Vol 311 Thai Airways International

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Vol 311 Thai Airways International
L'appareil impliqué dans l'accident (HS-TID), ici photographié en avril 1992, 3 mois avant l'accident
L'appareil impliqué dans l'accident (HS-TID), ici photographié en avril 1992, 3 mois avant l'accident
Caractéristiques de l'accident
Date31 juillet 1992
TypeCollision avec le sol (Controlled flight into terrain)
CausesPerte de repères, erreurs du contrôleur aérien, erreurs de pilotage
SiteParc national de Langtang, Népal
Coordonnées 28° 03′ 09″ nord, 85° 27′ 03″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilAirbus A310-300
CompagnieThai Airways International
No  d'identificationHS-TID
Lieu d'origineAéroport international Don Muang, Bangkok, Thaïlande
Lieu de destinationAéroport international Tribhuvan, Katmandou, Népal
PhaseApproche
Passagers99
Équipage14
Morts113
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : Népal

(Voir situation sur carte : Népal)
localisation

Géolocalisation sur la carte : Asie

(Voir situation sur carte : Asie)
localisation

Le vol Thai Airways 311 était un vol reliant l'aéroport international Don Mueang de Bangkok, en Thaïlande, à destination de l'aéroport international Tribhuvan à Katmandou, au Népal. Le 31 juillet 1992, l'Airbus A310-300 effectuant la liaison, immatriculé HS-TID, s'est écrasé lors de son approche sur Katmandou. L’appareil s’est écrasé contre le flanc d’une montagne à 37 kilomètres au nord de Katmandou à une altitude de 11 500 pieds (3 505 mètres) et à une vitesse sol de 300 nœuds (556 km / h), tuant les 99 passagers et 14 membres d'équipage [1],[2],[3]. Il s’agissait à la fois de la première perte et du premier accident mortel impliquant l’Airbus A310.

Avion et équipage[modifier | modifier le code]

L'avion a effectué son premier vol le 2 octobre 1987 et est entré en service auprès de la compagnie aérienne canadienne Wardair sous le numéro d'immatriculation C-FGWD. Canadian Airlines a fait l'acquisition de Wardair en 1989. Cet Airbus A310-304 est officiellement entré en service auprès de Canadian Airlines à compter du 15 janvier 1990, avec la même immatriculation. Peu de temps après, il a été vendu à Thai Airways International, qui a pris livraison le 9 mai 1990 et l’a fait ré-enregistrer sous l'immatriculation HS-TID. L'avion était propulsé par deux turboréacteurs à double flux General Electric CF6-80C2A2.

Au moment de sa destruction, le 31 juillet 1992, l'avion était en exploitation commerciale depuis moins de cinq ans. Il était piloté par le commandant de bord Preeda Suttimai, 41 ans et l'officier pilote de ligne Phunthat Boonyayej, 52 ans, en plus d'un équipage de cabine composé de 12 agents de bord qui s’occupaient des 99 passagers.

Accident[modifier | modifier le code]

Le vol 311 a décollé de Bangkok à 10 h 30, heure locale. Après avoir traversé l'espace aérien népalais, les pilotes ont pris contact avec le contrôle de la circulation aérienne et ont été autorisés à effectuer une approche aux instruments en provenance du sud, appelée " approche indirecte Sierra VOR " pour la piste 20. Le contrôleur népalais n'était pas équipé d'un radar.

Peu de temps après s'être signalé au point Sierra, à environ 16 kilomètres au sud du VOR de Katmandou, les pilotes appellent le contrôleur aérien en demandant un déroutement vers Calcutta en Inde, en raison d'un " problème technique ". Avant que le contrôleur ne puisse répondre, le vol a annulé sa transmission précédente. Le vol a ensuite été autorisé à effectuer une approche directe du point Sierra vers la piste 02 et les pilotes ont signalé qu'ils quittaient l'altitude de 9 500 pieds (environ 2 900 mètres). Le commandant de bord a demandé à plusieurs reprises le vent et la visibilité à l'aéroport, mais le contrôleur lui a simplement annoncé que la piste 02 était disponible.

Un certain nombre de communications frustrantes et trompeuses (dues en partie à des problèmes de langue et également au manque d'expérience du contrôleur aérien, stagiaire et n'ayant travaillé que neuf mois) se suivent entre le contrôleur et les pilotes en ce qui concerne l'altitude et la distance du vol 311 de l'aéroport. Le commandant de bord a demandé à quatre reprises l'autorisation de virer à gauche, mais après ne pas avoir reçu de réponse ferme, il a annoncé qu'il tournait à droite et montait au niveau de vol 200 (20 000 pieds - 6 100 mètres). Le contrôleur en charge du vol 311 a supposé que l'avion avait interrompu l'approche et tournait vers le sud. Il a donc autorisé l'avion à descendre à 11 500 pieds (3 505 mètres), une altitude qui aurait été sûre dans la zone sud de l'aéroport. Le vol 311 est donc redescendu à 11 500 pieds, a effectué un virage à 360 degrés et a survolé l’aéroport en direction du nord.

Quelques secondes avant l’impact, le système d’alerte de proximité avec le sol (GPWS) s’est activé et des alarmes ont été émises pour alerter l’équipage de la collision imminente avec le relief. Le copilote Boonyayej a averti le commandant Suttimai et l'a exhorté à faire demi-tour, mais, frustré par les communications avec le contrôleur, le commandant a déclaré à tort que le GPWS était en train de donner de fausses indications. L’appareil s’écrase quelques instants plus tard sur une paroi rocheuse abrupte dans une zone reculée du parc national de Langtang à une altitude de 3 500 mètres (11 500 pieds), tuant les 113 personnes à bord [4],[5],[6].

Enquête[modifier | modifier le code]

Le lieu de l'accident du vol Thai 311, photographié en mai 2016, situé entre Ghopte et le col de Tharepati, Népal
Débris du vol 311, ici photographié en octobre 1992

Des enquêteurs de l'autorité aéronautique népalaise, d'Airbus Industrie, et du Bureau de la sécurité des transports du Canada (qui ont fourni des détails techniques) ont déterminé que l'avion avait subi une défaillance mineure dans le fonctionnement des volets intérieurs juste après que l'avion ait atteint le point Sierra. Préoccupé par le fait que l'approche complexe à Katmandou dans des conditions aux instruments serait difficile avec des volets défectueux et frustré par le contrôleur et les réponses peu concluantes de son copilote à ses questions, le commandant de bord a décidé de se dérouter vers Calcutta. Cependant, quelques secondes plus tard, les volets ont soudainement commencé à fonctionner correctement, mais le commandant de bord a été contraint de résoudre lui-même plusieurs aspects de la difficile approche en raison du manque d'initiative de son copilote. Après de nombreux échanges extrêmement frustrants avec le contrôleur népalais, le commandant de bord a pu obtenir des informations météorologiques suffisantes pour l'aéroport, mais à ce moment-là, il avait survolé Katmandou et l'avion se dirigeait vers l'Himalaya.

Les autorités népalaises ont constaté que les causes probables de l'accident étaient la perte de conscience de la situation par le commandant de bord et par le contrôleur ; un niveau d'anglais insuffisant et des problèmes techniques ont provoqué la frustration et une charge de travail importante du commandant de bord ; le manque d'initiative du copilote et des réponses peu concluantes aux questions du commandant de bord ; l'inexpérience du contrôleur aérien, sa mauvaise maîtrise de l'anglais et sa réticence à s'immiscer dans ce qu'il considérait comme une question de pilotage, telle que la séparation avec le terrain ; une mauvaise supervision du contrôleur inexpérimenté ; l'incapacité de Thaï Airways International à fournir une formation sur simulateur pour l'approche complexe sur Katmandou pour ses pilotes; et une mauvaise utilisation du système de gestion de vol de l'avion (FMS) [7].

Gordon Corps, membre britannique de l'équipe d'enquête d'Airbus, est décédé des suites d'hypoxie alors qu'il travaillait à haute altitude sur les lieux de l'accident [8],[9].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Mémorial en hommage au vol 311 situé à Kakani, Népal

Thai Airways a retiré le numéro de vol 311 après l'accident, ainsi que le numéro de vol 312, qui avait été utilisé pour le vol retour Katmandou - Bangkok. Ceux-ci ont été remplacés par les numéros de vol 319 et 320. Ces vols ont continué à être exploités par des Airbus A310 jusqu'à ce que ce type d'appareil soit abandonné par la compagnie aérienne et remplacé par des Boeing 777 en 2001. Les restes de l'avion sont toujours visibles dans le parc national de Langtang lors du trekking entre Ghopte et le col de Tharepati.

Médias[modifier | modifier le code]

L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télévisée Air Crash nommé « L'avion perdu » (saison 17 - épisode 10).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « CRASH NEPAL:AIRBUS :PAS DE SURVIVANTS », sur lesoir.be, (consulté le 17 octobre 2019)
  2. (en) « Thai Airliner Crashes In Nepal's Himalayan Foothills; 113 Aboard -- 11 Americans Are Listed As Among The Passengers », sur community.seattletimes.nwsource.com, (consulté le 17 octobre 2019)
  3. (en) Bhola Rana, « Wreckage of Thai jet found in Nepal; no survivors », sur UPI, (consulté le 17 octobre 2019)
  4. (en-US) The Associated Press, « Rescue Teams Fail to Find Thai Jet That Crashed With 113 Aboard », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 17 octobre 2019)
  5. (en-US) « 113 Feared Dead in Nepal Crash; 100 Die in China : Air disaster: Thai jetliner slams into Himalayan hillside during heavy monsoon rains. », sur Los Angeles Times, (consulté le 17 octobre 2019)
  6. (en) « Rescuers battle to reach Thai plane wreckage », sur The Independent, (consulté le 17 octobre 2019)
  7. (en) David Learmount, « Confusion caused Kathmandu A310 crash », Flight International, (consulté le 22 novembre 2019)
  8. (en) « Test pilot dies », sur The Independent, (consulté le 17 octobre 2019)
  9. (en) « British pilot dies on Airbus mission », sur HeraldScotland, (consulté le 17 octobre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]