Stefan Löfven

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Stefan Löfven
Illustration.
Stefan Löfven en 2017.
Fonctions
Premier ministre de Suède
En fonction depuis le
(6 ans, 11 mois et 20 jours)
Monarque Charles XVI Gustave
Gouvernement Löfven
Législature 49e et 50e
Coalition SAP-MP
Prédécesseur Fredrik Reinfeldt
Premier secrétaire du Parti social-démocrate suédois des travailleurs
En fonction depuis le
(9 ans, 7 mois et 27 jours)
Réélection
Prédécesseur Håkan Juholt
Biographie
Nom de naissance Kjell Stefan Löfven
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Stockholm (Suède)
Nationalité Suédois
Parti politique SAP
Profession Syndicaliste
Religion Agnostique
Résidence Sagerska huset, Stockholm

Signature de Stefan Löfven

Stefan Löfven
Chefs du gouvernement de Suède

Kjell Stefan Löfven (/ˈsteːfan lœˈveːn/[1]) est un homme d'État et syndicaliste suédois né le à Stockholm. Il est membre du Parti social-démocrate suédois des travailleurs et Premier ministre depuis .

Membre de l'Union suédoise des travailleurs de la métallurgie (Metall) depuis , il préside le nouveau syndicat IF Metall à partir la fondation de celui-ci en . Il quitte le syndicalisme après avoir pris la direction du Parti social-démocrate en .

Après la victoire de son parti lors des élections législatives de 2014, il est nommé Premier ministre et conduit une coalition alliant les sociaux-démocrates et les écologistes. Il est reconduit en 2018 puis renversé par le Riksdag en , avant d'être réinvesti. Il annonce peu après son intention de démissionner en novembre suivant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une enfance modeste[modifier | modifier le code]

Stefan Löfven est né à Hägersten-Liljeholmen dans la banlieue sud de Stockholm. Il a un frère ainé et n'a pas connu son père. À l'âge de dix mois, il est placé dans une famille d'accueil à Sunnersta (commune de Sollefteå), sa mère biologique ne pouvant pas s'occuper d'un deuxième enfant. Son père adoptif, Ture Melander (1926-2003), est bûcheron, puis ouvrier d'usine tandis que sa mère adoptive Iris Melander travaille comme aide à domicile. Les Melander ont deux autres enfants, Monika et Roland[2].

Études[modifier | modifier le code]

Il suit pendant deux ans les cours de la filière économique du lycée de Sollefteå, puis un cours de soudure pendant quarante-huit semaines à Kramfors. Après son service militaire, il entame des études d'économie dans le supérieur à Umeå mais abandonne au bout d'un an et demi[2].

Syndicalisme[modifier | modifier le code]

Il commence sa vie professionnelle en 1979, comme soudeur chez Hagglund & Sons à Örnsköldsvik. Il y reste jusqu'en 1995. Chez Hagglunds, il rencontre sa future épouse, Ulla.

En 1981, il devient délégué syndical de l'Union suédoise des travailleurs de la métallurgie (Metall) dans son usine, après quoi il brigue un certain nombre de mandats syndicaux. Il est nommé médiateur central de Metall en 1995, travaillant sur les questions relatives au contrat au niveau national et international.

Il est placé au poste de secrétaire international de la centrale syndicale en 1998, puis en 1999, il prend les fonctions de secrétaire général. Il est élu vice-président du syndicat en 2001.

Au mois de se tient le congrès de fusion de Metall et de l'Union industrielle suédoise (Industrifacket), qui ensemble forment le syndicat IF Metall. Stefan Löfven est choisi pour en prendre la présidence lorsque la fusion sera effective, le .

Critiques[modifier | modifier le code]

Löfven a été critiqué par la société suédoise de Paix et d'Arbitrage, cette dernière prétendant qu'il était un lobbyiste des armes car il préconisait une augmentation de l'achat d'armes par l'État pour soutenir l'industrie de la défense[3], qui emploie des milliers de personnes à travers tout le pays et qui était en crise du fait de la signature de contrats avec des entreprises brésiliennes d'armement[4].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Stefan Löfven a été élu au comité exécutif des sociaux-démocrates en 2006.

Après que Håkan Juholt a quitté précipitamment le poste de président du Parti social-démocrate, le comité exécutif réuni le suggéra Löfven pour prendre la direction du parti. Il est investi dans ces fonctions dès le lendemain.

C'est lui qui mène les sociaux-démocrates aux élections générales du 14 septembre 2014 : le parti termine en tête avec 31 % des voix, tandis que les trois partis de gauche remportent une majorité relative au Riksdag. Löfven est pour la première fois élu parlementaire.

Premier ministre de Suède[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Le , il est désigné Premier ministre par le Riksdag, puis forme un gouvernement de coalition minoritaire avec les Verts, constitué de vingt-trois ministres. Deux femmes, Margot Wallström et Magdalena Andersson, sont chargées des portefeuilles régaliens des Affaires étrangères et des Finances, tandis qu'Åsa Romson, porte-parole des Verts, est nommée vice-Premier ministre et ministre de l'Environnement. Dans le même temps, le nouveau chef du gouvernement suédois déclare que la Suède reconnaîtra la souveraineté de « l'État de Palestine », devenant ainsi la première nation européenne assumant une telle position vis-à-vis de ce territoire[5].

Confronté à une crise gouvernementale causée par les résultats du parti des Démocrates de Suède, il négocie avec les partis de l'Alliance (les Modérés, Parti du centre, Parti du peuple - Les Libéraux et les Chrétiens-démocrates) pour trouver une solution et éviter une nouvelle élection. Le , le gouvernement et les partis de l'Alliance annoncent que les six grandes partis sont parvenus à un accord visant à assurer que les gouvernements minoritaires seront en mesure d’appliquer leur budget au Riksdag. Ce pacte, nommé « l'accord de décembre » (Decemberöverenskommelsen), a été présenté par Löfven comme « historique » et sera en vigueur jusqu'aux élections législatives de 2022, quels que soient les résultats du prochain scrutin parlementaire qui devrait être convoqué en 2018. Par la suite, Löfven a annoncé l'annulation des élections législatives anticipées[6].

Deuxième mandat[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du , le Parti social-démocrate obtient seulement 28,3 % des voix et cent députés sur 349 au Riksdag, restant le premier de Suède. La coalition de gauche et centre gauche qui le soutient totalise 144 élus, soit un de plus que L'Alliance.

Lors d'un vote organisé le au Parlement, les parlementaires de L'Alliance et des Démocrates de Suède (SD) adoptent une motion qui démet Löfven de ses fonctions[7]. Toutefois, le président du Riksdag Andreas Norlén l'invite le à former le nouveau gouvernement suédois, après que le premier secrétaire des Modérés Ulf Kristersson a échoué dans cette tâche[8]. Il rend sa mission à son tour le , n'étant pas parvenu à constituer un nouvel exécutif[9]. Après lui, c'est Annie Lööf qui tente de forger une majorité mais à la suite de son échec, Löfven est rappelé pour cet exercice le et Norlén précise qu'un vote doit se tenir au Riksdag dans les semaines à venir pour éventuellement investir le Premier ministre sortant d'un second mandat[10]. Le , les députés rejettent sa candidature par 200 voix contre 116[11].

Il parvient le à conclure un accord pour établir avec les écologistes un nouveau gouvernement minoritaire bénéficiant du soutien du Parti du centre (C) et du Parti libéral (L), pourtant membres de L'Alliance[12]. Il est effectivement réélu par le Riksdag le suivant, par 115 voix pour, 153 voix contre et 77 abstentions, au prix d'importantes concessions à ses nouveaux soutiens, notamment l'assouplissement du droit du travail, la libéralisation du marché du logement et une diminution de la fiscalité[13].

Renversé en juin 2021, il est réinvesti chef du gouvernement le 7 juillet suivant, mettant un terme dans l'immédiat à la crise politique inédite qui a agité le pays[14].

Démission[modifier | modifier le code]

Le suivant, Stefan Löfven annonce son intention de quitter la direction du Parti social-démocrate lors de son prochain congrès, convoqué en . Fragilisé politiquement et affecté personnellement par la défiance du Parlement à son égard trois mois plus tôt, il souhaite ainsi laisser le temps à son successeur de gagner en notoriété dans la perspective des élections législatives de 2022[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en suédois standard retranscrite selon la norme API.
  2. a et b [1].
  3. (sv) « Början till slutet för den svenska försvarsindustrin », DN.Debatt, .
  4. (sv) « Fackligt samarbete Sverige–Brasilien till förmån för Jas Gripen », IF metall, .
  5. AFP, « La Suède va reconnaître l'« État de Palestine », Le Monde, .
  6. Pascal Titeux, Coup d’État en Suède ?, Contrepoints, .
  7. AFP, « Suède : le premier ministre Stefan Löfven démis par le Parlement », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Reuters, « Suède-Le Premier ministre sortant invité à former un nouveau gouvernement », Zone Bourse,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. AFP, « Suède: toujours pas de gouvernement 8 semaines après les élections », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. Reuters, « Suède: Löfven encore pressenti pour former le gouvernement, vote en décembre », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Agence télégraphique suisse/Reuters, « Les députés suédois disent non à un nouveau gouvernement Löfven », La Liberté, .
  12. « Suède : enfin un accord de gouvernement », sur Euronews, .
  13. AFP, « En Suède, Stefan Löfven reconduit au poste de premier ministre après quatre mois de blocage », Le Monde, .
  14. https://www.lefigaro.fr/flash-actu/crise-politique-en-suede-le-social-democrate-stefan-loefven-reinvesti-premier-ministre-20210707
  15. Anne-Françoise Hivert, « En Suède, la démission surprise mais pas si étonnante du premier ministre Stefan Löfven », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]