Village Vanguard

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Village Vanguard
Description de cette image, également commentée ci-après
Le Village Vanguard en 1976
Type Club de jazz
Lieu Greenwich Village, New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 40° 44′ 10″ nord, 74° 00′ 06″ ouest
Inauguration (83 ans)
Nb. de salles 1
Capacité 132
Anciens noms Golden Triangle
Direction Lorraine Gordon
Site web villagevanguard.com

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Village Vanguard

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Village Vanguard

Le Village Vanguard est un célèbre club de jazz de New York aux États-Unis situé au 178 de la Septième avenue (au niveau de la 11e rue) dans le quartier de Greenwich Village. Il est fondé en 1935 par Max Gordon (en) et accueille les plus grands jazzmen, de John Coltrane qui y produit de fameux enregistrements, à Bill Evans ou Wynton Marsalis.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le cabaret Vanguard ("L'Avant-garde") ouvre le à l'angle de Charles Street et Greenwich Avenue[1]. Son propriétaire, Max Gordon, souhaite consacrer ce lieu à la poésie et aux artistes, ainsi qu'à des concerts. Mais les installations sommaires ne sont pas conformes aux réglementations, et il ne parvient pas à obtenir sa licence[1] : « Je savais que pour ouvrir un cabaret j'aurais dû trouver un autre endroit, avec deux toilettes, deux sorties de secours, à plus de cinquante mètres d'une église, d'une synagogue ou d'une école, et pour moins de cent dollars de location »[2]. Il cherche un nouveau lieu et loue pour 85 dollars par mois le Golden Triangle, un ancien bar clandestin au 178 de la Septième avenue qui doit son nom à la forme de la salle en triangle isocèle, fermé depuis deux ans pour travaux. Il le rebaptise Village Vanguard, et ouvre ses portes le [3].

Comme le Vanguard de Charles Street, le Village Vanguard est dédié à la poésie-performance et à la musique folk. Au cours des années 1930 et 1940, les spectateurs néo-bohème viennent y écouter les lectures de poètes comme Maxwell Bodenheim (en) ou Harry Kemp (en), les concerts de Leadbelly, Josh White, Burl Ives, Pete Seeger, ou Harry Belafonte qui y fait ses premiers spectacles. On vient aussi y parler de politique. Les concerts de jazz se tiennent l'après-midi et le dimanche, avec Lester Young ou Ben Webster, pour un prix d'entrée de cinquante cents. Même si le jazz n'est pas la principale activité du lieu, des musiciens comme Sidney Bechet, Una Mae Carlisle, Art Hodes ou Mary Lou Williams viennent s'y produire devant un public de plus en plus important. Avec l'intérêt croissant des spectateurs et notamment des étudiants et des artistes du quartier, le jazz devient prédominant dans les spectacles du Village Vanguard. En 1940 est formé un trio résident avec le pianiste Eddie Heywood, Zutty Singleton à la batterie, et Jimmy Hamilton au saxophone.

Le jazz[modifier | modifier le code]

Max Gordon revoit alors progressivement sa politique éditoriale et à partir de 1957 le jazz va remplacer tous les autres spectacles[4]. Il y invite Miles Davis, Horace Silver, Gerry Mulligan, le Modern Jazz Quartet, Jimmy Giuffre, Anita O’Day, Charlie Mingus, Bill Evans, Stan Getz, Carmen McRae.

Thelonious Monk, pianiste alors peu connu, va y lancer sa carrière avec le soutien de Lorraine Gordon (en), la femme de Max. Pendant les années 1950 le Village Vanguard devient le plus célèbre des clubs de jazz de Manhattan. Le Thad Jones/Mel Lewis Orchestra devient le Vanguard Jazz Orchestra, et va y jouer tous les lundis soirs de 1966 à 1990.

Lorraine Gordon ferme le Village Vanguard en 1989 au lendemain de la mort de Max Gordon, puis le rouvre un jour plus tard[5] ; elle continue à diriger le club, qui est resté inchangé depuis lors, jusqu'à sa mort en juin 2018, avec sa fille Deborah et le régisseur Jed Eisenman[6].

Les enregistrements au Village Vanguard[modifier | modifier le code]

Le Village Vanguard en 2016
Max Gordon en 1983

Le Vanguard a contribué à lancer de nombreuses carrières et certains des enregistrements qui s'y sont produits sont considérés comme des chefs-d’œuvre, ce qui en fait un club de renommée internationale.

Sonny Rollins y enregistre trois LP lors d'un concert le , qui vont marquer la naissance du mouvement hard bop. Parmi les albums célèbres se trouvent encore ceux de Gerry Mulligan en 1960, John Coltrane et Bill Evans en 1961, Cannonball Adderley en 1962, Roland Kirk en 1970, Art Pepper en 1977, Tommy Flanagan en 1986, ou Wynton Marsalis avec sept albums en 1999.

Martial Solal est le premier pianiste à y enregistrer en piano solo[7] (et le deuxième à y jouer en solo toute une semaine[8], après Fred Hersch).

Liste sélective d'enregistrements :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) John S. Wilson, « Gordon's 50 Years in the Vanguard », sur www.nytimes.com, The New York Times, (consulté le 14 novembre 2017)
  2. Max Gordon, Live at the Village Vanguard (New York, Da Capo Press, 1980), p.25
  3. (en) Lara Pellegrinelli, « America’s Most Fascinating Jazz Clubs », sur nmbx.newmusicusa.org, (consulté le 14 novembre 2017)
  4. (en) « Goings on About Town: The Village Vanguard » (consulté le 14 novembre 2017)
  5. (en) « The Village Vanguard: A Hallowed Basement », sur www.npr.org, NPR Music, (consulté le 14 novembre 2017)
  6. (en) Barry Singer, « Lorraine at 92 Toasts the Vanguard at 80 », HuffPost, (consulté le 14 novembre 2017)
  7. Vincent Cotro, Jazz Magazine, 10/12/08.
  8. Alex Dutilh, Jazzman, 07/11/08.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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