La Bible : Traduction du monde nouveau

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Traduction du Monde Nouveau en plusieurs langues.

La Bible : Traduction du Monde Nouveau (TMN) est une traduction de la Bible en langue moderne éditée et utilisée par les témoins de Jéhovah. Le texte en français a été révisé en 2018. Cette même année, les témoins de Jéhovah annoncent qu'elle a atteint un tirage total de plus de 224 millions d'exemplaires en 174 langues.

Ses principales caractéristiques sont qu'elle utilise extensivement le nom de Dieu « Jéhovah », tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, qu'elle rejoint le canon protestant, et qu'elle est conforme à la théologie des témoins de Jéhovah. Elle fait l'objet de critiques, notamment à cause de certains choix de traduction.

Histoire[modifier | modifier le code]

Traduction du Monde Nouveau, édition normale

Jusqu'à la publication de la Traduction du Monde Nouveau complète en langue anglaise le 13 mars 1960, les Témoins de Jéhovah d'expression anglaise emploient la King James Version[1],[2] ainsi que l'Emphatic Diaglott, dont leur fondateur Charles Russell a acquis les droits dès le début des années 1900[3]. L'une des principales raisons invoquée par les éditeurs pour produire une nouvelle traduction est que la majorité des versions existantes de la Bible utilisent habituellement une langue archaïque et n'emploient pas le nom de Dieu. L'intention affichée est donc de produire une traduction plus facile à lire et exempte d'archaïsmes[4]. De plus, les éditeurs affirment que de nombreuses autres copies plus anciennes des manuscrits des textes originaux dans les langues hébraïques et grecques sont devenues disponibles depuis que la King James Version a été produite (en 1611). En utilisant ces manuscrits, ils espèrent déterminer avec une plus grande exactitude ce que les auteurs originaux voulaient dire, en particulier dans les passages les plus obscurs. Ils estiment en outre que certains aspects des langues hébraïque et grecque originales sont désormais mieux compris par des linguistes[5].

La première version de la Traduction du Monde Nouveau en anglais sort en 1950[6]. Cette même version est traduite en français en 1963[7]. Ne sont alors traduites que les Écritures Grecques Chrétiennes (Nouveau Testament). En 1974 sort une édition complète en français, appelée désormais Les Saintes Écritures - Traduction du Monde Nouveau. L'édition française est révisée en 1995.

En 2013, une nouvelle édition en anglais est publiée. Selon les traducteurs, cette nouvelle révision est « d’une ampleur sans précédent ». En effet, le texte de la nouvelle traduction compte près de dix pour cent de mots en moins, des expressions ont été reformulées, des passages ont été simplifiés, et certains chapitres sont désormais construits comme des poèmes[8]. La version française, qui se base sur le texte en anglais, est publiée en 2018[7].

Caractéristiques de la traduction[modifier | modifier le code]

Utilisation du canon protestant[modifier | modifier le code]

La TMN rejoint le canon protestant. Elle ne contient donc pas les livres apocryphes ou deutérocanoniques reconnus par l'Église catholique romaine. En outre, la traduction appelle l'Ancien Testament « Écritures hébraïques et araméennes », et le Nouveau Testament « Écritures grecques chrétiennes ».

Utilisation du nom de Dieu « Jéhovah »[modifier | modifier le code]

Tétragramme en phénicien (1100 AEC), en araméen (Xe siècle - conquête musulmane) et en hébreu carré

La perpétuation de ce que les Témoins de Jéhovah considèrent comme une superstition juive pour rendre le nom propre de Dieu a entraîné son remplacement par le titre « Dieu » ou « Seigneur » dans beaucoup de traductions de la Bible. Les Témoins de Jéhovah n'ont pas suivi cette voie. Pour rendre le nom divin, les traducteurs américains ont choisi « Jéhovah » parce que ce nom représente, selon eux, « la prononciation anglaise la plus connue du nom divin »[9]. Dans la Traduction du Monde Nouveau, ce nom est présent tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau Testament [10].

Dans l'Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Dans la majorité des cas le tétragramme YHWH a été orthographié « Jéhovah ». Certaines traductions le rendent par « Seigneur » dans l'Ancien Testament, souvent en capitales d'imprimerie[11],[12]. Quelques versions le rendent également sous la forme « Jéhovah » ou « Yahweh », mais pas forcément à chaque endroit[13].

D'autres Bibles : Young's Literal Translation, Emphasized Bible de Rotherham, Darby, Modern KJV de Jay Green, American Standard Version et Catholic Jerusalem Bible mettent systématiquement le nom divin dans toutes les parties de l'Ancien Testament. Cependant, elles ne le font pas dans le Nouveau Testament, pour les raisons évoquées plus bas.

En plus des passages où le tétragramme est rendu par « Jéhovah », les traducteurs de la TMN citent 145 exemples supplémentaires où ils croient que celui-ci figurait à l'origine. Ils utilisent pour cela les travaux de C.D. Ginsburg (1831 - 1914) pour 141 exemples[14]. Les autres exemples sont basés sur une lecture de la Septante et des notes dans Biblia Hebraica de Rudolf Kittel's et la Biblia Hebraica Stuttgartensia[15].

Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Le Comité de la Traduction du Monde Nouveau (TMN) défend l'hypothèse selon laquelle le tétragramme aurait été enlevé des manuscrits du Nouveau Testament après le Ier siècle. De ce fait, il y emploie 237 fois le nom « Jéhovah », qu'il considère comme son équivalent en français, pour remplacer les mots grecs kyrios (Seigneur) et theos (Dieu) que l'on trouve dans les manuscrits grecs originaux[16],[10]. Le texte qui a servi de référence au comité de traduction de la TMN est le texte grec de Westcott et Hort[17].

Pour savoir où le nom « Jéhovah » allait figurer dans le Nouveau Testament de la TMN, le comité a d'abord listé plusieurs passages où les évangélistes ont cité des versets, des passages et des expressions tirés de l'Ancien Testament, puis s'est reporté au texte hébreu pour voir si le nom divin y figurait[18]. Le professeur Jason BeDuhn compte 78 passages où un auteur du Nouveau Testament cite un texte de l'Ancien Testament où le tétragramme est présent dans la version originale en hébreu[19].

Cependant, Robert J. Wilkinson fait remarquer que la TMN ne respecte pas toujours cette logique. En effet, il existe des passages du Nouveau Testament parlant du Christ, mais faisant référence à des passages de l'Ancien Testament contenant le tétragramme. Par exemple, 1 Pierre 3 : 14-15 demande de « sanctifiez le Christ comme Seigneur », alors que le parallèle que l'on trouve en Ésaïe 8 : 12-13 demande de tenir « Jéhovah des armées » pour saint[20].

D'autres traductions utilisent ou font référence au nom divin dans le Nouveau Testament. En effet, le tétragramme est présent dans certaines traductions en hébreu du Nouveau Testament écrites à partir du XVIe siècle[21],[22]. Des Bibles modernes l'utilisent aussi parfois. Pour prendre un exemple, Matthieu 1 : 20 est traduit ainsi dans la TMN : « Mais après qu’il (Joseph) eut réfléchi à cela, voyez, l'ange de Jéhovah lui apparut dans un rêve ». Ce passage est rendu de manière similaire dans d'autres traductions de la Bible, notamment dans la Bible de Chouraqui[23]. Une note sur ce passage de Matthieu dans la Bible de Darby fait aussi référence au tétragramme[24]. Le comité fait référence à ces ouvrages pour justifier du remplacement du terme kyrios par « Jéhovah » dans certains passages[25].

Aucun des plus de 5 000 manuscrits grecs du Nouveau Testament retrouvés ne contient le tétragramme[26],[27]. Cependant, bien que la majorité des manuscrits de l'Ancien Testament écrits en grec ne le contiennent pas non plus, il n'en est pas totalement absent. Par exemple, on peut citer le papyrus Fouad 266, qui est une copie du Pentateuque en grec datant du Ier siècle av. J.-C., mais aussi le papyrus Vindobonensis grec 39777, qui date de la fin du IIIe siècle apr. J.-C. Ces deux manuscrits, bien qu'ils soient en grec, contiennent le tétragramme écrit en caractères hébreu.

Le Comité de la TMN utilise, entre autres, le cas du papyrus Fouad 266 pour avancer l'idée que le tétragramme existait à l'origine dans la Septante grecque. Les témoins de Jéhovah postulent que les apôtres, en écrivant leurs évangiles en grec, citaient des passages de la Septante en usage à leur époque qui le contenaient, et utilisaient donc le nom divin. Cette idée qui voudrait que le tétragramme figure dans le texte original en grec de la Septante est défendue dès l'avènement du christianisme par Origène (IIIe siècle) et Jérôme (IVe siècle)[28]. De nos jours, elle est reprise par certains spécialistes, dont George Howard[29].

Selon les témoins de Jéhovah, le tétragramme aurait été retiré des textes grecs à cause de la loi orale juive, qui en interdisait l'usage. La Tossefta, recueil de lois orales compilées par écrit vers l’année 200, dit au sujet d’écrits appelés « gilyônim » qui prendraient feu un jour de sabbat : « Les « gilyônim » et les livres des hérétiques ne doivent [pas] être sauvés de l’incendie, mais il faut les laisser brûler sur place, eux et les noms ineffables [occurrences du nom divin]. » Dans la cette même source, Rabbi Yossé le Galiléen, qui a vécu aux Ier et IIe siècle de notre ère, explique ce qui devait se faire les autres jours de la semaine : « On découpera les emplacements des noms ineffables, on les déposera en lieu sûr, pendant que le reste est brûlé[30] ». Les témoins de Jéhovah, ainsi que certains spécialistes comme R.T. Herford[31], identifient ces « gilyônim » comme étant les écrits chrétiens, notamment les évangiles. Cependant, de nombreux spécialistes doutent de cette explication[32]. Par exemple, Moritz Friedlander observe qu'identifier ces livres comme étant les évangiles, dans lesquels le nom divin ne figure pas selon lui, est plutôt tordu[33]. Birger Pearson fait le même constat[34]. De même, William David Davies et Louis Finkelstein considèrent que ces « gilyônim » ne sont pas nécessairement les évangiles judéo-chrétiens[35]. Pour plusieurs spécialistes, il s'agirait en fait de notes en marge des textes bibliques[36],[37]. D'ailleurs, selon Simon-Claude Mimouni, le sens habituel du mot « gilyônim » est « bords » ou « marges » d'un rouleau de l’Écriture[38].

Thomas Römer affirme que la Septante n'a jamais contenu le nom divin, qui est remplacé dès sa rédaction initiale au IIIe siècle av. J.-C. par « theos » (Dieu) ou « kyrios » (Seigneur). Selon lui, la raison de ce remplacement est qu'il ne convient plus à un Dieu unique de porter un nom propre, nécessaire uniquement pour le distinguer des autres divinités[39]. Selon Paul Lamarche, Dieu perd son nom propre lors de la traduction de la Septante, et ce nom n'est plus jamais prononcé. Le but de cette transformation est d'abandonner « l'aspect local et archaïsant d'un Dieu qui s'était lié à quelques tribus avant de révéler son universalité »[40].

Selon le professeur Albert Pietersma, dès les temps pré-chrétiens les termes « adonai » et le tétragramme étaient considérés comme équivalent au terme grec « kyrios ». Ainsi, les traducteurs grecs remplaçaient le tétragramme par « kyrios » aussi naturellement qu'ils traitaient les termes hébreux plus génériques faisant référence à Dieu comme « el », « elohim » ou « shaddai »[41]. De plus, il considère que les manuscrits comme le papyrus Fouad 266 sont le témoignage d'une révision postérieure de la Septante, incluant le tétragramme là où il ne figurait pas à l'origine[42].

Les explications de Philon d'Alexandrie (Ier siècle) sur le livre de la Genèse démontrent qu'il avait sous les yeux un texte biblique en grec contenant « kyrios », et non le tétragramme[43].

Selon les témoins de Jéhovah, les paroles de Jésus figurant en Jean 17 : 6, où il dit : « J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde » impliqueraient que Jésus connaissait et utilisait le nom divin[44]. Cependant, pour les auteurs de la Bible Annotée, le nom de Dieu représente ici tout l’ensemble des perfections divines[45]. De même, les auteurs de la Bible du Semeur pensent que « le nom représente toute la personne et ses attributs[46] ». Une explication similaire est donnée dans les commentaires bibliques de Jamieson, Fausset et Brown, pour lesquels le nom représente « tout le caractère de Dieu envers l'humanité[47] ».

Le professeur Jason BeDuhn estime que modifier l'Ancien Testament pour y utiliser le terme « Seigneur » (comme dans certaines Bibles) ou le Nouveau Testament pour y mettre « Jéhovah » (comme dans la TMN) sont des pratiques qui « violent l'exactitude en faveur des expressions préférées pour Dieu[48] ».

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

La TMN traduit le mot « σταυρός » (stauros) par « poteau », alors que ce mot est rendu par « croix »[49] dans presque toutes autres traductions du Nouveau Testament. Cela est basé sur les travaux de John Parsons, qui maintient que « σταυρός » se rapporte à une construction d'une seule pièce de bois ou à un poteau plutôt qu'à une croix[50].

Elle traduit les mots « shéol » et « hadès » par « tombe », mais garde les termes « géhenne » et « tartare », alors que d'autres traductions emploient principalement le mot « enfer » pour la majorité, voire pour tous les mots qui précèdent. Elle emploie le mot « présence » plutôt que « venue », comme équivalent du mot grec Παρουσία (parousia). Le mot « âme » pour traduire le mot hébreu ne'phesh ou le mot grec de ψυχή (psykhē) est traduit en fonction du contexte par une personne, la vie d'une personne, des animaux voire, dans certains cas, des personnes mortes.

Puisque le mot « vous » en anglais peut être singulier et pluriel, la TMN anglaise emploie « YOU » en capitales d'imprimerie pour la forme plurielle et « you » en minuscules pour la forme singulière. D'après les auteurs, ceci a été fait pour une plus grande clarté[51].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Différentes éditions de la Traduction du Monde Nouveau, dont la version interlinéaire grec/anglais

En 2018, la TMN a été éditée, en tout ou en partie, en 174 langues[52], et a atteint un tirage total de plus de 225 millions d'exemplaires[53].

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour mettre en avant leur traduction de la Bible, les Témoins de Jéhovah citent généralement :

  • l'écrivain Alexander Thomson ;
  • leur propre interview du professeur d'histoire Benjamin Kedar[54] ;
  • certaines critiques positives du professeur d'histoire Jason BeDuhn[55] ;
  • et une critique positive venant d'une lettre du traducteur de la Bible Edgar Goodspeed, écrite en 1950[56].

Cependant, selon Andrew Holden, docteur en sociologie[57], les théologiens académiques qui ont une formation de bibliste estiment en général que la TMN traduit de façon inexacte certains versets de la Bible[58]. Les Dr. John Ankerberg et John Weldon citent plusieurs spécialistes qui pensent ainsi[59], dont :

  • le docteur Robert H. Countess, qui estime que la TMN « a lamentablement échoué pour ce qui est de ne pas laisser les considérations doctrinales influencer la traduction », ajoutant que « la traduction des Écritures Grecques Chrétiennes doit être considérée comme un travail radicalement biaisé », voire « carrément malhonnête » à quelques endroits[60] ;
  • le professeur Anthony A. Hoekema, docteur en théologie, qui estime qu'il s'agit d'une « traduction falsifiée[61] » ;
  • et le docteur Julius R. Mantey, spécialiste en grec biblique, qui qualifie le Nouveau Testament de la TMN de « distorsion » plutôt que de « traduction »[62].

Outre ces exemple, d'autres spécialistes ont critiqué la TMN, tels que :

  • le docteur en théologie Harold H. Rowley, qui dit que cette traduction « est un brillant exemple de la manière dont la Bible ne devrait pas être traduite », et ajoute qu'elle est « une insulte à la Parole de Dieu »[63] ;
  • Henry J. Heydt, fondateur du « Lancaster Bible College »[64], qui considère la traduction comme « un travestissement volontaire de la Sainte Parole de Dieu[65] » ;
  • le théologien William Barclay, qui affirme que « la distorsion délibérée de la vérité de cette secte est évidente dans leur traduction du Nouveau Testament ». Pour lui, « il est très clair qu'une secte qui peut traduire le Nouveau Testament de cette manière est malhonnête intellectuellement[66] » ;
  • Bruce M. Metzger, qui affirme que « dans l'ensemble, on a une assez bonne impression de l’érudition des traducteurs[67] », mais qui identifie des passages où la traduction a été écrite pour appuyer la doctrine, avec de nombreux exemples où le grec est rendu de manière incorrecte[68].

Comité de traduction[modifier | modifier le code]

Les membres du comité qui a traduit la Traduction du Monde Nouveau (TMN) ont souhaité demeurer anonymes, déclarant vouloir s'assurer que la gloire aille à Dieu et non pas à eux[69]. Cette façon de procéder a été critiquée, car elle implique que les qualifications des traducteurs ne peuvent pas être vérifiées.

Pour pallier ce problème, Raymond Franz, un ancien membre du Collège central, a déclaré que le comité de traduction était composé de Frederick William Franz, George D. Gangas, Karl F. Klein, Nathan Homer Knorr et Albert D. Schroeder[70]. Selon William Cetnar, un ex-Témoin de Jéhovah qui a travaillé au siège mondial de l'organisation jusqu'en 1958[71], Milton George Henschel a également été membre du Comité de traduction[72]. Raymond Franz et William Cetnar soutiennent tous deux que les traducteurs de la TMN étaient insuffisamment qualifiés pour effectuer cette tâche, et que seul Frederick Franz avait une connaissance suffisante des langues bibliques. La petite taille du Comité de traduction a été aussi pointée du doigt, surtout en comparaison avec le nombre de traducteurs impliqués pour effectuer la plupart des autres traductions en anglais[73].

Passages controversés[modifier | modifier le code]

Les passages controversés, principalement par les églises chrétiennes, concernent notamment la divinité du Christ[74], mais également d'autres sujets tels que l'immortalité de l'âme ou la seconde venue de Jésus.

En Matthieu 25 : 46, les traducteurs utilisent le mot « retranchement » tandis que d'autres traduisent par « châtiment ». Ainsi, la TMN rend le texte : « Et ceux-ci s’en iront au retranchement éternel, mais les justes à la vie éternelle ». La Bible Louis Second traduit ainsi: « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. »

En Jean 8 : 58, la TMN utilise le verbe « être » au passé au lieu du présent. Ainsi, le texte est traduit : « Jésus leur dit : « Oui, je vous le dis, c'est la vérité : Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été ». ». La Bible Louis Second traduit ainsi : « Jésus leur dit : En vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. »

En Hébreux 9 : 27, le terme « une fois pour toutes » est ajouté. Ce verset est donc rendu ainsi: « De même qu'il est réservé aux hommes de mourir une fois pour toutes, mais après cela de recevoir un jugement ». La Bible Louis Segond traduit « Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement ».

En Luc 23 : 43, la TMN rend le passage ainsi : « Et il lui dit : « Vraiment, je te le dis aujourd’hui : Tu seras avec moi dans le Paradis. » ». La Bible Louis Second rend ce passage comme suit : « Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »[16]

En Jean 1 : 1, Jésus n'est pas « Dieu », mais « un dieu ». Bien que cette traduction fasse polémique auprès de certains biblistes, d'autres versions de la Bible expriment la même idée[75]. Le terme qui est traduit par « un dieu » est « theos » en grec, sans article défini. Le fait qu'il n'y ait pas d'article défini est utilisé comme argument pour traduire ainsi, même si ce n'est pas forcément le seul argument. Pourtant, comme le fait remarquer John Ankerberg, ce même mot sans article défini est traduit par « Dieu » ou « Jéhovah » quelques versets plus loin, notamment en Jean 1 : 6, 12, 13, 18 et 23[76].

En Matthieu 24 : 3, le terme « venue » dans la Bible Louis Segond est rendu par « présence » dans la TMN.

Ces exemples ne représentent qu'une petite partie des passages de la Traduction du Monde Nouveau qui ont fait l'objet de critiques[77].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens favorables[modifier | modifier le code]

Liens défavorables[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie favorable[modifier | modifier le code]

  • (en) Jehovah's Witnesses defended: An Answer to Scholars and Critics, 3rd Edition, Greg Stafford, Elihu Books, 2009 (ISBN 0-9659814-7-9)
  • (en) Your Word is Truth, Essays in celebration of the 50th anniversary of the New World Translation of the Holy Scriptures (1950, 1953), Anthony Byatt et Hal Flemings, Golden Âge books, 2004 (ISBN 0-9506212-6-9)
  • (en) The role of theology and bias in Bible translation: With a special look at the New World Translation of Jehovah's Witnesses, Rolf Furuli, Elihu Books, 1999 (ISBN 0-9659814-9-5)

Bibliographie neutre[modifier | modifier le code]

  • (en) Truth in translation - Accuracy and bias in english translations of the New Testament, Jason BeDunn, 2003 (ISBN 0-7618-2556-8)

Bibliographie défavorable[modifier | modifier le code]

  • Pierre Oddon, Les Saintes Écritures, Traduction du Monde nouveau - une falsification, Diffusion de l'Évangile, Marseille, 1993
  • Raymond Franz, Crise de conscience, 2003
  • (en) R. M. Bowman, Understanding Jehovah's Witnesses: Why they read the Bible the way they do, 1991
  • (en) David A. Reed, Jehovah's Witnesses: Answered verse by verse, 1986, (ISBN 0-80107-739-7)
  • (en) Robert Countess, The Jehovah’s Witness' New Testament : A Critical Analysis of the New World Translation of the Christian Greek Scriptures, Presbyterian & Reformed (ISBN 0875522106)
  • (en) J. W. Sire, Scriptures Twisting, 1980
  • (en) Anthony A. Hoekema, Jehovah's Witnesses, 1984
  • (en) Anthony A. Hoekema, The Four Major Cults: Christian Science, Jehovah's Witnesses, Mormonism, Seventh-Day Adventism, 1963 (ISBN 0-8028-0445-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. The Watchtower, , p. 672: "Up until 1950 the teachings of Jehovah’s witnesses were based mainly upon the King James Version of the Bible"
  2. (en) Heather Botting et Gary Botting, The Orwellian World of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press (ISBN 0-8020-6545-7), p. 99 :

    « The King James Bible was used by the Witnesses prior to the release of their own version, which began with the Greek Scriptures, in 1950. »

  3. La Tour de Garde du 15 janvier 2001, p. 30
  4. "Announcements", The Watchtower, August 1, 1954, page 480
  5. Bible Knowledge Made Plain Through Modern Translation, The Watchtower, October 15, 1961, page 636
  6. JW.org, « Une étape réjouissante dans l’histoire de la Parole de Dieu »
  7. a et b JW.org « Préface »
  8. JW.org, « L'édition anglaise révisée de 2013 de la Traduction du monde nouveau »
  9. Étude perspicace des Écritures, vol. 2, p. 5
  10. a et b Bowman, Robert M. Understanding Jehovah's Witnesses. Grand Rapids: Baker Book House, 1991, p. 114
  11. Translation of the Bible, J. M. Powis Smith et Edgar J. Goodspeed, préface : « In this translation we have followed the orthodox Jewish tradition and substituted ‘the Lord’ for the name ‘Yahweh’ and the phrase ‘the Lord God’ for the phrase ‘the Lord Yahweh.’ In all cases where ‘Lord’ or ‘God’ represents an original ‘Yahweh’ small capitals are employed. »
  12. Revised Standard Version, préface : « For two reasons the Committee has returned to the more familiar usage of the King James Version [omitting the name of God]: (1) the word ‘Jehovah’ does not accurately represent any form of the Name ever used in Hebrew; and (2) the use of any proper name for the one and only God, as though there were other gods from whom he had to be distinguished, was discontinued in Judaism before the Christian era and is entirely inappropriate for the universal faith of the Christian Church. »
  13. Par exemple : King James Version (Exode 6:3, Psaume 83:18, Isaïe 12:2;26:4.) et The Living Bible. La Sainte Bible par J.N. Darby (1988) contient le nom divin "Jéhovah" dans certains passages de l'ancien Testament comme Genèse 22:14; Exode 6:3 et Matthieu 1:20 (voir la note)
  14. TMN, avec références, 1995, appendice 1B, p. 1678
  15. TMN, avec références, 1995, appendice 1A, p. 1677
  16. a et b (en) Bernard Blandre, Les Témoins de Jéhovah, Brepols, coll. « Fils d'Abraham » (ISBN 9782503500638), p. 27
  17. JW.org, « Le nom divin dans les Écritures grecques chrétiennes »
  18. JW.org, « Le nom divin Jéhovah a-​t-​il sa place dans le Nouveau Testament ? »
  19. Truth in Translation, BeDuhn, p. 174 : « There are actually seventy-eight passages where a New Testament author rather directly quotes an Old Testament passage in which YHWH appears in the original Hebrew. »
  20. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 93 - Wilkinson fait aussi référence à d'autres endroit où remplacer kyrios par « Jéhovah » pose problème, notamment Philippiens 2 : 10-11 (à comparer avec Ésaïe 45 : 23) et Romains 10 : 13
  21. « Le nom divin et le 'Nouveau Testament' »
  22. Evangelium secundum Matthiœum un lingua hebraica, cum versione latina, par S. Münster- Bâle 1537 ; Quatuor Evangelia Novi Testamenti Ex Latino in Hebraicum, par G. Jona- Rome 1668
  23. La Bible, par A. Chouraqui, Paris 1985 : « messager de IHVH-Adonaï »
  24. La Sainte Bible, par J. Darby, Valence 1970, donne en note sur Matthieu 1 : 20 : « 'Seigneur', sans l’article dans le grec, pour 'Jéhovah (l’Éternel)', ici et ailleurs»
  25. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 92-93
  26. Robert M. Bowman et J. Ed Komoszewski, Putting Jesus in His Place: The Case for the Deity of Christ, 2007, p. 159
  27. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 91-92
  28. M. Delcor, « Des diverses manières d'écrire le tétragramme sacré dans les anciens documents hébraïques », 1955, p. 151-152
  29. The Tetragram and the New Testament, George Howard, 1977, cité dans De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, p. 87
  30. Jewish encyclopedia, « Gilyonim »
  31. Christianity in the Talmud, 1903 page 155
  32. Dan Jaffé, Les identités en formation: Rabbis, hérésies, premiers chrétiens, 2018, chapitre 2, section « État de la recherche »
  33. Friedlander, Der vorchristliche jiidische Gnosticismus (1899) cité dans ‘Gnosticism, Judaism and Egyptian Christianity’, Pearson, 1990
  34. Gnosticism, Judaism and Egyptian Christianity, Pearson, 1990, Fortress Press, Minneapolis
  35. The Cambridge History of Judaism, 1990, p. 773
  36. The Cambridge History of Judaism, 1990, p. 278, note 64
  37. James Carleton Paget, Jews, Christians and Jewish Christians in Antiquity, 2010, p. 272
  38. Simon-Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Chapitre II, section 4, « Les Sifrei ha-minim »
  39. L'Invention de Dieu, Thomas Römer
  40. Paul Lamarche dans Le Monde grec ancien et la Bible, sous la direction de Claude Mondésert, 1984, page 32
  41. De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, pages 98-99
  42. De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, pages 99-100
  43. N. A. Dahl and Alan F. Segal, “Philo and the Rabbis on the Names of God,” JSJ 9 (1978) 1-28, cité par De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, p. 93
  44. JW.org, « Je leur ai fait connaître ton nom »
  45. Jean 17 : 6, Bible Annotée
  46. Jean 17 dans la Bible du Semeur
  47. Commentary Critical and Explanatory on the Whole Bible, John 17
  48. (en) Jason David BeDuhn, Truth in Translation : Accuracy and Bias in English Translations of the New Testament, University Press Of America (ISBN 076182555X), p. 170
  49. The standard lexicographical work of the Greek language donne « croix » comme signification de ce mot, mais indique que sa signification première est un « pieu » enfoncé servant de base
  50. The non-christian cross, John Denham Parsons. Expository dictionary of New Testament words, Vine : « 'Stauros' denotes, primarily, an upright pole or stake... Both the noun and the verb stauroo, to fasten to a stake or pole, are originally to be distinguished from the ecclesiastical form of a two-beamed cross. The shape of the latter had its origin in ancient Chaldea (Babylon), and was used as the symbol of the god Tammuz (being in the shape of the mystic Tau, the initial of his name)...By the middle of the 3rd century A.D. the churches had either departed from, certain doctrines of the Christian faith. In order to increase the pretige of the apostate ecclesiastical system pagans were received into the churches apart from regeneration by faith, and were permitted largely to retain their pagan signs and symbols. Hence the Tau or T, in its most frequent form, with the cross piece lowered, was adopted... »
  51. TMN, p. 1547
  52. Parution de la Traduction du monde nouveau en sena et en tshwa [2018-09-24] (jw.org)
  53. La Bible: Traduction du Monde Nouveau en tshwa, au format PDF (jw.org)
  54. Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile, Watchtower Bible and Tract Society, p. 326
  55. « « La meilleure version interlinéaire du Nouveau Testament » », La Tour de garde, Watchtower Bible and Tract Society,‎ , p. 32 ; « Une traduction « remarquablement bonne » », La Tour de garde, Watchtower Bible and Tract Society,‎ , p. 30
  56. « Une étape réjouissante dans l’histoire de la Parole de Dieu », La Tour de garde, Watchtower Bible and Tract Society,‎ , p. 31
  57. Blackburn College, Dr Andrew Holden
  58. (en) Andrew Holden, Jehovah's Witnesses : Portrait of a Contemporary Religious Movement, Routledge (ISBN 0415266092), p. 158 : « Academic theologians who are trained in biblical scholarship often express concern at what they claim are inaccuracies in all the organisation's materials, including its own version of the scriptures »
  59. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures - Part 2
  60. (en) Robert Countess, The Jehovah’s Witness' New Testament : A Critical Analysis of the New World Translation of the Christian Greek Scriptures, Presbyterian & Reformed, (ISBN 0875522106), p. 91-93
  61. (en) Anthony A. Hoekema, The Four Major Cults : Christian Science, Jehovah's Witnesses, Mormonism, Seventh-day Adventism, William B. Eerdmans (ISBN 0802831176), p. 242
  62. (en) Julius Robert Mantey, Depth Exploration in the New Testament, Vantage Press (ISBN 0533045355), p. 136-137
  63. « How Not To Translate the Bible », The expository Times, November 1953, p. 41-42
  64. About Lancaster Bible College
  65. (en) Henry Heydt, Jehovah's Witnesses : Their Translation, American Board of Missions to the Jews
  66. R. Rhodes, The Challenge of the Cults and New Religions, The Essential Guide to Their History, Their Doctrine, and Our Response, Zondervan, 2001, p. 94
  67. Bruce M Metzger, « The New World Translation of the Christian Greek Scriptures, The Bible Translator », 15/3 (Juillet 1964) p. 151.
  68. Bruce M. Metzger, « Jehovah's Witnesses and Jesus Christ », Theology Today, (Avril 1953) p. 74; voir aussi Metzger, « The New World Translation of the Christian Greek Scriptures ».
  69. Les Témoins de Jéhovah - Prédicateurs du Royaume de Dieu, 1993, p. 608
  70. Crisis of Conscience, Raymond Franz, 4e édition, Commentary Press, Atlanta, 2004, p. 56
  71. Edmond C. Gruss, The Four Presidents of the Watch Tower Society (Jehovah's Witnesses)
  72. (en) A critical look at the Jehovah's Witness Bible, M. Kurt Goedelman
  73. (en) The New World Translation : God's world ?, Mike Spencer
  74. « Jehovah's Witnesses and their New Testament », Andover Newton Quarterly, 3.3 (1963), p. 31
  75. « et la parole était un dieu » - The New Testament - in An Improved Version, Upon the Basis of Archbishop Newcome's New Translation: with a correct text - London 1808 ; « et la parole était dieu » - La Sainte Bible - Nouveau Testament par H. Oltramare - 1879 ; « et le Logos était dieu » - Pages choisies des Evangiles par H. Pernot- Paris 1925 ; « et le Verbe était un être divin » - Bible du Centenaire - 1929 ; « et de condition divine était le Logos » - Das Evangelium nach Johannes, par J. Schneider- Berlin 1976.
  76. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 5, « 11. John 1:1 »
  77. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 6