, Colombie
Coordonnées 12° 34′ 45″ nord, 81° 43′ 10″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilBoeing 737-700
CompagnieAires, aujourd'hui LAN Colombia
No  d'identificationHK-4682
Lieu d'origineAéroport international El Dorado, Bogota, Colombie
Lieu de destinationAéroport international Gustavo Rojas Pinilla, San Andrés, Colombie
PhaseAtterrissage
Passagers125
Équipage6
Morts2
Blessés119
Survivants129

Géolocalisation sur la carte : Colombie

(Voir situation sur carte : Colombie)
localisation

Le vol Aires 8250 était un vol intérieur régulier de passagers qui s'est écrasé le 16 août 2010 sur l'île colombienne de San Andrés, dans les Caraïbes, causant la mort de deux personnes. Sur les 131 personnes à bord, 129 personnes ont donc survécu à l'accident. L'avion, un Boeing 737-700 exploité par Aires, était en route depuis Bogota, la capitale colombienne, lorsqu'il s'est écrasé alors qu'il tentait d'atterrir par mauvais temps, se divisant en trois sections lors de l'impact avec la piste[1].

L’enquête officielle a conclu que l’accident était dû à une erreur de l’équipage qui a, par erreur, conduit l’appareil au sol à l’atterrissage, croyant qu’il se trouvait à une altitude supérieure à la réalité. Il s'agit du deuxième accident mortel (et en 2019, le plus meurtrier) impliquant un 737-700.

L'avion[modifier | modifier le code]

L’appareil impliqué dans l'accident était un Boeing 737-73V, immatriculé HK-4682, portant le numéro de série (MSN) 32416 et le numéro de construction 1270. L’appareil a effectué son vol inaugural le 10 janvier 2003 pour EasyJet. Il a ensuite été livré à Aires le 6 mars 2010 [2]. Les enquêteurs ont annoncé le lendemain de l'accident que le journal de maintenance de l'avion était à jour. Il s'agit du premier accident ayant entraîné le retrait du service d'un Boeing 737-700.

Le vol[modifier | modifier le code]

Le vol était opéré par la compagnie aérienne locale colombienne Aires. L'avion effectuait un vol depuis la capitale colombienne, Bogota, vers l'île colombienne de San Andrés, dans les Caraïbes. Destination touristique prisée, l'île de San Andrés se trouve à environ 190 kilomètres à l'est de la côte du Nicaragua.

Le vol a décollé de Bogota peu après minuit. Opérant sous le vol 8250, il a décollé de l'aéroport international El Dorado à 00 h 07 en direction de l'aéroport international Gustavo Rojas Pinilla. Le poste de pilotage était composé du commandant de bord Wilson Gutiérrez et de l'officier pilote de ligne Camilo Piñeros Rodríguez.

Accident[modifier | modifier le code]

L'accident s'est produit lors de l'atterrissage de l'avion sur l'île de San Andrés à h 49, heure locale des Caraïbes occidentales (UTC - 05 h 00). L’impact a eu lieu environ 260 mètres avant le début de la piste et le 737 s'est brisé en trois sections principales [3]. L’appareil a dérapé le long de la piste, brisant le train d’atterrissage et arrachant un moteur des ailes. Le nez de l'avion et les huit premières rangées de sièges se sont immobilisés sur la piste, dans une direction différente de celle du reste de l'épave. Les équipes de secours de l'aéroport ont rapidement éteint un petit incendie qui s'était déclaré sur une aile.

Passagers et équipage[modifier | modifier le code]

Il existe des rapports contradictoires quant aux nombre de personnes à bord de l'avion [4]. Les rapports vont de 121 passagers et 6 membres d'équipage, 131 passagers et membres d'équipage ou au moins 127 personnes à bord. Le rapport de 131 personnes a également été décomposé en 121 passagers adultes et quatre mineurs. Le lendemain de l'accident, les enquêteurs et les médias font état de 131 personnes à bord dont 125 passagers et 6 membres d'équipage [5].

Le plan de cabine de l'appareil (en anglais)

Selon un premier rapport, 114 personnes avaient été blessées dans l'accident. Sur les 99 passagers transportés à l'hôpital de San Andrés, 4 seulement avaient été grièvement blessés. Selon des informations parvenues un jour plus tard, 119 personnes auraient été conduites dans des hôpitaux locaux, le plus souvent avec des blessures mineures. Treize survivants, dont quatre grièvement blessés, ont été transportés par avion à Bogota pour y être soignés.

Il y eut deux personnes décédées dans l'accident. L'autopsie a révélé qu'une femme de 68 ans avait subi une rupture de l'aorte et du foie. Elle est décédée sur le chemin de l'hôpital. La deuxième personne était une fille, qui a subi des lésions cérébrales importantes et est décédée 16 jours après l'accident [6].

Enquête[modifier | modifier le code]

Les autorités colombiennes de l'aviation civile, l'unité administrative spéciale de l'aéronautique civile et l'armée de l'air colombienne ont ouvert une enquête sur l'accident. L'aéroport a été fermé temporairement pendant que les enquêteurs examinaient l'épave.

L'avion s'est écrasé par mauvais temps, alors qu'une tempête avait été signalée dans la région, mais pas directement sur l'aéroport. Le rapport METAR (message d'observation météorologique régulière pour l'aviation) en vigueur au moment de l'accident indiquait que le vent soufflait de l'est-nord-est à 6 nœuds (11 km / h), que la visibilité était bonne et que la piste était mouillée. Le Colonel David Barrero de l'armée de l'air colombienne a rapidement indiqué que l'avion a "atterrit au milieu d'un orage électrique intense".

Les témoignages de passagers dès le lendemain de l’accident ont commencé à détailler le déroulement de l’approche, l'équipage ayant préparé les passagers pour l’atterrissage, l’accident s’est produit soudainement et sans avertissement. Les pilotes n'ont pas signalé d'urgence à la tour. Il y eut des rapports contradictoires sur la cause de l'accident, suggérant que l'atterrissage avait été perturbé après que l'avion ait été heurté par un courant descendant ou par la foudre. Le pilote a déclaré que l'avion avait été frappé par un éclair [7]. Les responsables de la compagnie et du gouvernement ont refusé de commenter les informations faisant état de la foudre, bien que des recherches ultérieures aient prouvé que c'est n'était absolument pas la cause de l'accident. Aucun aéronef n'a eu d'accident dû à la foudre depuis 1971. L'aéroport n'était pas équipé d'équipements radar, utilisé pour détecter les cisaillements de vent.

L'enregistreur de données de vol (FDR) et l'enregistreur vocal du poste de pilotage (CVR) ont été retrouvés dans les débris. Sur la base de la structure de l'épave, les enquêteurs ont conclu que l'avion s'était brisé au moment de l'impact et non en vol.

Le NTSB (Conseil national de la sécurité des transports) des États-Unis a envoyé une équipe chargée de soutenir l'enquête menée par la Colombie en tant que représentants de l'État du fabricant (donc Boeing) [8].

Presque un an après l'accident, le 15 juillet 2011, le Conseil de sécurité d'Aerocivil conclu que l'accident résultait de l'exécution de l'approche finale en dessous de la trajectoire de descente, en raison d'une erreur de jugement de l'équipage qui se croyait bien plus haut. Ceci est typique d'une illusion de "trou noir", qui se produit lors d'une approche nocturne avec un environnement autour de la piste comportant de faible contraste entouré de lumières vives, aggravées par de fortes pluies. Les enquêteurs ont aussi recommandé de reformer l’équipage. Bien que l’accident soit dû à une erreur humaine, le colonel Carlos Silva, représentant du bureau d'enquête colombien, a rappelé que l’objet de l’enquête n’était pas de blâmer les pilotes mais de prévenir les accidents d’avion qui pourraient survenir dans le futur [9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Harro Ranter, « ASN Aircraft accident Boeing 737-73V (WL) HK-4682 San Andres Island-Gustavo Rojas Pinilla Airport (ADZ) », sur aviation-safety.net (consulté le 17 septembre 2019)
  2. (en) « AIRES Colombia HK-4682 (Boeing 737 NG / Max - MSN 32416) (Ex G-EZJU ) | Airfleets aviation », sur www.airfleets.net (consulté le 17 septembre 2019)
  3. Le Monde avec AFP, « En Colombie, un avion se brise en trois à l'atterrissage », sur lemonde.fr, (consulté le 14 novembre 2019)
  4. (en) « Only one dies in Colombia airliner crash "miracle" », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 17 septembre 2019)
  5. (en) « Colombia plane breaks into pieces after crash », sur bbc.com/news, (consulté le 14 novembre 2019)
  6. (en) « Accident: Aires B737 at San Andres Island on Aug 16th 2010, landed short of runway and broke up », sur www.avherald.com (consulté le 17 septembre 2019)
  7. Alain Lebas, « Crash d’un Boeing 737 en Colombie : l’avion se brise en trois à l’atterrissage », sur air-journal.fr, (consulté le 14 novembre 2019)
  8. (en) « NTSB Sending Team to Assist Government of Colombia with Today's 737 Accident », sur www.ntsb.gov (consulté le 17 septembre 2019)
  9. (es) « Rapport final - Vol Aires 8250 », sur reports.aviation-safety.net, (consulté le 14 novembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]