VIGINUM

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VIGINUM
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Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
VIGINUMVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Domaine d'activité
Siège
Pays
Organisation
Effectif
65 équivalent temps plein ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Direction
Gabriel Ferriol (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Organisation mère
Budget
7 200 000 € ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Identifiants
Annuaire du service public

VIGINUM est le service technique et opérationnel de l’Etat chargé de la vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères. Rattaché au secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), ce service à compétence nationale a été créé le 13 juillet 2021[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays ou groupes d'États se sont dotés de structures similaires. En 2015, l'Union européenne a créé l'East StratCom Task Force (en) (ESCTF) consacrée à la lutte contre les manipulations en provenance de Russie. Aux États-Unis, le Global Engagement Center au sein du Département d'État a la mission de « diriger, synchroniser, intégrer et coordonner les efforts du gouvernement fédéral pour détecter, comprendre, exposer et contrer la propagande étatique et non-étatique, les manœuvres de désinformations visant à saper ou influer sur la politique, la sécurité ou la stabilité des États-Unis, de leurs alliés et de leurs partenaires ». Des initiatives similaires ont été prises en République tchèque et en Suède[2].

L'assassinat de Samuel Paty en est suivi d'une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux. Une « Task force Honfleur » est mise en place afin de détecter et de caractériser cette tentative de déstabilisation qui est dorénavant attribuée à la Turquie[3].

Lors du conseil de défense du , Emmanuel Macron prend la décision de lancer une mission de préfiguration à la création d'un service à compétence nationale[4]. Quatre personnes sont chargées du dossier sous la direction de Marc-Antoine Brillant.

Le nouveau service à compétence nationale est créé par le décret n° 2021-922 du 13 juillet 2021 publié au Journal officiel du 14 juillet[1]. VIGINUM sera opérationnel à partir du 15 octobre[5].

Les élections législatives en Allemagne du et le référendum d'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie du serviront de tests[6]. D'autres dossiers sont évoqués : élection présidentielle française de 2022, intervention française au Sahel (Opération Barkhane)[7].

Missions[modifier | modifier le code]

Les missions de VIGINUM sont de détecter et caractériser tout phénomène de propagations suspectes de contenus mensongers ou hostiles sur les plateformes numériques, impliquant des acteurs étrangers, dans le but de nuire à la France et à ses intérêts[1]. Il s'agit plus précisément des contenus accessibles publiquement sur les plateformes en ligne. Le service n'analyse pas le contenu des messageries privées, comme WhatsApp ou Messenger[8].

Le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Stéphane Bouillon, a indiqué lors de son audition par la commission défense de l'assemblée nationale en  : « Soyons bien clair, il ne s'agit absolument pas pour nous de commencer à dire telle information est exacte, telle information est inexacte. Cela c'est le rôle des politiques, des médias, et c'est le rôle de la justice. Cela ne peut pas être le rôle d'une administration et cela ne dois pas être son rôle »[7],[9].

Ensuite, selon Cédric O, VIGINUM transmettra les dossiers à la justice ou à la diplomatie[10]. Intelligence Online présente une troisième option en indiquant que le volet offensif de la contre-ingérence sera assuré par la direction du Renseignement militaire (DRM).

Direction[modifier | modifier le code]

Par un arrêté du 5 octobre 2021, Gabriel Ferriol[11], ingénieur et magistrat de la Cour des comptes, est nommé à la tête de VIGINUM[5]. Diplômé de l’école Telecom Paris, spécialiste en ingénierie de l’information, de la communication et de la cognition, il débute sa carrière en tant qu’ingénieur de recherche à l’international. En 2003, il rejoint le ministère des Armées en tant qu’ingénieur d’étude avant d’être nommé, au sein de ce ministère, responsable d’une équipe d’informaticiens, de scientifiques et d’analystes chargés de la mise au point de divers traitements automatiques de signaux électromagnétiques. Lauréat du concours de l’Ecole nationale de l’Administration en 2008, il rejoint alors la Cour des Comptes avant d’intégrer la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, en tant que conseiller pour les affaires économiques et financières. Il est ensuite nommé en 2019 avocat général près la Cour des comptes et la Cour de discipline budgétaire et financière.

Par une décision du 15 juillet 2021, le lieutenant-colonel Marc-Antoine Brillant est nommé adjoint au chef de service[12]. Diplômé de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, de l’Ecole de Guerre et de l’ESCP, il a exercé différentes fonctions opérationnelles et notamment commandé des unités de combat au Proche et Moyen-Orient avant de servir comme chef des opérations d’un groupement tactique. En 2018, il rejoint l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en tant que conseiller auprès de la direction générale en charge des affaires opérationnelles et stratégiques, avant d’être promu sous-directeur adjoint Stratégie. En 2021, après avoir dirigé la « Task Force Honfleur », il est désigné préfigurateur du service à compétence nationale VIGINUM.

Chefs de VIGINUM
Chef Grade ou statut Date de nomination Texte de nomination
Gabriel Ferriol Conseiller référendaire à la Cour des comptes 15 octobre 2021 Arrêté du 5 octobre 2021[13]

Comité éthique et scientifique[modifier | modifier le code]

Un comité éthique et scientifique[14], rattaché au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, est garant des conditions d'exercice de l'activité de VIGINUM. Il est composé d'un président choisi parmi les conseillers d’État, d'un membre de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) et de six personnalités qualifiées. Par un arrêté du 5 octobre 2021, le premier comité éthique et scientifique est composé de[15] :

Moyens[modifier | modifier le code]

Le service devrait comporter 65 personnes d'ici fin 2022, principalement des spécialistes en sciences de la données, OSINT, sciences politiques et géopolitiques[18].

Le budget de lancement est évalué à 5 millions puis 12 millions d'euros par an[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Décret n° 2021-922 du 13 juillet 2021 portant création, auprès du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, d'un service à compétence nationale dénommé « service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères »
  2. (en) « L’Agence nationale de lutte contre les manipulations de l’information, nouvelle arme anti-fake news du gouvernement », sur portail-ie.fr (consulté le ).
  3. « Que sait-on de la future agence de lutte contre les manipulations numériques venues de l'étranger ? », sur www.franceinter.fr, (consulté le ).
  4. (en) « FRANCE : Emmanuel Macron launches anti-fake news task force Honfleur - 01/02/2021 », sur Intelligence Online, (consulté le ).
  5. a et b Claudia Cohen, « Gabriel Ferriol nommé chef de Viginum, l'arme de l'État contre les ingérences numériques étrangères », sur Le Figaro, (consulté le )
  6. « La France va créer une agence nationale de lutte contre les manipulations de l’information », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. a et b « Question au Secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale. » (consulté le ).
  8. « Décret n° 2021-1587 du 7 décembre 2021 portant autorisation d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dans le but d'identifier les ingérences numériques étrangères »,
  9. « Le gouvernement va lutter contre les fake news venues de l’étranger avec une quarantaine de Geeks », sur La Revue du Digital, (consulté le ).
  10. « Invité du matin - Cédric O: À six mois de l'élection présidentielle, «Il faut se préparer aux cyberattaques» », sur RFI, (consulté le )
  11. « Biographie de Gabriel Ferriol, chef du service VIGINUM »,
  12. Décision du 15 juillet 2021 portant nomination de l'adjoint au chef du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères
  13. « Arrêté du 5 octobre 2021 portant nomination du chef du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères - M. FERRIOL (Gabriel) », sur www.legifrance.gouv.fr, (consulté le )
  14. « Comité éthique et scientifique »
  15. « Arrêté du 5 octobre 2021 relatif à la composition du comité éthique et scientifique chargé de suivre l'activité du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères », sur www.legifrance.gouv.fr, (consulté le )
  16. ActeursPublics, « Aymeril Hoang, l’architecte discret du projet d’application StopCovid », sur Aymeril Hoang, l’architecte discret du projet d’application StopCovid (consulté le )
  17. « Claude Kirchner, directeur du Comité d’éthique du numérique : "La conception et la mise en œuvre du suivi numérique doivent être faites avec la participation citoyenne" », sur L'Humanité, (consulté le )
  18. « Place de l'emploi public »
  19. Pierre Alonso et Amaelle Guiton, « Les dessous de «Viginum», la future agence contre les manipulations de l’information », sur Libération (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]