Trait italien

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Trait italien
TPR au modèle
TPR au modèle
Région d’origine
Région Vénétie, Drapeau de l'Italie Italie
Caractéristiques
Morphologie Cheval de trait
Taille 1,50 m à 1,60 m en moyenne
Poids 700 à 900 kg
Robe Généralement alezan, plus rarement rouan ou bai
Caractère Bon tempérament
Autre
Utilisation Viande, traction, attelage

Le trait italien est l'unique race de cheval de trait élevée en Italie. Son nom complet est Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido, se traduisant en français par « Cheval Agricole Italien de Trait Lourd Rapide », mais il est plus couramment appelé CAITPR ou simplement TPR. Très influencée par le cheval breton, la race est officiellement reconnue en 1927. Elle connaît un bel essor jusque dans les années 1950. Une période de désintérêt pour la traction animale s'ensuit. Le trait italien en ressort appauvri et alourdi, puis vit un renouveau dans les années 1980.

Compact et musclé, le trait italien est particulièrement adapté aux travaux agricoles et à l'attelage, même si son premier débouché reste la production de viande.

L'ANACAITPR (Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido) est chargée du contrôle et de l'amélioration de la race.

Histoire[modifier | modifier le code]

Deux chevaux à la tête massive et avec beaucoup de crins passent la tête à travers les barreaux de leur boxe.
Deux traits italiens dans leur boxe.

L'histoire de la race ne commence officiellement qu'en 1927, mais ses origines remontent à la réunification italienne[1]. En 1860, les premiers croisements dans le but d'obtenir un cheval de trait sont réalisés au Deposito Cavalli Stalloni de Ferrare[2],[3]. À cette époque, les besoins de traction en termes d'agriculture, de transport et d'artillerie ont poussé au croisement des races locales avec des races plus lourdes importées. Les premiers essais sont réalisés avec le trait belge mais les résultats sont décevants, car les animaux sont jugés trop lourds et lents. Des croisements sont ensuite réalisés avec des boulonnais et des percherons, mais le produit n'est toujours pas considéré comme totalement satisfaisant. Il faut attendre le XIXe siècle et le croisement avec le postier breton (ou Norfolk-Breton) sans fanons et au trot preste, pour obtenir un cheval à la conformation et aux allures attendues, fixant ainsi les caractéristiques de la race[4],[5] qui commence à se répandre dans le Nord-est de l'Italie[5]. Au début du XXe siècle, on voit apparaître des sujets robustes, de masse moyen-lourde et au déplacement élégant. En 1926, le stud-book officiel de la race est créé sur une base de type sélectif[2]. C'est en 1927 que naît la première génération contrôlée. Le bassin géographique de production est représenté par la plaine de la Vénétie, la province de Ferrare et les plaines de Frioul[1].

Cheval alezan brûlé massif et lourd attelé.
Trait italien attelé à la Fieracavalli 2014.

Dans les années 1930, la sélection s'oriente vers une homogénéisation des juments, et les étalons sont évalués à sur des critères morphologiques et fonctionnels à l'âge de 3 et 4 ans[5]. La race prend progressivement de l'importance avec l'adhésion de plus en plus de fermiers. Des concours sont organisés et de jeunes étalons sont soigneusement choisis pour perpétuer le trait italien. Si la Seconde Guerre mondiale impose une pause dans la croissance de la race, elle repart dès la fin de la guerre, notamment avec le croisement de chevaux ardennais, percherons et bretons[3]. À la fin des années 1950, la création d'un livre généalogique remplace le contrôle sélectif instauré en 1927[1]. Vers cette période, la race s'étend vers le centre et le sud de l'Italie, gagne en taille et en poids[5], et prend définitivement le nom de « Cheval Agricole Italien de Trait Lourd Rapide », le qualificatif de « Trait Lourd Rapide » (Tiro Pesante Rapido) faisant référence à l'action preste de son trot[6]. Les années 1960-1970 sont marquées par une période de crise pour la race. Le désintérêt total pour la traction hippomobile limite l'expansion des élevages, qui se tournent pour la plupart vers la production de viande. Il faut attendre les années 1980 pour que survienne un renouveau d'intérêt pour le trait italien, passablement appauvri et alourdi, ce qui conduit à un élargissement de la base sélective sur laquelle se fonde l'élevage[1],[2],[7].

Depuis 1974, sur mandat du ministère pour les politiques agricoles, et en collaboration avec les bureaux provinciaux de livre généalogique, L'ANACAITPR (Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido) est l'association chargée du contrôle et de l'amélioration de la race[1]. Un nombre croissant d'élevages italiens, généralement bovins, se sont diversifiés avec le cheval ces dernières années, répandant l'élevage du trait italien sur tout le territoire national[8].

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.
Dans la cour d'un hall d'exposition, un cheval massif alezan à l’impressionnante encolure est tenu en licol.
Jeune étalon trait italien.

Le TPR est un cheval de trait dont la conformation d'ensemble révèle l'influence déterminante du cheval breton[6],[9], ce qui le rattache au sous-groupe des chevaux lourds français[8]. D'aspect général, il se présente comme un cheval de trait massif et d'assez petite taille[10]. D'après les sources officielles italiennes, sa taille moyenne est de 1,48 m à 1,58 m pour les femelles et 1,52 m à 1,60 m pour les mâles[11] (d'autres sources écrites indiquent une moyenne de 1,45 m à 1,63 m[10]). Son poids se situe entre 700 et 900 kg chez les étalons[11],[8]. Il est d'ordinaire compact, avec des aplombs corrects, une tête étonnamment déliée et un poitrail profond, les coudes étant très ouverts[6].

Sa tête est plutôt petite et fine, son front large et son chanfrein droit. Les naseaux sont larges et le bout du nez net. Les oreilles sont petites et droites ; les yeux intelligents et sages[12]. L'encolure est musclée et légèrement arrondie. Les épaules sont bien obliques. Le dos, court et robuste, mène à une croupe large et légèrement inclinée. Les membres sont courts, solides et bien musclés avec des articulations assez grosses. Le sabot est bien formé[9].

Robes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe du cheval.

Sa robe est très généralement alezan avec et sans crins lavés, l'alezan crins lavés étant la couleur la plus commune et caractéristique[8]. Il peut également présenter une robe rouan, bai ou bai foncé[2],[9].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

C'est un cheval amical au tempérament agréable. Il existe cependant une grande variété de caractères chez la race, certains sujets pouvant être vifs et fougueux tandis que d'autres sont calmes et dociles[12]. De façon générale, ce n'est pas un cheval flegmatique, certains sujets pouvant présenter des réactions vives[10]. Cheval rustique, il s'adapte à tous types d'environnement. Son élevage dans les différentes zones d'Italie où le climat varie du climat continental au climat méditerranéen montre sa grande capacité d'adaptation[2].

Sélection[modifier | modifier le code]

Logo en forme de triangle orange
Logo fourni par l'ANACAITRP pour ceux qui transportent un trait italien sur les routes.

L'ANACAITPR (Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido, soit en français « Association nationale des éleveurs du cheval agricole italien de trait lourd rapide ») est chargée de la tenue du livre généalogique, participe à la conservation et l'amélioration de la race et soutient les initiatives qui contribuent à en répandre l'élevage[1]. Les chevaux de la race sont encore marqués au fer. Cette marque représente un escalier à cinq piques enfermés dans un bouclier. Les sujets inscrits au livre de la race sont évalués une première fois sous la mère, en général entre deux et sept mois, puis une seconde fois à deux ans et demi. Les poulains qui réussissent la première évaluation sont marqués à la cuisse gauche, et s'ils passent la seconde évaluation, ils sont marqués aussi du côté gauche de l'encolure[1].

En dépit d'effectifs assez faibles, la diversité génétique de la race est bonne[8], elle présente même des caractéristiques génétiques uniques parmi les races équines italiennes[13]. Les étalons bretons sont toujours admis en croisement chez le TPR[5].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Utilisations au travail[modifier | modifier le code]

Dans une carrière entourée de barrières métalliques, un attelage présenté de dos s'éloigne au trot tiré par un cheval alezan.
Attelage en simple d'un trait italien à Montebuono en 2008.

Le trait italien a été à l'origine élevé pour être un cheval polyvalent utilisé dans l'agriculture, en milieu urbain, pour ses capacités militaires, ainsi que pour la production de grandes mules pour l'armée[2]. La docilité de la race, sa taille, sa force et sa vitesse l'ont rendu extrêmement utile pour les fermiers italiens avant l'introduction de la motorisation[14]. Il est toujours utilisé pour l'agriculture dans quelques zones où les machines motorisées sont peu pratiques. Les juments sont aussi toujours utilisées pour la production de mules, bien que ce débouché se soit raréfié. L'association de la race tente de réhabiliter le trait italien dans ses vocations premières, la traction et l'attelage[1].

Production de viande[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cheval lourd.

La plupart des chevaux sont élevés pour leur viande[2], qui constitue le principal débouché d'élevage de la race (2005)[8]. L'Italie est en effet un important consommateur de viande de cheval ; l'hippophagie y a augmenté de 31 % entre 2001 et 2006. Les poulains de onze à dix-huit mois sont préférés pour l'abattage[15]. une sélection a été menée pour obtenir des poulains qui grossissent plus rapidement[8]. Les juments sont généralement mises au poulinage chaque année pendant 5,8 ans, donnant une moyenne de 4,5 poulains[8]. Le poulain prend environ 1 kg par jour, et est abattu au poids moyen de 430 kg[8].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Sous les feuilles d'un arbre, un imposant étalon alezan brûlé se présente de dos entouré de plusieurs chevaux et poulains alezans dont on aperçoit que la croupe.
Étalon trait italien au milieu de juments et poulains à Pescasseroli.

Les zones principales d'élevage du trait italien se situent dans les plaines et les collines autour de Vérone, Padoue, Vicence, Venise, Trévise et Udine[14], c'est-à-dire les régions de l'Émilie et de la Vénétie[10]. En 2005, on a recensé près de 6 500 traits italiens, dont environ la moitié étaient des juments[16] ; plus précisément, une étude menée à l'université de Padoue donne des effectifs de 6 700, répartie en 3 300 juments, 3 000 poulains de moins de 30 mois et 400 étalons enregistrés[8]. La population enregistrée fin 2010 est de 6 304 sujets, avec une grande majorité de chevaux présents dans le Latium et en Ombrie[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Italian Heavy Draft » (voir la liste des auteurs).

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (it) « L’Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido » (consulté le 3 janvier 2011).
  2. a, b, c, d, e, f et g Hendricks 2007, p. 238-239.
  3. a et b Bongianni 1988, p. 108.
  4. Edwards 2005, p. 258-259.
  5. a, b, c, d et e Mantovani, Pigozzi et Bittante 2005, p. 156.
  6. a, b et c Edwards 2005, p. 236-237.
  7. (it) « Il cavallo agricolo italiano da tiro pesante rapido », sur Ministero Politiche Agricole Alimentari e Forestali (consulté le 29 décembre 2014).
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Mantovani, Pigozzi et Bittante 2005, p. 155.
  9. a, b et c Draper 2006, p. 87.
  10. a, b, c et d Dal'Secco 2006, p. 43.
  11. a et b (it) « Cavallo Agricolo Italiano TPR », sur Agraria.org (consulté le 29 décembre 2014).
  12. a et b Fitzpatrick 2008, p. 272-273.
  13. (en) Arianna Bruzzone, Daniela Iamartino1, Michele Blasi et Fabio Pilla, « The Pentro horse: genetic characterization by microsatellite markers », Italian Journal of Animal Science, vol. 2, no 3,‎ , p. 223–230 (DOI 10.4081/ijas.2003.223, lire en ligne).
  14. a et b Pickeral 2000.
  15. (en) A. Tateo, P. De Palo, E. Ceci, P. Centoducati, « Physicochemical properties of meat of Italian Heavy Draft horses slaughtered at the age of eleven months », Journal of Animal Science, vol. 86,‎ , p. 1205–1214 (PMID 18245501, DOI 10.2527/jas.2007-0629, lire en ligne).
  16. (it) « Programma Di Sviluppo Rurale Per Il Veneto 2007–2013 » [PDF], Regione del Veneto (consulté le 29 décembre 2014).
  17. (it) « Consistenze 2010 » [PDF], ANACAITPR (consulté le 29 décembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Bongianni 1988] (en) Maurizio Bongianni (trad. Ardèle Dejey), Simon & Schuster's Guide to Horses and Ponies, Simon & Schuster, , 255  p. (ISBN 0-671-66068-3, OCLC 16755485, lire en ligne), « Italian Heavy Draft », p. 108. Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Dal'Secco 2006] Emmanuelle Dal'Secco, « Trait lourd italien », dans Les chevaux de trait, Éditions Artemis, , 119 p. (ISBN 2844164595), p. 43
  • [Draper 2006] Judith Draper (trad. Sophie Smith, ill. Rodney Paull, photogr. Kit Houghton), « Le Trait italien », dans Le grand guide du cheval : les races, les aptitudes, les soins, Romagnat, Éditions de Borée, , 256 p. (ISBN 2844944205 et 9782844944207, OCLC 470405910, notice BnF no FRBNF40173187, lire en ligne), p. 87
  • [Edwards 2005] Elwyn Hartley Edwards (trad. de l'anglais), « Trait lourd italien », dans L'œil nature - Chevaux, Nord Compo, Villeneuve-d'Ascq, Larousse, , 255 p. (ISBN 9782035604088), p. 236-237
  • [Fitzpatrick 2008] Andrea Fitzpatrick, Le Monde fascinant des chevaux, Paris, Nov'edit, , 437 p. (ISBN 9782350332086), p. 272-273
  • [Hendricks 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks (préf. Anthony Austen Dent), International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 2e éd., 486  p. (ISBN 0-8061-3884-X, OCLC 154690199), « Italian Heavy Draft », p. 238-239. Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Pickeral 2000] (en) Tamsin Pickeral, The Encyclopedia of Horses and Ponies, Parragon, (ISBN 0752541587)

Article de recherche[modifier | modifier le code]

  • [Mantovani, Pigozzi et Bittante 2005] (en) R. Mantovani, G. Pigozzi et G. Bittante, « The Italian Heavy Draught Horse breed: origin, breeding program, efficiency of the selection scheme and inbreeding », dans Conservation genetics of endangered horse breeds, Wageningen Academic Pub, , 187 p. (ISBN 9076998795 et 978-90-76998-79-4, ISSN 0071-2477, lire en ligne), chap. 116 de EAAP publication, p. 155-162