Armand Trousseau

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Armand Trousseau
Trousseau, Armand, Nadar, BNF Gallica.jpg
Armand Trousseau par Nadar.
Fonctions
Député d'Eure-et-Loir
-
Conseiller général de Seine-et-Oise
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Maxime Jacquemin
Jean-Bernard Toussaint Jacquemin-Bellisle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Georges Phillipe Trousseau (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Dir. de thèse
Distinction
Père-Lachaise - Division 40 - Trousseau 02.jpg
Vue de la sépulture.

Armand Trousseau, né le à Tours et mort le à Paris, est un médecin, clinicien et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant une formation initiale de professeur de lettres classiques, il commence ses études médicales dans sa ville natale de Tours sous la tutelle de Pierre Fidèle Bretonneau, avec qui il apprend les méthodes d'observation clinique à l'hôpital général. Il devient docteur en médecine en 1825, puis agrégé de la faculté de médecine de l'université de Paris en 1827.

L'année suivante, le gouvernement le charge d'évaluer les ravages épidémiques dans le centre de la France. Trousseau est dépêché à Gibraltar, par le comité de la recherche sur la fièvre jaune, pour aller examiner des patients.

En 1830, il devient médecin des hôpitaux et, en 1832, il obtient une position dans la santé publique au Bureau central. Il continue sa formation avec Joseph Récamier à l'Hôtel-Dieu comme médecin.

En 1837, l'Académie médicale lui offre un prix honorifique pour ses travaux dans cet hôpital. Deux ans plus tard, Armand Trousseau est nommé à la tête de la chaire en thérapie et en pharmacologie par la faculté de médecine de Paris, et la même année il est transféré à l'hôpital Saint-Antoine.

Trousseau est élu député d'Eure-et-Loir le au sein de l'Assemblée nationale constituante (dans le camp des indépendants) qui est chargée d'établir la nouvelle constitution. Il y fera preuve, durant près d'un an, de sa grande qualité d'orateur, mais il décide rapidement d'arrêter toute vie politique écrivant le à son ami Pierre Bretonneau que « décidément, je ne descendrai plus dans la cuisine quand je voudrais dîner avec appétit »[1].

En 1850, il devient membre de l'Académie de médecine. Il est le rédacteur du Journal des connaissances médicochirurgicales. Il sera l'un des premiers à appliquer la trachéotomie. Ses observations cliniques de l'Hôtel-Dieu seront éditées plusieurs fois, la première édition datant de 1861-62. Son nom sera donné à la contracture de la main observée notamment lors de crise de spasmophilie qu'il décrira en 1861 (signe de Trousseau).

Un hôpital pour enfants porte son nom à Paris, l'hôpital Armand-Trousseau, ainsi qu'un autre au CHU de Tours. Il existe un square Trousseau à l’ancien emplacement de l’hôpital parisien ainsi qu’une rue Trousseau qui lui est proche.

Il meurt dans le 9e arrondissement de Paris[2] en 1867 d'un cancer gastrique dont il avait lui-même fait le diagnostic six mois plus tôt devant l'apparition d'une thrombose veineuse du membre supérieur (nommée plus tard en son honneur le syndrome de Trousseau dans le cadre d'une hypercoagulabilité para-néoplasique). Il a ce mot célèbre : « Je suis perdu, une phlébite qui vient de se déclarer cette nuit ne me laisse plus aucun doute sur la nature de mon mal. » Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, dans la division no 40[3].

Il a eu deux enfants, dont Georges Trousseau (en) (1833–1894), lequel, ayant également bénéficié d'une formation de médecin, a terminé ses jours sur l'île d'Hawaï.

Son petit-fils Armand-Henri Trousseau (1856–1910), fils de Georges, est un célèbre ophtalmologue.

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Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • [Consultation pour Mlle Mathilde Nonus du à Paris], Archive numérisée en ligne
  • « Expériences homéopathiques tentées à l’Hôtel-Dieu de Paris », avec Henri Gouraud, in: Journal des connaissances médico-chirurgicales, 8 (1834): 238-41.
  • Traité pratique de la phtisie laryngée, de la laryngite chronique et des maladies de la voix, en collaboration du Dr Hippolyte Belloc, J.-B. Baillière (Paris), 1837,lire en ligne sur Gallica
  • Deux nouveaux cas de paracentèse du thorax pratiquée dans la période extrême de la pleurésie aiguë, impr. de P. Dupont (Paris), 1844, in-8° , 11 p., lire en ligne sur Gallica
  • [Lettre manuscrite à un collègue en date du ] , Archive numérisée en ligne
  • Notice médicale sur les bains de mer du Croisic et sur l'effet thérapeutique des eaux mères, de l'hydrothérapie marine et des bains de sable administrés à l'établissement du Croisic, Labé (Paris), 1855, In-8° , 47 p., lire en ligne sur Gallica
  • De la Pleurésie, des ponctions de la poitrine, leçons cliniques faites à l'Hôtel-Dieu par M. Trousseau[recueillies, rédigées et publiées par H. Legrand Du Saulle], L. Leclerc (Paris), 1855, lire en ligne sur Gallica
  • De l'épilepsie, leçons cliniques faites à l'Hôtel-Dieu, principales librairies médicales (Paris), 1855, lire en ligne sur Gallica
  • De l'épilepsie, leçons cliniques faites à l'Hôtel-Dieu (2e éd.), J. Viat (Paris), 1856, lire en ligne sur Gallica
  • Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris, Tome 1, J.-B. Baillière et fils (Paris), 1861-1862, lire en ligne sur Gallica
  • Conférences sur l'empirisme, faites à la Faculté de médecine de Paris, les 18 et , A. Delahaye (Paris), 1862,in-8° , 58 p., lire en ligne sur Gallica
  • Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris, J.-B. Baillière et fils (Paris), 1868 :
  1. Tome 1, lire en ligne sur Gallica
  2. Tome 2, lire en ligne sur Gallica
  3. Tome 3, lire en ligne sur Gallica
  • Traité de thérapeutique et de matière médicale, Tome 1, en collaboration de Hermann Pidoux, P. Asselin (Paris), 1875-1877, lire en ligne sur Gallica
  • Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris, J.-B. Baillière et fils (Paris), 1885 :
  1. Tome 1, lire en ligne sur Gallica
  2. Tome 2, lire en ligne sur Gallica

Éponymie[modifier | modifier le code]

Signe de Trousseau

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie d'Armand Trousseau publiée dans la Presse Médicale du 9 septembre 1967.
  2. Archives de Paris 9e, acte de décès no 756, année 1867
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 755
  4. (en) « Article « Syndrome de Trousseau » », sur Who Named It?
  5. (en) « Article « Signe ou phénomène de Trousseau » », sur Who Named It?
  6. Dilatateur de Trousseau
  7. Canules de Trousseau

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tombe d'Armand Trousseau au cimetière du Père-Lachaise.
  • Jean-Jacques Peumery, « Armand Trousseau (1801-1867), médecin français par excellence » Histoire des sciences médicales 2003;37(2):151-156. Texte intégral
  • Hahn [François Louis], « Trousseau (Armand) » in: Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales Troisième série, Q-T. Tome dix-huitième, TRA-TZI / publ. sous la dir. A. Dechambre [puis de] L. Lereboullet ; L. Hahn secrétaire de la dir. [puis] directeur-adjoint, G. Masson (Paris), P. Asselin (Paris), [puis] Asselin et Houzeau (Paris), 1874-1885, Contributeurs : Dechambre, Amédée, Raige-Delorme, Jacques, Lereboullet, Léon., 18 vol.  p. 299, lire en ligne sur Gallica
  • Paul Labarthe, Nos médecins contemporains [Velpeau, Nélaton, Ricord, Trousseau, Tardieu, Bouillaud, Piorry, Wurtz, Robin, Pajot…], Lebigre-Duquesne (Paris), 1868, p. 65-75, Texte en ligne
  • François Helme: Jardins de la médecine, Vigot frères (Paris), 1907, in-16, [Notes intimes sur Trousseau], p. 249-265, lire en ligne sur Gallica
  • Léon Javary, La Touraine. Résumé d'histoire locale [Histoire du département de l'Indre-et-Loire, avec la biographie des personnages remarquables qui en sont originaires], C. Guérin, 1889, 1 vol.  (72 p.) ; 18 cm, p. 69-70, lire en ligne sur Gallica
  • Urbain Legeay, Notice sur feu M. le docteur Armand Trousseau, impr. de H. Plon (Paris), 1867, monographie imprimée, in-8° , 8 p. lire en ligne sur Gallica , Texte intégral
  • Ernest-Charles Lasègue : Éloge de M. le Pr Trousseau prononcé par M. le Pr Lasègue, séance du de la faculté de médecine de Paris, Imp. Parent (Paris), [1869] , Texte intégral
  • (en)Mayer, J. « Armand Trousseau and the arrow of time » Nutrition Reviews 1957;15:321–323. DOI:10.1111/j.1753-4887.1957.tb00424.x
  • Émile Aron « Le centième anniversaire de la mort de Armand Trousseau » Presse Med. 1967;75:1429-30.
  • « Professor Armand Trousseau (1801–67) and the treatment of rickets » Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. 1999;80:F155-F157. DOI:10.1136/fn.80.2.F155 Texte intégral
  • (en) Habib U. Rehman et Shane Wunder, « Trousseau sign in hypocalcemia » CMAJ 2011;183(8):E498. DOI:10.1503/cmaj.100613 Texte en ligne
  • Dictionnaire des scientifiques de Touraine, Académie des sciences, arts et belles-lettres de Touraine, 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]