Susan Travers

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Susan Travers
Image illustrative de l'article Susan Travers

Naissance 23 septembre 1909
Londres, Royaume-Uni
Décès 18 décembre 2003 (à 94 ans)
Paris, France
Origine Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande - Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade adjudant-chef (Conductrice ambulancière)
Années de service 1940-1948
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Faits d'armes Bataille de Bir Hakeim
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Médaille coloniale
Officier de l'Ordre du Nichan Iftikhar
Médaille militaire
Autres fonctions joueuse de tennis semi-professionnelle

Susan Travers, née à Londres le et morte à Paris le , est une militaire britannique, seule femme à la Légion étrangère[1], où elle fut surnommée « la Miss ».

Elle fut le chauffeur puis la maîtresse du général Kœnig au cours de la Seconde Guerre mondiale[2]. Pour sa conduite à Bir Hakeim, elle reçut la croix de guerre 1939-1945. Elle est en outre décorée de la Médaille commémorative 1939-1945 avec les agrafes Afrique, Italie et Libération, de la médaille coloniale, du mérite syrien de 4e classe, de la Croix de libération finlandaise. Elle est aussi officier de l'ordre du Nichan Iftikhar.

Origines[modifier | modifier le code]

Fille d'une aristocrate et d'un officier de la marine de guerre britannique, Susan Travers s'installe avec ses parents sur la côte d'Azur pendant les Années folles[2].

Avant la guerre, elle était joueuse de tennis semi-professionnelle.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Elle s'engage comme conductrice d'ambulance en Finlande en 1940[2]. En 1941, elle est conductrice d'un médecin du service de santé de la 1re division française libre pendant la campagne de Syrie, au cours de laquelle les Français fidèles au gouvernement de Vichy combattent leurs concitoyens des Forces françaises libres.

Elle rejoint ensuite l'Afrique du Nord via le Dahomey et le Congo.

Fin , alors que l'Afrika Korps prépare l'attaque de Bir-Hakeim, le général Kœnig ordonne à toutes les femmes présentes sur place de quitter la position.

Le , Bir-Hakeim subit la première attaque de l'Afrika Korps. Peu après, Susan Travers se joint à un convoi en provenance de l'arrière et Kœnig accepte sa requête de retourner à Bir-Hakeim, car il pressent la victoire alliée.

Au cours des deux semaines suivantes, la Luftwaffe effectue plus de 1 400 vols sur des positions alliées alors que quatre divisions germano-italiennes lancent un assaut terrestre. Au cours du bombardement, un obus crève le toit du véhicule du général Kœnig, que sa conductrice, Susan Travers, aidée par un conducteur vietnamien, fait remettre immédiatement en état.

Le , Susan Travers conduit le général lors de l'évacuation du camp. La colonne au sein de laquelle se trouve leur véhicule traverse un champ de mines sous le feu des mitrailleuses ennemies. Kœnig ordonne alors à Susan Travers de porter leur véhicule en tête de la colonne :

« Il dit : Nous devons passer en tête. Si nous y arrivons, ils nous suivront. Ce fut alors une sensation fantastique, rouler aussi vite que possible au milieu de la nuit. Mon principal souci était que le moteur tienne le coup. »

— Susan Travers.

A 11 h 30, le 10 juin, la colonne atteint les lignes britanniques. Sur le véhicule de Travers on relève onze impacts et les amortisseurs comme les freins étaient hors d'usage.

Plus tard au cours de la guerre, Susan Travers est blessée lorsque leur véhicule saute sur une mine.

Elle sert ensuite en Italie, en France et en Allemagne.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, sa situation militaire est régularisée et elle est engagée au sein de la Légion étrangère comme adjudant-chef. Elle est (en ) la seule femme à avoir reçu un matricule de légionnaire d'active[3].

Elle sert ensuite en Indochine et démissionne en 1947.

Vie sentimentale[modifier | modifier le code]

Elle eut de nombreuses liaisons, dont Tony Drake, un officier britannique aide de camp de De Gaulle, puis Dimitri Amilakvari, enfin Kœnig qui fut probablement son grand amour mais qui rompit à plusieurs reprises.

En 1947, elle se marie avec l'adjudant-chef de la Légion Nicolas Schlegelmilch et le couple s'établit en France. Après la mort de son mari en 1995 elle reste en France. Le couple eut deux fils[4].

Postérité[modifier | modifier le code]

En 2000, à l'âge de 90 ans, elle écrit, avec l'aide de Wendry Holden, son autobiographie Tomorrow to Be Brave: A Memoir of the Only Woman Ever to Serve in the French Foreign Legion[5].

En 2010, lors de son discours de réception à l'Académie française au siège de Pierre Messmer, Simone Veil lui rend hommage[2].

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • « Susan, l'héroïne cachée de Bir Hakeim » - Documentaire de la Case du siècle - Patrick Jeudy - Durée : 52 min - Première diffusion le sur France 5.
  • Tant que dure le jour Traduction de son autobiographie. Editions Plon, 2001-Editions J'AI LU, 2003.
  • Gérard Bardy, La Légionnaire - Héroïque et libertine, Paris, Editions Pygmalion,

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Matricule "22166" à la Légion Étrangère : "Susan, l'héroïne cachée de Bir Hakeim", film de Patrick JEUDY, auteur-réalisateur /// "Miss Travers : femme oubliée ou effacée ?" de "Retour aux sources" Elodie DE SELYS, RTB La Une, vendredi 03-11-2017
  2. a, b, c, d, e, f et g Blaise de Chabalier, « Susan Travers, l'aventurière amoureuse », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 3 / dimanche 4 mars 2018, page 32.
  3. « Bientôt des femmes légionnaires? « Il faudra y réfléchir », a dit M. Le Drian », sur opex360.com, (consulté le 11 juillet 2016)
  4. (en) « Obituaries : Susan Travers », sur The Telegraph, (consulté le 7 mars 2018)
  5. en français : Tant que dure le jour, éditions Plon, 2001, (ISBN 978-2259192897).

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]